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20/07/2010

Le CFR annonce une « Troisième guerre du Liban »

Article placé le 20 juil 2010, par Agata Kovacs (Genève)

Dans un rapport publié sur son site internet, le Council on Foreign Relations annonce l’imminence d’une troisième guerre du Liban et exonère par avance Israël de toute responsabilité.

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Quatre ans après un conflit dévastateur de 34 jours – qui coûta la vie à plus de 1200 Libanais – une série d’accrochages et de violations flagrantes de la résolution 1701 de l’ONU par Israël, survenues ces dernières semaines, laissent présager une reprise imminente des combats entre le Hezbollah et l’armée de l’Etat hébreu.

La semaine dernière, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a tenté d’intervenir, en dénonçant « les survols quasi quotidiens du territoire libanais par les forces aériennes israéliennes  qui constituent des violations de la souveraineté libanaise qui doivent immédiatement cesser ». Le Secrétaire général a également exhorter Israël à « accélérer sans plus tarder » le retrait se ses forces « de la partie nord du village de Ghajar et de la zone limitrophe au nord de la Ligne Bleue » qui délimite la frontière entre les deux Etats. (1)

Rapport du CFR

Ces tensions surviennent alors que le Council on Foreign Relations (CFR) vient de publier un rapport dans lequel il annonce l’imminence d’une troisième guerre du Liban. Il n’est pas inutile de rappeler ici que si le CFR – présidé par le milliardaire David Rockefeller, qui est également le fondateur du Groupe Bilderberg et de la Commission Trilatérale – se présente comme un « think-tank non partisan ayant pour but d’analyser la politique étrangère américaine et la situation politique mondiale », il est en réalité une organisation opaque qui régit des intérêt financiers internationaux liés à l’idéologie mondialiste néolibérale (lire à ce sujet notre article du 10 mai dernier ).

Le document de neuf pages, que nous reproduisons en fin d’article, indique qu’il y a un « danger croissant de la reprise de la guerre entre Israël et le Hezbollah. Depuis le dernier conflit entre ces deux parties au Liban, pendant l’été 2006, le Hezbollah n’a cessé de se réarmer et son arsenal est maintenant plus puissant, tant en quantité qu’en qualité. Israël ne peut que constater que la menace faite à sa sécurité nationale est devenue intolérable ». Une attaque préventive serait donc légitime, selon ce rapport.

Le CFR n’apporte pas la preuve du réarmement de la milice chiite. Il se base uniquement sur des rapports du renseignement israéliens et d’autres rumeurs d’officines et relais de désinformation. Néanmoins, après les crimes de guerre perpétrés par l’Etat hébreu en 2006, dénoncés par Amnesty International (2), la réorganisation militaire du Hezbollah semble pour le moins légitime, puisque qu’elle est sa seule garantie de survie, ainsi que celle du peuple libanais.

Le rapport de l’agence mondialiste prétend également que « l‘Iran pourrait pousser le Hezbollah à attaquer Israël, afin de faire diversion sur la pression internationale à propos de son programme nucléaire. » Dans tous les cas, « le Hezbollah arguerait probablement du fait qu’il répondait au survols israéliens du territoire libanais. »

La logique du CFR nécessiterait quelques éclaircissements, car on voit mal comment une attaque du Hezbollah sur Israël permettrait à l’Iran de faire diversion sur quoique ce soit. C’est même le contraire qui ne manquerait pas de se produire en pareil cas. Par ailleurs, l’histoire récente du Proche Orient démontre que c’est l’Etat juif qui a toujours su trouver quelques prétextes fallacieux pour agresser ses voisins. Mais on voit bien ou veut en venir le CFR, qui n’hésite pas a exonèrer par avance Israël de toute violation des résolutions de l’ONU en affirmant que « dans tous les cas, le Hezbollah arguerait probablement du fait qu’il répondait aux survols israéliens du territoire libanais pour entrer en guerre. » Pour l’organisation de M. Rockefeller, il  serait bien sûr tout à fait intolérable que les libanais réagissent aux provocations quotidiennes de Tsahal. Ils doivent se soumettre en silence. Dans la foulée, le CFR ne manque pas de promulguer quelques conseils à l’État hébreu, comme par exemple « d’attaquer des équipements et des dépôts d’arme en Syrie » et pourquoi pas en Iran pendant qu’on y est ?

Il est impossible de dresser une liste des contres vérités promulguées par ce document tant elle sont nombreuses. En fait, pour établir un travail complet, il faudrait revenir sur chacune des phrases qui y figurent. Les conclusions de ce rapport sont sans équivoque : La diplomatie étasunienne ne réussira pas à empêcher cette guerre (en a-t-elle l’intention ?), et elle devrait d’ores et déjà se concentrer sur la future… reconstruction du Liban. David Rockefeller a-t-il déjà négocié les contrats ?

Ce même David Rockfeller qui indiquait sans complexe dans Newsweek le 1er février 1999 : « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire ». Et encore, huit ans plus tôt : « La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers est assurément préférable au principe d’autodétermination des peuples ».

Pour des agences mondialistes comme le CFR, Bilderberg ou la Commission Trilatérale, nos vies, comme celles des ennemis qu’ils nous fabriquent, est un business. Ce n’est pas de leur Nouvel ordre mondial dont nous avons besoin, et encore moins de leurs Nouvelles guerres, mais d’un monde débarassé de leur présence néfaste.

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

Télécharger le rapport du Council on Foreign Relations

Merci à Julien de nous avoir fait parvenir ce document

Notes :

1. Lire le communiqué de l’ONU

2. Article du Monde diplomatique

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03:29 Publié dans Actualité, politique ou géopolitique, International, ONU, OTAN, USA, Israël | Lien permanent | |  Imprimer |  Facebook | | | | Pin it!

15/07/2010

L’Allemagne, Cheval de Troie du Nouvel ordre mondial

Article placé le 15 juil 2010, par Mecanopolis

Alors que se met en place, non pas un gouvernement économique, mais un organe de décision qui aura pour but de mettre au pas les pays de l’Union européenne, il devient difficile d’évoquer ces sujets sans effleurer l’idée même d’une conspiration – idée qui, lorsque fondée sur des faits indiscutables, peut néanmoins permettre de comprendre la marche réelle des affaires.

 

usa nazi

Tous les indicateurs démontrent qu’une troisième phase de la crise économique nous atteindra d’ici octobre, novembre au plus tard, et que ses effets seront bien plus dévastateurs que tout ce que nous avons subi durant ces deux dernières années, car les finances publiques sont désormais asséchées et l’économie mondiale moribonde. Octobre sera aussi le mois où un groupe de travail présidé par le président du Conseil Herman Van Rompuy fera des propositions concrètes, non pas pour un projet de « gouvernance économique », comme il en était question, mais dans le but de la création d’un « organe », composé de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et de l’Eurogroupe.

La dénomination en tant « qu’organe » est importante, car une « gouvernance » aurait imposé une forme démocratique, impliquant le Parlement européen. Or il n’en sera rien.

Sanctions pour tous les membres de l’Union

L’Allemagne a su imposer au tout début du mois de juillet, par l’intermédiaire de son agent Olli Rehn, commissaire aux Affaires économiques, que les sanctions envers les pays jugés trop laxistes en matière de finances publiques soient imposées, non pas aux seuls pays de la zone euro mais à l’ensemble des 27 pays membres de l’Union européenne.(1)

Ces sanctions prendront effet sous forme de suppression de fonds structurels, principalement les aides à l’agriculture et à la pêche, lorsque le pays contrevenant ne rentrera pas dans les clous après une première phase d’avertissement.

La France ne s’est nullement opposée à cette décision. Pire encore, le même jour, Nicolas Sarkozy, en visite en Aveyron sur le thème de l’agriculture de montagne, promettait qu’une somme de 350 millions d’euros allait être « sanctuarisée » dans le budget 2011 pour aider les jeunes agriculteurs à s’installer.(2) « Vous voyez, je m’investis beaucoup sur le dossier de l’agriculture », avait-il encore indiqué à la presse ce jour-là, alors qu’au même moment, à Bruxelles, on décidait de faire payer l’endettement des États aux agriculteurs.

Un « Pôle carolingien »

Malgré les désaccords de façade, Nicolas Sarkozy est, avec Angela Merkel, à l’avant-garde de ce que l’on pourrait appeler le « Pôle Carolingien » d’une union fédérale de la France et de l’Allemagne devant constituer, ensemble, l’armature intérieure d’une Europe inféodée à l’ordre mondial. Si le ralliement de la France à la doctrine mondialiste est récent, du moins dans sa phase décisive, l’ancrage de l’Allemagne, principal pays allié des États-Unis en Europe depuis 1945, est plus profond, et c’est le ministre des Affaires étrangères Joshka Fischer qui avait, en quelque sorte, ouvert le bal, lors de son discours à l’Université de Humboldt, le 12 mai 2000, relayé quelques jours après par son prédécesseur, Hans Dietrich Gensher, ministre des Affaires étrangère allemand, dans Le Figaro du 20 mai suivant : « L’intention de Joshka Fischer est maintenant de renforcer l’Union européenne dans la perspective de son élargissement. Il s’agit d’en faire un acteur efficace du Nouvel ordre mondial… » Puis encore, comme pour enfoncer le clou, Wolfghang Schäuble, ex patron de la CDU, dans Le Monde du 22 mai de la même année : « Au monde bipolaire de la guerre froide s’est substitué un monde multipolaire. Les États-Unis, la Russie, la Chine et, à quelques distances, le Japon, y ont déjà pris place. L’Inde va entrer dans le club. Il ne faut pas que l’Europe soit en reste. À ses débuts, le nouveau gouvernement allemand avait laissé un peu en friche le terrain de la politique étrangère. Ce plan Fisher lui restitue un visage européen sur l’arrière plan de la mondialisation. »

Concept mondialiste

La doctrine stratégique « globale » des États-Unis avait été élaborée une vingtaine d’années auparavant. Il est clairement énoncé dans le nouveau concept étasunien de « stratégie nationale de sécurité » dont le contenu fut révélé dans un article du New York Times du 8 mars 1992, qui mentionnait pour la première fois le Defense Planning Guidance du Pentagone, élaboré en liaison avec le Conseil national de la sécurité (NSA), plus haute instance américaine de sécurité et de politique internationale. On y apprend que les États-Unis doivent « tout faire pour dissuader d’éventuels rivaux, parmi les pays avancés et industrialisés, de défier notre domination, ne serait-ce que d’aspirer à un rôle plus grand à l’échelle mondiale ou régionale (…) La mission des États-unis sera de s’assurer qu’il ne soit permis a aucune puissance rivale d’émerger en Europe occidentale, en Asie ou sur le territoire russe. »(3) Il s’agit ni plus ni moins d’empêcher par n’importe quel moyen l’Europe et le Japon,“alliés” relativement dociles, ainsi que la Russie affaiblie mais encore redoutable, de relever la tête et de porter, un jour, ombrage au nouvel ordre mondial politique et économique imposé par Washington.

Ce document rend inutile tout commentaire, éclairant de lui-même les intentions étasuniennes, dont la nature même est d’ordre conspirative. Mais nous aurions néanmoins tort de désespérer, car aucune situation, aussi perdue qu’elle puisse paraître, n’est jamais complètement fermée. C’est la faille salvatrice qu’il nous faut désormais trouver pour opposer un Nouveau monde à ce Nouvel ordre mondial.

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

Télécharger l’article de la revue au format PDF

Reproduction libre avec indication des sources

Notes :


(1) Le Figaro du 1er juillet 2010

(2) AFP, le 1er juillet 2010

(3) Cité par Alexandre Del Valle, dans Guerre contre l’Europe, Syrtres, 2000

44 UNE FLASH

 

http://www.mecanopolis.org/?p=18688

20/06/2010

L’Afghanistan vaut « mille milliards de dollars »

Nous avions bien compris depuis longtemps que les soi-disants réseaux terroristes internationaux étaient créés de toutes pièces et financés par les banquiers Illuminati. Les seules raisons d'exister de ces guerres génocidaires, sont celles d'exploiter la main d'oeuvre bon marché sur place pour développer les marchés de la drogue et exploiter à moindre coût les richesses des pays attaqués par les gardiens de la sécurité du monde : L'Angleterre, les USA et ses fidèles alliés, l'Europe, la France  et toute la clique, L'ONU, L'OTAN, etc... !

Article placé le 18 juin 2010, par Mecanopolis

On considérait l’Afghanistan comme l’un des pays les plus pauvres de la planète, on découvre qu’il est richissime.

lithium

C’est un mémo du Pentagone opportunément rendu public par le New York Times lundi qui l’affirme: ses montagnes regorgent de fer, de cuivre, de cobalt, d’or et de bien d’autres métaux rares. Le pays de l’opium pourrait se transformer en «Arabie saoudite du lithium» et sa fortune s’élever à «mille milliards de dollars».

En quelques heures, l’information a fait le tour de la planète. Une opération de communication rondement menée. Seul problème: il n’y a rien de nouveau. Les Soviétiques avaient cartographié ces richesses dès les années 1980, et leurs études avaient été publiées dans les revues géologiques occidentales en 2007. Il y a six mois, le président Hamid Karzaï évoquait déjà ce chiffre de «mille milliards».

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Ressources minérales de l’Afghanistan (Cliquer pour agrandir)

D’où cette question: pourquoi cet effet d’annonce? Deux hypothèses se dégagent. Alors que l’OTAN piétine et que les talibans ne cessent de gagner du terrain, les Américains, à la suite des Européens, s’interrogent sur leur présence dans l’Hindu Kuch. Il faut redonner du sens à cette «guerre choisie», comme la qualifie Barack Obama, dont l’objectif initial affiché était de punir Al-Qaida et chasser ses protecteurs de Kaboul. Au risque de brouiller le message comme ce fut le cas avec le pétrole en Irak.

U.S. DoD Map (NATO-Afghanistan Occupation)
Carte de l’occupation militaire de l’Afghanistan (cliquer pour agrandir)

Seconde piste: la course au trésor a déjà commencé et les Chinois ont pris une longueur d’avance. Ils ont aligné 4 milliards de dollars pour une mine de cuivre, le plus gros investissement jamais vu à Kaboul, mais ne déboursent pas un sou pour sécuriser le pays, une tâche qui commence à coûter cher aux Américains. Il s’agirait donc pour le Pentagone de faire monter les enchères et de contrer cette influence. Et nous voilà replongés dans le «Grand Jeu», comme au XIXe siècle, lorsque la Grande-Bretagne et la Russie se disputaient la domination de l’Afghanistan. Les joueurs ont changé, mais leur convoitise est immuable. Tant pis pour la paix afghane, car ce pauvre pays riche, dont la valeur marchande est désormais connue, semble condamné à rester un terrain d’affrontement pour les grandes puissances du moment.

Frédéric Koller

http://www.mecanopolis.org/?p=18145

Le président Obama va disposer d’un « bouton d’arrêt d’urgence » d’Internet

Faut bien nous musuler et nous couper de toute information pendant qu'ils trucideront les nôtres dans l'ombre et le silence !

Article placé le 20 juin 2010, par Frédéric Courvoisier (Genève)

Un projet de loi, soutenu par le sénateur Joe Lieberman, pourrait donner au président américain Barack Obama le pouvoir de fermer des pans entiers d’Internet en période d’état d’urgence nationale.

internet

L’initiative parlementaire soutenue par le sénateur Joe Lieberman pourrait être un véritable coup de tonnerre pour internet et pour ses centaines de millions d’utilisateurs à travers le monde. L’initiative donnerait au président américain le pouvoir de « fermer » internet en cas d’urgence dictée par les impératifs impérialistes étasuniens.

L’idée n’est pas nouvelle et repose sur la volonté du département de la Sécurité intérieure des États-Unis (United States Department of Homeland Security) à bâilloner le cyberespace, en cas de conflit majeur, de sorte à empêcher la diffusion d’informations qui seraient défavorables à l’administration américaine.

Mais la législation envisagée par Joe Lieberman, appelée « Protecting cyberespace as a national asset act » (« projet de loi visant à protéger le cyberespace en tant que capital national ») va encore plus loin que ça. Le texte prévoit en effet la création d’un organisme dénommé National Center for Cybersecurity and Communications (Centre national pour la cybersécurité et les communications), qui pourrait, en période critique, prendre la direction des opérations de toute une série d’entreprises figurant sur une liste dressée par la Sécurité intérieure. Il ne s’agit donc pas seulement de réduire au silence tout ceux qui s’opposeraient à la propagande l’ordre mondial, mais de contaminer l’ensemble de la planète en diffusant uniquement les informations qui lui seraient favorables.

Frédéric Courvoisier, pour Mecanopolis

Information communiquée par notre camarade Folamour, du site Crashdebug

01/06/2010

Pourquoi Israël a t-il attaqué des civils en Méditerranée ?

Par Thierry Meyssan

Israël a pesé à l’avance les conséquences de l’attaque qu’il a lancé contre un convoi humanitaire maritime. Quels sont ses objectifs en déclenchant une crise diplomatique mondiale, pourquoi a t-il défié son allié turc et son protecteur états-unien ?

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L’attaque conduite par trois patrouilleurs lance-missiles israéliens de classe Saar, le 31 mai 20101, contre la flottille de la liberté, dans les eaux internationales de Méditerranée illustre la fuite en avant de Tel-Aviv.

La flottille de la liberté est une initiative de militants des droits de l’homme [1] [2], soutenue par le gouvernement turc. Son objectif est à la fois de véhiculer de l’aide humanitaire jusqu’à Gaza et, ce faisant, de briser le blocus mis en place illégalement par l’armée israélienne à l’encontre d’1,5 million de Gazaouites.

La décision d’aborder des navires civils dans les eaux internationales constitue un « acte de guerre » au regard du droit international. Juridiquement parlant, il y a eu vol des navires et de leurs cargaison, enlèvement et séquestration de leurs passagers, meurtres ; voire assassinats, si l’on admet les informations de la télévision turque selon laquelle les commandos avaient une liste des personnalités à liquider au cours de l’assaut.

Cet acte de guerre, à l’encontre des pavillons grecs et turcs de ces navires, a été perpétré afin de consolider le blocus, lequel constitue en lui-même une violation du droit international.

En choisissant l’argument de la « légitime défense », les autorités israéliennes ont explicitement revendiqué leur souveraineté sur les eaux internationales à 69 miles nautiques au large de la Palestine ; cette annexion —temporaire ou durable— étant nécessaire à la poursuite du blocus, lequel serait nécessaire à la sécurité de l’Etat d’Israël.

En abordant un navire turc et en en tuant des passagers, Tel-Aviv a d’abord choisi de répondre militairement à la crise diplomatique qui l’oppose depuis janvier 2009 à Ankara. Cette initiative est censée provoquer une crise au sein de l’état-major turc et entre celui-ci et le gouvernement turc. Cependant, elle pourrait aboutir à une rupture complète des relations militaires entre les deux pays, alors même que la Turquie aura été pendant un demi-siècle le meilleur allié d’Israël dans la région. D’ores et déjà, les manœuvres conjointes turco-israéliennes ont été annulées sine die. En outre, cette crise pourrait aussi avoir des conséquences sur les relations commerciales entre les deux pays, alors même que la Turquie est un partenaire vital pour l’économie israélienne.

Cependant, Tel-Aviv se devait de casser la crédibilité de la Turquie au moment où elle se rapproche de la Syrie et de l’Iran, et ambitionne d’exercer avec ses nouveaux partenaires une autorité régionale [3]. Dans l’immédiat, Israël devait sanctionner le rôle d’Ankara dans la négociation du Protocole de Téhéran sur l’industrie nucléaire iranienne.

Côté turc, où l’on s’attendait à une intervention israélienne musclée mais pas létale, le moment est venu de se poser en protecteur des populations palestiniennes, selon la doctrine néo-ottomane théorisée par le ministre des Affaires étrangères, le professeur Ahmet Davutoğlu. Sans attendre le retour du Premier ministre Recep Erdoğan, en voyage en Amérique latine, l’ambassadeur Turc à Tel-Aviv a été rappelé à Ankara et une cellule de crise a été mise en place autour du vice-Premier ministre, Bülent Arınç. Elle est immédiatement entrée en contact avec les 32 gouvernements des Etats dont les passagers du convoi sont ressortissants. Tout le personnel diplomatique turc a été mobilisé pour saisir du problème le maximum d’Etats et d’organisations internationales. Dans une conférence de presse, M. Arınç a exigé la restitution immédiate des trois bateaux turcs volés et de leur cargaison, ainsi et surtout que la libération des centaines de citoyens turcs enlevés et séquestrés. Il a choisi de qualifier l’attaque d’acte de « piraterie » (et non de guerre), de manière à offrir au gouvernement Netanyahu la possibilité de présenter l’affaire comme une « bavure » et non comme une politique. Dans cette logique, le président Abdullah Gül, quant à lui, a exigé que les tribunaux israéliens jugent les responsables de cette tuerie.

Depuis le Chili, M. Erdoğan a déclaré : « Cette action est totalement contraire aux principes du droit international, c’est le terrorisme d’un Etat inhumain. Je m’adresse à ceux qui ont appuyé cette opération, vous appuyez le sang, nous soutenons le droit humanitaire et la paix ».

Dans l’après-midi, Ankara a saisi la Conseil atlantique. La Turquie est membre de l’OTAN. Si elle ne trouve pas la réponse qu’elle attend du gouvernement israélien, elle pourrait qualifier l’attaque d’acte de guerre et requérir l’aide militaire des Etats membres de l’Alliance en vertu de l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord.

Le gouvernement Netanyahu a invité ses ressortissants à quitter la Turquie, tandis que des manifestations spontanées se multiplient devant les consulats israéliens où la foule réclame vengeance.

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Le 26 mai 2010, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, reçoit à Tel-Aviv le secrétaire général de la Maison-Blanche, Rahm Emanuel. Celui-ci lui remet une invitation de Barack Obama, que la partie israélienne annulera cinq jours plus tard.

Côté états-unien, cette affaire rappelle celle de l’USS Liberty (8 juin 1967). Durant la guerre des Six jours, les Israéliens attaquèrent un bâtiment de surveillance électronique de l’US Navy, faisant 34 morts et 171 blessés. Tel-Aviv présenta ses excuses pour cette méprise sur le champ de bataille tandis que, tout en les acceptant officiellement, Washington y vu un outrage délibéré. Les Israéliens auraient voulu à l’époque sanctionner les critiques états-uniennes.

Cette fois, l’attaque de la flottille de la liberté pourrait être une sanction après le vote par Washington d’une résolution des Etats signataires du Traité de non-prolifération enjoignant Israël à déclarer ses armes nucléaires et à accepter les contrôles de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

La décision israélienne d’attaquer des navires civils dans les eaux internationales intervient après l’assassinat aux Emirats d’un dirigeant palestinien par une unité du Mossad ; la découverte d’un vaste système de copie falsifiées de passeports au détriment d’Etats occidentaux ; et le refus d’assister à la conférence internationale de suivi du Traité de non-prolifération. Cet ensemble de faits peut être interprété comme une succession de coups perpétrés par un Etat sûr de son impunité —et dans ce cas, il pourrait s’agir cette fois d’un coup de plus ou de trop—, ou comme une escalade après une courte friction publique avec l’administration US —il s’agirait alors de revendiquer le leadership du mouvement sioniste en montrant que Tel-Aviv décide et Washington entérine—.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en voyage en Amérique du Nord, a décidé de terminer sa visite canadienne et d’annuler son rendez-vous à la Maison-Blanche. Il a été joint par téléphone par le président Obama qui lui a demandé des explications.

La Haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Navi Pillay, a déclaré que l’opération israélienne ne pouvait avoir aucune justification juridique. Le Rapporteur spécial sur les Droits de l’homme dans les territoires occupés palestiniens, Richard Falk, a tenu à souligner qu’au delà de l’atteinte à la liberté de circulation sur les mers, le problème central reste le blocus. « À moins que des actions promptes et décisives soient prises pour mettre au défi l’approche israélienne sur Gaza, nous serons tous complices d’une politique criminelle qui menace la survie d’une communauté assiégée », a t-il affirmé. Le Conseil de sécurité a été convoqué en urgence, ce jour, à 18h TU. Le ministre turc des Affaires étrangères est parti à New York.

Thierry Meyssan, Réseau Voltaire