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15/11/2014

Voyage aux confins de l'univers + DOC - Au coeur de la voie lactée

Sommes-nous sûrs que nous soyons seuls dans cet immense UNI-VERS ?

Voyage aux confins de l'univers

 

 DOC - Au coeur de la voie lactée HD
 

Echelle de distance dans l'univers

Rosetta et l’origine du système solaire. Univers et nos origines.

Pour savoir ce que les scientifiques recherchent et ce qu'ils attestent sur nos origines cosmiques, ce que les religions reptiliennes ne viendront jamais nous dire !

 

Conférence du 17 septembre 2014 à la Cité de l’espace (avec la 3AF et le CNES), l’astrophysicien et responsable scientifique de Philae Jean-Pierre Bibring et le chef de projet Philae au CNES Philippe Gaudon ont fait le point sur la mission Rosetta qui explore la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko.

 

Rosetta et l’origine du système solaire.

Univers et nos origines - astrophysicien André Brahic

 

 

Philae, En direct : le point sur Philae hier à 18h30 par le CNES

Philae, En direct : le point sur Philae hier à 18h30 par le CNES

14 novembre 2014

2 jours après son atterrissage sur la comète Churyumov-Gerasimenko, le robot Philae achève sa séquence scientifique. Les équipes du Centre des opérations scientifiques et de navigation (SONC) au CNES de Toulouse ont traité une quantité importante de données depuis l’atterrissage. Tous les instruments ont pu être activés dont la fameuse foreuse.

Pour faire le point sur ces 2 jours d’activités techniques intenses, Marc Pircher, directeur du CNES de Toulouse et Philippe Gaudon, chef de projet Rosetta au CNES répondront aux questions des journalistes ce vendredi 14 novembre depuis la Cité de l'Espace, à Toulouse, à partir de 18h30. A suivre en direct ici.




http://www.cnes.fr/web/CNES-fr/11558-gp-en-direct-le-poin...

 

 

Philae : les observations à la surface de la comète sont « une très grosse surprise »

Le descriptif de la mission dévolue à la sonde Rosetta et au robot Philae.

 

Philae : les observations à la surface de la comète sont « une très grosse surprise »

Le Monde.fr | 13.11.2014 à 20h39 • Mis à jour le 14.11.2014 à 16h20 | Propos recueillis par Audrey Garric

Photo d'un panneau solaire de l'orbiteur Rosetta et de la comète 67P/Tchourioumov-Guérrassimenko prise depuis Philae, le 15 octobre, à environ 16 km de la comète.

Quelques heures seulement après son atterrissage historique sur la comète Tchourioumov-Guérassimenko, le robot Philae, de la sonde Rosetta, a envoyé sur Terre les premières images jamais prises depuis la surface d'une comète. L'astrophysicien Philippe Lamy, directeur de recherches au CNRS et impliqué dans la mission, a expliqué, dans un chat au Monde.fr, comment le module pouvait fonctionner malgré une position inconfortable et détaillé les promesses offertes par la comète.

Lire : Mission Rosetta : même avec « un pied en l'air », Philae « fonctionne bien »

Clément : Qu'espérez-vous découvrir sur l'univers avec la mission Rosetta ?

Philippe Lamy : Sur l'univers, c'est beaucoup dire. Les comètes sont parmi les corps les plus anciens du système solaire. Les scientifiques espèrent, par différentes analyses minéralogiques, isotopiques et chimiques de la matière cométaire, apprendre comment celle-ci existait à l'état le plus primitif possible. Sachant que sur Terre il est très difficile de trouver des éléments primitifs.

Vincent : L'atterrissage de Philae sur cette comète est un exploit en soi. Néanmoins, les données récupérées seront-elles suffisantes pour répondre à ces différentes questions si Philae n'arrive pas à s'amarrer et donc à forer ?

Philippe Lamy : Si Philae ne réussit pas à forer et à analyser la matière sous la surface, ce sera une grosse perte. Mais il est trop tôt pour dire si cette capacité est perdue. Je crois qu'il va y avoir de nouveaux essais de harponnage. Peut-être même est-il possible pour Philae de forer sans être harponnée. Je pense que de toute façon, l'expérience sera tentée.

Raph : La mission a-t-elle d'ores et déjà apporté des informations nouvelles sur les comètes, par exemple sur leur surface ?

Philippe Lamy : Tout à fait. La campagne d'observation qui s'est déroulée depuis mars avec l'acquisition d'images, mais aussi des mesures in situ de composition a déjà beaucoup apporté. En ce qui concerne les images, la forme inattendue de la comète, bilobée, peut-être suggère une formation très ancienne de deux corps qui se seraient rencontrés à faible vitesse et se seraient agglomérés. Ce qui aurait des implications pour les mécanismes de formation des comètes.

Ensuite, l'état de surface est une très grosse surprise. Nous avons essentiellement deux types de terrains : des zones relativement étendues qui ressemblent presque à des dunes, probablement un gravier beaucoup plus gros ; et d'un autre côté des surfaces type rocheuses très dégradées, avec des éboulis, des rochers dispersés, des bassins en partie effondrés. C'est une très grosse surprise par rapport aux autres noyaux cométaires qui ont été visités dans des missions spatiales passées.

Flo : D'après quels critères 67P a-t-elle été choisie ?

Philippe Lamy : 67P a été choisie dans un deuxième temps. La mission initiale Rosetta devait rencontrer la comète 46P Wirtanen. Mais s'est passé un incident : le vol précédent de la fusée Ariane 5 a été un échec, en décembre 2002, et il y a eu une enquête pour comprendre ce qui s'est passé, ce qui prend du temps. Or la comète n'attend pas : on vise un point de rencontre dans le ciel, et si on arrive quelques mois ou années après, la comète est partie de cet endroit.

A partir du moment où on a un créneau de lancement, on ne peut atteindre qu'un petit nombre de comètes. Il y a donc eu une sélection à partir des trajectoires et des orbites des comètes. A partir de là, une liste d'environ cinq comètes a été établie, et l'analyse finale a permis de choisir la comète Tchourioumov-Guérassimenko. Ce sont donc des critères de faisabilité et de trajectoire qui ont joué, plutôt que des critères scientifiques.

Sophie : Connaît-on la densité de la comète ? S'agit-il d'une « boule de neige » légère ou d'une « boule de glace » compacte ?

Philippe Lamy : Pour la première fois on a déterminé de façon assez précise la densité d'une comète. En ce qui concerne « Tchouri », elle est de 0,47 grammes par cm3. Un peu moins que la moitié de la densité de l'eau ou de la glace. 

Cela a une implication immédiate : sachant que pour l'essentiel un noyau cométaire est constitué de glace et d'eau, et de divers silicates, cette densité très faible impose que le noyau est fortement poreux. On estime cette porosité moyenne à 70-80 %.

La comète ne « chante » pas vraiment, mais émet des oscillations dans le champ magnétique qui l'entoure. Les scientifiques ont pu l'enregistrer grâce à la sonde Rosetta.

Pierre : La mission Rosetta a duré dix ans. Pendant ce temps, la sonde était-elle surveillée en permanence par une équipe dédiée ou bien y a-t-il eu une « hibernation » pendant quelques années ?

Philippe Lamy : La mission s'est déroulée en deux parties. D'abord, la sonde a été surveillée, et utilisée à deux reprises pour des missions scientifiques : les survols des astéroïdes Steins et Lutétia. A l'issue de ce second survol, quelques mois après, la sonde a été placée en hibernation, qui a duré environ trois ans, de juin 2011 à janvier 2014. Suivre une mission spatiale coûte cher, il faut des ingénieurs et des techniciens, l'idée était de réduire le coût de la mission par cette hibernation. La sonde a été réveillée mi-janvier 2014.

Voir : La mission Rosetta en images

Claire : A quelle époque et par quels moyens d'autres noyaux cométaires ont-ils été visités ? Quelles ont été les différences observées avec la comète 67P ?

Philippe Lamy : Le premier noyau cométaire qui a été survolé en 1986 était déjà une grande première, une mission de l'Agence spatiale européenne (ESA). Elle a survolé de noyau de la comète Halley. Il y avait une très forte motivation pour faire cette mission. Puis toutes les missions qui ont suivi ont été menées par la NASA. Elles ont survolé plusieurs comètes : Wilde-2, Borrelly, Temple-1 et Hartley-2.

Boy : Y a-t-il actuellement d'autres missions ou sondes lancées ?

Philippe Lamy : Non, actuellement, il n'y a pas de programme de l'ESA en cours. Du côté de la NASA, la mission New Horizon va arriver à la planète Pluton l'année prochaine, et surtout, va poursuivre sa course et rencontrer ce qu'on appelle un objet transneptunien, un petit corps situé au-delà de l'orbite de Neptune. On estime que ces objets sont encore plus primitifs que les comètes, car ils n'ont jamais été dans le système solaire interne.

 

La zone d’atterrissage de Philae sur la comète "Tchoury".

Stéphane : Sait-on sur quelle type de surface Philae est-elle posée ? Les images semblent montrer de la roche, ou peut-être de la glace. Cela a-t-il une implication sur les possibilités de forage ? En terme de résultats, quel serait le matériau « idéal » ?

Philippe Lamy : Actuellement, l'équipe des opérations de l'ESA ne sait toujours pas où s'est posé Philae. Le module a touché la comète très près de l'endroit prévu, mais a ensuite rebondi deux fois, un « énorme bond » puis un saut plus petit. Nous ne savons pas dans quelle direction exactement. Pendant la conférence de presse de l'ESA [jeudi à 14 heures] les équipes ont montré un lieu potentiel d'atterrissage final, mais non confirmé. Sinon, il n'y a pas de raison de penser qu'une zone d'atterrissage est plus intéressante qu'une autre.

Totor : Quelles sont les molécules « primitives » que l'on espère trouver et pourquoi ?

Philippe Lamy : On connaît déjà un certain nombre de molécules complexes détectées dans d'autres comètes, presque une vingtaine. Cette fois, on recherche plutôt des molécules plus en profondeur : l'idée est de forer à au moins une vingtaine de centimètres pour avoir accès à une matière aussi peu modifiée que possible.

Il s'agit en particulier de rechercher des molécules carbonées plus complexes que celles qui ont été détéctées jusqu'à maintenant, qui pourraient s'approcher de molécules prébiotiques – molécule organique formée sans l'intervention des êtres vivants. Les comètes auraient en effet apporté les éléments constitutifs de la vie sur Terre, ainsi que tout ou partie de l'eau présente sur notre planète.

JeanB : Les instruments de Rosetta et/ou Philae sont-ils capables de mesurer le rapport deutérium/hydrogène, très important pour comprendre l'origine des océans terrestres ?

Philippe Lamy : Tout à fait. La signature de l'origine de l'eau se fait par le rapport deutérium/hydrogène, qui a déjà été mesuré par l'instrument Rosina sur l'orbiteur Rosetta. Le deutérium est un isotope de l'hydrogène qui a été créé à l'époque du Big Bang. Le résultat est connu, mais sous « embargo » par l'équipe de Rosina. Une première série de publications devrait sortir dans quelques semaines dans la revue Science.

Laurent : Y a-t-il une possibilité de découvrir des matières/molécules/éléments inconnues sur Terre ?

Philippe Lamy : C'est une question très difficile. Je pense que c'est peut-être possible. Les équipements les analyseraient, et les données seraient publiées dans les revues scientifiques.

Kerridween : Ne craignez-vous pas l'altération des molécules analysées du fait de la présence d'un corps étranger, en l'occurrence Philae ?

Philippe Lamy : En principe, toutes précautions sont prises pour éviter ce type de contamination. Ce sont des techniques développées en particulier pour les missions martiennes. Il y avait parmi leurs objectifs des recherches de traces de vie, donc il était important qu'il n'y ait pas de contamination.

Sim : Combien de temps la sonde va-t-elle être capable de travailler ?

Philippe Lamy : Il semble que Philae se trouve actuellement dans une zone en dévers, avec des rochers à proximité, qui font que son ensoleillement, nécessaire à la recharge de la batterie, n'est pas optimal. Un seul panneau solaire semble recevoir la lumière de soleil actuellement.

La mission Rosetta n'est pas limitée par des contraintes de puissance électrique, mais par des contraintes opérationnelles. On estime qu'elle sera remplie fin 2015. Car la comète aura passé son périhélie en août 2015, c'est-à-dire le point le plus proche du Soleil. Rosetta va continuer à accompagner la comète au-delà, puis on verra son activité décroître. Il paraît intéressant de comparer l'état de la surface du noyau de la comète à la fin de la mission, et avant, au moment des premières images, pour étudier toutes les modifications.

Une représentation du module Philae sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko.

Champollion : Quelle est l'autonomie des batteries de Philae ? 

Philippe Lamy : Il y avait deux systèmes séparés : une pile d'une capacité de 60 h environ, pour faire l'ensemble des mesures avec tous les instruments ; et une batterie rechargeable, qui est prévue d'être rechargée par les panneaux solaires. Il est sûr que son fonctionnement sera réduit en capacité et en temps.

Marianne : Pourquoi l'autonomie de Philae est-elle si faible ?

Philippe Lamy : C'est une question de masse. L'ensemble de la charge utile de Rosetta est limitée par les capacités de lancement. Philae doit donc comporter ses propres systèmes de télécommunication, et son système de navigation et de fourniture d'énergie, soit environ 10 kg d'instrumentations scientifiques. Les ingénieurs font des compromis, et le dimensionnement de la pile et de la batterie a été fait en proportion.

Fred : Pourquoi ne pas avoir utilisé un générateur électrique à radioisotopes comme Curiosity ou Voyager ?

Philippe Lamy : Effectivement, c'est une technologie très utilisée par la NASA pour ses missions lointaines. Mais la mission Rosetta a été démarrée il y a 25 ans, lorsque l'Europe ne disposait pas de cette technologie.

Kerridween : Est-il possible alors d'utiliser les panneaux solaires de Rosetta pour faire « réfléchir » la lumière du soleil sur Philae et lui permettre de recharger ses batteries pour optimiser son autonomie ?

Philippe Lamy : C'est de la science-fiction !

Matthieu : Parmi les missions de Philae, quelles sont celles qui risquent d'être compromises ?

Philippe Lamy : Je ne pense pas que des mesures seront compromises pour des questions de piles. La capacité de la pile a été dimensionnée pour que l'ensemble des instruments puissent fonctionner au moins une fois. Si tout se passe bien, le programme initial où tous les instruments effectuent leurs mesures devrait se dérouler normalement.

Beaucoup de mesures sont purement passives : température, mesures physiques, et peuvent être effectuées sans risques. Mais le système de forage est-il capable de fonctionner sans ancrage, là est la question. Mais ce sera tenté.

Lire : Philae : huit outils fonctionnent, deux défaillants

Nicolas : J'ai cru comprendre que l'équipe ne s'attendait pas à de tels rebonds et qu'elle l'attribuerait à la structure du sol. Faut-il comprendre que le sol est plus dur (ou plus tendre ?) que ce que les experts anticipaient ?

 Philippe Lamy : Non, je crois que le rebond est dû au fait que le système de jet de gaz qui devait plaquer Philae au sol dès le premier contact n'a pas fonctionné. Effectivement, une fois plaqués les harpons devaient être actionnés et ancrer Philae. On pense que le système de jet de gaz n'a pas fonctionné, Philae a tout de suite rebondi. Ce qui n'est pas clair, c'est si les harpons ont été actionnés quand même. Donc toute la séquence qui était prévue : jet de gaz, harpons, puis trois vis qui devaient pénétrer dans le sol ne s'est pas déroulée correctement.

Capitaine : Y aura-t-il un autre rebond de Philae et comment ?

Philippe Lamy : Je n'ai pas entendu pendant la conférence de presse de l'ESA qu'il était question de créer un nouveau rebond. Il est possible qu'il y ait un essai de nouvel ancrage. Nous en saurons plus dans les heures qui viennent.

Chris : Pourquoi Philae n'est-il pas doté d'un moyen de se mouvoir ?

Philippe Lamy : Philae est déjà extraordinairement compliqué. Une capacité de mobilité aurait été strictement impossible car techniquement trop difficile. Déjà un simple atterrissage pose problème, alors faire rouler un engin sur un sol totalement inconnu, personne ne s'y serait risqué. Et il faut songer que Philae ne fonctionne qu'avec quelques watts.

Maître Yoda : Philae s'est posé sur un terrain pentu. Est-ce une contrainte supplémentaire pour son bon fonctionnement ?

Philippe Lamy : Actuellement, nous ne connaissons pas la nature et l'inclinaison du terrain où se trouve Philae. Ce qui était sûr, c'est que parmi les critères de choix pour l'atterrissage, aucune pente ne devait être inférieure à environ 30 degrés, afin d'éviter un basculement de Philae à l'atterrissage.

Jean : Quel est le rôle de Rosetta pendant le travail de Philae ?

Philippe Lamy : Rosetta a une fonction essentielle : relayer les ordres transmis à Philae et renvoyer les données vers la Terre. Rosetta dispose de beaucoup plus de puissance et peut donc retransmettre les informations vers la Terre.

Hugo : A quelle vitesse à laquelle la comète avance-t-elle et combien de temps Philae peut-il continuer à transmettre ses informations jusqu'à nous ?

Philippe Lamy : La comète est sur une trajectoire elliptique avec une vitesse de 18 km par seconde, qui va augmenter. Philae peut transmettre des informations tant qu'il dispose de puissance. Tout dépend de la capacité de recharge des batteries. « Tchouri » est en train de se rapprocher de nous, elle est à environ trois unités astronomiques - la distance entre le Soleil et la Terre. C'est l'étalon de mesure dans le système solaire.

Jean-K : En combien de temps les informations envoyées par Rosetta arrivent-elles à la Terre ?

Philippe Lamy : 28 minutes actuellement.

Nongtaba : Pensez-vous que l'on sera capable de ramener des poussières ou des fragments de comète sur Terre ?

Philippe Lamy : Ce n'est pas dans les objectifs de la mission. Lorsque cette mission a été élaborée, elle prévoyait effectivement un retour d'échantillon. Au bout de quelques années d'études, on s'est rendu compte que c'était trop ambitieux et trop coûteux, et on a revu la mission à la baisse.

Peter : Pourquoi les photos prises par Philae et Rosetta sont-elles en noir et blanc ?

Ed : Y a-t-il une caméra qui pourra nous donner des photos en couleur à bord, comme Curiosity sur Mars) ?

Philippe Lamy : Il faut bien comprendre qu'une caméra scientifique destinée à faire des mesures très précises est monochrome. On peut faire de la couleur en combinant des images, car il y a des filtres qui prélèvent dans le spectre visible du bleu, du vert, de l'orange, du rouge, pour simplifier. On est donc capable de reconstituer des images en couleur, mais ça n'a pas grand intérêt. Si on regarde la comète avec un filtre orange ou vert et qu'on la regarde avec un filtre orange ou rouge, on verra strictement la même chose.

 

Philae et Rosetta se sont séparés mercredi 12 novembre, peu après 10 heures.

Nongtaba : Quelles sont les prochaines étapes si la mission tient toutes ses promesses ?

Philippe Lamy : La campagne prévue, c'est de faire fonctionner Philae aussi longtemps que possible, avec une priorité, dans les premiers jours, aux instruments et à la transmission de leurs résultats. Des mesures sont effectuées en parallèle sur l'orbiteur. Et lorsqu'il y aura une diminution ou un arrêt de l'activité de Philae, Rosetta va reprendre son programme d'observation avec l'ensemble de ses instruments.

Nicolas H : Qu'adviendra-t-il de Rosetta et Philae à la fin de leur mission ?

Philippe Lamy : Philae, difficile à dire. Tout dépend s'il est bien ancré ou non. A terme, il pourrait être éjecté par les gaz lors de passage au périhélie. Même s'il est ancré fermement, il ne pourra pas rester indéfiniment car les comètes s'érodent progressivement, donc le sol environnant va disparaître petit à petit. Rosetta, elle, va continuer à accompagner la comète jusqu'en décembre 2015.

Fanny : Le succès de cette si longue mission pourrait-il conduire à reproduire ce type de projet ?

Philippe Lamy : On fait rarement, pour ne pas dire jamais, la même mission spatiale. On essaie toujours de progresser. Il y a un projet aux Etats-Unis qui consisterait à avoir un module qui se déplacerait par petits sauts sur la surface d'une comète. Mais c'est dans les projets, rien n'est décidé.

 

 

Philae vise à comprendre comment la vie est apparue sur Terre et dans le système solaire

Voici quels sont les objectifs de la mission dévolue à Philae.

Rechercher les traces sur la comète Tchoury, de tous les éléments qui auraient pu apporter la vie dans le système solaire  et sur Terre y compris des acides aminés, principaux éléments bâtisseurs des cellules et de la molécule d'ADN.

Nous sommes bien loin, des fables décrites dans la Thora et dans la Bible, de la création de la Terre, bien sûr, exclue de l'ensemble du système solaire, histoire de limiter la conscience humaine à la Terre plate et au Soleil au centre de l'Univers, l'héliocentrisme. Comme si notre soleil était le seul dans l'Univers et qu'il n'existait pas la Voie Lactée qui contient des milliards de soleils et des milliards de galaxies qui existent dans notre Grand Univers.

Il s'est passé déjà 3864 ans, depuis l'invention des religions reptiliennes à commencer par le Judaïsme qui nous a imposé son Dieu, ses lois et ses règles, et il serait temps de vivre avec notre temps, le temps de la science, de la conscience et de l'évolution des consciences vers l'UNI-VERS dont nous sommes tous issus.

Image sur l'héliocentrisme

Philae vise à comprendre comment la vie est apparue sur Terre et dans le système solaire

Posé depuis mercredi 12 novembre sur la comète "Tchouri", Philae est désormais alimenté en énergie grâce à ses panneaux solaires, a indiqué jeudi matin le CNES (Centre national d'études spatiales). Le robot-laboratoire fait actuellement l'objet d'un "check up" pour comprendre le dysfonctionnement des harpons qui ne lui ont pas permis de s'arrimer au sol.

 

12/11/14 - 17 H 53

 

Rosetta et Philae devraient permettre d’en savoir plus sur l’origine du système solaire.

 

ESA/La Croix

 

Rosetta et Philae devraient permettre d’en savoir plus sur l’origine du système solaire.

 

Avec cet article

 

L’atterrissage historique de Philae sur la comète Tchouri, puis l’analyse des constituants chimiques de son sol devrait nous indiquer si la vie sur Terre a pu venir des comètes.

 

Une expérience scientifique, technique et humaine unique, digne des premiers pas de l’homme sur la Lune.

 

Comment le vivant est-il apparu sur notre bonne vieille planète ? Comment à partir de quelques atomes puis de molécules prébiotiques s’est progressivement constitué un Lego géant et sophistiqué aboutissant à la formation d’une cellule puis de plusieurs, quelque part sur la Terre, il y a environ 3,5 milliards d’années ?

 

 > À lire : Philae, le robot de Rosetta, a bien atterri sur la comète 67P  

Un atterrissage réussi sur la comète

 

La mission européenne Rosetta, qui a connu son paroxysme mercredi après-midi avec l’« atterrissage » du robot-laboratoire Philae à la surface de la comète de Tchouriomov-Guérassimenko dite Tchouri, a justement parmi ses missions d’apporter des éléments de connaissance dans ce domaine de l’exobiologie, qui suscite aujourd’hui un intérêt croissant de la part du public.

 

Pour l’heure, on sait grâce aux mesures optiques réalisées à distance par le spectromètre Rosina de la sonde Rosetta que la chevelure de Tchouri est constituée de gaz et de poussières éjectés du noyau de la comète sous l’effet du rayonnement solaire.

Une odeur d’œuf pourri

 

Dans un premier temps, Rosetta a détecté de l’eau, du monoxyde de carbone, du dioxyde de carbone, de l’ammoniaque, du méthane et du méthanol. Elle a ensuite trouvé du formaldéhyde, de l’hydrogène sulfuré, du cyanure d’hydrogène, du dioxyde de soufre et du sulfure de carbone, a annoncé l’Agence spatiale européenne (ESA) il y a quelques semaines.

 

 > À lire : La sonde Rosetta s’approche de la comète 67P  

 

Un ensemble de petites et moyennes molécules que Kathrin Altwegg de l’Université de Berne, responsable du spectromètre, a alors traduit en odeur, en affirmant que cela équivaudrait à « un parfum plutôt fort », constitué d’une odeur d’œuf pourri (hydrogène sulfuré), d’écurie (ammoniaque), d’une odeur caustique du formaldéhyde, mélangé à l’arôme âpre d’amande amère du cyanure d’hydrogène.

Les comètes, à l’origine de l’eau ?

 

Avec les prélèvements de sol que doit réaliser Philae – s’il est en mesure de travailler correctement –, on devrait en savoir plus. Les exobiologistes espèrent découvrir des molécules organiques, c’est-à-dire composées de quatre atomes majeurs (carbone, hydrogène, oxygène, azote), ainsi que d’autres éléments comme le soufre et le phosphore.

 

« On sait que les astéroïdes, les météorites et les comètes, formés au même moment que la constitution du système solaire il y a environ 4,5 milliards d’années, ont, quelque temps après, bombardé les quatre petites planètes solides Mercure, Vénus, la Terre et Mars », rappelle Francis Rocard, responsable de l’exploration du système solaire au Cnes. On suppose donc qu’elles ont pu apporter alors ces molécules précurseurs, dont l’eau liquide, et ont constitué un océan primitif à la surface de la Terre.

Un « bouillon de culture » et les premières étapes du vivant

 

« De cette "soupe prébiotique" ont alors immergées des molécules simples comme les acides aminés (ces perles qui, enfilées, constituent les colliers de peptides et de protéines) ainsi que des molécules plus grandes et plus complexes comme les bases azotées ou les acides nucléiques (ARN et ADN), support moléculaire de l’information génétique portée par les gènes », explique Marie-Christine Maurel, professeur de biochimie à l’UPMC.

 

Ensuite, il a fallu que tout ce petit monde de molécules se structure, s’organise dans l’espace en se compartimentant au moyen de membranes lipidiques, constituant ainsi des vésicules puis des cellules. Et finissent par donner un « bouillon de culture », dans lequel se sont déroulées les premières étapes du vivant débouchant sur l’apparition d’êtres pluricellulaires.

Confirmer les mesures à distance

 

Dans ce contexte, qu’espère-t-on obtenir avec l’« atterrissage » de Philae ? « Au minimum, on espère conforter ce qu’on a mesuré à distance par spectrométrie, indique Marie-Christine Maurel. Au mieux, les chercheurs s’attendent à trouver du cyanure d’hydrogène et du formaldéhyde, précurseurs des bases azotées ou des glucides (sucres), molécules faisant partie du squelette des acides nucléiques. Et pourquoi pas, des acides aminés », poursuit-elle.

 

L’identification de ces molécules par chromatographie à partir d’échantillons de sol prélevés directement sur Tchouri – et non à distance depuis Rosetta – serait une preuve irréfutable de la présence de ces molécules.

 

 > À lire : En quoi la sonde Rosetta constitue-t-elle un progrès ?  

« Tchouri », archive vivante du système solaire

 

Deux autres mesures vont être importantes pour savoir si le vivant a pu venir des comètes. D’une part, la mesure des différentes formes d’atomes de carbone et d’hydrogène (ce qu’on appelle les rapports isotopiques) va permettre de savoir si ces atomes correspondent bien à ceux que l’on trouve sur Terre. Notamment, si l’eau de la Terre vient, en tout ou partie, des comètes. D’autre part, si l’alphabet chimique de toutes ces molécules est écrit avec les mêmes lettres.

 

« Plutôt que des traces de vie, Tchouri, véritable archive vivante de ce qu’était le système solaire il y a environ 4,5 milliards d’années, devrait nous aider à comprendre comment on est passé des conditions probiotiques aux possibilités d’émergence d’un monde vivant », explique Jacques Arnould, chargé de mission aux questions éthiques au Cnes. Une expérience scientifique, technique et humaine unique digne des premiers pas de l’homme sur la Lune.

 

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Des noms qui s’inspirent de l’Égypte ancienne 

 

Rosetta fait référence à « la pierre de Rosette » qui permit à l’égyptologue Jean-François Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes en 1822. Rosetta constitue un projet phare pour l’ESA qui y a investi 1,4 milliard d’euros.

 

Philae est une île d’Égypte largement submergée dans les années 1970 sous les eaux du barrage d’Assouan en Égypte, qui portait des temples et une ville antique, largement démontés. Depuis, seul le point culminant de l’ancienne île de Philæ émerge du lac sous la forme d’un rocher. Ce nom a été attribué au robot-laboratoire emporté par Rosetta à la suite d’un concours lancé par l’Agence spatiale européenne (ESA).

 

Agilkia (ou Aguilkia) est l’île sur laquelle a été remonté le temple de Philae par l’égyptologue Christiane Desroches-Noblecourt et l’Unesco au moment de la mise en service du barrage d’Assouan entre 1974 et 1976. Ce nom a été attribué à la zone d’ « atterrissage » de Philae par un autre concours de l’ESA.

 

http://www.la-croix.com/Ethique/Sciences-Ethique/Sciences/Philae-vise-a-comprendre-comment-la-vie-est-apparue-sur-Terre-2014-11-12-1263114