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15/04/2010

Pousser la Grèce dans les bras du FMI

De réunion en réunion, les gouvernements de la zone euro ne sont toujours pas parvenus à lever le veto de l’Allemagne, dont l’objectif est de pousser la Grèce dans les bras du FMI, afin de ne pas être financièrement impliqué dans son sauvetage, et de défendre ce que l’on commence à appeler le deutscheuro.

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Une téléconférence de l’Eurogroup devait avoir lieu ce dimanche à 14 heures, sans attendre la réunion des ministres du week-end prochain de Madrid, la situation réclamant qu’une décision soit prise sans tarder. C’est sans doute la réunion de la dernière chance, la Grèce n’ayant ensuite plus comme issue que de demander tôt ou tard l’intervention du FMI, dont les experts sont déjà à pied d’oeuvre.

Cette gestion calamiteuse de la première crise de la dette publique augure très mal de celles qui vont suivre. En Europe pour commencer. L’heure n’est plus à déplorer l’impéritie dont les gouvernements font preuve ou bien de tenter de décrypter leurs calculs. Peu importe, car le fait est là : la Grèce va être pour les Etats le signal que Lehman Brothers a été pour les banques, aussi résolument même si son effet va être plus progressif. L’affaire ne peut pas et ne va pas en rester là. De premiers Etats, les plus vulnérables, vont rejoindre les banques dans un même statut de sinistré. « Dans quoi nous entraînent-ils ? quelle démonstration veulent-ils faire? », nous commençons à la comprendre.

Si la crise grecque a mis en évidence une chose, c’est que l’effet domino (on dit systémique maintenant) est susceptible de fonctionner en Europe, non pas selon un seul mécanisme mais avec la combinaison de deux : une brutale et incontrôlable hausse des taux obligataires atteignant un nouveau pays – la liste des pré-sélectionnés est connue – les banques pouvant ensuite vite répandre le mal, comme le cas de la Grèce le montre en ce moment. Car les grandes banques européennes sont gavées d’obligations d’Etats, et un plan global de restructuration de la dette qui interviendrait à la faveur de la crise d’un pays européen, avec réduction de peine à la clé, pourrait générer en retour un rude choc pour certaines. Confirmation du fait que les secousses successives de la crise – dégonflement brutal puis très lent de la dette privée, gonflement irrésistible de la dette publique – influent l’une sur l’autre, ce qui n’arrange rien.

En conséquence, il n’est pas concevable de laisser un pays faire défaut. Cette contrainte risquerait à force de poser problème, même au FMI, si les sauvetages devaient se succéder et le montant de l’addition s’envoler. Quant à elles, les banques centrales ont déjà donné tout ce qu’elles pouvaient, et sont désormais réduites au rôle de figurant. C’est clairement le cas de la BCE, qui n’est pas aux commandes, comme celui de la Fed. Cette dernière est traversée par des débats internes transparaissant de plus en plus, exprimant des désaccords accrus entre les membres du comité de politique monétaire à propos du maintien ou non de ses mesures de soutien et du risque d’apparition d’une nouvelle bulle financière privée pour certains, du retour de l’inflation pour d’autres. Ayant utilisé leur artillerie monétaire, les banques centrales n’ont plus d’autre ressource et leur seul discours possible porte sur les modalités et le calendrier de retrait des dispositions qu’elles ont prises.

Une seconde vérité commence à se faire jour, illustrant en contre-point que les gouvernements n’ont pas encore pris toute la mesure de la situation. Ils se réfugient toujours dans l’illusion que des plans de rigueur budgétaires (assortis de hausses d’impôts) vont permettre de réduire la voilure de l’endettement et de dégonfler la bulle publique, ne s’y engageant cependant qu’avec la plus extrême prudence, quand ils le peuvent. Sachant pourtant qu’une course de vitesse est engagée entre la hausse des taux obligataires, qui a débuté pays par pays, et un désendettement progressif, qui n’a pas commencé.

Mais les choses ne sont pas si simples. Les gouvernements doivent faire face à deux impératifs strictement contradictoires : diminuer les dépenses, mais sans plonger leur pays dans la récession. Ils sont aussi placés devant une autre réalité qui complique le jeu: la dette publique est pour une large part structurelle. Un mot qui, dans le langage des économistes, signifie qu’il faut remuer des montagnes pour y changer quoi que ce soit.

C’est la Banque des règlements internationaux (BRI) qui l’a annoncé de toute son autorité, et a analysé les dérangeantes conséquences. Elles sont toutes simples : la charge de la dette (le règlement de ses seuls intérêts) va atteindre des sommets dans les années à venir, dépassant souvent de beaucoup le seuil de 20% des ressources budgétaires des Etats occidentaux. Ce qui signifie qu’il va être pratiquement impossible pour ceux-ci de diminuer leur déficit primaire, car le payement des intérêts de la dette va absorber une partie très importante des économies réalisées dans le cadre des plans de rigueur, destinées à l’origine à réduire le déficit. C’est ce qui pourrait se passer pour la Grèce, qui est décidément un laboratoire. Ce nouveau paramètre pourrait entraîner les économies dans une spirale déflationniste descendante. Le Japon devenant alors le modèle précurseur et peu enviable de l’économie occidentale.

Qu’importe si la BRI, pour étayer sa démonstration, considère que le vieillissement de la population dans les pays occidentaux est à lui seul la source de la hausse de la dépense publique, ou si elle voit les efforts budgétaires de réduction de la dette comme unique cause du faible taux de croissance futur des pays de l’OCDE. Deux analyses que l’on va beaucoup entendre et qui ont en commun d’escamoter le reste. La conséquence est que l’effort de réduction du déficit, s’il est réalisé, va précipiter les pays occidentaux dans la déflation, réduisant leurs rentrées fiscales et accentuant encore la part de leurs ressources attribuée au payement de leur dette.

Le décalage est impressionnant entre cette logique, les hésitations et les soubresauts qu’elle annonce, et les discours des gouvernements. Surtout si l’on écoute les partisans les plus farouches de la pensée néolibérale axiomatique, les Tories britanniques, Républicains américains et autres Libéraux allemands, qui expriment de manière crue le credo partagé plus mezzo voce par tous les autres. Toutes ces équipes se trompent d’époque et ne maitrisent toujours rien. La planche de salut qu’ils cherchent à imposer ne mènera nulle part. Au bout de la rigueur subsistera encore un énorme déficit et nous aurons à la fois l’une et l’autre !

Les marchés, eux, auront trouvé un nouveau gisement d’actifs à bon rendement et à faible risque. Risquant à force de faire de ce placement de père de famille de véritables junk bonds à l’arrivée ! L’industrie financière, décidément, n’est pas fréquentable. Elle nous prépare un nouveau méga transfert financier en sa faveur.

Alors que les Etats-Unis étaient encore en retrait à propos de la réduction de leur déficit public, Ben Bernanke, le président de la Fed, vient de prononcer à Dallas un discours annonciateur de la suite des opérations. Très prudent lorsqu’il a abordé les chapitres de la croissance, du chômage, de l’activité de crédit, ou de la reprise du marché du logement, il a par contre annoncé la certitude de « choix difficiles » à venir. Le pays aura, selon lui, à choisir inévitablement entre des impôts plus élevés, des modifications dans les programmes d’allocations chômage ou de sécurité sociale, des dépenses publiques moins fortes, de l’éducation à la défense, ou une combinaison de ces différentes propositions. Ben Bernanke sortait-il de la mission de la Fed – la lutte contre l’inflation et le chômage – en abordant ses thèmes ? Son discours aurait en tout cas pu être prononcé par Barack Obama, qui n’a toutefois jamais été aussi précis jusqu’à maintenant.

On assiste actuellement à l’élargissement d’un grand écart. Avec d’un côté un monde financier toujours subventionné par les banques centrales, qui continue d’accumuler bénéfices et résultats tout en masquant ses pertes réelles, et de l’autre une économie dont la faible relance dépend toujours de mesures de soutien public, y compris et surtout aux Etats-Unis. Comme si ces deux mondes de la finance et de l’économie étaient animés par des dynamiques dissemblables, l’économie réelle jouant le rôle de la parente pauvre.

Fermer les portes des salles de jeu du casino pourrait y remédier, mais cela n’en prend pas le chemin : le grand écart va donc se poursuivre, s’installer et risque de s’accentuer. Cela va s’accompagner de lourdes conséquences sociales et politiques, si cette logique s’impose.

Dans le fastidieux labyrinthe des mesures de la future régulation financière, encore à l’étude, un exemple permet d’illustrer la tendance. Michel Barnier, commissaire européen au marché intérieur et aux services financiers a, le 4 avril dernier, stupéfait l’assistance d’une assemblée de financiers à Londres, en envisageant de modifier la composition de l’IASB, l’organisme international qui définit les normes comptables. Celui-ci se refusant depuis des semaines à assouplir comme demandé par Bruxelles sa position, Michel Barnier a tout simplement proposé d’en modifier la composition, afin qu’en soient membres plus de représentants des régulateurs nationaux, des banques et des entreprises. Il a aussi précisé, à titre d’amicale pression, que le projet d’augmentation du budget de l’IASB était prématuré, les deux questions étant liées. On sait les enjeux qu’il y a derrière l’adoption de nouvelles normes comptables, attendues comme le Messie par la profession bancaire en Europe, afin de pouvoir sortir de la clandestinité et présenter des bilans officiellement estampillés.

Certes, L’industrie financière ne va pas sortir totalement indemne. Elle va devoir s’accommoder de contraintes, contre lesquelles elle bataille avec la dernière énergie – notamment à propos des projets de taxe des banques et de l’augmentation des fonds propres – son activité allant être plus ou moins bridée suivant les décisions qui seront finalement prises.

Fondant ses espoirs dans la relance du marché de la titrisation, toujours en panne quand il n’est pas garanti par l’Etat, même si elle sait que ses beaux jours sont derrière lui, elle va s’efforcer de compenser les limitations apportées à ses champs d’action par l’ouverture de nouveaux marchés, en utilisant un instrument et une mécanique qui ont fait, si l’on peut dire, leurs preuves : celles des produits dérivés, à la fois coeur et poumons. Et elle va profiter sans attendre de la hausse progressive des taux sur le marché de la dette, qui va néanmoins l’atteindre par ricochet, quand elle devra à son tour lever des capitaux pour accroître ses fonds propres (à moins que d’autres formules sophistiquées plus souples, en discussion, soient admises comme éligibles et les soulagent).

L’industrie financière va utiliser ses énormes capitaux afin d’assouvir en priorité et à sa manière ses besoins insatiables. Car, moins que jamais dans la période qui s’annonce, l’économie réelle va se révéler en mesure de lui offrir les rendements de ses rêves. Cette dernière, de son côté, va devoir accepter des taux élevés pour financer son activité sur le marché obligataire privé, les banques n’étant plus en mesure – en raison de leurs nouveaux ratios de fonds propres – de distribuer comme auparavant le crédit, ou considérant surtout qu’elles ont mieux à faire que de se recapitaliser ou de prêter aux grandes entreprises.

Ce désquilibre global vaut, et bien plus, tous les déséquilibres commerciaux qui mobilisent en ce moment les chancelleries et que les Chinois et les Allemands, les deux premiers exportateurs mondiaux, sont sommés de réduire. Mais il est ignoré par des gouvernements qui s’accrochent toujours et encore à l’idée que la machine repartira comme avant, une fois que la dette publique aura été contenue et réduite. Un pari, un de plus, qui n’est pas gagné.

François Leclerc

Mecanopolis

23/03/2010

Le FMI prévoit une contagion grecque

Les pays développés avec des déficits publics élevés doivent commencer dès aujourd’hui à préparer leurs opinions publiques aux mesures d’austérités qui seront nécessaires à partir de l’an prochain, a estimé dimanche le numéro deux du Fonds monétaire international.

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Selon John Lipsky, directeur général adjoint du FMI, l’ampleur des ajustements qui vont devoir être mis en oeuvre est si vaste qu’ils risquent de se traduire par un recul des allocations santé et retraite, un gel des salaires publics et privés, une réduction des dépenses publiques et une hausse des impôts.

« Relever ce défi budgétaire est une priorité essentielle à court terme car les inquiétudes à propos de la soutenabilité en termes budgétaires pourraient entamer la confiance dans la reprise économique« , souligne John Lipsky dans un discours préparé en vue de son intervention devant le Forum de développement de la Chine.

« Déjà dans plusieurs pays avec des déficits et une dette particulièrement élevés, la prime sur le risque souverain a augmenté fortement, ce qui pèse sur les pays concernés et augmente le risque d’une possible contagion« , ajoute-t-il.

Pour la plupart des économies développées, il est pour l’instant approprié de conserver les mesures de soutien à l’économie mais l’assainissement des finances publiques devra démarrer dès l’an prochain si la reprise économique suit son cours, a expliqué le numéro deux du FMI.

Mecanopolis

21/03/2010

L’Europe est au bord de la banqueroute, selon le chef de l’armée suisse

André Blattmann pense qu’un afflux de réfugiés européens risque de déferler sur la Suisse


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La Commission de la politique de sécurité (CPS) du Conseil national a agendé un entretien avec le chef de l’armée, André Blattmann, lors de sa séance des 22 et 23 mars. Les déclarations récentes de ce dernier sur l’engagement de l’armée lors de flux migratoires importants sont au menu.

Mercredi dernier, André Blattmann déclarait dans le Tages-Anzeiger et le Bund que les grands flux migratoires pourraient rendre nécessaire l’intervention de l’armée dans le futur: «Pensez seulement à la situation économique en Grèce : un Etat membre de l’Union européenne se retrouve subitement au bord de la banqueroute», illustrait-il. Il laissait aussi entendre que des dangers pourraient venir de pays voisins tels que l’Italie, la France ou l’Espagne, qui ne tarderont pas à connaître le même sort que la Grèce.

Protestation de l’ambassadeur Grec

Ces déclarations n’ont pas suscité uniquement l’attention des médias: le vice-président de la CPS, Max Chopard (Parti Socialiste), a demandé une discussion avec le chef de l’armée. Celle-ci se tiendra la semaine prochaine, a précisé à l’ATS le président de la commission, Jakob Büchler (Parti Démocrate Chrétien).

Selon lui, la rencontre était déjà prévue avant ces déclarations controversées, l’initiative «Pour la protection face à la violence des armes» figurant également à l’ordre du jour. Max Chopard souhaite aussi revenir sur les cours de répétition de piquet évoqués dans l’interview par André Blattmann.

Le conseiller national Josef Zisyadis (La Gauche) a de son côté déposé une question urgente dans laquelle il demande au Conseil fédéral de se prononcer sur les déclarations d’André Blattmann. A propos de l’hypothèse d’un afflux de réfugiés grecs, il souhaite savoir si le Conseil fédéral «corrobore cette fine analyse géopolitique» et s’il peut «conserver à la tête de l’armée un haut fonctionnaire, qui ne mesure pas les conséquences politiques de ses déclarations».

Selon certaines sources, les propos du chef de l’armée ont également provoqué un vif mécontentement au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE)et une protestation de l’ambassadeur de Grèce, ce que le DFAE se refuse à commenter.

Frédéric Courvoisier, pour Mecanopolis

Avec les informations du quotidien suisse Le Temps


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12/03/2010

Nous sommes tous des Grecs !

Article placé le 12 mars 2010, par Mecanopolis

Une nouvelle tempête souffle sur la Grèce. Cette tempête porte un nom, la colère du peuple. Elle ne se limite plus aux anarchistes et jeunes universitaires de la « Génération 600 euros » qui ont fait couler beaucoup d’encre dans la presse alternative, en décembre 2008. Comme le témoignent les derniers événements survenus en ce mois de mars 2010, les honnêtes travailleurs grecs refusent de se plier au projet de loi intitulé « Mesures d’urgence pour faire face à la crise financière ».

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Dans ces conditions, qu’en sera-t-il dans les autres pays du PIIGS ? Est-ce que de nouvelles cellules tempétueuses vont s’y créer en provoquant le risque de recouvrir toute l’Union européenne ? Est-ce que pour sauver l’euro, le Portugal, l’Irlande, l’Italie, la Grèce et l’Espagne vont être contraints de « restaurer la souveraineté monétaire » ou l’humanité approche à grands pas d’un nouvel ordre économique mondial ? Nouvel épisode de la récession économique mondiale au berceau de la démocratie.

Mesures de pillage du peuple grec

Les mesures d’austérité du gouvernement socialiste grec, portent sur 4,8 milliards d’euros, dont la moitié proviennent d’une augmentation des recettes de l’Etat et l’autre moitié d’une réduction des dépenses.

Dans le détail, les mesures concernant les recettes (hausse de 2,4 milliards d’euros) :

1) Hausse de deux points du principal coefficient de la TVA de 19% à 21% (pour les autres coefficients de la TVA, de 4,5% à 5% et de 9% à 10%), ce qui doit rapporter 1,3 milliard d’euros, soit 0,55% du Produit intérieur brut (PIB).

2) Hausse des taxes spéciales sur la consommation: alcool (+20%), tabac (+63% à 65%) et carburants (+8 centimes d’euro par litre d’essence et +3 centimes par litre de diesel), et nouvelles taxes sur des produits de luxe (i.e. voitures de plus de 35.000 euros, yacht, hélicoptères privés). La hausse des taxes spéciales sur la consommation doit rapporter 1,1 milliards d’euros, soit 0,45% du PIB.

Celles concernant les dépenses (réduction de 2,4 milliards d’euros) :

1) Réduction de 30% du 13e mois et de 60% du 14e mois de salaire touchés par les employés du secteur public.

2) Réduction de 7% des revenus et des primes des entreprises publiques et organismes financés par l’Etat.

3) Gel des retraites des salariés des secteurs public et privé.

4) Réduction de 10% du financement par l’Etat des caisses de retraites de l’entreprise publique d’électricité (DEI) et de l’opérateur grec des télécoms (OTE).

Ces quatre mesures représentent des économies de 1,7 milliard d’euros, soit 0,7% du PIB.

5) Réduction de 5% du programme des investissements publics, soit 500 millions d’euros.

6) Réduction de 200 millions d’euros du programme d’investissements et de nouveaux programmes prévus pour le ministère de l’Education.

Dimitri Gianniodis, pour MecanoBlog


Angela Merkel : große Schlampe !

Comme si ces mesures n’étaient pas suffisantes, la chancelière allemande Angela Merkel a affirmé jeudi à La Haye que la Grèce doit agir « elle-même » pour regagner la confiance des marchés dans l’euro et sortir le pays de la crise financière qui le secoue actuellement.

Sans rire, elle a encore déclaré, à l’issue d’un entretien avec le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende : « Le gouvernement grec a fait un premier pas sérieux et courageux », mais « il doit continuer a faire des efforts dans cette voie ».

Que voudrait donc Merkel ? Que les grecs fassent don de leurs économies pour couvrir les opérations des spéculateurs encouragés par Bruxelles à mettre à sac leur pays ? De qui se moque-t-on ?

A l’occasion d’une rencontre à Berlin avec la chancelière allemande, François Fillion, qui ne rate décidément jamais une occasion de placer une imbécilité, lui a immédiatement emboité le pas, en déclarant qu’il n’y a « aucune divergence de vue » sur le dossier grec entre la France et l’Allemagne.


Le temps est venu de se préparer

A peine a-t-on désigné les responsables de cette attaque concertée sur la Grèce qu’on les a escamotés en expliquant qu’il serait compliqué de les attaquer en justice et, qu’en somme, c’est le « système » qui est mauvais ou les marchés financiers qui sont irresponsables, et qu’il convient de le « réformer ». Des promesses déjà entendues lors du dernier G20 et qui n’ont aboutis à aucun changement.

Si on veut vraiment s’en prendre à l’irresponsabilité, il y a une méthode : trouver les responsables. On explique tellement que c’est le « système » qui est mauvais qu’on en oublie qu’en réalité ce sont des hommes, au sommet d’une « élite », qui le sont. Si ceux qui prennent des décisions voyaient plus souvent en revenir les conséquences, sous forme de balles par exemple, cela contribuerait efficacement à restaurer les aptitudes à la logique de nos dirigeants.

Certains s’offusqueront de la violence du propos, de même qu’ils sont outrés lorsque de jeunes manifestants grecs s’en prennent aux devantures des banques, qu’il aura fallut renflouer dans un premier temps pour mieux leur permettre de nous asservir aujourd’hui. Ce n’est évidemment pas nouveau que les hommes, même quand ils en sont victimes, sont portés à méconnaitre la violence là ou elle est la plus répandue, comme dans la destruction de leur travail ou l’aliénation de leur droits fondamentaux, simplement parce que cela ne nécessite pas l’emploi visible de la force.

Il est urgent de comprendre que notre sort n’est pas séparé de celui des Grecs. Demain, ce sera le tour du Portugal, puis de l’Espagne ou de l’Italie, avant que le piège ne se referme sur nous tous.

Il convient donc, dès à présent, de se tenir prêt, de s’organiser et de garder à l’esprit ce fait d’expérience que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volonté, avoir des conséquences incalculables.

Mecanopolis

D’autres photographies et vidéos seront placées dans la soirée.

Athènes, le 11 mars 2010

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« Brûlons le parlement ! » scandent les travailleurs grecs en colère !

A qui le tour des pays Européens qui connaîtront des émeutes ?


Article placé le 11 mar 2010, par Mecanopolis

Depuis minuit, la Grèce est complètement paralysée. Les avions sont cloués au sol et les bateaux ne quittent plus leurs quais. Les dessertes ferroviaires sont également interrompues. Une seule des trois lignes de métro fonctionne à Athènes pour permettre aux grévistes de se rendre aux manifestations prévues par les syndicats dans le centre de la capitale à la mi-journée. Tous les autres transports urbains (métro, bus, trolleys, tramways) sont à l’arrêt.

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«La participation des travailleurs à la grève a touché les 90%, des milliers de travailleurs de tous les secteurs ont manifesté et protesté contre les mesures économiques et la politique sociale injuste», a affirmé un communiqué de la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE, un million de membres), organisatrice de la grève avec la Fédération des fonctionnaires

Les forces anti-émeute on à nouveau été complètement débordées par manifestants en colère. Ces derniers n’ont pas hésité à lancer des cocktails molotov et autres projectiles sur les « forces de l’ordre », qui ont répondu par des tirs de gaz lacrymogène et matraquages divers.

Cela n’a pas empêché la foule de continuer à défiler vers le centre d’Athènes, en scandant des slogans comme « Brûlons le parlement ! », et détruisant sur son passage les vitrines des grands magasins chics du centre de la capitale.

Manœuvre de diversion

Ce n’est sans doute pas par hasard, mais plutôt pour faire diversion à cette contestation prévisible (d’ailleurs, TF1 ne l’évoquait ce soir qu’en termes de « légers heurts ») que le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel et le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, patron de l’Eurogroupe, ont demandé cet après-midi une enquête de l’UE sur les produits financiers dérivés. Dans les chancelleries européennes, ont craint sans doute que la contestation grecque ne suscite quelques vocations. Il convient donc de faire comme si l’on voulait faire toute la lumière sur ces étranges « spéculations », dont on feint de tout ignorer. Malheureusement, Juncker avait déjà admis, il y presque un mois déjà, avoir utilisé les marchés pour faire pression sur la Grèce, de sorte à contraindre ce pays, pour commencer, aux réformes nécessaires et exigées pour la reconfiguration économique de l’Europe. Un programme sur lequel nous reviendrons en détail très prochainement.

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Pire que nos plus pessimistes prévisions

Comme nous l’expliquions il y a quelques jours, cette idée de « fonds monétaire européen », qui n’est qu’une autre définition du projet de gouvernance économique, aurait besoin pour sa création que l’on modifie les traités de l’Union en vigueurs, de sorte à ce qu’il soit sous le contrôle du parlement, et donne au moins une vague impression démocratique. Et bien non ! Jean-Claude Juncker, toujours lui, expliquait hier que « le problème est qu’une modification des traités prends du temps, plusieurs années au minimum » et que, pour venir très rapidement « en aide » aux pays en difficultés, il faut chercher une autre solution. Le patron de l’Eurogroupe l’a bien sûr déjà trouvée : « Il suffit de conclure entre les Seize (pays de la zone-euro) un accord intergouvernemental, qui fonctionnera en dehors des traités ».

Quelle heureuse trouvaille ! Ainsi le parlement européen n’aura aucun  mot à dire sur le fonctionnement de ce fonds monétaire, qui ne sera jamais soumis au moindre contrôle démocratique.

A qui le tour maintenant ?

Le quotidien Le Monde indique que l’agence Fitch a mis en garde,  mardi 9 mars dernier, le Royaume-Uni, la France et l’Espagne sur la gestion de leurs finances publiques, les appelant à prendre des mesures de réduction des déficits « plus crédibles », au risque de voir leurs notes (AAA) remises en cause.

Paul Rawkins, l’un des responsables de Fitch, a également jugé insuffisant le rythme auquel le Portugal réduisait son déficit, ce qui pourrait amener à une dégradation de sa note, qui est aujourd’hui de AA, à BBB+. La même que celle de la Grèce.

Mecanopolis

Développement suit – vidéos en cours de chargement

(prochaine mise à jour vers 01h00)

Les photographies de cette manifestation que vous ne verrez pas dans la presse

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3ème série

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