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18/11/2015

La guerre secrète multinationale de la CIA en Syrie et le chaos islamiste

Cet article est très long et bien documenté, vous l'avez avec tous les liens actifs : ICI

La guerre secrète multinationale de la CIA en Syrie et le chaos islamiste

LE MYTHE DE L’« INACTION » MILITAIRE OCCIDENTALE CONTRE LE REGIME SYRIEN


Ces derniers mois, le secrétaire à la Défense Ashton Carter et le général Lloyd Austin – qui dirige les opérations du Pentagone au Moyen-Orient et en Asie centrale –, ont tous deux reconnu l’échec du programme de formation de rebelles « modérés » pour lutter contre Daech en Syrie. Monsieur Carter a d’abord affirmé devant le Congrès des États-Unis que seulement 60 combattants avaient été formés dans le cadre de cette opération, lancée en 2014 et budgétée à hauteur de 500 millions de dollars ; (1) puis le général Austin a estimé que seuls « 4 ou 5 » hommes entraînés par les militaires états-uniens étaient alors actifs sur le terrain. (2) À la suite d’un ultime revers, ce programme d’entraînement a été « suspendu » puis « réduit » en octobre 2015. (3) La presse internationale est donc unanime sur l’échec de cette politique. Néanmoins, il est possible que les chiffres ridicules avancés par le Pentagone aient eu un impact majeur sur l’opinion publique mondiale, que cet effet soit recherché ou non. En d’autres termes, ils ont certainement contribué à renforcer le mythe de l’« inaction » militaire des États-Unis et de leurs alliés occidentaux pour renverser Bachar el-Assad. (4)


Or, bien que les puissances de l’OTAN et leurs alliés n’aient pas lancé de guerre ouverte contre ce régime, je vais analyser l’implication massive, illégale et clandestine de la CIA dans la déstabilisation de la Syrie, cette politique profonde ayant mobilisé différents services spéciaux moyen-orientaux et occidentaux. (5) Aujourd’hui, nous n’avons aucune idée précise de l’ampleur de cette intervention de l’Agence dans cette guerre civile. Cependant, d’après un article du Washington Post publié en juin 2015, la CIA a mené depuis 2013 contre le régime el-Assad « l’une [de ses] plus grandes opérations clandestines », dont le financement annuel avoisine le milliard de dollars. (6) D’après ce journal, cette intervention secrète – qui aurait notamment permis de former 10 000 rebelles –, s’inscrit dans un « plus vaste effort de plusieurs milliards de dollars impliquant l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie », c’est-à-dire les trois États notoirement connus pour soutenir les factions extrémistes en Syrie. (7) Bien qu’il ait officiellement démarré à l’automne 2013, (8) nous verrons que l’engagement de la CIA dans ce pays avait été lancé en janvier 2012, et qu’il trouve ses origines profondes en 2011, dans le contexte trouble de la guerre de l’OTAN en Libye. (9) Ainsi, je décrirai ce qui s’apparente à une guerre secrète multinationale contre le régime syrien, les opérations de la CIA et de ses alliés étant distinctes du programme lancé en 2014 par le Pentagone afin de former des combattants pour lutter contre Daech. (10)

L’objectif de cet article n’est pas de défendre le régime el-Assad et ses soutiens étrangers, qui partagent une lourde responsabilité dans cette guerre civile meurtrière. (11) Néanmoins, je souhaite démontrer que les principales puissances occidentales – essentiellement les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France –, en sont militairement coresponsables du fait de leurs politiques profondes en Syrie. (12) Le but de cet article n’est pas non plus d’établir une vérité historique encore impossible à déterminer. En effet, j’étudierai essentiellement des opérations clandestines, qui sont protégées par le secret-défense et qui ne sont en principe pas revendiquées par les États qui en sont à l’origine. Or, ces actions confidentielles font parfois l’objet de fuites dans la presse, ou de confirmations officielles plutôt rares et bien souvent imprécises. Ainsi, en me basant sur des informations recoupées, je tenterai de démontrer que l’« inaction » militaire occidentale contre le régime syrien est un mythe entretenu par les médias (13) et les États clandestinement engagés dans ce conflit. Ce mythe déresponsabilise ces gouvernements, puisqu’il leur permet de nier, de déformer ou de minimiser l’ampleur de leurs interventions secrètes dans cette guerre civile (14) – notamment en rejetant la faute de l’essor de Daech et d’al-Qaïda en Syrie sur leurs alliés turcs et pétromonarchiques. Du fait du caractère confidentiel de leurs opérations, mon article relèvera de la « Politique profonde », telle que définie par l’auteur et ancien diplomate Peter Dale Scott : l’étude de « l’ensemble des pratiques et des dispositions politiques, intentionnelles ou non, qui sont habituellement refoulées dans le discours public plus qu’elles ne sont admises. » (15)

La suite : ICI

 

Attentats de Paris : opération reconquête en banlieue

Et bien sûr qui prend en premier ?

Les musulmans des banlieues dont la gestion aurait été confiée, contre large financement, au Qatar.

Si nous sommes d'accord pour qu'un nettoyage soit fait dans les banlieues françaises, à cause d'un gouvernement qui a abandonné sa souveraineté au Qatar, s'il y a un lieu à nettoyer pour que les Français reprennent la France, c'est bien le gouvernement criminel !

Et vous croyez que les français sont protégés en France, prenez connaissance de cet article :

4.700 gendarmes pour protéger les écoles juives, aucun pour protéger les écoles de nos enfants. Faut-il se convertir pour être protégé ?

4.700 gendarmes pour protéger les écoles juives, aucun pour protéger les écoles de nos enfants. Faut-il se convertir pour être protégé ? - See more at: http://www.info-contre-info.fr/societe/4700-gendarmes-proteger-ecoles-juives-aucun-proteger-ecoles-de-nos-enfants-faut-se-convertir#sthash.13m0rgNe.dpuf
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Attentats de Paris : opération reconquête en banlieue

Grâce au déploiement de l'armée, l'état d'urgence devrait permettre de reprendre le contrôle de quartiers gangrénés par la délinquance et l'islamisme.

Par
Publié le | Le Point.fr
L'armée dans le 11e arrondissement de Paris au lendemain des attaques. Elle devrait également appuyer l'action de la police en banlieue.

L'armée dans le 11e arrondissement de Paris au lendemain des attaques. Elle devrait également appuyer l'action de la police en banlieue. © CITIZENSIDE/VINCENT EMERY

« La Syrie avait la liste des djihadistes de France et l’a proposé aux Français. Mais Valls a refusé ».

Valls aurait refusé la liste des djihadistes français qui lui a été proposée par les services secrets syriens, il y a 2 ans, au motif fallacieux qu'il n'échangeait pas avec un régime tel que la Syrie !

Sans doute que son régime dictatorial est le meilleur, ainsi que celui du Qatar qu'il affectionne tout particulièrement pour être allé lui vendre des armes dernièrement, pour recevoir demain en France, le premier ministre du Qatar et avoir confié à ce pays la gestion des banlieues françaises que le Qatar se charge de radicaliser et pour enrôler des jeunes parmi leurs mercenaires en Syrie et ailleurs.

Valls à Marseille pour inaugurer un lycée privé salafiste financé par le Qatar et le Koweït

L’amour fou de Manuel Valls pour Israël, le Qatar et le Maroc

Le Qatar n'a rien à faire dans les banlieues

Vente de Rafale au Qatar : le dessous des cartes

Ce n'est pas n'importe qui, qui fait ces révélations à Valeurs Actuelles, c'est Bernard l

« La Syrie avait la liste des djihadistes de France et l’a proposé aux Français. Mais Valls a refusé ».


 

 

Un Journaliste a annoncé les attentats préparés par la CIA sur Paris 4 jours à l'avance . !

Est-ce que les services secrets français, Hollande et la CIA peuvent répondre à ces accusations ?

Un Journaliste a annoncé les attentats préparés par la CIA sur Paris 4 jours à l’avance … !

17 Nov 2015

ISIS France

Voici ce qu’aurait écrit ce journaliste 4 jours avant les attaques de Paris, le 9 novembre, relayé par truthernews . L’info est en partie au conditionnel car dure à vérifier, mais l’article date bien du 9 novembre .  En tous cas Le cache Google le prouve, et on ne voit pas de mise à jour.

D’après ce qui est indiqué par la source, ce journaliste serait actuellement traqué. Il est maintenant réfugié en Suisse où il demande l’asile politique car il craint pour sa vie (source)

Le 09 Novembre 2015, 4 jours avant les Attentats de Paris, le journaliste David Chase Taylor a publié cet article  :

« Alerte terroriste en France. La CIA veut créer une vague d’attaques Terroristes Islamistes en Novembre. Des Attaques de type ISIS sont attendues ».

Quelques Extraits de cet étonnant papier :

SUISSE, ZurichBasé sur les dernières informations et événements, il semble que le siège de la CIA sous le lac de Genève se prépare à exécuter une vague d’attentats terroristes islamiques en France. Ces attaques seront très probablement mises sur le dos du groupe terroriste soutenu par l’Etat connu comme ISIS.

Cela étant dit, des attaques associés de type ISIS ou néo-nazies - sur des demandeurs d’asile / réfugiés, en France, et / ou des attaques terroristes en France par des terroristes islamiques se présentant comme des demandeurs d’asile / réfugiés semble désormais être en route.

Dans ce qui semble être l’une des cibles des terroristes français , on a appris le 19 Octobre, 2015, que l’ Eurotunnel a été fermée pendant 4 heures après que des centaines de migrants ont pris d’assaut le terminal en France. En conséquence, le tunnel et / ou les demandeurs d’asile et les réfugiés peuvent être ciblés.

Dans ce qui semble être de la propagande d’attaque terroriste en France , on a appris le 23 Mars, 2015, que « la France est confrontée aujourd’hui à une menace terroriste sans précédent » . Traduction: la CIA suisse se prépare maintenant à exécuter une nouvelle vague d’attentats terroristes en France.

On ne sait pas ce que sera Exactement ce type d’attaques terroristes qui est maintenant prévu pour la France mais les attaques sur des aéroports français, des repères (par exemple, la Tour Eiffel), des réacteurs nucléaires, des trains et des écoles sont les plus susceptibles. Cela étant dit, il semble maintenant qu’une attaque de type 9/11- ou Malaisie Airlines MH370 peut être imminente.

Comme l’a signalé ad nauseam, le vol MH370 précédemment détourné qui a disparu par un coup de la CIA le 8 Mars 2014, a explicitement servi à préparer une attaque liées aux ADM et / ou à transporter des centaines de terroristes ISIS de l’Irak, de Jordanie et de Syrie, vers un pays occidental tel que la France.

Peu après que Truther.org ait publié un rapport le 20 Août, 2015, intitulé « la CIA prépare une vague d’attaques terroristes islamiques en France, à Paris », il a été révélé le 22 Août, 2015, que 2 membres des forces spéciales américaine ont neutralisés un tireur islamique dans un train à grande vitesse en France.

La notion que la CIA avait arrêté une attaque était un coup de publicité de la CIA visant à agiter le spectre terroriste sur les trains français juste avant qu’une attaque entre en scène.

Afin de préfigurer la terreur islamique en France, Russia Today a publié un article  le 23 Août, 2015, intitulé «les islamistes connus doivent être expulsés de France, affirme Le Pen après l’attaque du train ». Les commentaires en temps opportun de  Le Pen ont été conçus pour en déduire que les islamistes étaient encore en France juste avant une autre attaque.

Environ un mois plus tard, le 25 Septembre, 2015, il a été signalé qu’un gardien de nuit a été arrêté en France après avoir  photocopié des papiers djihadistes. Inutile de dire que l’incident a été fabriqué par la CIA afin de préfigurer la terreur islamique en France.

Afin de fournir un motif en temps opportun pour les attaques terroristes ISIS liées en France, il a été signalé le 28 Septembre, 2015, que la France a lancé ses premières frappes aériennes contre ISIS en Syrie. Considérant que la CIA a créé ISIS comme couverture pour des attaques terroristes nucléaires et biologiques, les frappes aériennes ne se produiront probablement jamais dans la réalité. (cf articles du jour où la France frappe des cibles fantômes)

source

 

 

« Monsieur le Président, vous êtes tombé dans le piège ! »

Sauf que Hollande n'est tombé dans un aucun piège sa rhétorique de guerre est voulue pour plusieurs raisons : pour récupérer politiquement les actions menées en Syrie par Poutine, tenter de faire le jeu des USA et de ses alliés, faire remonter sa popularité, tout en tenant la France en Otage, en instaurant l'état d'urgence pour se protéger lui-même !

« Monsieur le Président, vous êtes tombé dans le piège ! »

Le Monde.fr Le 16.11.2015 à 12h34 • Mis à jour le 17.11.2015 à 15h05

L'auteur et historien David Van Reybrouck.

David Van Reybrouck, d’expression néerlandaise, est l’auteur de nombreux ouvrages dont Congo, une histoire (Ed. Actes sud), pour lequel il a notamment reçu en 2012 le prix Médicis dans la catégorie « essai ». L’écrivain et historien interpelle le président français sur le champ lexical guerrier de son discours, samedi 14 novembre, lendemain des attentats qui ont endeuillé Paris. Et sur la surenchère que cela pourrait entraîner.

Monsieur le Président,

Le choix extraordinairement irréfléchi de la terminologie que vous avez utilisée dans votre discours de samedi après-midi [14 novembre 2015], où vous répétiez qu’il s’agissait d’un « crime de guerre » perpétré par « une armée terroriste » m’a interpellé. Vous avez dit littéralement :

« Ce qui s’est produit hier à Paris et à Saint-Denis, près du Stade de France, est un acte de guerre et, face à la guerre, le pays doit prendre les décisions appropriées. C’est un acte de guerre qui a été commis par une armée terroriste, Daech [l’acronyme arabe de l’Etat islamique], une armée de terroristes, contre la France, contre les valeurs que nous défendons partout dans le monde, contre ce que nous sommes, un pays libre qui parle à l’ensemble de la planète. C’est un acte de guerre qui a été préparé, organisé, planifié de l’extérieur et avec des complicités intérieures que l’enquête fera découvrir. C’est un acte de barbarie absolue. »

Si je souscris pleinement à la dernière phrase, force est de constater que le reste de votre discours est la répétition angoissante et presque mot à mot de celui que George W. Bush a tenu devant le Congrès américain peu après les attentats du 11-Septembre : « Des ennemis de la liberté ont commis un acte de guerre contre notre pays. »

Destabilisation de la région

Les conséquences de ces paroles historiques sont connues. Un chef d’Etat qui qualifie un événement d’« acte de guerre » se doit d’y réagir, et de rendre coup pour coup. Cela a conduit M. Bush à l’invasion de l’Afghanistan, ce qui était encore admissible parce que le régime avait offert asile à Al-Qaida. Même l’ONU avait approuvé. S’en est suivi alors l’invasion totalement démente de l’Irak, sans mandat de l’ONU, pour la seule raison que les Etats-Unis soupçonnaient que ce pays détenait des armes de destruction massive. A tort, s’est-il avéré, mais cette invasion a conduit à l’entière déstabilisation de la région, qui se prolonge jusqu’à aujourd’hui.

Le départ des troupes américaines en 2011 a laissé le pays dans une vacance du pouvoir. Et c’est peu après, lorsque, dans le sillage du « printemps arabe », une guerre civile a éclaté dans le pays voisin, que l’on a pu constater à quel point l’invasion militaire américaine avait été pernicieuse. Dans le nord-ouest de l’Irak déraciné et l’est de la Syrie déchirée, entre l’armée gouvernementale et l’Armée syrienne libre, assez d’espace s’était manifestement créé pour que se lève un troisième grand acteur : l’Etat islamique, ou Daech.

Bref, sans l’invasion idiote de Bush en Irak, il n’aurait jamais été question de Daech. C’est par millions que nous avons manifesté contre cette guerre en 2003, moi aussi, et la désapprobation était universelle. Et nous avions raison. Cela, non pas parce que nous étions capables de prédire l’avenir, nous n’étions pas clairvoyants à ce point. Mais nous en sommes pleinement conscients aujourd’hui : ce qui s’est passé dans la nuit de vendredi à Paris est une conséquence indirecte de la rhétorique de guerre que votre collègue Bush a employée en septembre 2001.

Et pourtant, que faites-vous ? Comment réagissez-vous moins de vingt-quatre heures après les attentats ? En employant la même terminologie que votre homologue américain de l’époque ! Et sur le même ton, bonté divine !

Risque monstrueux

Vous êtes tombé dans le panneau, et vous l’avez fait les yeux grands ouverts. Vous êtes tombé dans le panneau, Monsieur le Président, parce que vous sentez l’haleine chaude de faucons tels que Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen vous brûler la nuque. Et vous avez depuis si longtemps la réputation d’être un faible. Vous êtes tombé dans le panneau. Des élections se préparent en France, elles auront lieu les 6 et 13 décembre, ce ne sont que des élections régionales, mais, après ces attentats, elles seront placées sous le signe de la sécurité nationale, à n’en point douter. Vous êtes tombé dans le panneau tête baissée, parce que vous avez fait mot pour mot ce que les terroristes espéraient de vous : une déclaration de guerre. Vous avez accepté leur invitation au djihad avec enthousiasme. Mais cette réponse, que vous avez voulue ferme, fait courir le risque monstrueux d’accélérer encore la spirale de la violence. Je ne la trouve pas judicieuse.

Vous parlez d’une « armée terroriste ». Pour commencer, rien de tel n’existe. C’est une contradictio in terminis. Une « armée terroriste », c’est un peu comme pratiquer un régime boulimique. Des pays et des groupes peuvent avoir des armées ; s’ils ne parviennent pas à en former, ils peuvent opter pour le terrorisme, c’est-à-dire pour des actions ponctuelles dont l’impact psychologique est maximal, au lieu d’un déploiement structurel de forces militaires avec des ambitions géopolitiques.

Mais une armée, dites-vous ? Soyons clairs : jusqu’ici, nous ignorons si les auteurs des faits sont des combattants syriens revenus ou envoyés. Nous ne savons pas si les attentats ont été tramés au sein du « califat » ou dans les banlieues et « quartiers ». Et bien que certains indices laissent supposer qu’il s’agit d’un plan global émanant de la Syrie (la quasi-simultanéité de l’attentat-suicide au Liban et de l’attaque éventuelle d’un avion russe), force est de constater que le communiqué de Daech est venu bien tard, et qu’il ne contient pas d’autres éléments que ceux qui circulaient déjà sur Internet. Ne serait-il pas question de coordination ou de récupération ?

Rhétorique belliqueuse

Pour autant que l’on sache, il pourrait s’agir d’individus incontrôlés, sans doute pour la plupart des citoyens français revenus de Syrie : ils y ont appris à manier des armes et des explosifs, s’y sont immergés dans une idéologie totalitaire, cryptothéologique, et s’y sont familiarisés aux opérations militaires. Ils sont devenus des monstres, tous autant qu’ils sont. Mais ils ne sont pas une « armée ».

Le communiqué de Daech glorifait les « lieux soigneusement choisis » des attentats, vos propres services soulignaient le professionnalisme de leurs auteurs : sur ce point, remarquons que vous parlez la même langue. Mais qu’en est-il, en réalité ? Les trois hommes qui se sont rendus au Stade de France où vous assistiez à un match amical de football de la France contre l’Allemagne semblent plutôt être des amateurs. Ils voulaient sans doute pénétrer dans l’enceinte pour commettre un attentat contre vous, c’est fort possible. Mais celui qui se fait sauter à proximité d’un McDonald’s et n’entraîne « qu’une » victime dans sa mort est un bien piètre terroriste. Qui ne fait « que » quatre morts avec trois attentats-suicides, alors qu’un peu plus tard une masse humaine de 80 000 personnes sort de l’enceinte, est un bon à rien. Qui veut décimer le public d’une salle avec quatre complices sans bloquer les issues de secours n’est pas un génie de la stratégie. Qui s’embarque dans une voiture et mitraille des citoyens innocents et sans armes attablés aux terrasses n’est pas un militaire formé à la tactique, mais un lâche, un enfoiré, un individu totalement dévoyé qui a lié son sort à d’autres individus du même acabit. Une meute de loups solitaires, ça existe aussi.

Votre analyse d’une « armée terroriste » n’est pas probante. Le terme que vous avez employé, « acte de guerre » est extraordinairement tendancieux, même si cette rhétorique belliqueuse a été reprise sans honte aucune par Mark Rutte [premier ministre] aux Pays-Bas et par Jan Jambon [ministre de l’intérieur] en Belgique. Vos tentatives de calmer la nation menacent la sécurité du monde. Votre recours à un vocabulaire énergique ne signale que la faiblesse.

Il existe d’autres formes de fermeté que le langage de la guerre. Immédiatement après les attentats en Norvège, le premier ministre Jens Stoltenberg a plaidé dans détours pour « plus de démocratie, plus d’ouverture, plus de participation ». Votre discours fait référence à la liberté. Il aurait aussi pu parler des deux autres valeurs de la République française : l’égalité et la fraternité. Il me semble que nous en avons plus besoin en ce moment que de votre douteuse rhétorique de guerre.

Traduit du néerlandais par Monique Nagielkopf