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30/10/2014

Poutine: "Les États-Unis ont Financé et Armé les Terroristes de l'EIIL"

En complément du précédent article :

Sotchi : Poutine rencontre les membres du Club Valdaï (SYNTHESE)

Vladimir Poutine, pendant son discours devant le club international Valdaï ce vendredi (24/10/2014), a tenu à rappeler que les bailleurs de fonds de la rébellion syrienne portent une reponsabilité dans la formation de l'Etat islamique.


28/10/2014

Turquie : Une jeune fille de 16 ans invente le matériau qui peut changer le monde !

Extraordinaire d'imagination, d'inspiration et de créativité nos enfants !

Une fille invente le matériau qui peut changer le monde

 

De William - 28 octobre 2014 à 14:06 dans Insolite

 

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Âgée de seulement 16 ans, la lycéenne turque, Elif Bilgin, a réussi à trouver un matériau pouvant remplacer le plastique que l'on utilise aujourd'hui.

 

Passionnée par les sciences depuis son plus jeune âge, la lycéenne Elif Bilgin a travaillé durant deux années pour, au final, découvrir un nouveau moyen d'obtenir du plastique isolant à partir de la cellulose contenue dans la peau des bananes.

 


 

Originaire d'Istanbul, cette jeune femme a vécu dans une famille qui prône l'instruction des femmes. Et c'est tant mieux, puisque dès qu'elle avait du temps libre, elle pouvait se lancer dans des expériences. Comme elle l'explique, "Je n’ai pas échoué, j’ai trouvé dix mille façons qui ne fonctionnent pas. Je ne me décourage pas car chaque tentative échouée est un pas en avant vers la réussite" (merci à Thomas Edison pour cette superbe citation).

 

Pendant deux ans, Elif Bilgin a travaillé d'arrache-pied pour réussir à fabriquer un nouveau matériau qui pourra remplacer le plastique que nous utilisons en masse aujourd'hui. Selon la lycéenne, "son projet serait potentiellement une solution au problème croissant de la pollution causée par le plastique d’origine pétrochimique". En effet, aujourd'hui, le plastique que nous utilisons pour fabriquer les bouteilles et autres produits de la grande industrie est principalement constitué de pétrole.

 

Ce nouveau matériau considéré comme bio pourrait alors lutter contre la pollution en Turquie et plus tard dans les autres pays émergents et développés. Ce plastique bio pourra d'ailleurs être utilisé dans la fabrication des isolants pour les câbles ou encore les prothèses esthétiques.

 

banane

 

Finaliste du concours Google Science Fair en 2013, lauréate du Voter’s Choice Award et distinguée par la revue Scientific American après avoir reçu le prix Science in Action 2013 et une bourse de 50 000 dollars, Elif Bilgin va pouvoir se consacrer pleinement à son projet de fabrication du plastique bio à partir des peaux de bananes.

 

De plus, selon le site planetoscope, la banane serait l'un des fruits les plus consommés au monde avec une production de 110 millions de tonnes. Au lieu de jeter ces millions de tonnes à la poubelle, on pourra peut-être bientôt utiliser ces peaux de bananes pour fabriquer du plastique isolant et oublier définitivement le pétrole.

 

Mais quel est la différence avec un autre bioplastique ?

 

Le bioplastique existe depuis maintenant plusieurs dizaines d'années issue souvent de la canne à sucre, du blé, du bois ou bien du maïs. L'avantage de la peau de banane réside qu'il s'agit ici de la plus grande consommation de fruits au monde et que la peau de banane n'est pas consommée par l'humain. En théorie, nul besoin d'avoir une production de banane dédiée à la production de ce bioplastique au contraire de la canne à sucre qui demande une énorme consommation en énergie (machines agricoles, engrais etc...) dédiée uniquement à la fabrication du bioplastique.

 

http://hitek.fr/actualite/fille-invente-materiau-change-m...

 

Petite banniere 400x50

 

19:38 Publié dans Découvertes Scientifiques, Insolite, Société, International | Lien permanent | |  Imprimer |  Facebook | | | | Pin it!

France/Algérie : Plus de 300 000 visas attribués aux Algériens avant fin 2014

Pour ceux qui se plaignent de l'immigration en France, il serait temps de faire cesser les mensonges,  l'hypocrisie  et le double langage des partis politiques financés par les lobbies, car après avoir été exploités chez eux, la France et le grand capital continuent à exploiter les immigrés en France !

C'est l'état lui-même qui mène sa politique migratoire en accord avec les pays d'origine des candidats à l'immigration.

Voyons qui tire profit de l'immigration en France sous la houlette du gouvernement ! Pour faire monter le racisme, les sionistes s'y connaissent un rayon du reste !

Au fait, on nous a seriné les oreilles on nous montrant une vidéo selon laquelle Hervé Gourdel aurait été décapité en Algérie sans que l'on aurait encore trouvé son corps à ce jour ! C'est quoi la preuve de sa décapitation, juste une vidéo diffusée sur le net ? 

 

France/Algérie : Plus de 300 000 visas attribués aux Algériens avant fin 2014

8-10-2014

 

L'ambassadeur de France en Algérie l'a annoncé hier
Plus de 300 000 visas attribués aux Algériens avant fin 2014

Plus de 300 000 visas délivrés. C'est là un des objectifs que l'ambassade de France en Algérie souhaite atteindre en 2014. Bernard Emié, ambassadeur et haut représentant de France en Algérie, parle d'une croissance significative du nombre de visas attribués aux Algériens, effective, selon lui, depuis l'année dernière. «Le nombre de visas attribués a connu une croissance significative avec 210 000 délivrés en 2013.

La hausse va se poursuivre en 2014 avec probablement plus de 300 000 visas délivrés. 75% des demandes reçoivent une réponse positive dans les trois consulats généraux français en Algérie», a indiqué, en effet, l'ambassadeur de France en Algérie dans un entretien accordé hier à l'agence APS.

Il insiste sur le fait que son pays a «consenti des efforts importants ces dernières années dans trois domaines, pour faciliter toujours davantage la mobilité des personnes». Les domaines en question se rapportent, en premier lieu, au traitement personnalisé des demandes de visa émises par certaines catégories professionnelles telles que les journalistes, les avocats, les médecins ainsi que les employés des institutions et des entreprises.

«Le deuxième progrès important concerne la durée de validité des visas de court séjour. A la demande de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, nous accordons depuis un an un nombre croissant de visas de circulation, qui représentent à présent près de 50% du total des visas attribués, et qui permettent de se rendre régulièrement en France et dans l'espace Schengen sur une période de plusieurs années, sans être obligés de demander un nouveau visa», expliquera encore l'ambassadeur de France en poste à Alger.

Il précise que les services du consulat de France font face à une augmentation très importante des demandes de visas qui est de l'ordre de 35%. «Nous sommes ainsi passés entre l'automne 2013 et le printemps 2014, pour le seul consulat général d'Alger, de 900 à 1200 dossiers traités par jour. J'ai donné instruction pour que nous poursuivions dans ce sens, avec un objectif de 1500 dossiers traités par jour d'ici la fin 2014. L'objectif est simple : permettre davantage d'échanges humains entre nos deux pays pour favoriser nos échanges économiques, culturels et touristiques», a encore indiqué Bernard Emié.

Partenariat : une priorité stratégique

Au sujet des relations bilatérales tissées entre l'Algérie et la France, le diplomate fera savoir que le développement des relations économiques est au cœur de sa mission. «Renforcer notre partenariat est pour nous une priorité stratégique. Nous sommes déjà le deuxième partenaire économique de l'Algérie avec des échanges s'élevant à 10 milliards d'Euros en 2013. Nous sommes le premier investisseur hors hydrocarbures et le premier employeur étranger (…)

 Mon ambition - je ne suis pas sûr d'y parvenir mais j'y travaillerai sans relâche -est que nous redevenions le premier partenaire économique dans tous les domaines», a-t-il déclaré.

Il citera dans le même sillage la réunion du Comité mixte économique algéro-français (Comefa) qui se réunira, dit-il, le 10 novembre prochain à Oran en présence du Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal et des ministres français Laurent Fabius et Emmanuel Macron en charge respectivement des Affaires étrangères et de l'Economie. La tenue de la réunion du Comefa sera aussi l'occasion de procéder à l'inauguration de l'usine de production de véhicules Renault sise à Oued Tlelat, tiendra à confirmer l'ambassadeur de France en poste en Algérie.

Le terrorisme est un ennemi commun

Évoquant par ailleurs la coopération sécuritaire entre l'Algérie et la France, le diplomate français a qualifié «d'étroite et opérationnelle» la coordination entre les deux pays en matière de lutte antiterroriste.

«Le terrorisme est pour la France et l'Algérie un ennemi commun et nous devons lutter ensemble sans relâche contre ce fléau», dira encore Bernard Emié. Il a tenu à rappeler «la qualité de la coopération avec les autorités algériennes qui ont immédiatement mis en œuvre des moyens importants dès l'annonce de l'enlèvement d'Hervé Gourdel et qui se sont engagées après sa mort tragique à tout faire, pour d'une part retrouver le corps de notre compatriote et d'autre part retrouver et punir les auteurs de son assassinat», dira-t-il.

 «Nous sommes reconnaissants à l'Algérie pour les hommes et les moyens qu'elle mobilise et déploie à cet effet», a-t-il insisté. Bernard Emié, pour qui la coopération algéro-française est «intense, confiante, et concerne tous les domaines» n'omettra pas de rappeler dans son entretien accordé à l'APS la deuxième réunion du comité intergouvernemental de haut niveau prévue début décembre à Paris. Cette rencontre sera co-présidée par le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal et son homologue français Manuel Valls, précisera l'ambassadeur de France en Algérie.

 

 

ALGERIE/le secret le mieux gardé d'Algérie. L'assassinat de Boudiafe. Espionnage, le rôle de la Suisse !

Voilà comment la France éliminait les leaders qui voulaient libérer l'Algérie de l'oppression française et le rôle de la Suisse dans l'espionnage.

Algérie : Le secret le mieux gardé d'Algérie. L'assassinat de Boudiafe

Les Accords d'Evian, espionnage, révélations

 

Le Monde.fr | 18.03.2012 à 08h25 • Mis à jour le 18.03.2012 à 15h07 | Par Le Monde.fr Le document de 93 pages, signé par les deux délégations, réunies depuis onze jours à l'Hôtel du Parc, à Evian, décrète un cessez-le-feu. Il prévoit l'organisation rapide d'un référendum pour que les populations "choisissent leurs destins". Il définit un cadre pour les relations entre la France et la future Algérie indépendante. Sylvie Thénault, historienne, chargée de recherche au CNRS et spécialiste du droit de la répression, décrypte pour Le Monde.fr les accords qui ont mis fin à huit ans de guerre et ouvert la voie à l'indépendance algérienne, le 3 juillet 1962.

Arrivée de la délégation algérienne à Evian, le 17 mars 1962.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 18 mars 1962, Louis Joxe, ministre d'Etat chargé des affaires algériennes, annonce le dimanche, dans un communiqué, que la délégation française et les représentants du Front de libération nationale (FLN), emmenés par Krim Belkacem, étaient parvenus à un accord mettant fin aux combats engagés depuis le 1er novembre 1954 en Algérie.

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/18/que-prevoyaient-les-accords-d-evian-du-18-mars-1962_1671034_3212.html

17 octobre 1961 : "Le massacre des Algériens a été occulté de la mémoire collective"

Dans le pays des droits de l'Homme, il vaut mieux occulter le massacre des musulmans d'Algérie  et effacer tout cela de la mémoire du Peuple Français, autrement ça ferait mauvais genre !

17 octobre 1961 : "Ce massacre a été occulté de la mémoire collective"

Le Monde.fr | 17.10.2011 à 09h37 • Mis à jour le 06.04.2013 à 21h12 | Propos recueillis par Soren Seelow

Un Algérien blessé est emmené par le photographe Elie Kagan et un journaliste américain à l'hôpital de Nanterre, le 17 octobre 1961.

A cinq mois de la fin de la guerre d'Algérie, le 17 octobre 1961, Paris a été le lieu d'un des plus grands massacres de gens du peuple de l'histoire contemporaine de l'Europe occidentale. Ce jour-là, des dizaines de milliers d'Algériens manifestent pacifiquement contre le couvre-feu qui les vise depuis le 5 octobre et la répression organisée par le préfet de police de la Seine, Maurice Papon. La réponse policière sera terrible. Des dizaines d'Algériens, peut-être entre 150 et 200, sont exécutés. Certains corps sont retrouvés dans la Seine. Pendant plusieurs décennies, la mémoire de ce épisode majeur de la guerre d'Algérie sera occultée.

L'historien Gilles Manceron, auteur de La Triple Occultation d'un massacre (publié avec Le 17 octobre des Algériens, de Maurice et Paulette Péju, éd. La Découverte), explique les mécanismes qui ont contribué à cette amnésie organisée.

Pourquoi la répression de la manifestation du 17 octobre 1961 a-t-elle été occultée pendant si longtemps ?

Il s'agit d'un événement d'une gravité exceptionnelle, dont le nombre de morts a fait dire à deux historiens britanniques [Jim House et Neil MacMaster, Les Algériens, la République et la terreur d'Etat, Tallandier, 2008] qu'il s'agit de la répression d'Etat la plus violente qu'ait jamais provoquée une manifestation de rue en Europe occidentale dans l'histoire contemporaine.

Comment une répression de cette ampleur a-t-elle pu ne pas être considérée pendant plusieurs décennies comme un événement de notre histoire ? L'historien Pierre Vidal-Naquet a employé le terme d'"énigme". Je me suis interrogé sur les facteurs qui permettent d'expliquer comment ce massacre a été occulté de la mémoire collective.

Il me semble tout d'abord qu'il y a une volonté de faire le silence de la part des autorités françaises. En premier lieu, bien sûr, les autorités impliquées dans l'organisation de cette répression : le préfet de police de la Seine, Maurice Papon, le premier ministre, Michel Debré, ainsi que Roger Frey, ministre de l'intérieur. Mais également le général de Gaulle, qui de toute évidence a pourtant été très irrité par cet épisode. Il a néanmoins voulu tirer le rideau sur cette affaire et fait en sorte que les Français passent à autre chose.

Par quels moyens le pouvoir a-t-il réussi à imposer le silence, et donc cette amnésie ?

Sur le moment, il y a eu censure de la presse, avec l'empêchement des journalistes à se rendre sur les lieux de détention des Algériens, par exemple. Et puis très vite, les instructions judiciaires ont été closes sans aboutir. Il y en a eu une soixantaine, elles ont toutes débouché sur des non-lieux. Une volonté d'oubli judiciaire, qui s'est combinée avec les décrets d'amnistie, qui couvraient les faits de maintien de l'ordre en France, une difficulté à accéder aux archives, l'épuration d'un certain nombre de fonds... tout cela a contribué à ce phénomène d'occultation jusqu'à la fin des années 1970.

Par la suite, d'autres facteurs ont pris le relais. En 1961, Gaston Deferre, à l'époque sénateur, avait protesté de façon très vigoureuse contre la répression policière. Mais quand Jean-Louis Béninou, journaliste à Libération, va le voir pour lui demander de faire la lumière sur cet événement, au début des années 1980, M. Deferre, devenu ministre de l'intérieur, lui répond qu'il n'en est pas question. Il a fait le choix de ne pas ouvrir ce dossier.

Cinquante ans plus tard, il existe encore une confusion entre le 17 octobre 1961 et la manifestation de Charonne, le 8 février 1962, au terme de laquelle neuf personnes ont trouvé la mort...

La mémoire de Charonne, une manifestation pour la paix en Algérie et contre les attentats de l'OAS – mais pas pour l'indépendance ! –, s'est en effet superposée à celle d'octobre 1961. Il faut dire que la gauche française a eu plus de réactivité par rapport à la violence qui s'est déployée lors de la manifestation de Charonne, qu'elle avait organisée. Cette attitude a été celle du PCF, mais également de la Ligue des droits de l'homme, qui a décidé la constitution d'une commission d'enquête après Charonne alors qu'elle ne l'avait pas fait au lendemain du 17 octobre.

On voit là les limites de l'engagement de la gauche française de l'époque. A l'exception du petit PSU et de l'UNEF, rares étaient les partis qui étaient réceptifs à l'idée d'une indépendance algérienne.

Le plus surprenant, c'est que la mémoire de Charonne ait occulté celle du 17 octobre y compris au sein de certaines familles algériennes...

Oui. La famille d'une des victimes du 17 octobre, une jeune lycéenne, qui devait avoir 15 ou 16 ans, Fatima Bédar, dont on avait retrouvé le corps dans le canal Saint-Martin, a longtemps cru et répété qu'elle était morte à Charonne. Au sein même de l'immigration algérienne, le mot de "Charonne" était plus présent que la référence au 17 octobre.

Au lendemain de l'indépendance, comment cet événement a-t-il été utilisé par les nouvelles autorités algériennes ?

C'est ici qu'un troisième facteur d'occultation a joué : la volonté du pouvoir algérien de ne pas mettre en valeur une initiative prise par la Fédération de France du FLN, qui avait organisé la manifestation du 17 octobre.

La Fédération de France était en effet devenu un fief d'opposition au nouveau pouvoir en raison de son ouverture aux idéaux et aux valeurs de la gauche européenne, syndicale et politique. Lors de la crise de l'été 1962 qui vit s'affronter, au sein du FLN, les prétendants au pouvoir, elle avait misésur les civils du GPRA [le gouvernement du FLN en exil] contre les militaires de l'armée des frontières du colonel Boumediene.Elle se retrouva ainsi dans le camp des vaincus et les autorités de la nouvelle République algérienne évitèrent de lui faire de la publicité, en passant plus ou moins sous silence la répression du 17 octobre...

Comment s'est finalement faite toute la lumière sur l'ampleur du massacre ?

A travers des publications, notamment. Le roman policier de Didier Daeninckx [Meurtres pour mémoire, Gallimard, 1984], qui associe la recherche sur le passé de Maurice Papon sous l'Occupation à son rôle en 1961, ou des travaux d'historiens comme La Bataille de Paris, de Jean-luc Einaudi [1990, Seuil], ont joué un rôle. Et puis avec la constitution d'une association, Au nom de la mémoire, par des enfants issus de l'immigration algérienne, la mémoire a commencé à émerger.

La procès de Maurice Papon pour complicité de crimes contre l'humanité en tant que secrétaire général de la préfecture de la Gironde pendant l'Occupation a certainement contribué à ouvrir le dossier du 17 octobre 1961 et à le faire surgir dans l'espace médiatique. Lors du procès Papon en 1997-1998, des témoins ont parlé de sa personnalité, de son rôle en Algérie et à la préfecture de police de Paris. Parmi eux, Jean-Luc Einaudi, qui a publié une tribune dans Le Monde du 20 mai 1998, où il employait le terme de "massacre" à propos du 17 octobre. Papon a trouvé bon de poursuivre Einaudi pour diffamation. Il a été débouté de sa plainte. Le terme de "massacre" a été considéré comme légitime par le tribunal. C'est un véritable tournant.

Cinquante ans après les faits, l'Etat français a-t-il reconnu sa responsabilité ?

Il y a une reconnaissance de la part de collectivités locales, notamment la mairie de Paris en 2001 qui a fait un geste fort avec l'apposition d'une plaque commémorative sur le pont St-Michel. D'autres communes de la banlieue ont fait des gestes similaires. Et le cinquantenaire, cette année, va être marqué par toute une série d'initiatives, dont un boulevard du 17-Octobre devant la préfecture des Hauts-de-Seine, à Nanterre. Mais de la part de l'Etat, il n'y a toujours aucun signe de reconnaissance.

Comment expliquer que cette répression ait eu lieu alors que venaient de s'ouvrir les négociations d'Evian, qui allaient aboutir à l'indépendance de l'Algérie ?

Les négociations d'Evian entre des représentants français et ceux du FLN s'ouvrent en mai 1961. A ce moment-là, on pouvait penser que le sort de la guerre ne pouvait déboucher que sur une indépendance. C'était la volonté du général de Gaulle, approuvée par les Français et les Algériens. En janvier 1961 un référendum avait donné une très nette majorité (75 %) en France métropolitaine comme en Algérie en faveur de ce processus.

Mais cette politique était contestée par un certain nombre de forces, parfois au sein même de l'appareil d'Etat. Le premier ministre, Michel Debré, qui avait été dessaisi du dossier algérien par de Gaulle, avait insisté pour qu'on lui laisse celui du maintien de l'ordre en France métropolitaine, et il a pu déployer une action qui prenait le contre-pied de l'action mise en œuvre par le général de Gaulle.

Pour ce faire, il s'entoura de Roger Frey, nommé au ministère de l'intérieur en mai 1961 au moment où s'ouvrent les négociations d'Evian, en remplacement de Pierre Chafenet. Surtout, il obtient le remplacement fin août d'Edmond Michelet, le garde des sceaux, qui s'opposait aux méthodes brutales et illégales mises en œuvre par Papon. Il sera remplacé par Bernard Chenot, un homme jugé plus accommodant, ce qui laissera les mains libres à Papon pour se livrer à la répression du 17 octobre.

Le général de Gaulle, qui est arrivé au pouvoir avec l'aide de Michel Debré en 1958, est un peu prisonnier des conditions de son accession au pouvoir. Il essaye de préserver l'essentiel, c'est-à-dire la fin de la guerre via les négociations, et fait des concessions. Il cherche à garder à ses côtés des gens qui lui sont fidèles, quand bien même ces derniers désapprouveraient sa politique algérienne. Il fait donc savoir son mécontentement à Michel Debré au lendemain du 17 octobre, mais s'abstient de rendre publique sa désapprobation. Il garde le silence, et prolonge d'une certaine manière l'occultation de cet événement.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/17/17-octob...