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19/01/2009

Gaza : Télézapping

A Zeitoun, des corps sous les ruines

Dès l'entrée en vigueur du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, dimanche 18 janvier, les secouristes ont commencé à fouiller les décombres à la recherche de corps. En quelques heures, 95 cadavres ont été retrouvés dans les ruines de maisons bombardées, principalement à Jabaliya, Beit Lahiya et Zeitoun.

 
Gaza : Toutes les vidéos
 
Les médias internationaux de retour à Gaza
Pour la première fois depuis le début de l'offensive israélienne sur la bande de Gaza, le 27 décembre, des journalistes internationaux ont été autorisés, dimanche 18 janvier, à entrer dans la bande de Gaza. Jusque là, les seules images du territoire palestiniens provenaient des quelques journalistes palestiniens présents sur place, des ONG et des belligérants.
 
Pendant les négociations, la guerre continue
 
 
D'autres vidéos
 

A Gaza : "L'odeur dans les rues est insupportable"

Au lendemain du cessez-le-feu, quatre Gazaouis joints au téléphone par Le Monde.fr témoignent.

"Traverser Gaza est devenu très difficile, les routes sont détruites"
Salma Ahmed, professeur de français, Jabaliya

"Lundi matin, la situation est très calme. Nous avons pu dormir la nuit, c'est déjà un progrès. Psychologiquement, on va déjà mieux. Mais il nous manque encore beaucoup de choses, surtout des médicaments, pour les blessés comme pour les autres. Mon père travaille pour le ministère de la santé, depuis hier il parcourt la bande de Gaza pour inspecter les cliniques. Ce qui l'a le plus marqué, c'est l'odeur dans les rues. Certains cadavres sont là depuis trois semaines, c'est insupportable.

Les gens sont tristes, choqués. Ceux qui n'ont pas de nouvelles de leurs proches depuis des semaines partent à leur recherche. Traverser la bande de Gaza est devenu très difficile, les routes sont détruites. Ce qui est positif, c'est que malgré les destructions, les gens n'essayent pas de piller."

"Dans la cour de l'école, il reste une bombe dont s'échappe du phosphore"
Manuel Mussalem, curé de Gaza

"Dimanche, nous avons pu dire la messe dans l'église principale, devant soixante fidèles. L'école et la résidence des sœurs du rosaire ont été frappés par cinq missiles. Dans la cour de l'école, il reste une bombe dont s'échappe encore du phosphore. Personne n'ose y toucher : les avions israéliens patrouillent encore, et il faut des compétences militaires pour manipuler ce missile.

La guerre n'est pas finie : Gaza est dans l'attente d'une autre attaque. Il n'y a pas de nourriture, pas de travail, pas de commerce. Les Gazaouis vivent dans le désespoir. Les gens que j'ai rencontrés lundi m'ont tous dit qu'ils refusaient de revenir à un état de siège. Ils ont trop souffert de la faim et des humiliations. Il faut arrêter cette spirale de violence, mais aujourd'hui mes fidèles sont incapables d'écouter un discours de paix ou de respect."

"Si la zone reste fermée, la situation va s'aggraver"
Jamal El-Rozzi, directeur de programmes de santé dans une ONG, ville de Gaza

"La situation a changé depuis aujourd'hui [lundi], nous sommes libres de nos mouvements. Les tanks sont sortis de la ville, mais l'aviation israélienne nous survole en permanence. Les gens ont toujours peur, ils ont du mal à croire ce qui s'est passé.

Il faut faire face à beaucoup de problèmes. La plupart des logements n'ont plus de fenêtres, il est impossible de les remplacer et il fait très froid. La vie est comme suspendue. Un des problèmes majeur est l'accès à l'eau. On trouve de l'eau pour boire, mais nous allons avoir des problèmes d'hygiène. Nous avons aussi des problèmes psychologiques, tout le monde aurait besoin d'une thérapie ici.

Ce qui est effrayant pour l'avenir, c'est l'absence d'accord concernant les frontières. On ne sait pas si elle vont être ouvertes, ni quand. Presque toutes nos infrastructures sont détruites, et si la zone reste fermée, la situation va s'aggraver."

"Les chars israéliens ont déraciné les arbres"
Ghada Raee, journaliste pour l'agence Wafa, ville de Gaza

"Tout le monde est très déprimé, les dégâts sont énormes. Les chars ont déraciné les arbres, citronniers, orangers... il n'y a plus un seul olivier. Les Israéliens prétendent que le Hamas se cachait derrière les arbres pour lancer des roquettes. Mais les paysans ont perdu leur source de revenus. Et comme il y a très peu de ressources économiques à Gaza, tout le monde en souffre.

Les habitants sont choqués. Certains regrettent que le Hamas ait lancé des roquettes, d'autres soutiennent la résistance. Mais, aujourd'hui, les gens ont d'autres problèmes prioritaires : s'alimenter, se chauffer, retrouver leurs familles. La situation politique sera sans doute plus claire quand la population aura résolu ces questions basiques. Un militant du Hamas m'a dit que même les membres du parti sont choqués par les armes utilisées par l'armée israélienne. Ils savaient qu'Israël allait envahir Gaza, mais ils n'imaginaient pas qu'ils le feraient de cette façon là."

 
 

Gaza : PalaTube, la nouvelle arme du Hamas sur le Net, selon Israël !

C'est quoi la propagande lorsque la presse a été interdite par Israël dans la bande de Gaza ?
C'est de diffuser les vidéos des massacres ?

Voici comment les faits sont interprétés !
 
Le Hamas a riposté à la diffusion de vidéos de l'armée israélienne sur YouTube en lançant son propre site de partage d'images. Avec PalaTube, dont le serveur est situé à Moscou, l'organisation islamiste veut exposer les "massacres" de l'Etat hébreu à Gaza et y dénonce un "holocauste sioniste". Les vidéos font l'apologie du martyre et des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas.
 

La page d'accueil du site est sans ambiguïté : une bannière frappée de photographies d'une vieille femme pleurant et des corps ensanglantés d'enfants. On peut également y regarder en direct la chaîne Al-Qods, liée au Hamas et sise à Beyrouth. "L'ennemi sera défait et battra en retraite", clame un des slogans du site, qui fonctionne sur le même principe que YouTube, et sur lequel les internautes peuvent regarder ou poster des vidéos.

Dans l'une d'elle, un membre du Hamas lit son testament avant d'aller combattre à Gaza, où plus de neuf cents personnes sont mortes depuis le 27 décembre. "Je suis, si Dieu le veut, le martyr Abdel Karim Said Wahba de la ville de Lod, habitant du camp de réfugiés de Nousseirat", dans le centre de la bande de Gaza, dit-il, en exhibant un lance-roquettes antichars et un fusil d'assaut, devant un drapeau de son mouvement. "Mon père, ne sois pas triste pour moi parce que tu m'as envoyé comme ambassadeur au paradis. Père, mère, dirigez mes frères vers le chemin que j'ai choisi", dit-il encore. Et d'ajouter : "Mon cœur est rempli d'amour pour le djihad et le martyre."

Une autre vidéo, postée par un internaute sous le pseudo "Al-Qanas" (le sniper, en arabe), montre les tirs de roquette contre Israël, des images tirées de la chaîne officielle du Hamas, Al-Aqsa.

Selon Jérôme Bourdon, sociologue et responsable du département de communication à l'Université de Tel-Aviv, aussi bien Israël que le Hamas utilisent "un moyen très moderne pour une stratégie au final très classique : la propagande". "C'est un phénomène en vogue, comme on l'a vu avec la campagne du président américain élu Barack Obama. Tout le monde, y compris les institutions les plus conservatrices, pense à YouTube", ajoute M. Bourdon. Mais selon lui, l'utilisation de ce nouvel outil a des limites. "Il atteint des deux côtés les personnes déjà convaincues et un public militant. Il permet au plus de mobiliser les troupes et leur redonner le moral."

La guerre de Gaza : Une "armée" de blogueurs israéliens à l'assaut de la Toile

Censure ?
 
Deux jours après l'annonce du cessez-le-feu, les armes se sont tues mais la guerre médiatique continue. Le ministère israélien de l'intégration et de l'immigration a annoncé, dimanche 18 janvier, la création d'une "armée de blogueurs". La mission de cette nouvelle brigade du Net : occuper le terrain en inondant de commentaires les "sites anti-sionistes" qui pullulent sur la Toile.
 
Mis en place en coopération avec le ministère des affaires étrangères, le programme s'adresse avant tout aux Israéliens parlant couramment anglais, français, espagnol ou allemand. Pour entrer dans le rang, il suffit d'adresser un mail au ministère. Les volontaires sont immédiatement enregistrés selon leur langue et dirigés par l'administration vers les sites "problématiques".

La première recrue est une Française de 31 ans. Installée en Israël depuis 1993,
Sandrine Pitousi habite à Kfar Maimon, à cinq kilomètres de la bande de Gaza. "J'ai entendu parler du projet à la radio et j'ai décidé de participer parce que je vis au coeur du conflit", raconte-t-elle à Haaretz.
A en croire le ministère de l'intégration, Internet est devenu un nouveau "champ de bataille pour les relations publiques". "J'appelle tous les nouveaux immigrants à nous rejoindre pour aider à améliorer l'image de notre pays", explique Erez Halfon, directeur général du ministère, au Jerusalem Post. A ce jour, seules cinq personnes ont répondu présent.

Source : http://www.lemonde.fr/la-guerre-de-gaza/article/2009/01/1...

18/01/2009

Gaza : Un cessez-le-feu unilatéral israélien se profile à Gaza

La "confrontation continuera" en cas de cessez-le-feu unilatéral, prévient le Hamas

"Ce cessez-le feu unilatéral ne prévoit pas de retrait" de l'armée israélienne et "tant qu'elle restera à Gaza la résistance et la confrontation se poursuivront", a déclaré un représentant du Hamas.