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01/07/2009

Le retour de la directive Bolkestein

24 Juin 2009

Thierry Brun

La directive de libéralisation des services dite « Bolkestein », du nom de son auteur ultralibéral Fritz Bolkestein, n’est pas morte. Elle doit même faire l’objet d’une procédure législative en France d’ici le 28 décembre 2009. Depuis quelques semaines, le ministère des Finances, chargé de la transposition de cette directive et d’évaluer les exigences existantes, travaille sur ce dossier lourd de conséquences pour un secteur des services qui pèse 66 % du PIB européen et 75 % des emplois.

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Fritz Bolkestein, celui par qui est arrivée la libéralisation des services

Les Etats membres de l’Union européenne ont en effet jusqu’au 28 décembre pour « évaluer pour chacune des exigences identifiées dans leur législation, si elle est non discriminatoire, justifiée par une raison d’intérêt général et proportionnée » (article 15 de la directive « révisée », relative aux services dans le marché intérieur, dite directive Bolkestein).

En pleine campagne pour les européennes, la discrétion est requise au gouvernement et à l’Elysée. Et les principaux candidats aux élections européennes, en particulier ceux de la majorité et du parti socialiste, se gardent bien de débattre sur ce terrain glissant de la libéralisation des services, d’autant plus que, lors de la campagne référendaire française de 2005, les partisans du oui au TCE ont laissé croire que celle-ci était « enterrée ». En vérité, une majorité a été trouvée (avec le PPE pour la droite et le Parti socialiste européenne, PSE, pour la gauche) pour consacrer la déréglementation de services publics en Europe ainsi que le dumping social.

Quel est le contenu de cette directive ? La directive Bolkestein a pour objectif de lever les obstacles à la libre circulation des services dans l’UE. Et après plus de deux ans d’intenses controverses, qui ont suscité un débat déterminant en faveur du non au traité constitutionnel européen lors du référendum de mai 2005, une directive « révisée » a finalement été adoptée en deuxième lecture par le Conseil européen (seules la Belgique et la Lituanie se sont abstenues) en décembre 2006.

La version actuellement en cours de transposition n’est pas moins dangereuse que l’original. Si l’on se souvient de la controverse sur le « principe du pays d’origine » et des objectifs de libéralisation des services publics, la version actuelle de la directive, principal outil de mise en œuvre de la Stratégie de Lisbonne, consacre le principe de « libre prestation de services », une des dispositions du traité de Rome, et le champ d’application concerne bien les services publics, du moins les « services d’intérêt économique général » (SIEG), c’est-à-dire les transports, les services postaux, l’approvisionnement en eau, l’électricité, le traitement des déchets, etc. Auxquels il faut ajouter les services aux entreprises, les services fournis à la fois aux entreprises et aux consommateurs.

Cette directive, entérine la mise en concurrence des salariés et le nivellement de la protection sociale par le bas, et applique à la lettre le principe de la concurrence « libre et non faussée », fondement que l’on retrouve dans le Traité de Lisbonne dans un Protocole, partie intégrante du Traité, qui stipule : le « marché intérieur tel qu’il est défini à l’article 3 [...] comprend un système garantissant que la concurrence est libre et non faussée ».

Pourquoi est-il si intéressant de revenir sur cette directive Bolkestein ? En cette période de crise et de retour annoncé à plus de régulation, le ministère des Finances, sous couvert de crainte de contentieux à venir, est à l’évidence en train de s’aligner sur la position de la Commission européenne, validée par le Parlement européen après un compromis entre les groupes du PPE et du Parti socialiste européen.

Certains rétorqueront que la directive révisée a supprimé le « principe du pays d’origine », selon lequel un prestataire qui souhaite fournir ses services temporairement dans un autre pays (sans s’y établir) peut le faire sans avoir à appliquer d’autres mesures que celles de son pays d’origine. Il n’en est rien. Après l’adoption de la directive Bolkestein, un règlement européen (593/2008/CE du Parlement européen et du Conseil du 17 juin 2008 sur la loi applicable aux obligations contractuelles), qui s’applique donc directement aux Etats membres, a, sans bruit, mis en place un dispositif similaire au « principe du pays d’origine ».

Le réseau européen de soutien aux entreprises Enterprise Europe Network, mis en place par la Commission européenne en février 2008, l’a fort bien résumé : « Ce règlement s’applique à toute obligation née d’un contrat, tel qu’un accord de transfert de technologie ou une licence internationale de propriété intellectuelle. Le principe de base de ce texte est que les parties contractantes sont libres de choisir la loi applicable au contrat. Si elles ne parviennent pas à s’accorder, la loi la plus étroitement liée au contrat s’appliquera. Il est présumé que cette loi est la loi de résidence ou d’établissement du titulaire de la licence, bien qu’il puisse y avoir des exceptions ».

Ce règlement s’appliquera aux contrats conclus après le 17 décembre 2009 et remplacera la convention de Rome de 1980. A cette date « une entreprise et un salarié français exerçant ses talents en France, pourront parfaitement convenir en toute liberté que la loi applicable à leur rapport sera celle du Yémen du Sud », explique Gilles Karpman, directeur général délégué du Cabinet Idée Consultants dans un article publié en septembre 2008. Il ajoute que cette règle « s’applique à tous les contrats y compris de travail et meret aux parties de choisir et de changer à tout moment la loi applicable à leurs relations, et cela pas seulement en optant pour une des législations des Etats membres mais en vertu d’un principe dit d’universalité (c’est beau) éventuellement pour n’importe quelle législation même extra communautaire (le plombier kazakh fera-t-il autant jaser que son confrère polonais ?) ».

D’autres souligneront que six mois après l’adoption de la directive Bolkestein, un protocole inédit sur les « services d’intérêt général » annexé au traité de Lisbonne fait clairement la distinction entre les SIEG et les services « non-économiques » (justice, police, régimes de sécurité sociale). Ce document n’est pas encore ratifié et loin de l’être. Dans le même temps, les SIEG sont quasiment tous tombés sous le coup de la concurrence libre et non faussée. De plus, le ministère des Finances n’a pas encore indiqué quels seraient les services sociaux exclus de la transposition de la directive Bolkestein. En effet, les services d’intérêt général (SIG) n’existent pas en droit européen et la Commission ne connaît que la définition des services que donne la jurisprudence de la Cour de justice par laquelle une activité de service est « une activité fournie en échange d’une contrepartie économique ».

Rappelons enfin que la directive 96/71 du 16 décembre 1996 sur le détachement de travailleurs dans le cadre d’une prestation de services intercommunautaire laisse aussi la place à de nombreuses pratiques de dumping social. «  La règle qu’elle édicte veut que quelle que soit la loi applicable à la relation de travail, les travailleurs détachés d’un pays à un autre de l’Union en application d’un contrat de prestation de services restent soumis à la loi du pays où ils ont conclu leur contrat de travail à l’exception d’un socle de règles du pays d’accueil ». Plusieurs affaires jugées par la Cour de justice (CJCE) ont donné lieu à un jugement privilégiant la liberté d’établissement et la libre prestation des services plutôt que les droits sociaux fondamentaux.

Directive Bolkestein, ce qui est déjà transposé :

La loi de modernisation de l’économie adoptée en juillet 2008 a transposé une partie de la directive européenne sur les services de 2006, en particulier dans son titre II. Il s’agit de l’assouplissement des conditions d’implantation des grandes surfaces sur le territoire. Une grande surface de moins de 1000 m² (contre 300 m² auparavant) pourra désormais s’installer sans autorisation préalable de la commission départementale d’urbanisme (autorité compétente pour délivrer les permis d’implantation).

Thierry Brun

Télécharger le règlement du parlement europééen

Source : http://www.mecanopolis.org/?p=8199&type=1

France - Israël - Iran

Nicolas Sarkozy accusé de se mêler des affaires intérieures israéliennes

Lors des entretiens entre Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien, et Nicolas Sarkozy, le 24 juin à Paris, ce dernier aurait, selon la presse israélienne, suggéré au chef du gouvernement de "se débarrasser" de son ministre des affaires étrangères, Avigdor Lieberman (chef du parti d'extrême-droite Israël Beitenou), et de le remplacer par Tzipi Livni qui avait occupé ce poste. "Avec elle et Ehoud Barak (le ministre de la défense), tu pourrais faire l'Histoire", aurait dit le président français. Défendant son ministre, M. Nétanyahou aurait déclaré que "dans le privé, (M. Liebermann) est quelqu'un de pragmatique". "En privé aussi, Jean-Marie Le Pen est quelqu'un de très agréable", aurait répondu Nicolas Sarkozy. M. Nétanyahou aurait alors affirmé que les deux hommes n'étaient "en rien comparables". L'Elysée s'est refusé à faire le moindre commentaire sur cette conversation, mais le ministère israélien des affaires étrangères a publié un communiqué : "Si ce qui est attribué au président français est exact, il s'agirait d'une immixtion dans les affaires d'un pays démocratique et d'une chose grave et inacceptable." Lorsqu'il s'était rendu à l'Elysée, le 5 mai, M. Lieberman avait été reçu seulement par Claude Guéant, le secrétaire général de la présidence.

Source : Le Monde


C'est une habitude d'aller nous mêler des affaires des autres, apparemment !

BHL: "Je parle aussi aux Iraniens égarés qui soutiennent Ahmadinejad"

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AFP

Bernard-Henri Lévy: "Le processus engagé en iran est irréversible.
Le régime est discrédité, agonisant."


Par Marie Simon, publié le 25/06/2009 19:55 - mis à jour le 25/06/2009 20:32

"Solidaire de cette jeunesse iranienne qui défile contre Mahmoud Ahmadinejad", Bernard-Henri Lévy évoque pour LEXPRESS.fr la situation en Iran, mais aussi les deux vidéos qu'il a postées sur Dailymotion cette semaine. Interview.

Pourquoi avoir adressé un message vidéo à la jeunesse iranienne?

C'est le texte de mon bloc-notes. Lu, et donc posté sur Dailymotion, à l'attention de ceux qui n'ont, comme vous pouvez l'imaginer, pas accès à nos journaux. Je l'ai fait en français mais aussi en anglais, ce qui n'est pas une mauvaise chose si on veut être entendu à Téhéran.

L'idée étant d'envoyer un message de solidarité, d'amitié, à cette jeunesse iranienne qui défile contre Mahmoud Ahmadinejad et contre la confiscation de l'élection. A eux comme, d'ailleurs, à ceux qui, égarés, restent aveuglément fidèles au régime, je dis la même chose: ce n'est que le début...

Le début d'une révolution?

Si vous voulez, oui. Car on oublie que la première révolution iranienne, la nationale-socialiste, celle qui a porté Khomeiny au pouvoir, a duré une année. Là, cela peut très bien être pareil. Un régime discrédité, fissuré, agonisant, et qui fait face à une protestation populaire impossible à endiguer. Difficile de dire, bien sûr, sur quoi tout cela débouchera. Mais le processus, je vous le répète, est irréversible.

Ci-dessous, son "adresse à la jeunesse iranienne" en français. Egalement disponible en anglais. Et par écrit, sur le Huffington Post.

Exclusif. Adresse à la jeunesse iranienne, par BHL

http://www.dailymotion.com/video/x9o0mf_exclusifadresse-a...

 


Que pensez-vous de Mir Hossein Moussavi, érigé en leader de l'opposition "verte"?

Je suis moins pessimiste qu'au début des manifestations. Moussavi est un apparatchik, naturellement. Un homme du sérail. Un homme qui a servi sous Khomeiny et Khamenei. Mais voilà, les circonstances le grandissent. Elles le hissent au dessus de lui-même. Comme dans toutes les révolutions, au fond.

Vous évoquez Twitter dans votre message. A-t-on surestimé son rôle dans la mobilisation iranienne?

Non. Son rôle, comme celui d'Internet en général, a été évidemment capital. Les Iraniens communiquent sur Twitter comme les résistants anti-Haider se parlaient par SMS en 2000. Parole vive. Communication instantanée. Ce n'est pas seulement le medium qui a changé. Mais aussi, par ce canal, la nature même du message.

La plupart des messages de 140 signes maximum sont pro-Moussavi... Twitter n'aurait-il pas tendance à déformer l'image que nous avons de la situation globale en Iran?

Jusqu'à nouvel ordre, la seule "déformation", c'est le comptage frauduleux des votes par le régime, le truquage et le vol des élections.

La réponse à votre message, sur Twitter ou ailleurs sur Internet, est assez ironique: on vous présente en "sauveur de l'Iran". Que répondez-vous?

Ce message était moins adressé aux commentateurs parisiens qu'aux twitteurs iraniens. Et je sais que, pour ceux-là, dans l'état de solitude, de désespoir, où ils se trouvent, tous les soutiens sont les bienvenus.

REUTERS/Gonzalo Fuentes

Le philosophe Bernard-Henri Lévy manifeste son soutien au peuple iranien, à Paris, le 19 juin, avec l'écrivain Marek Halter, l'ancien ministre Jack Lang et le businessman iranien Amir Jahanchahi.

Le philosophe Bernard-Henri Lévy manifeste son soutien au peuple iranien, à Paris, le 19 juin, avec l'écrivain Marek Halter, l'ancien ministre Jack Lang et le businessman iranien Amir Jahanchahi.

 

La suite ici : L'Express




Les forces de sécurité irakiennes prennent le contrôle des villes

Le 30 juin est désormais jour férié en Irak pour célébrer la toute nouvelle journée de la Souveraineté nationale. Les forces nationales assurent la sécurité depuis mardi à Bagdad et dans d'autres villes du pays, prenant le relais des Américains alors que des violences continuent de frapper le pays.

Le départ des forces de combat américaines des centres urbains s'est achevé lundi, comme prévu dans l'accord de sécurité conclu entre les Etats-Unis et l'Irak. Toutes ces unités doivent avoir quitté le pays d'ici à la fin août 2010, selon Barack Obama, sachant que le retrait de la totalité des forces américaines doit être effectif d'ici le 31 décembre 2011.

Le commandant des forces américaines au Moyen-Orient, le général David Petraeus, s'est dit convaincu lundi que les forces irakiennes étaient prêtes à prendre la relève pour assurer la sécurité, malgré les attentats sanglants des dix derniers jours. Le bilan de plus de 250 morts laisse craindre un regain de violence dans les villes après le départ des derniers soldats américains, même si le gouvernement irakien assure que les forces de sécurité locales sont prêtes.

"Ceux qui pensent que les Irakiens ne sont pas capables de protéger leur pays et que le retrait des forces étrangères va créer un vide en matière de sécurité commettent une grosse erreur", a assuré le Premier ministre Nouri al-Maliki dans un discours télévisé. Il a imputé les attentats à Al-Qaïda en Irak et à ce qu'il reste du parti Baas de feu Saddam Hussein.

Lundi soir, l'heure était aux festivités. Tandis qu'une horloge comptait les derniers instants avant la fin du retrait des forces de combat américaines des villes, des feux d'artifices illuminaient la nuit de Bagdad et des milliers de personnes venaient écouter des chants patriotiques dans un parc de la capitale. Toute la journée, des véhicules militaires irakiens ornés de fleurs et du drapeau national ont sillonné la ville.

Dans cette atmosphère de liesse, le président Jalal Talabani a cependant tenu à rendre hommage aux Américains. "Tandis que nous célébrons ce jour, nous exprimons nos remerciements et notre gratitude à nos amis des forces de la coalition, qui ont pris des risques et des responsabilités, et ont subi des pertes et dommages en aidant l'Irak à se débarrasser de la plus laide des dictatures ainsi que dans l'effort conjoint pour restaurer la sécurité et la stabilité", a-t-il déclaré.

Les forces américaines sont présentes en Irak depuis l'invasion de ce pays en mars 2003. Le président Saddam Hussein a été renversé le mois suivant et pendu en décembre 2006 par la justice irakienne. La sécurité, a estimé Jalal Talabani, "ne pourra pas être total sans un environnement politique adéquat et sans de réelles unité nationale et réconciliation".

Le passage de relais entre forces américaines et irakiennes dans les centres urbains lundi à minuit a rempli de joie de nombreux Irakiens mais les incertitudes demeurent. Les chiites majoritaires craignent ainsi la multiplication des attentats perpétrés par des militants sunnites, et les sunnites ne font pas confiance aux forces de sécurité irakiennes à majorité chiites.

Après ces derniers jours sanglants, l'enjeu est crucial: si les Irakiens, forts d'une armée de 650.000 hommes, parviennent à limiter la violence dans les prochains mois, on pourra penser que le pays a finalement pris le chemin de la stabilité. Au cas contraire, la situation risque de perturber les plans du président Obama pour mettre fin à une guerre impopulaire qui a tué plus de 4.300 soldats américains et des dizaines de milliers d'Irakiens.

Encore mardi, l'armée a annoncé que quatre de ses hommes avaient péri "des suites de blessures reçues au combat". Aucune information supplémentaire n'était divulguée avant que les familles des victimes soient prévenues.

Certaines forces américaines resteront dans les villes irakiennes pour former et conseiller la sécurité irakienne tandis que d'autres continueront les opérations de combat autorisées par le gouvernement de Bagdad dans les zones rurales et frontalières. Plus de 130.000 soldats américains se trouvent toujours en Irak. AP

Source : http://fr.news.yahoo.com/3/20090630/twl-irak-usa-retrait-1def439.html

Diaporama

Source : Le Monde

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16:07 Publié dans Actualité, politique ou géopolitique, Irak, USA, Israël | Lien permanent | |  Imprimer |  Facebook | | | | Pin it!

« Bertelsmann, une Fondation au service de la gouvernance mondiale », par Pierre Hillard Par Pierre Hillard

« Bertelsmann, une Fondation au service de la gouvernance mondiale », par Pierre Hillard

Par Pierre Hillard, pour Mecanopolis

juin 28 2009

La Fondation Bertelsmann évoque peu de choses auprès des Français. Nous serions même tentés de dire que cela n’évoque rien du tout. Pourtant, le lecteur doit prendre conscience que les grandes décisions sont toujours conçues par une minorité. Le peuple prétendu souverain n’a aucune prise sur l’évolution interne et externe du pays. Le choix qu’il porte sur tel ou tel candidat du système ne change rien à la donne parce que ce dernier est, en fin de compte, le produit de l’oligarchie. Parvenu au pouvoir, le « poulain » issu de la matrice financière se voit servi tout frais une série de rapports et de documents qui conditionnent sa politique dans tous les domaines. Ceci est patent dans le cas de la Fondation Bertelsmann.

 

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En fait, il faut distinguer l’entreprise de la Fondation. A l’origine, l’entreprise a vu le jour en 1835 grâce aux efforts de son fondateur Carl Bertelsmann. Ce dernier et ses successeurs ont su développer leurs affaires au point que la petite imprimerie de la première moitié du XIXè siècle était devenue le premier fournisseur du IIIè Reich à la veille de la Seconde guerre mondiale. A partir de 1945, son jeune président, Reinhard Mohn (descendant de la famille Bertelsmann, mais par les femmes), reprend en main l’affaire familiale et donne à son entreprise la taille d’un empire. En effet, c’est un véritable empire des médias et de l’édition qui a vu le jour. Fort d’un chiffre d’affaires de plus de 18 milliards d’euros, Bertelsmann est à la tête de filiales comme RTL (radio), M6 (télévision) et d’une variété de journaux et de revues comme GEO, Femmes Actuelles, VSD, Stern, Gala etc. A cela, il faut ajouter que la plus grande maison d’édition américaine, Random House, est sous la coupe de cette entreprise germanique. Ainsi, lorsque Barack Obama a publié son livre en 2006 L’audace de l’espoir chez Random House ; en fait, c’était sous l’égide de Bertelsmann. Enfin, précisons que le groupe de distributeurs de livres, France Loisirs, est coiffé par Bertelsmann même si ce dernier, selon certaines indiscrétions, tente de se séparer de sa filiale française. Cette simple énumération suffit à souligner le poids incontournable de ce grand média allemand en Europe mais aussi dans le monde. Cependant, ce poids est d’autant plus renforcé que les dirigeants de Bertelsmann ont su profiter des succès de l’entreprise pour financer la création d’un « laboratoire à idées » : la Fondation Bertelsmann.

Celle-ci a vu le jour en 1977. Ses objectifs sont clairs. Il s’agit d’œuvrer dans trois domaines : la construction européenne, le renforcement du partenariat transatlantique et élaborer une politique au Proche-Orient subdivisée en deux parties ; Israël et le monde musulman.

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Bertelsmann et ses ramifications
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Dans le cas européen, les efforts de la Fondation Bertelsmann sont probants puisqu’elle a joué un rôle décisif dans la relance du projet de constitution européenne après les non français et hollandais en 2005. En effet, un rapport a été adopté par le Parlement européen en janvier 2006 appelant à remettre sur les rails l’idée d’une constitution dotée de la personnalité juridique (droit accordé à l’Union européenne d’être un acteur reconnu sur la scène internationale). Malgré le non irlandais en juin 2008, le projet de constitution est maintenu. Or, les deux rapporteurs, les députés anglais et autrichien au Parlement européen, Andrew Duff et Johannes Voggenhuber, ont travaillé en liaison étroite avec la Fondation Bertelsmann. Celle-ci a bénéficié de relais au sein du Parlement européen comme les présidents des commissions des Affaires étrangères et constitutionnelles (Elmar Brok et Jo leinen) pour remettre en vigueur l’idéal politique de Valéry Giscard d’Estaing. Ce texte doit théoriquement voir le jour en 2010. Parallèlement à l’évolution de la politique européenne, la Fondation Bertelsmann s’active dans le renforcement des liens transatlantiques. En fait, cette Fondation se démène pour réussir à créer un bloc transatlantique unifié pour 2015. Ces ambitions vont très loin puisqu’il est spécifié qu’une « arène monétaire » doit voit le jour de part et d’autre des rives de l’Atlantique. C’est l’annonce en filigrane d’une monnaie transatlantique. Dans ce cas bien précis, l’Europe contre puissance est un vain mot.

Enfin, les activités de la Fondation Bertelsmann s’exercent en direction du Proche-Orient : Israël et le monde musulman. Dans le cadre du « Dialogue germano-juif » (Deutsch-jüdischer Dialog), Bertelsmann souhaite associer un « troisième pilier » du judaïsme (Israël) à ceux des piliers Nord-américain et européen. Pour ses promoteurs, il s’agit de favoriser l’émergence d’un immense bloc euro-atlantique prolongé jusqu’à l’État d’Israël. Il va de soi qu’une même organisation politique, économique, militaire et philosophique doit structurer cette immense architecture au sein de laquelle le monde musulman doit s’adapter. C’est tout l’enjeu des « Discussions de Kronberg » (Kronberger Gespräche) qui animent les travaux de la Fondation Bertelsmann. Cette dernière cherche à « moderniser » l’esprit des musulmans afin de les rendre aptes, selon elle, aux exigences de la modernité. Cela se traduit par une série de mesures allant dans la voie de l’occidentalisation des structures politiques, sociales et morales des sociétés musulmanes. D’une certaine manière, c’est une forme de « Vatican II » que Bertelsmann veut imposer aux esprits arabo-musulmans en liaison avec les think tanks anglo-saxons. Une telle politique court le risque d’aviver les tensions avec ces populations rétives aux préceptes occidentaux.

Finalement, les travaux de la Fondation Bertelsmann accompagnent et renforcent les ambitions d’une gouvernance mondiale politique, financière et monétaire dont le coup d’envoi officiel fut lancé lors du Sommet du G-20 à Londres en avril 2009.

Pierre Hillard, pour Mecanopolis


Pierre Hillard est l’auteur du livre
« La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale »

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Editions François-Xavier de Guibert, 2009


Le règne du chaos

Première partie :

La stratégie du chaos fonctionne sur l’entretien mensonger de la terreur ; elle gère et attise le désordre, l’effroi, la crainte religieuse, la panique sociale, la haine raciale, pour mieux affirmer son contrôle liberticide. Le cynisme de sa pratique nous informe sur son projet idéologique : celui d’un pouvoir seigneurial et sans partage.

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Le mouvement de liquidation du système fédéral américain, qu’il convient maintenant d’appliquer au monde entier, s’est organisé selon un plan logique et structuré : développer un dispositif chaotique de type féodal fonctionnant sur l’ignorance, la désinformation et le crime mafieux, afin de rendre invisible et invulnérable le centre réel du pouvoir.

Ce dispositif opacifie les centres de décision (impossibilité de consolider les bilans des grandes multinationales) ; il privatise la recherche scientifique, l’enseignement et les institutions gouvernementales ou non gouvernementales de contrôle ; il tente de réduire le savoir à la seule communication permise. Tout ce qu’il finance plus ou moins visiblement, c’est ce qu’il contrôle de manière occulte. On peut mesurer son pouvoir de corruption à la mise en place d’un circuit moderniste d’Argent-Marchandise-Argent pouvant être décliné à l’infini en Argent sale-Marchandise-Argent, ou, Argent-Marchandise-Argent sale, etc. Ainsi, les techniques du contrôle mafieux deviennent les formes de la politique la plus moderne. L’État entièrement sous contrôle, on assiste à son dépérissement absolu.

Une première réplique européenne de ce « coup du monde » à d’abord été donnée en Italie ces quinze dernières années. Elle a d’abord prétendu nettoyer ses institutions politiques, juridiques, journalistiques, policières, militaires. Puis, soudain, par un détournement de l’opération « mains propres », elle a légitimé la « modernité et le sens de l’État» d’une classe politique qui, après être passée par les juges et la prison, revenait, vierge de tout soupçon, à la nation. En réalité, ce détournement réussi, devant des médias aux ordres, fut la victoire de la nouvelle mafia d’affaires s’emparant des hautes sphères de l’État.

La nouvelle société mafieuse à réussi en Italie un coup d’État légal : son crime est propre. En contrôlant tout ou partie des médias, c’est elle qui édicte les critères de vérité, mais surtout, c’est elle qui possède les armes de la pensée logique. Aujourd’hui, ce que les médias montrent, c’est ce que le crime organisé produit et non ce qu’il commet.

Le but de cette stratégie du chaos, son pouvoir féodal, est profondément liberticide. La suppression préméditée des libertés civiques qu’il organise va de paire avec son projet de liquidation de l’État républicain. Cet État, qui, la plupart du temps ne respectait le citoyen que pour son vote, est trop libre pour lui. Il arrive encore, mais de plus en plus rarement, que le citoyen sache pour qui il vote. Et c’est cette liberté là qui est en cause. Il ne s’agit pas de supprimer le droit de vote, mais de le rendre virtuel : on presse ce risque dans le développement, au sein même de l’État, d’une série d’instances décisionnaires sans contrôle électif. Les commissions européennes sont comme les sigles monétaristes : plus on en parle moins ils ont de comptes à rendre.

La stratégie du chaos qui modélise si habilement des mythes, comme celui de la persistance d’une démocratie en Amérique, n’a pas ignoré l’Europe. L’ambition de cette modélisation locale est de ruiner le respect envers la politique, et d’affirmer la primauté, nécessairement propre, de l’économie : les nouveaux juges ont condamné à la prison quelques lampistes, mais épargné avec le plus grand soin leurs donneurs d’ordres. Les maîtres des multinationales ont pu, en toute impunité, préparer l’Europe monétariste, et installer aux commandes une nouvelle génération d’hommes d’affaires instruits selon les codes de la mafia.

Après l’effondrement de l’Empire soviétique, l’Europe politique n’a pas su profiter, pour son projet d’unification, d’une opportunité historique qui ne se renouvellera plus. C’est à une collective absence d’ambition historique qu’on peut attribuer son incapacité à régler, en son seul nom, les conflits nés sur son sol. L’Europe politique n’a jamais pu imposer sa diplomatie en Europe Centrale et en Europe de l’Est comme à l’Ouest : elle ignore que cet échec, qu’elle revendique encore comme une victoire, la rend inoffensive pour les stratèges du chaos.

Aujourd’hui, chaque mesure qu’elle prend dans l’urgence, acculée par les médias, est toujours prise à contretemps. Elle ne prévoit plus, mais survit au jour le jour, confrontée au déferlement incessant du paradoxal et de l’insolite, de l’incompréhensible et du mystérieux qu’entretient le dispositif chaotique dominant. Un tel dispositif ne laisse aucune chance à la classe politique européenne : ce qu’il désorganise le mieux est précisément ce qu’il contrôle le mieux, et l’incertitude est la matière même de sa pratique. Face à une stratégie qui fait de la dissipation une technique de guerre, les décisions des politiques sont de moins en moins dictées par la raison, mais de plus en plus par une peur teintée de superstition.

L’Europe politique s’est perdue en abandonnant le savoir à des transnationales pour qui l’instabilité et l’incertitude, la surenchère et la terreur sont les fondements théoriques de leur contrôle sur la société. C’est justement en ce point que réside la forme d’invisibilité du dispositif chaotique. On peut cependant établir des liaisons dialectiques entre certains discours énigmatiques et quelques faits effrayants. Par exemple, entre l’accélération des mutations virales et le langage de la techno-science sur le devenir d’une médecine guérissant, dans un très proche futur, toutes les maladies. On peut établir d’autres relations logiques entre l’effondrement de l’institution sanitaire aux États-Unis et en Europe et l’apparition d’une tendance de la techno-science qui, par une perversion de la logique, veut imputer l’origine de la misère aux gènes et non à l’exploitation. On peut suggérer que la réponse apportée par la stratégie du chaos à la gestion des conflits s’apparente à un dispositif mathématique expérimental dont la sécheresse des résultats n’est pas redevable des morts. On peut encore signaler que, loin de toute génétique, certains secteurs très spécialisés de l’économie et de la politique pratiquent depuis longtemps une forme performante de clonage. On peut, pour finir, conseiller à la classe politique européenne de méditer sur la fonction hégélienne de la synthèse, c’est mise en perspective historique de la décision, qui est devenue la propriété exclusive de la société du chaos.

x6tenz, pour Mecanopolis

La suite de cet article se trouve ici

Source : http://www.mecanopolis.org/?p=8243&type=1

Deuxième partie :

La première partie de cet article se trouve ici

L’extrême cynisme qui domine la gestion mafieuse de la société se mesure dans la violence des attaques subies par la classe politique occidentale. Ceux qui tombent sous le coup d’affaires sont le plus souvent remplacés par des hommes et des femmes « aux ordres ». Les médias n’échappent pas à ce processus : ce qu’ils dévoilent par leur travail de recherche se retourne contre eux. On peut même affirmer qu’il n’y a plus de journalistes d’investigation dans les médias officiels contrôlés par de grands groupes économiques : les nouvelles affaires qu’ils « découvrent » sont le plus souvent téléguidées.

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La gestion chaotique d’une crise virtuelle, qui n’est en réalité qu’une mutation de la circulation monétaire, condamne à la misère assistée la plus importante partie de la population des pays dits « riches ». Cet assistanat se manifeste d’abord par une surconsommation médiatique, mais jamais par une aide financière proportionnée à la richesse générale. Pour les pauvres des sociétés occidentales, la misère est criante et l’argent se fait rare, mais les médias rayonnent. Les aides octroyées aux miséreux les maintiennent de toute façon en dessous du seuil de pauvreté.

Ceux qui n’ont plus rien, hormis la faculté de se reproduire, sont désignés comme les responsables d’une situation qui les condamne simultanément à la pauvreté aggravée et à la mortification. La crise dont on les accuse est virtuelle. Elle n’existe que dans le discours médiatique. Elle est la technique de désinformation utilisée par les stratèges du chaos pour supprimer les libertés et augmenter les bénéfices.

Un degré supérieur de l’infamie à été atteint lorsque, après le 11 septembre, des présidents et des ministres fantoches ont exhorté ceux qui subissent les privations les plus grandes à consommer massivement en empruntant l’argent qu’ils ne pourront jamais rembourser, de sorte à soutenir un ordre mondial qui les rend totalement esclaves.

Les stratèges du chaos, qui dissimulent leurs intentions par un usage systématique des sigles, ont inventé le FMI. Quelques lettres anodines qui cachent une infinité de fonctions. On l’utilise surtout pour gérer la crise de la dette, et pour cautionner le leurre d’une crise de l’économie. Nous vivions une crise virtuelle et le FMI, comme un leurre, est l’agent de cette modélisation. Selon un dispositif chaotique, le FMI dénonce des détails subalternes en ne les traitant pas, pour mieux dissimuler le sujet de sa mise en scène d’une économie de crise.

Ce ne sont pas le FMI et les instances monétaires qui interviennent directement dans les conflits en cours, mais ceux qui les animent, ceux qui s’agitent dans leur ombre, les manipulateurs de leur image virtuelle, ceux qui savent que l’ONU est désactivée par un nouvel ordre mondial, ceux qui connaissent les arborescences de la scène monétaire, ceux qui peuvent blanchir l’argent de la drogue, ceux qui peuvent négocier le sort des Palestiniens et composer avec les mafias russes et chinoises, ceux qui peuvent financer les Talibans - au nom du pétrole - et produire une série de clones de Ben Laden, ceux qui peuvent utiliser des armes à uranium appauvri en Irak et condamner les Serbes, ceux qui peuvent laisser pourrir les « cités » et privatiser l’enseignement, ceux qui peuvent empoisonner la planète et uniformiser tous les goûts et toutes les saveurs, ceux qui peuvent jouer avec les gènes comme ils jouent à la bourse tout en planifiant une « réduction massive de la population ».

Les créanciers des État-Unis ne connaissent pas de frontières. Ils sont parfois Américains. Cela importe peu. Le réseau criminel appelle un centre symbolique. Le crime à toujours besoin d’une cohérence centrale. Cette cohérence, ce sont les organisations monétaristes, qui n’existent que par leur sigle, qui la lui apportent.

La démocratie américaine est une fiction. Aux États-Unis cohabitent toutes les nuisances de l’époque : argent sale, puissance mafieuse, monétarisme incontrôlé, pauvreté tiers-mondiste et richesse éhontée, manipulation génétique, pollution exponentielle, intégrisme aveugle. Mais la fiction de la démocratie américaine est nécessaire a sa survie : la guerre. L’armée américaine est devenue l’équivalent moderne et à grande échelle de le Condottiere qui faisait la guerre pour le prince le plus offrant. Aujourd’hui, il n’y a qu’un seul prince et le Condottiere n’a plus le choix. Les États-Unis sont dotés de l’armée la plus moderne, technologiquement, et la plus soumise. Ils sont les Condottieri d’un groupe militaro-économico-industriel qui commande par sigles. Ils guerroient pour le compte de leur maîtres, avec la garantie morale du FMI.

On voudrait toujours nous faire croire qu’il y a une super-puissance qui contrôle, avec plus ou moins de succès, la planète. Des séries télévisées guerrières produites par CNN et ses clones tentent de nous en convaincre. On nous montre une armée et une bannière étoilée. Il semble que les morts sur l’écran soient de vrais morts. Mais les soldats à la bannière ne sont pas ce qu’ils pensent être. Ils ignorent pour qui ils se battent. A qui appartiennent les grands réseaux médiatiques ? Ils sont virtuellement américains. Des soldats se battent., tuent et meurent en brandissant leur bannière, image de synthèse d’un nouvel ordre mondial, en ignorant l’incroyable partie d’échecs dont ils ne sont que les pions.

x6tenz, pour Mecanopolis

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