30.01.2010

Gaza : la France supervise le prolongement du Mur de séparation

Et de quoi on se mèle ? Est-ce que ces opérations nous regardent au lieu de prôner la Paix !



Très peu de marchandises étant autorisées à pénétrer dans la bande de Gaza, que ce soit en provenance d’Israël ou d’Égypte, des centaines de tunnels ont été creusés sous la frontière égyptienne pour assurer l’approvisionnement de la population. Ces tunnels sont également utilisés par la Résistance pour s’approvisionner en armes.

L’État d’Israël s’applique à transformer la bande de Gaza en bantoustan, sur le modèle expérimenté jadis par les ses conseillers au Guatemala et en Afrique du Sud.

Dans cette perspective, Israël a construit un Mur de séparation, dont le tracé a été jugé illégal au regard du droit international par la Cour d’arbitrage de La Haye. Ce mur est en cours de prolongement sur la frontière égyptienne, soit une dizaine de kilomètres.

Le Mur de séparation égyptien est d’abord composé de canalisations jusqu’à 35 mètres de profondeur. Celles-ci sont conçues pour inonder les tunnels. Elles sont emplies d’eau de mer. Un second ouvrage est composé de plaques de métal de 18 mètres de longueur et de 50 centimètres d’épaisseur. Ces plaques, réputées infranchissables, sont munies de capteurs pour détecter les éventuels travaux de sape.

Le Mur est construit sous la direction de conseillers techniques états-uniens et français. Cette semaine, le directeur du Renseignement militaire français, le général de corps d’armée Benoît Puga, est venu personnellement inspecter le chantier. Examinant ce qui est en train de devenir, selon les mots du président Nicolas Sarkozy « la plus grande prison du monde », le général Puga s’est félicité de l’avancement des travaux d’encerclement. Il a déclaré qu’il s’agissait là de « la plus grande opération de l’Histoire » visant à couper des souterrains et qu’elle pourrait servir de modèle dans d’autres régions du monde.

1,5 million de personnes vivent dans la bande de Gaza. Selon le rapporteur spécial de l’ONU, Jean Ziegler, la majorité d’entre elles sont victimes de malnutrition et ne peuvent survivre que grâce à la contrebande transitant par ces tunnels.

http://www.voltairenet.org/article163396.html

 

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19.07.2009

Gaza : Les « pratiques acceptées » de l’armée israélienne

International - Article paru
le 16 juillet 2009

Monde

Les « pratiques acceptées » de l’armée israélienne

Proche-Orient . Une association de soldats vétérans israéliens dénonce l’utilisation de boucliers humains lors de l’offensive de Gaza.

Lentement, le vent tourne. Si, en 2002, lors de l’offensive lancée en Cisjordanie, l’armée israélienne avait pu échapper à ses responsabilités dans les massacres perpétrés, notamment dans le camp de réfugiés de Jénine, il n’en est plus de même aujourd’hui. L’offensive menée à Gaza du 27 décembre au 18 janvier avait soulevé un cri de protestation à travers le monde. Si un quarteron de défenseurs acharnés d’Israël avait applaudi aux bombes au phosphore blanc, aux tirs contre des écoles de l’ONU ou aux destructions de maisons, la majorité des peuples avaient exprimé leur émotion devant une attaque qui a fait plus de 1 400 morts et 5 000 blessés palestiniens. D’autant que la volonté israélienne d’empêcher la presse internationale de pénétrer dans la bande de Gaza indiquait clairement que cette armée, et ses chefs, ne tenait pas vraiment à opérer devant des témoins qu’il serait difficile de contredire. Ce qui n’est pas le cas lorsqu’il s’agit de paroles de Palestiniens que Tel-Aviv assimile toujours à de la propagande, voire à de l’antisémitisme.

Parmi les nombreux murs dressés par Israël, un est en train de se lézarder. Au lendemain de l’offensive, déjà, des soldats avaient dénoncé des attitudes militaires contraires aux droits de l’homme, s’apparentant à des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité. La branche israélienne de l’organisation Médecins pour les droits de l’homme (Physicians for Human Rights) a accusé l’armée d’avoir violé le droit international lors de l’offensive « Plomb durci » dans la bande de Gaza, notamment en ce qui concerne la sécurité des blessés et des équipes soignantes. Aujourd’hui, c’est une autre organisation non gouvernementale, une association de soldats vétérans, Breaking the silence (briser le silence), qui révèle les « pratiques acceptées » au sein de l’armée israélienne. Il s’agit selon elle de « la destruction de centaines de maisons et mosquées sans que cela n’ait d’objectif militaire, l’emploi de phosphore en direction de zones habitées, la mort de victimes innocentes tuées avec des armes légères, la destruction de propriétés privées et (…) une atmosphère permissive dans la structure de commandement qui a permis aux soldats d’agir sans contraintes morales ». Le document est composé de témoignages anonymes de trente soldats engagés dans les combats durant l’offensive israélienne à Gaza. « Les témoignages prouvent que la manière immorale dont la guerre a été menée était due au système en place et non aux soldats individuellement », a affirmé Mikhael Manekin, au nom de l’ONG.

Israël refuse toute commission d’enquête

Les soldats israéliens ont ainsi utilisé des civils comme boucliers humains (« À chaque maison dont nous nous approchions, on envoyait les voisins à l’intérieur », a expliqué l’un d’eux) et reçu pour instruction de tirer sans se préoccuper des conséquences. « On nous disait que la sécurité des soldats résidait dans leur puissance de feu, a raconté un militaire. On faisait ainsi comprendre aux soldats que leur vie était le plus important et qu’il n’y avait aucune raison qu’un de nos soldats soit tué parce qu’on avait laissé à un civil le bénéfice du doute. » L’armée israélienne a rejeté ces accusations, affirmant dans un communiqué que, selon ses propres enquêtes, « il est clair que les soldats des forces armées israéliennes ont opéré en accord avec les lois internationales et les ordres qu’ils ont reçus, en dépit des combats difficiles et complexes ». Le seul problème est que, comme toujours, Israël refuse toute commission d’enquête internationale qui permettrait de faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé dans la bande de Gaza. Une attitude qui ne peut que jeter le doute sur les déclarations officielles israéliennes, alors que les témoignages des soldats corroborent ceux recueillis par les grandes ONG de défense des droits de l’homme.

Pierre Barbancey


Source : L'Humanité

Des soldats israéliens évoquent une guerre sans retenue à Gaza

Douglas Hamilton (Reuters )

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Des soldats israéliens ayant participé à la guerre de Gaza ont rapporté avoir eu pour instructions de "tirer d’abord" et de ne se soucier qu’ensuite de savoir si c’était contre des civils, rapporte l’ONG "Breaking the silence" que Tsahal accuse de s’être fondée sur des "racontars".

Accusé par Amnesty International, Human Rights Watch et l’Onu d’avoir causé des pertes civiles et des destructions injustifiables en décembre et janvier dans le territoire palestinien, Israël a toujours rejeté ces mises en cause.

Plusieurs soldats de Tsahal ayant participé à cette opération affirment à présent que leurs chefs les ont incités à tirer d’abord et à ne se préoccuper qu’ensuite de distinguer les combattants des civils. En conséquence, témoignent-ils, leurs forces se sont ruées dans le territoire enclavé sans retenir leurs tirs.

Selon ces trente soldats, dont les témoignages anonymes ont été recueillis par "Breaking the Silence", la priorité de l’armée était de minimiser ses pertes afin de s’assurer du soutien populaire israélien à l’opération, contrairement à ce qui s’est passé au Liban à l’été 2006.

"Mieux vaut atteindre un innocent qu’hésiter à viser un ennemi" : c’est en ces termes qu’un soldat résume la façon dont il a compris les instructions répétées durant les briefings préliminaires et pendant l’intervention, qui a duré 22 jours.

"Dans le doute, tuez. La puissance de feu était insensée. On arrivait et les explosions étaient hallucinantes. Dès l’instant où on arrivait à nos positions, on commençait à tirer sur tout ce qui était suspect", raconte un autre.

Tsahal a, dans un long communiqué, démenti les accusations "mensongères et diffamatoires, mélangeant rumeurs et on-dit".

"La plupart de ces témoignages sont anonymes et manquent de tout détail précis permettant à la Force de défense israélienne (IDF) d’enquêter et de les confirmer ou de les réfuter", dit ce communiqué.

DES SOLDATS TENUS AU MUTISME

L’armée "regrette qu’une nouvelle organisation de défense des droits de l’homme présente à Israël et au monde un rapport fondé sur des témoignages anonymes et généraux", sans avoir eu la "décence minimale" de lui soumettre auparavant aux fins de vérifications.

L’ONG dispose de financements de la part d’associations israéliennes de défense des droits de l’homme ainsi que des gouvernements britannique, néerlandais et espagnol et de l’Union européenne.

A l’exception d’un sergent prénommé Amir, l’ensemble des soldats parlent sous l’assurance de l’anonymat et leurs visages sont floutés dans les témoignages filmés. La transcription des propos est disponible sur le site www.breakingthesilence.org.il.

L’armée israélienne, qui repose essentiellement sur la conscription, interdit formellement à ses soldats de parler aux médias. Le rapport de 112 pages de "Breaking the Silence" contient le témoignage de trente soldats "ayant servi dans tous les services impliqués dans l’intervention".

"La majorité (...) sont encore en service dans leurs unités et, profondément alarmés par la dégradation morale de l’IDF, se sont tournés vers nous. (Leurs témoignages) suffisent à mettre en doute la crédibilité de la version officielle de l’armée", peut-on lire dans ce document.

Selon une ONG palestinienne, le bilan des combats côté palestinien s’est établi à 1.417 tués, dont 926 civils. Tsahal parle de 1.166 morts dont 295 civils. Côté israélien, dix soldats et trois civils ont péri.

Des rues entières de Gaza ont été rasées pour réduire le risque des tireurs embusqués et des pièges explosifs. Selon les Nations unies, les quelque 600.000 tonnes de gravats commencent à peine à être déblayées, six mois après la fin de l’opération.

DES "INCIDENTS ISOLÉS"

Dans son communiqué, l’armée rejette ces critiques, mais s’engage à enquêter en cas de plainte formelle pour exactions, tout en assurant que ses militaires ont respecté le droit international.

Le ministre israélien de la Défense, le travailliste Ehud Barak, a estimé pour sa part que l’IDF était "la plus morale des armées du monde" et qu’elle se comportait "conformément aux plus hautes normes éthiques".

Le long communiqué de Tsahal reconnaît toutefois "des cas isolés où du tort non intentionnel a été causé à des non-combattants à la suite d’erreurs opérationnelles", que l’armée affirme inévitables dans "des combats complexes et difficiles".

Plusieurs soldats décrivent une procédure de fouille de maisons où des civils étaient forcés à entrer dans des bâtiments suspects devant les soldats. Ils citent plusieurs cas dans lesquels des civils devaient s’avancer tandis qu’un militaire, derrière lui, reposait son fusil sur son épaule.

"Nous n’avons jamais utilisé aucun civil comme bouclier humain", a rétorque à Radio Israël un porte-parole de Tsahal, le colonel Avi Peled. Il assuré que les témoignages sur ce point ne sont que des choses dont les soldats ont entendu parler.

Le rapport évoque également l’emploi sans discernement de munitions incendiaires au phosphore blanc dans les rues de Gaza - ce que Tsahal dément -, des "destructions massives ne répondant à aucune menace directe" et des règles d’engagement "permissives".

"On ne nous disait pas de tirer sur tout ce qui bouge. Mais la consigne générale était : si vous vous sentez menacés, tirez. Ils n’arrêtaient pas de nous dire que c’était la guerre et que, à la guerre, on fait feu à volonté", se souvient un soldat.

Version française Gregory Schwartz et Marc Delteil : http://fr.news.yahoo.com/4/20090715...

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15.07.2009

Guerre de Gaza : des soldats accablent Tsahal

Monde 15/07/2009 à 06h51

Israël. Une association a rassemblé des témoignages sur les exactions.

JÉRUSALEM, de notre correspondante DELPHINE MATTHIEUSSENT

Mépris pour la vie des civils palestiniens, usage sans restriction de la force, destructions massives et vandalisme : pour la première fois depuis l’opération militaire israélienne à Gaza, en décembre et janvier, une organisation regroupant des soldats israéliens fait écho aux accusations palestiniennes et internationales. Dans un rapport de plus de 100 pages, regroupant les témoignages de 26 soldats, Shovrim Shtika («Rompre le silence») revient en détail sur la conduite de l’armée israélienne lors de l’offensive de près de trois semaines contre le Hamas, qui avait fait plus de 1 300 morts et des milliers de blessés palestiniens.

Des témoignages de soldats faisant état d’exactions contre des civils palestiniens avaient déjà été publiés dans la presse israélienne en mars. Mais leur fiabilité avait été contestée car ils avaient été reconstitués à partir de discussions informelles organisées au sein d’une académie militaire.

Cette fois, Shovrim Shtika, une organisation qui s’était jusque-là attachée à recueillir les témoignages de soldats servant dans les territoires palestiniens, retranscrit de façon systématique des entretiens avec des conscrits et des soldats de réserve, sous couvert de l’anonymat. Des extraits de son rapport sont publiés aujourd’hui dans le quotidien israélien de gauche Haaretz.

Phosphore. Des enquêtes de l’ONU et de différentes organisations de défense des droits de l’homme avaient déjà fait le tour des principaux chefs d’accusation qui pèsent sur Tsahal : utilisation de civils comme boucliers humains, tirs injustifiés contre des civils, usage de bombes au phosphore blanc dans des zones habitées. Tous ces éléments figurent là encore dans les témoignages des soldats. Mais c’est le laxisme des règles d’engagement, voire leur absence, qui est l’élément le plus troublant du rapport. Ainsi le témoignage d’un des soldats : «Si nous détectons quoi que soit qui ne doit pas être là, nous avons ordre de tirer. On nous explique que de toute façon l’armée de l’air a lâché des prospectus pour dire à tous les habitants de partir, et que plus personne ne doit être là. J’entends des histoires d’autres unités qui tirent sur des gens distants de deux kilomètres. Ils essaient de les tuer. Ce sont de jeunes soldats, qui veulent marquer des points. Comme si c’était cool d’avoir un tel pouvoir sans personne pour vous freiner.»

«Terroriste». Un autre soldat explique comment, une nuit, un Palestinien s’est approché de la maison occupée par son unité, dans le quartier de Zeitoun, dans la périphérie de la ville de Gaza. Malgré les demandes répétées de ses soldats, le commandant refuse qu’ils le dissuadent de continuer dans leur direction en tirant. Le civil est abattu. «Plus tard, des soldats ont demandé au commandant pourquoi il ne nous avait pas laissé avertir le Palestinien. A chaque fois il répondait que c’était parce que c’était la nuit et qu’il s’agissait d’un terroriste, même si aucune arme n’avait été retrouvée sur lui. L’impression générale était qu’on était ici pour tuer et que cela ne perturbait personne», relate-t-il.

«Il y a des bavures et des dérapages dans toutes les guerres, mais ce qui nous trouble, c’est de voir que, lors de son opération à Gaza, l’armée israélienne semble avoir changé ses concepts éthiques sans nous le dire. L’utilisation de tactiques de guerre contre les civils palestiniens est injustifiable», commente Yehuda Shaul, directeur de Shovrim Shtika.

Avant même leur publication, l’armée israélienne a remis en question la fiabilité de ces témoignages. Pour Asa Kasher, professeur de philosophie à l’université de Tel-Aviv, auteur du code d’éthique de l’armée,«cette organisation [Shovrim Shtika] se targue de défendre des valeurs morales alors qu’elle a en fait un agenda politique : aller dans le sens des accusations palestiniennes.» Il ajoute : «Quand les soldats disent qu’ils pouvaient tirer à volonté : soit ils ont agi de leur plein gré et c’est condamnable, soit ils n’ont pas refusé les ordres de leur supérieur, ce qui est également condamnable. Les soldats ont l’obligation légale de refuser des ordres illégaux, de tirer sur des innocents. […] C’est très facile, des mois après les faits, de jeter la pierre à l’armée en prenant les médias à témoin

Source : Libération

Juste une question : Pourquoi la presse internationale a été et est toujours interdite à Gaza par Israël ? Idem pour l'Irak où Bush a fait interdire la presse internationale pour cause de danger pour les journalistes. Cherchons l'erreur.

 

09:17 Publié dans Actualité politique ou géopolitique, Crimes contre l'humanité, Gaza, Israël - Palestine, USA | Lien permanent | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

11.07.2009

Gaza : la démocratie et les droits de l'homme selon Israël

07/07/2009 20:00

Christophe Oberlin : « Nous attendons que les Israéliens nous laissent traverser »

Une équipe de chirurgiens français est empêchée depuis dimanche 5 juillet d’entrer dans la bande de Gaza. Joint au téléphone, Christophe Oberlin, l’un des responsables de cette mission, raconte

Quand devait débuter votre mission dans la bande de Gaza ?

Christophe Oberlin : Nous sommes partis de France samedi 4 juillet. On devait passer dimanche le check-point israélien d’Erez, qui permet d’entrer dans la bande de Gaza. Mais cela fait trois jours que nous sommes bloqués et que nous attendons que les Israéliens nous laissent traverser. Nous sommes neuf chirurgiens, français, anglais et espagnol, mandatés par le ministère français des affaires étrangères, dans le cadre de la mission humanitaire de formation de chirurgie et d’enseignement que l’on mène depuis 2002, à raison de trois à quatre missions par an à Gaza.

Quelles raisons invoquent les Israéliens pour vous empêcher de passer ?

Aucune. Arrivés à Erez, on a montré nos papiers, notre ordre de mission et on nous a dit que nous ne passerions pas. Au cours des 25 missions que j’ai effectuées, on a souvent eu des ennuis avec les Israéliens. Tantôt, ils laissaient passer cinq personnes de l’équipe, et pas les autres. Certains ont été bloqués cinq jours, d’autres définitivement. Une fois, l’un d’entre nous a été remis dans l’avion de manière arbitraire. Jamais l’équipe entière n’a été bloquée pendant toute la durée de la mission.

Que dit le ministère des affaires étrangères français ?

Toutes les vexations que nous connaissons aujourd’hui sont le quotidien des diplomates du consulat de France à Jérusalem. Le premier adjoint du consulat s’est fait refouler à Erez, avant-hier. Un véhicule du consulat de France a été fouillé récemment alors que c’est illégal. C’est l’ambassade de France qui maintenant se charge du dossier et son premier secrétaire appelle régulièrement l’armée, en vain pour l’instant.

Quel est le but de votre mission ?

Cette semaine, nous devions donner trente heures de cours à des chirurgiens palestiniens qui suivent sur deux ans une formation en microchirurgie et chirurgie réparatrice. Nous devions voir aussi en consultation chirurgicale 70 patients qui souffrent de séquelles de blessures de guerre, paralysie, chirurgie nerveuse, reconstruction cutanée. Par la même occasion, nous soignons aussi les enfants atteints de tumeur ou victimes d’accidents d’autres origines. Depuis le début de cette mission, on a opéré entre 700 à 800 patients, dont 45 % sont des enfants.

Combien de chirurgiens formez-vous à Gaza ?

C’est une formation en deux ans. Sept Palestiniens ont été diplômés dans la première promotion sortie il y a deux ans. Cette année, dans la deuxième promotion, en fin de première année, ils sont huit. On devait faire passer les examens pour le passage de première en deuxième année. Si les Israéliens ne nous laissent pas passer, la formation de ces chirurgiens palestiniens est fichue pour cette année.

À chaque mission, nous voyons quatre fois plus de patients que nous ne pouvons opérer. C’est pourquoi nous sommes passés à la formation car il y a un besoin aigu. Le premier de nos élèves formés, Mohamed Al Rantissi, fait 100 interventions chirurgicales par an, ce que nous faisons en un an avec quatre déplacements. Une personne sur place est aussi efficace que la totalité des missions. Avec les diplômés et ceux à venir, d’ici à cinq ans, on devrait couvrir les besoins de la population de Gaza dans ce type de chirurgie spécialisée. Ces formations évitent des évacuations sanitaires et permettent de créer des centres chirurgicaux localement.

Recueilli par Agnès ROTIVEL

(1) Auteur avec Jacques-Marie Bourget de Survivre à Gaza, un portrait de Mohamed Al-Rantissi, Éd. Koutoubia, 198 p., 18,90 €.

Source : http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2381209&a...

Le Pr. Oberlin est entré dans la bande de Gaza !

vendredi 10 juillet

Quand le Pr. Christophe Oberlin estime être dans son droit, difficile, même pour les Israéliens, de se mettre en travers de sa route. Après 4 jours de refus consécutifs de la part du gouvernement israélien, le chirurgien de renommée internationale est entré ce matin dans la bande de Gaza et s’est aussitôt mis au travail à l’hôpital Khan Younès avec 3 autres médecins de son équipe.

Il a fini par rentrer jeudi à 11 H 30 dans la Bande de gaza, après avoir squatté pendant 4 jours devant le poste frontière d’Erez et avoir appelé la terre entière pour réussir à tenir ses engagements.
Dès cet après-midi, il était au travail, aux côtés du Dr. Mohamed Rantissi, pour une longue série de consultations, qui ont pris du retard, et qui seront suivies d’interventions chirurgicales liées à des blessures infligées par l’armée israélienne à la population palestinienne pendant l’opération élégamment nommée "plomb durci".
Il dispensera ensuite aux médecins palestiniens un enseignement dans sa spécialité, comme il le fait à chacune de ses missions.

Il a fallu notamment l’intervention de Me Gilles Devers, qui a engagé des procédures, déposant plainte auprès du ministre français des affaires étrangères, pour que le gouvernement israélien soit obligé de céder. Tandis que le journal La Croix et la radio France Info faisaient état de la situation de cette équipe chirurgico-médicale bloquée par l’armée israélienne au poste frontière d’Erez, l’ambasseur d’Israël appelait Frédéric Barrère à France Inter, pour demander qu’il renonce à traiter cette information !

Source : http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?breve112

 

Lettre du Pr. Christophe Oberlin à la ministre de l’Intérieur

Mercredi, 9 avril 2008 :: Christophe Oberlin ::
Lettre du Pr. Christophe Oberlin à la ministre de l’Intérieur

Madame la ministre,

J’ai appris que le sous préfet Bruno Guigue était menacé d’exclusion de la fonction publique à la suite de propos qu’il aurait tenus dans un article. Il aurait déclaré que des soldats israéliens assassinent des enfants sur le chemin de l’école, et que la torture est pratiquée dans les prisons israéliennes.

Me rendant moi même régulièrement dans les territoires palestiniens occupés pour y soigner des blessés, je ne peux malheureusement qu’attester avoir vu des blessés, parfois très gravement handicapés, qui m’ont dit avoir été torturés dans les prisons israéliennes.

J’ai rencontré des familles dont un ou plusieurs enfants ont été assassinés. L’un des mes élèves, le Dr Samir El Jazy, a été assassiné par un tireur israélien, à Rafah, chez lui, alors qu’il était en train de coucher sa fille.

Tous ces faits sont malheureusement avérés, et Bruno Guigue n’a fait qu’énoncer une triste vérité. Par ailleurs il ne l’a pas fait, à ma connaissance, dans l’exercice de ses fonctions, et invoquer le « devoir de réserve»  est pour le moins curieux. Est-il interdit de parler ou d’écrire, même en dehors de ses fonctions ? J’ai lu l’un des livres de Bruno Guigue sur le conflit israélo-palestinien : c’est un livre d’universitaire et d’historien, dont rien n’est attaquable. Le livre en question en est d’ailleurs à sa deuxième édition… Un limogeage sans motivation et sans jugement, voilà qui ne nous fait pas honneur.

Je suis moi-même membre de la fonction publique. Va-t-on me limoger parce que je décris également ces réalités ?

Source : http://www.geostrategie.com/671/lettre-du-pr-chris...

 

 

Survivre à Gaza: le Pr Christophe Oberlin témoigne (vidéo)

oberlin Pr Christophe Oberlin* est connu pour son engagement en tant que médecin dans l’action humanitaire. Il intervient dans les parties du monde ravagées par les conflits armés. Il a effectué plusieurs séjours à Gaza et se trouvait dans cette ville assiégée durant les trois semaines de bombardements israéliens. Il est revenu à Paris avec des témoignages, un nouvel éclairage sur la situation dans la région, notamment à travers « Survivre à Gaza« , un livre d’entretiens avec son ami le chirurgien Gazaoui Mohamed Al-Rantissi, le frère d’Abdelazziz Al Rantissi,l’un des fondateurs du Hamas, assassiné par Israël en 2004.


algerie-focus.com . Gaza. Le Pr Christophe Oberlin témoigne


Entretien :

1- Vous êtes un témoin de l’intérieur, puisque vous vous trouviez à Gaza durant les bombardements israéliens. Comment avez-vous vécu votre séjour sous les bombes, et quelle est l’image la plus marquante que vous gardez de cette expérience ?

L’image la plus marquante est celle d’un  garçon de 14 ans que nous avons reçus à l’hôpital de Rafah moins d’une demi heure après notre entrée à Gaza. Une bombe est tombée sur le la place du marché à la nuit. Quinze blessés ont été amenés instantanément. Parmi eux ce jeune homme, qui avait pris un éclat d’obus dans la colonne vertébrale et qui est maintenant paraplégique à vie.

Une autre image, plus gaie, est celle des douze chirurgiens égyptiens qui nous avaient précédés à l’hopital de Khan Younis, certains passés par des tunnels, et qui travaillaient si bien et en si bonne entente avec nos amis palestiniens. Cette solidarité à la fois chirurgicale et culturelle, pour ne pas dire religieuse, m’a beaucoup touchée.

2- Tsahal, relayée par des médias occidentaux, accuse le Hamas d’avoir utilisé la population civile comme bouclier humain, notamment dans les écoles et les hôpitaux de Gaza, et ce afin de justifier son lourd bilan en perte de vies humaines innocentes palestiniennes dont beaucoup de femmes et d’enfants. Est-ce que cet argument est crédible ?

Cet argument est un stéréotype raciste classique: l’arabe, pour Israël, est naturellement peureux (il se cache) et lâche (parmi les civils). La vérité est qu’un combat si inégal justifie de s’adapter, ce que fait la résistance palestinienne, dans la mesure de ses moyens.

3- Ces même commentateurs décrivent le Hamas comme une force brutale qui opprime et tient en otages les Gazaouis ?

Je n’ai jamais rien constaté ni entendu de tel. Bien au contraire la « cote » des résistants et en particulier du Hamas, me semble encore plus élevée à la suite de cette guerre. Des élections le démontreraient aisément.

4- Souscrivez-vous à ce discours et comment décririez-vous, vous le Hamas étant donné que vous avez rencontré personnellement ses dirigeants sur place ?

J’ai rencontré à de multiples reprises les dirigeants du Hamas, et leur discours m’a toujours semblé raisonnable et démocratique. Je note d’ailleurs que cette opinion que j’ai émise de multiples fois depuis plusieurs années, a été reprise il y a quelques mois par un diplomate français, Mr De La Messuzière , et ces jours ci par le vice président de la commission des affaires étrangères du Sénat, Jean François-Poncet.

5- A ce propos, de votre dernier voyage à Gaza est né «  Survivre à Gaza », un livre d’entretiens avec Mohamed Al-Rantissi, chirurgien Gazaoui et frère de Abdelaziz Al-Rantissi, l’un des fondateurs du Hamas. Pouvez-vous nous dire un mot sur ce livre ?

6- Dans le livre Mohamed Al-Rantissi, accuse plusieurs dirigeants du Fatah, y compris Mahmoud Abbas, de collaborer avec Israël et conclut que seule la résistance islamique du Hamas est à même de faire plier l’Etat hébreu et d’aboutir à la création d’un Etat Palestinien. Êtes-vous d’accord avec cette position du Hamas ?

Je suis d’accord avec l’idée que le Fatah, du fait de l’absence de résultats positifs pour les palestiniens depuis la mort d’Arafat, est à bout de souffle, et ne travaille plus efficacement pour les palestiniens. La conséquence en est d’ailleurs le succès électoral du Hamas, qui dépasse nettement les sympathisants directs.

7- L’Union européenne et les Etats-Unis posent trois conditions au dialogue avec le Hamas : qu’il reconnaisse l’Etat d’Israël ; qu’il renonce à la violence ; qu’il reconnaisse les accords d’Oslo. Qu’en pensez-vous; est-ce que le Hamas accepterait ces conditions ?

Aucune de ces conditions ne peut être remplie avant la négociation. S’y accrocher revient à prolonger délibérément la guerre. La position du Hamas est claire et n’a jamais changé: négociations immédiates, directes, avec les représentants élus des palestiniens (y compris le fatah) sans préalables, sur le fond.

8- D’aucuns s’accordent à dire que la situation humanitaire est dramatique à Gaza. Vous en tant que médecin quel est votre constat ?

La situation économique, alimentaire est dramatique. Sur le plan médical, l’essentiel est assuré, notamment les urgences, mais certains traitements font cruellement défaut,  en particulier les traitement anti cancéreux.

9- Benyamin Netanyahou, réclame une nouvelle offensive contre Gaza, pour « terminer le travail et faire disparaître la menace » ( ndrl, le Hamas et le Hezbollah). A quoi devons-nous s’attendre, si jamais cette menace venait-elle à être mise à exécution ?

Ce serait une folie, un crime épouvantable que les USA et l’Europe ne l’en dissuadent pas. Et cela ne déboucherait sur aucun accord politique

Entretien réalisé par Fayçal Anseur
Pour algerie-focus.com et www.lefinancier-dz.com

(*)Christophe Oberlin – Médecin – FRANCE

Chirurgien spécialisé dans la microchirurgie et la chirurgie de la main. Responsable de missions de chirurgie réparatrice des paralysies auprès des blessés palestiniens depuis décembre 2001 (une quinzaine de missions au total). Professeur des Universités. Une centaine de publications, deux livres traduits en anglais, et en chinois. Responsable de deux Diplômes d’Université. A effectué une vingtaine de missions humanitaires de chirurgie réparatrice (lèpre, ulcère du Buruli) entre 1981 et 1995 (Centrafrique, Bénin, Congo, Côte d’Ivoire).
Sympathisant(e) ou membre de : Coordination des Appels pour une Paix Juste au PO,

Source : http://www.algerie-focus.com/2009/02/07/gaza-temoignage-d...

 

 

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