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24/10/2016

Le plan diabolique du « Grand Israël » s’ensable en Syrie

 Le plan diabolique du « Grand Israël » s’ensable en Syrie, par Laurent Glauz

Qui approvisionne l’Etat Islamique?

Ensuite la France qui a armé et financé ses mercenaires ira accuser la Syrie et la Russie de crimes de guerre ! Il en est de même pour Londres et l'UE qui ont décidé de lever l'embargo sur les armes pour armer leurs mercenaires en Syrie !

Il faut bien créer le Grand Israël !

Le projet de la FED/US/UE/Angeleterre/Israël - Le Grand Moyen-Orient ou Le Grand Israël !

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Qui approvisionne l’Etat Islamique?

Publié le 23 octobre 2016 par Иван Михайлович Фраков

 

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Se disant étonnés de voir que les terroristes de l’Etat Islamique avaient des véhicules flambant neufs, il y a quelques mois les Etats-Unis avaient publiquement déclaré vouloir connaitre l’origine de ces véhicules. En fait, selon plusieurs analystes Washington en avait lui-même fourni plusieurs centaines en Syrie. La déclaration des USA est donc restée sans suite, jusqu’à ce que l’armée Russe contacte il y a quelques semaines la société Toyota au Japon.

Celle-ci a alors fourni une liste de clients: Une société d’Arabie Saoudite « liée au Royaume » a acheté un total de 22500 véhicules, une société du Quatar 32000, les Emirats Arabes Unis 11650 et l’armée jordanienne 4500 véhicules. L’armée jordanienne a reçu des crédits de la part de plusieurs banques d’Arabie Saoudite pour financer ces achats.

Dans le même temps des informations ont montré que les ventes d’armes des pays occidentaux, en particulier des USA et de la France, à plusieurs pays du Golfe Persique – Emirats Arabes Unis, Quatar et Arabie Saoudite – servaient en fait à alimenter l’Etat Islamique et autres groupes terroristes. L’Arabie Saoudite a ainsi fourni 500 missiles antichars TOW aux « terroristes modérés ».

On se souviendra également des livraisons d’armes de la France, comme s’en vantait alors Laurent Fabius (article ici), et il est bien connu que les USA approvisionnent leurs protégés (les « terroristes modérés » d’Al Nosra entre autres) en armement de pointe.

Il est donc clair que si les pays occidentaux ne fournissaient pas les terroristes en armes et matériel, les troupes de l’Etat Islamique et autres groupes pourraient être bien vite mis hors d’état de nuire.

Voir aussi :

La France a livré des fusils d’assaut à l’Etat Islamique

 

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La France de Hollande et Fabius alliée d’Al-Nosra branche armée d’Al Qaïda en Syrie

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Mais qui est Al-Nosra, l’allié que Fabius et Hollande ont choisi pour la France dans sa lutte pour tuer Bachar el-Assad et faire un « printemps arabe » syrien, c’est-à-dire donner le pouvoir aux islamistes locaux ?

La France a fourni des armes aux islamistes syriens dès 2012, avoue François Hollande dans un livre

Le président français s’est confié au journaliste Xavier Panon, qui révèle que François Hollande a décidé de livrer des armes lourdes aux rebelles syriens, malgré l’embargo européen.

La France a fourni des armes à des groupes rebelles syriens dès 2012 alors que l’Union européenne avait imposé un embargo sur de telles livraisons. Et c’est le président Hollande qui le dit lui-même dans un livre à paraître le 13 mai aux Editions de l’Archipel, intitulé Dans les coulisses de la diplomatie française, de Sarkozy à Hollande, écrit par le journaliste Xavier Panon.

«Nous avons commencé quand nous avons eu la certitude qu’elles iraient dans des mains sûres», explique le chef de l’Etat à l’auteur du livre, en mai 2014. Les livraisons ont débuté dès la fin de l’année 2012, alors que l’embargo européen, établi à l’été 2011, est toujours en vigueur. Il ne sera levé qu’à la fin du mois de mai 2013.

 

VIDÉO. Syrie: France et Grande-Bretagne vont livrer des armes aux rebelles annonce Laurent Fabius  14/03/2013 08:38 CET | Actualisé 05/10/2016 01:58

SYRIE - C'est la première fois que la France se positionne de manière aussi significative dans le conflit syrien.

La France, mais aussi la Grande-Bretagne, vont en effet demander d'avancer la prochaine réunion de l'Union européenne sur l'embargo sur les armes pour la Syrie et, à défaut d'unanimité, décideront d'en livrer à titre national aux rebelles.

 

Invité sur France Info lundi matin, Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, annonce que Paris va livrer des armes aux rebelles syriens.

 

La France, mais aussi la Grande-Bretagne, vont en effet demander d'avancer la prochaine réunion de l'Union européenne sur l'embargo sur les armes pour la Syrie et, à défaut d'unanimité, décideront d'en livrer à titre national aux rebelles.

 

LIRE AUSSI : Les armes d'un autre âge des rebelles en Syrie

Paris et Londres demandent "aux Européens, maintenant, de lever l'embargo pour que les résistants aient la possibilité de se défendre", déclare le ministre. A défaut de l'unanimité requise à l'Union européenne pour lever cette mesure, les deux pays prendront la décision de livrer des armes, car la France "est une nation souveraine", a précisé Laurent Fabius.

Fabius veut toujours donner des armes aux rebelles

http://www.dailymotion.com/video/xyd87c_fabius-veut-toujours-donner-des-armes-aux-rebelles_news

"Nous considérons que c'est un pas dans la bonne direction, a réagi le porte-parole de l'opposition syrienne, Walid al-Bounni. (...) Bachar al-Assad n'acceptera de solution politique (à la crise) que lorsqu'il saura qu'il a face à lui une force (armée) qui va le renverser". "Tant que les Européens et les Américains n'arment pas la rébellion, ils sont en train de dire à Bachar al-Assad 'continue de te battre'", a-t-il estimé. Et "tant que les Iraniens et les Russes continuent de lui offrir leur soutien, il (Bachar al-Assad) restera convaincu qu'il va gagner", a ajouté le porte-parole.

"Dans une violation flagrante du droit international, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a annoncé la volonté de son pays et celle de la Grande-Bretagne de fournir des armes aux groupes terroristes", a de son côté vigoureusement réagit Damas, via l'agence officielle syrienne Sana.

Une réunion avancée de deux mois ?

Mardi, le Premier ministre britannique David Cameron avait déjà indiqué que son pays pourrait se désolidariser de l'embargo de l'UE en cours, en fournissant des armes à l'opposition syrienne pour lutter contre le président Bachar al-Assad.

La prochaine réunion de l'Union européenne sur l'examen de l'embargo sur les armes à destination de la Syrie est prévue fin mai. Mais le ministre français veut faire bouger les choses rapidement.

"Il faut aller très vite" et "nous allons demander avec les Britanniques que la réunion (...) soit avancée", a-t-il dit, n'excluant pas qu'elle intervienne avant fin mars. "On ne peut pas accepter qu'il y ait ce déséquilibre actuel avec d'un côté l'Iran et la Russie qui livrent des armes à Bachar et de l'autre des résistants qui ne peuvent pas se défendre", a fait valoir Laurent Fabius. "Lever l'embargo c'est un des seuls moyens qui restent pour faire bouger politiquement la situation", a-t-il estimé.

Rappelons que le conflit en Syrie a fait, selon l'ONU, plus de 70.000 morts depuis son déclenchement le 15 mars 2011.

Réaction à l'UMP

Le député Pierre Lellouche a exprimé son soutien à cette décision franco-anglaise. Dans un communiqué, l'ancien secrétaire d'Etat aux Affaires européennes "soutient la décision du gouvernement de livrer des armes à l’opposition syrienne, décision qui n'avait que trop tardé".

Il "espère" qu'elle "permettra de faire évoluer le conflit syrien, de mettre fin au massacre impuni de la population syrienne par l’armée et l'aviation d’al-Assad". "Et enfin, que cette initiative permette à l'Europe de revenir au coeur de la question syrienne, de préparer l’après al-Assad", poursuit l'élu de Paris.

L'Europe assouplit l'embargo sur les armes en Syrie

https://www.youtube.com/watch?v=G8QTV7Emjx0

Ajoutée le 18 févr. 2013

http://fr.euronews.com/ L'Union européenne décide d'assouplir l'embargo sur les armes en Syrie. Cette décision, fruit d'un compromis entre les ministres des Affaires étrangères des 27, est une victoire pour le Royaume-Uni qui militait en ce sens. Mais de nombreux Etats membres craignent que cet amendement ne fasse qu'attiser le conflit et que ces armes tombent entre de mauvaises mains.

Catherine Ashton : "Aujourd'hui, nous avons convenu d'étendre les sanctions contre la Syrie pour 3 mois de plus. Mais nous les avons amendées pour permettre un plus grand soutien non létal et une assistance technique pour la protection des civils."

Les 27 ont également approuvé une mission de conseil et de formation de l'armée malienne. Il a été surtout question de sanctions. Dans la ligne de mire des ministres européens: la Corée du Nord et le Zimbabwe.

"A Bruxelles, les ministres se transforment en régulateur de sanctions expliquent notre correspondant à Bruxelles Andrei Beketov. Ils les assouplissent pour le Zimbabwe, les renforcent pour la Corée du Nord, les ajustent pour la Syrie. Tout cela ne coûte pas très cher. Il semble que l'Union européenne, préoccupée par sa propre crise financière, ne possède pas de levier suffisamment puissant pour influencer les événements mondiaux."

 

La France pourrait livrer des armes aux rebelles syriens |14 mars 2013, 8h41 | MAJ : 24 octobre 2016, 8h41

A la veille du 2e anniversaire du début du conflit meurtrier en Syrie, Paris et Londres ont prôné jeudi une levée rapide de l'embargo européen pour pouvoir livrer des armes aux rebelles. En arrivant au sommet européen à Bruxelles, jeudi après-midi, François Hollande a déclaré à la presse : «Nous avons comme objectif de convaincre nos partenaires à la fin du mois de mai, et si possible avant. Nous allons employer notre sens de la diplomatie. Si d'aventure, il devait y avoir un blocage d'un ou deux pays alors la France, elle, prendrait ses responsabilités.» Les Etats-Unis ont affirmé qu'ils soutiendraient «certainement toutes sortes d'appui à l'opposition syrienne dont parlent publiquement la France et le Royaume-Uni», sans se prononcer explicitement pour une levée de l'embargo sur les armes.

«Nous pensons que la transition politique doit être la solution pour la Syrie», a affirmé le président français. Mais «nous ne pouvons laisser un peuple massacré par un régime qui pour l'instant ne veut pas de transition politique», a-t-il ajouté. Dans la matinée, le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius avait  annoncé sur France Info  qu'à défaut d'un accord qui nécessite l'unanimité des 27, le Royaume-Uni et la France prendraient la décision de livrer des armes à titre national. Des propos confirmés par François Hollande.

VIDEO. Fabius demande la levée de l'embargo sur les armes en Syrie

http://www.dailymotion.com/video/xy6veh_la-france-pourrai...


La France pourrait livrer des armes aux... par franceinfo

«On ne peut pas accepter qu'il y ait ce déséquilibre actuel avec d'un côté l'Iran et la Russie qui livrent des armes à Bachar et de l'autre des résistants qui ne peuvent pas se défendre», fait valoir Laurent Fabius. «Lever l'embargo c'est un des seuls moyens qui restent pour faire bouger politiquement la situation», a-t-il estimé, alors que, selon l'ONU, le conflit en Syrie a déjà fait plus de 70 000 morts depuis le son déclenchement le 15 mars 2011. Selon un haut responsable français s'exprimant sous anonymat, «on est plus près de 100.000 morts que de 70 000».

Des déclarations saluées par les opposants syriens

A Bruxelles, François Hollande et le le Premier ministre britannique David Cameron se sont rencontrés en tête-à-tête avant le début du sommet. L'objectif, selon des responsables français, est de fournir des missiles sol-air. Les deux pays ne fournissent actuellement aux rebelles que des matériels non létaux -moyens de protection ou de communication. Les Etats-Unis, qui craignent que les armes ne tombent aux mains de jihadistes aidant les insurgés, leur donnent matériel médical et rations alimentaires.

Sans surprise, ces déclarations ont été saluées par l'opposition syrienne. Son porte-parole, Walid Bounni, estime qu'il s'agit d'«un pas dans la bonne direction». «Tant que les Européens et les Américains n'arment pas la rébellion, ils sont en train de dire à Bachar al-Assad continue de te battre», ajoute-t-il. A contrario, le régime au pouvoir dénonce ce choix, parlant de «violation flagrante du droit international». 

La France veut accélérer la discussion au niveau européen

Laurent Fabius a demandé d'avancer la prochaine réunion de l'Union européenne sur l'examen de cet embargo prévue fin mai. «Il faut aller très vite», a-t-il dit, n'excluant pas que la réunion intervienne avant fin mars.

«Chacun peut demander qu'un sujet soit mis à l'agenda d'une réunion», s'est contenté de déclarer Michael Mann, porte-parole de Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne. «Si des partenaires importants de l'UE estiment que la situation est maintenant différente et que cela nécessite encore un nouveau changement des sanctions, nous sommes évidemment prêts à en parler immédiatement au sein de l'UE», a pour sa part réagi le ministère allemand des Affaires étrangères, quand bien même Berlin voit d'un mauvais œil l'idée de lever l'embargo, jugeant que cela ne pourrait qu'aggraver le conflit.

Elio Di Rupo : «Choisir la moins mauvaise» solution

Jeudi après-midi à Bruxelles, le Premier ministre socialiste belge, Elio Di Rupo, a souligné que ces questions étaient «extrêmement complexes» et ne pouvaient se résoudre «par oui ou non». «Il n'y a aucune bonne solution, donc il faut choisir la moins mauvaise», a-t-il ajouté. Son homologue luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a exprimé le souhait que «l'Union européenne qui se targue de vouloir mettre en place une politique étrangère commune se mette d'accord sur une même ligne». «On en a déjà beaucoup parlé au niveau européen et il avait été décidé de ne pas intervenir, mais si la France et la Grande-Bretagne ont de nouvelles raisons, on va les écouter», a déclaré pour sa part le Néerlandais Mark Rutte.

 

Syrie . Laurent Fabius estime que la question de l’embargo sur les armes se reposera aux Européens

http://www.ambafrance-de.org/Syrie-Laurent-Fabius-estime-que-la

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Quand la France décidait d'armer les islamistes syriens (2013)

 

https://www.youtube.com/watch?v=6Yc8r4zIPlc

 

Entretien de Jean-Marc Ayrault au quotidien Le Monde : "Je dis aux Russes : "Arrêtez de bombarder"" (28 août 2016)

Le ministre des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, appelle Moscou à reprendre la " voie politique " en Syrie.

Alors que s’ouvre à Paris, le 29 août, la " semaine des ambassadeurs ", le rendez-vous annuel sur les grandes orientations de la diplomatie française, le ministre des affaires étrangères Jean-Marc Ayrault dénonce l’escalade du régime syrien et rappelle l’urgence d’une solution politique.

Ces preuves sur l’emploi d’armes chimiques par le régime changent-elles la donne ?

Chacun est désormais face à ses responsabilités. Par deux fois au moins, le régime a utilisé des armes chimiques contre sa population. Ce sont les conclusions d’un rapport du mécanisme d’enquête et d’attribution (JIM), créé par le Conseil de sécurité de l’ONU en lien avec l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques et dont la crédibilité est incontestable. Ses enquêteurs, à l’issue d’un long travail, démontrent que le régime a violé les engagements pris en 2013 lors de son adhésion à la Convention pour l’interdiction des armes chimiques et du démantèlement, sous contrôle international, de son arsenal. Ce rapport montre aussi que daech - acronyme arabe de l’organisation Etat islamique - a eu recours au moins une fois aux armes chimiques.

Le régime syrien et daech rivalisent dans l’horreur. L’emploi de telles armes est non seulement illégal mais aussi insoutenable moralement, y compris pour ceux qui appuient Damas. Personne n’a intérêt à la banalisation de l’arme chimique. Les Russes doivent clarifier leur position et en même temps saisir cette opportunité pour revenir vers une solution politique. Ce conflit n’a pas d’issue militaire, comme le reconnaît lui-même mon homologue - russe - Sergueï Lavrov. Le bilan de ces cinq ans de guerre, avec plus de 300 000 morts, est terrible.

Quelle peut être une " réponse à la hauteur de la gravité du crime commis ", selon vos propres mots ?

Nous travaillons avec nos partenaires au Conseil de sécurité de l’ONU, notamment les Américains et les Britanniques, à une résolution condamnant ces attaques sous chapitre VII, c’est-à-dire prévoyant des sanctions contre les auteurs de ces crimes et les responsables de cette abomination. Il y a aussi la possibilité d’une saisine par le Conseil de sécurité de la Cour pénale internationale, une hypothèse sur laquelle nous avons déjà travaillé depuis un certain temps et qui vise l’ensemble des crimes de guerre et contre l’humanité commis en Syrie, et pas seulement l’utilisation d’armes chimiques. Mais il faut procéder par étapes. Il y a donc ce rapport, il faut maintenant une résolution. L’opinion publique internationale existe et la Russie elle-même n’y est pas insensible. Il faut créer un rapport de forces politique et moral, la France peut y contribuer de façon significative.

Ce conflit reste la priorité de la diplomatie française ?

Notre objectif en Syrie est de lutter contre le terrorisme et de protéger les Français de cette menace. Notre engagement militaire contre Daech au sein de la coalition commence à porter ses fruits, car ce groupe recule aussi bien en Irak qu’en Syrie. Mais le chaos du conflit et la barbarie croissante du régime alimentent la radicalisation, comme à Alep, qui est l’épicentre d’une tragédie humanitaire. Dans une ville assiégée et écrasée par les bombes, des groupes comme Fatah Al-Cham, l’ancien Front Al-Nosra lié à Al-Qaida, parviennent à s’imposer, ce qui donne un prétexte à l’aviation russe pour intensifier ses pilonnages, poussant ainsi encore un peu plus la population vers les extrémistes.

Il ne s’agit pas tant de gagner la guerre que de gagner la paix. Nous œuvrons pour une Syrie pacifiée, stabilisée, unitaire et qui respecte les droits de ses minorités, dont les chrétiens et les Kurdes. Nous appuyons le processus de négociations sous l’égide de l’ONU et de son envoyé spécial Staffan de Mistura, avec le coparrainage de Washington et Moscou. Il y a eu, l’hiver 2015-2016, des moments d’espoir. Ils sont vite retombés parce que le régime a fait le choix de la répression aveugle avec le soutien de la Russie et de l’Iran.

Ne craignez-vous pas d’être lâchés par les Américains comme en 2013, lorsque la France avait voulu bombarder le régime de Bachar Al-Assad après l’attaque chimique de la Ghouta ?

Les premiers contacts avec nos partenaires occidentaux au Conseil de sécurité sont encourageants, mais je veux rester vigilant. Je sens John Kerry sincère dans sa volonté de reprendre vraiment la négociation politique. Notre objectif est donc d’obtenir une condamnation au Conseil de sécurité, mais aussi d’aller plus loin en créant les conditions pour qu’une négociation politique puisse reprendre. Or, avant même ce rapport - sur l’usage d’armes chimiques - , c’était déjà difficile avec le siège d’Alep, qui est le symbole même de la faillite de la solution militaire. Il faut saisir cette occasion pour dire aux Russes : vous avez une opportunité pour reprendre le chemin de la voie politique et vous sortir du piège militaire dans lequel vous vous êtes mis.

Craignez-vous un veto russe au Conseil de sécurité ?

La Russie n’est pas un adversaire mais un partenaire. C’est avec elle, mais aussi avec l’Iran, l’Arabie saoudite, avec les Américains et la Turquie que nous cherchons une solution. Les Russes ont un rôle déterminant à jouer dans la résolution du conflit. Ils assurent vouloir une solution politique et la reprise des négociations à Genève ? Je leur dis : condamnez le régime - syrien - et arrêtez de bombarder ! La Russie ne peut pas tenir un double langage, c’est-à-dire vouloir une solution politique et n’agir que militairement, comme si la victoire du régime était possible. Le régime ne peut pas gagner militairement. Il y a un intérêt commun à revenir à la table des négociations à Genève, sans que personne perde la face.

La Russie peut-elle être juge et partie au conflit en Syrie ?

La Russie est une grande nation qui veut à nouveau jouer un rôle. On peut le comprendre. Je vous l’ai dit : c’est un partenaire, mais ce n’est pas un partenaire facile. Il faut être clair avec elle. Nous le serons avec le président Poutine, qui doit venir en octobre à Paris.

Pensez-vous que l’opposition syrienne croie encore à l’utilité des négociations ?

La situation actuelle crée la méfiance. Un accord a par exemple été trouvé pour évacuer 700 combattants et les civils de Daraya - dans la banlieue de Damas - , mais l’opposition est sceptique. Nous le sommes nous-mêmes. Que va-t-il se passer pour ces combattants et ces populations une fois évacués ?

La Turquie fait irruption dans la guerre, est-ce une bonne chose ?

C’est une bonne chose que la Turquie s’implique franchement dans la lutte contre Daech, qui la frappe durement. Il est aussi légitime que la Turquie assure la sécurité de sa frontière. Mais attention à l’engrenage de la violence et à une éventuelle tentation de vouloir traiter en Syrie une partie de la question kurde. Nous condamnons le PKK - Parti des travailleurs du Kurdistan, autonomiste, interdit en Turquie - et les attentats qu’il commet en Turquie. En Syrie, des forces kurdes combattent Daech efficacement. Il ne faudrait pas qu’une dimension kurde s’ajoute aux conflits qui existent déjà.

Où en est l’initiative française de paix au Proche-Orient ?

La réunion du 3 juin - à Paris, avec les ministres des affaires étrangères d’une vingtaine de pays, l’ONU et l’UE - , dont certains pensaient qu’elle ne pourrait jamais avoir lieu, s’est tenue et a enclenché une dynamique. Le gouvernement Nétanyahou poursuit malheureusement la colonisation qui mine la solution à deux Etats. Les deux parties n’ont pas renoué le dialogue. Mais les choses bougent. J’ai rencontré cet été le président palestinien Mahmoud Abbas, ainsi que John Kerry, qui s’efforce de rapprocher Israéliens et Palestiniens, en liaison avec les pays arabes. Les Egyptiens parlent aux Palestiniens et aux Israéliens, et les Russes sont aussi disponibles.
L’initiative française a permis de remettre à l’ordre du jour ce conflit et la perspective d’un Etat palestinien. Tout ce qui aidera à créer les conditions d’une conférence internationale sur la paix au Proche-Orient est une bonne chose.

Propos recueillis par Christophe Ayad et Marc Semo

 

23/10/2016

Pépites : Russie - Eurasia

Pépites

 

    

L'investigation géopolitique a ceci de passionnant qu'elle permet de tomber parfois, au hasard des recherches, sur de véritables pépites. Certes, le fidèle lecteur de ce blog n'apprendra rien de bien nouveau, mais il verra ses opinions confortées, vérifiées, prouvées en quelque sorte. Il constatera également que, fut un temps pas si lointain, la presse européenne et ce qu'on nomme généralement les observateurs étaient bien plus libres, se permettant des articles/analyses qui vaudraient aujourd'hui à leurs auteurs le bûcher pour "conspirationnisme" ou "populisme"...

Commençons par le n°24 de la revue Géostratégiques publié en juillet 2009. Dans son exposé sur la Russie énergétique, André Pertuzio, consultant pétrolier international et ancien conseiller juridique pour l’énergie à la Banque Mondiale, le dit sans ambages :

Le rôle des Etats-Unis est considérable d’une part en raison du volume de la consommation américaine mais aussi de leurs stratégies politique et économique à l’échelle du monde car, si l’objectif de Washington est de contrôler les aires de production et surtout les voies d’acheminement des principales sources d’approvisionnement, il faut également le replacer dans le cadre de la politique internationale des Etats-Unis.

En dépit des amabilités entre chefs d’Etats, la Russie rendue à sa place de grande puissance par Poutine est considérée par les Etats-Unis comme un adversaire géopolitique concernant l’ensemble Eurasie. La politique de l’OTAN à cet égard lui donne un vif éclairage. Il n’est donc pas surprenant que l’importance prise par l’approvisionnement des pays européens en hydrocarbures par la Russie est un problème géostratégique majeur et que l’amoindrissement sinon la disparition de la part russe de ces marchés est un souci permanent de Washington et de sa filiale de Bruxelles.

Oups, certains doivent avoir les oreilles qui sifflent... Le sémillant analyse continue, dans des termes qui paraîtront très familiers aux lecteurs :

Ce gazoduc [Nordstream, ndlr] a été fortement critiqué à Bruxelles que les Allemands n’ont même pas consulté, conformément à leur habitude lorsqu’il s’agit de leurs intérêts (...) Rien ne semble devoir s’opposer à la mise en œuvre de Southstream malgré les efforts de l’Union européenne de Bruxelles pour s’opposer au projet russe et imposer le projet "Nabucco" (...) Ce projet est évidemment conçu pour faire pièce à Southstream comme le démontre sa genèse : contrairement à la logique économique selon laquelle le producteur construit un tuyau pour vendre sa production à des acheteurs bien définis, il s’agit pour Nabucco d’un groupement d’utilisateurs qui projettent la construction d’un gazoduc sans savoir vraiment avec quoi l’alimenter : en effet, l’idée première de remplacer le gaz russe par celui de l’Azerbaïdjan, pour briser le monopole russe, ne tient pas compte du fait que l’Azerbaïdjan ne dispose pas de la capacité de production suffisante.

Le bras de fer (...) prend encore d’autres aspects, toujours dans le cadre de l’approvisionnement des pays européens en gaz naturel et l’objectif avoué de Washington et de Bruxelles est de tenter d’échapper à la dépendance des importations de Russie. C’est ainsi qu’a été répandu dans les médias le danger d’interruption des livraisons de gaz à la suite du conflit entre la Russie et l’Ukraine au cours duquel la société ukrainienne Naftogaz a détourné du gaz destiné aux acheteurs européens pour suppléer à l’interruption des fournitures à l’Ukraine dans le cadre du conflit avec Gazprom concernant le prix du gaz et les arriérés impayés de Naftogaz.

Manigances américaines pour isoler énergétiquement la Russie, vassalité des euronouilles, désinformation médiatico-énergétique... tout y passe, et qui plus est dans la bouche d'un respectable consultant international et ancien conseiller de la Banque mondiale.

Autre temps, autre thème (quoique...) Un mois après les attaques du 11 septembre 2001 et alors que l'empire se préparait à intervenir en Afghanistan pour punir les méchants barbus avec lesquels il avait pourtant flirté pendant si longtemps, George Monbiot, éditorialiste du Guardian, analysait sans tabou les tenants et les aboutissants énergétiques :

L'invasion de l'Afghanistan est certainement une campagne contre le terrorisme, mais elle peut également être vue comme une aventure coloniale tardive (...) L'Afghanistan est aussi indispensable pour le contrôle et le transport des hydrocarbures d'Asie centrale que l'était l'Egypte au Moyen-Orient [du temps de l'âge d'or du Canal de Suez, ndlr]. En 1998, Dick Cheney, maintenant vice-président US mais à l'époque cadre dans une compagnie pétrolière, remarquait : « A ma connaissance, l'émergence soudaine d'un acteur stratégique comme la Caspienne n'a pas de précédent historique ». Mais son pétrole et son gaz n'ont aucune valeur s'ils ne sont pas transportés. La seule route qui ait du sens, à la fois sur le plan politique et économique, est l'Afghanistan.

Transporter les hydrocarbures via la Russie renforcerait son contrôle sur l'Asie centrale, ce qui est précisément ce que l'Occident tente d'empêcher depuis dix ans [dès 1991 donc, ndlr]. Passer par l'Iran enrichirait un pays que les Etats-Unis essaient d'isoler. Et le transporter jusqu'en Chine, sans même mentionner les considérations stratégiques, coûterait beaucoup trop cher (...)

Plusieurs responsables de l'industrie pétrolière affirment que le rêve de sécuriser le passage du pipeline est la principale raison pour laquelle le Pakistan, proche allié des Etats-Unis, a soutenu si résolument les Talibans et pourquoi l'Amérique a donné son feu vert à leur conquête du pays.

Suit un rappel sur le projet Unocal que nous avons abordé plusieurs fois, notamment les discussions entre Talibans et Washington et le voyage de la délégation talibane au Texas en 1997. Enfin la conclusion, superbe et terriblement actuelle :

Si les Etats-Unis réussissent à renverser les Talibans et à les remplacer par un gouvernement pro-occidental stable et reconnaissant et s'ils parviennent ensuite à relier les économies d'Asie centrale à celle de son allié pakistanais, ils auront réussi à écraser non seulement le terrorisme mais également les ambitions croissantes de la Russie et de la Chine. L'Afghanistan reste, comme toujours dans l'histoire, la clé de la domination occidentale en Asie.

Qu'y a-t-il à rajouter ? La Guerre froide n'a en réalité jamais cessé, même à la chute de l'URSS. On peut aller jusqu'à se demander à quel point la Guerre froide n'a pas été elle-même un élément d'un Grand jeu qui la dépassait largement, les considérations idéologiques (communisme vs capitalisme) ne constituant qu'un habillage ponctuel. Tsss tsss, McKinder, Spykman...

Dès 1991, l'empire voulait isoler la Russie, longtemps avant l'apparition de l'ogre Poutine qui mange les petits enfants. Dès 2001 (et sans doute bien avant), il craignait la constitution d'un pôle eurasiatique sino-russe et avait ses plans pour le torpiller.

A l'aune de ces projets grandioses, on mesure l'échec total de l'empire. Non seulement le duo Pékin-Moscou, plus soudé que jamais, commence à réaliser autour de lui l'intégration eurasienne, non seulement le désenclavement énergétique de la Caspienne pour squizzer la Russie est resté lettre morte, mais les Etats-Unis ont même perdu le Pakistan ! Cerise sur le gâteau, quinze ans et des centaines de milliards de dollars après, l'Afghanistan n'a jamais été aussi instable. Pas étonnant que le pauvre Brzezinski ait jeté l'éponge...

                                                                                                                                                                                                                                                            

Guerre impérialiste en Syrie: Washington cherche le bouc émissaire de sortie…

À Berlin, l’Allemagne, la France, la Russie et l’Ukraine ont tenté de débloquer les conflits ukrainien et syrien. Cependant, d’un point de vue russe, ces blocages n’existent que parce que l’objectif des États-Unis n’est pas la défense de la démocratie dont ils se prévalent, mais la prévention du développement de la Russie et de la Chine à travers l’interruption des routes de la soie. Disposant de la supériorité conventionnelle, Moscou a donc tout fait pour lier le Moyen-Orient et l’Europe orientale. Ce à quoi il est parvenu en échangeant l’allongement de la trêve en Syrie contre l’arrêt du blocage des accords de Minsk. De son côté, Washington cherche toujours à se décharger de sa culpabilité sur un de ses alliés. Après avoir échoué en Turquie, la CIA se tourne vers l’Arabie saoudite.

 

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Le conflit opposant les États-Unis à la Russie et à la Chine évolue sur deux fronts : d’un côté, Washington cherche un éventuel bouc émissaire à qui faire porter la responsabilité de la guerre contre la Syrie, de l’autre Moscou qui a déjà relié les dossiers syrien et yéménite, tente de les lier à la question ukrainienne.

Washington à la recherche du bouc émissaire

Pour se désengager la tête haute, les États-Unis doivent faire porter la responsabilité de leurs crimes à un de leurs alliés. Ils ont trois possibilités : soit faire porter le chapeau à la Turquie, soit à l’Arabie saoudite, soit aux deux. La Turquie est présente en Syrie et en Ukraine, mais pas au Yémen, tandis que l’Arabie est présente en Syrie et au Yémen, mais pas en Ukraine.

La Turquie

Nous disposons désormais d’informations vérifiées sur ce qui s’est réellement passé le 15 juillet dernier en Turquie ; des informations qui nous contraignent à réviser notre jugement initial.

En premier lieu, il s’avérait que confier la gestion des hordes jihadistes à la Turquie après l’attentat ayant touché le prince saoudien Bandar bin Sultan n’allait pas sans problèmes : en effet, si Bandar était un intermédiaire obéissant, Erdoğan poursuivait sa propre stratégie de création d’un 17ème empire turco-mongol, ce qui l’amenait à utiliser les jihadistes en dehors de sa mission.

En outre, les États-Unis ne pouvaient pas ne pas sanctionner le président Erdoğan qui rapprochait économiquement son pays de la Russie alors qu’il était militairement membre de l’Otan.

Enfin, avec la crise autour du pouvoir mondial, le président Erdoğan devenait le bouc émissaire idéal pour sortir de la crise syrienne.

D’un point de vue états-unien, le problème n’est pas la Turquie, indispensable allié régional, ni le MIT (services secrets) d’Hakan Fidan qui organise le mouvement jihadiste dans le monde, mais Recep Tayyip Erdoğan.

Par conséquent, la National Endowment for Democracy (NED) a d’abord tenté en août 2013 une révolution colorée (la « révolution des manchots ») en organisant des manifestations au parc Gezi d’Istanbul. L’opération a échoué ou Washington s’est ravisé.

La décision a été prise de renverser les islamistes de l’AKP par les urnes. La CIA a à la fois organisé la transformation du HDP en véritable parti des minorités et a préparé une alliance entre lui et les socialistes du CHP. Le HDP a adopté un programme très ouvert de défense des minorités ethniques (kurdes) et des minorités sociétales (féministes, homosexuels), et inclus un volet écologique. Le CHP a été réorganisé à la fois pour masquer la surreprésentation des alévis [1] en son sein et en vue de promouvoir la candidature de l’ancien président de la Cour suprême. Cependant, si l’AKP a perdu les élections de juillet 2015, il n’a pas été possible de réaliser l’alliance CHP-HDP. Par conséquent de nouvelles élections législatives se sont tenues en novembre 2015, mais elles ont été grossièrement truquées par Recep Tayyip Erdoğan.

Washington a donc décidé d’éliminer physiquement M. Erdoğan. Trois tentatives d’assassinat ont eu lieu entre novembre 2015 et juillet 2016. Contrairement à ce qui a été dit, l’opération du 15 juillet 2016 n’était pas une tentative de coup d’État, mais d’élimination du seul Recep Tayyip Erdoğan. La CIA avait utilisé les liens industriels et militaires turco-US pour recruter une petite équipe au sein de l’armée de l’Air afin d’exécuter le président lors de ses vacances. Cependant, cette équipe a été trahie par des officiers islamistes (ils sont presque un quart dans les armées) et le président a été prévenu une heure avant l’arrivée du commando. Il a alors été transféré sous escorte de militaires loyalistes à Istanbul. Conscients des conséquences prévisibles de leur échec, les comploteurs ont lancé un coup d’État sans préparation et alors qu’Istanbul grouillait encore de monde. Ils ont évidemment échoué. La répression qui a suivi n’a pas eu pour but d’arrêter les seuls auteurs de la tentative d’assassinat, ni même les militaires qui se sont ralliés au coup d’État improvisé, mais l’ensemble des pro-états-uniens : d’abord les laïques kémalistes, puis les islamistes de Fethullah Gülen. Au total, plus de 70 000 personnes ont été mises en examen et il a fallu libérer des détenus de droit commun pour incarcérer les pro-US.

La folie des grandeurs du président Erdoğan et son délirant palais blanc, son trucage des élections et sa répression tous azimuts en font le bouc émissaire idéal des erreurs commises en Syrie. Cependant, sa résistance à une révolution colorée et à quatre tentatives d’assassinat laissent à penser qu’il ne sera pas possible de l’éliminer rapidement.

L’Arabie saoudite

L’Arabie saoudite est tout aussi indispensable aux États-Unis que la Turquie. Pour trois raisons : d’abord ses réserves pétrolière d’un volume et d’une qualité exceptionnelles (bien qu’il ne s’agit plus pour Washington de les consommer, mais simplement d’en contrôler la vente), ensuite pour les liquidités dont elle disposait (mais ses revenus ont chuté de 70 %) et qui permettaient de financer des opérations secrètes hors du contrôle du Congrès, enfin pour sa main-mise sur les sources du jihadisme. En effet, depuis 1962 et la création de la Ligue islamiste mondiale, Riyad finance pour le compte de la CIA les Frères musulmans et les Naqchbandis, les deux confréries dont est issue la totalité des cadres jihadistes dans le monde.

Toutefois le caractère anachronique de cet État, propriété privée d’une famille princière étrangère aux principes communément admis de liberté d’expression et de religion, contraint à des changements radicaux.

La CIA a donc organisé, en janvier 2015, la succession du roi Abdallah. La nuit de la mort du souverain, la majorité des incapables ont été démis de leurs fonctions et le pays a été entièrement réorganisé conformément à un plan pré-établi. Désormais, le pouvoir est réparti en trois principaux clans : le roi Salmane (et son fils chéri le prince Mohammed), le fils du prince Nayef (l’autre prince Mohammed) et enfin le fils du roi défunt (le prince Mutaib, commandant de la Garde nationale).

Dans la pratique, le roi Salmane (81 ans) laisse son fils, le sémillant prince Mohammed (31 ans), gouverner à sa place. Celui-ci a accru l’engagement saoudien contre la Syrie, puis lancé la guerre contre le Yémen. En outre, il a lancé un vaste programme de réformes économiques et sociétales correspondant à sa « Vision pour 2030 ».

Malheureusement, les résultats ne sont pas au rendez-vous : le royaume est enlisé en Syrie et au Yémen. Cette dernière guerre se retourne contre lui avec les incursions des Houthis sur son territoire et leurs victoires sur son armée. Au plan économique, les réserves pétrolières sécurisées touchent à leur fin et la défaite au Yémen empêche d’exploiter le « Quart vide », c’est-à-dire la région à cheval sur les deux pays. La baisse des prix du pétrole a certes permis d’éliminer bien des concurrents, mais elle a aussi asséché le Trésor saoudien qui se trouve contraint d’emprunter sur les marchés internationaux.

L’Arabie n’a jamais été aussi puissante ni aussi fragile. La répression politique a atteint des sommets avec la décapitation du chef de l’opposition, le cheikh Al-Nimr. La révolte ne gronde pas uniquement parmi la minorité chiite, mais aussi dans les provinces sunnites de l’Ouest. Au plan international, la Coalition arabe est certes impressionnante, mais prend de l’eau de toutes part depuis le retrait égyptien. Le rapprochement public avec Israël contre l’Iran soulève un tollé dans le monde arabe et musulman. Plus qu’une nouvelle alliance, il illustre la panique qui s’est emparée de la famille royale, désormais haïe de tous.

Vu de Washington, le moment est venu de choisir les éléments qu’il convient de sauver en Arabie saoudite et de se débarrasser des autres. La logique voudrait donc que l’on revienne à la répartition du pouvoir précédente entre les Sudeiris (mais sans le prince Mohammed bin Salman qui s’est montré incapable) et les Chammars (la tribu de feu le roi Abdallah).

Le mieux, aussi bien pour Washington que pour les sujets saoudiens, serait que le roi Salmane décède. Son fils Mohammed serait écarté du pouvoir qui reviendrait à l’autre prince Mohammed (le fils de Nayef). Tandis que le prince Mutaib conserverait son poste. Cette succession serait plus facile à gérer pour Washington si elle intervenait avant l’investiture du prochain président, le 6 janvier 2017. L’impétrant pourrait alors rejeter toutes les fautes sur le défunt et annoncer la paix en Syrie et au Yémen. C’est sur ce projet que travaille actuellement la CIA.

En Arabie comme en Turquie et dans d’autres pays alliés la CIA cherche à maintenir les choses en l’état. Pour cela, elle se contente d’organiser en sous-main des tentatives de changements de dirigeants, sans jamais toucher aux structures. Le caractère cosmétique de ces modification facilite l’invisibilité de son travail.

Moscou tente de négocier ensemble le Moyen-Orient et l’Ukraine

La Russie est parvenue à relier les champs de bataille syrien et yéménite. Si ses forces sont publiquement déployées au Levant depuis un an, elles sont officieusement présentes au Yémen depuis trois mois et y participent désormais activement aux combats. En négociant simultanément les cessez-le-feu à Alep et au Yémen, elle a contraint les États-Unis à accepter de lier ces deux théâtres d’opération. Dans ces deux pays, ses armées montrent leur supériorité en matière conventionnelle face aux alliés des États-Unis, tout en évitant une confrontation directe avec le Pentagone. Cette esquive empêche Moscou de s’investir en Irak, malgré ses antécédents historiques dans ce troisième pays.

Toutefois, l’origine de la querelle entre les deux Grands est fondamentalement l’interruption des deux routes de la soie en Syrie, puis en Ukraine. Logiquement, Moscou tente donc de lier les deux dossiers dans ses négociations avec Washington. C’est d’autant plus logique que la CIA elle-même a déjà créé un lien entre les deux champs de bataille via la Turquie.

En se rendant à Berlin, le 19 octobre, le président russe Vladimir Poutine et son ministre des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, entendaient convaincre l’Allemagne et la France, à défaut des États-Unis, de lier ces dossiers. Ils ont donc échangé l’allongement de la trêve en Syrie contre l’arrêt du blocage ukrainien des accords de Minsk. Ce troc ne peut qu’irriter Washington qui fera tout ce qui est en son pouvoir pour le saboter.

Bien sûr, au final, Berlin et Londres s’aligneront sur leur suzerain otanien. Mais du point de vue de Moscou mieux vaut un conflit gelé qu’une défaite (en Ukraine, comme en Transnitrie par exemple), et tout ce qui entame l’unité de l’Otan anticipe la fin du suprémacisme états-unien.

 

Fin de la trêve à Alep: ni les civils, ni les combattants n’ont pu quitter la ville

Et surtout, que les criminels de la coalition internationale US viennent encore la ramener lorsque les bombardements reprendront pour éliminer leurs mercenaires !!

Voir aussi:

La vérité sur les couloirs humanitaires à Alep

 
 
Ville d'Alep

La trêve humanitaire longue de trois jours a pris fin à Alep. Au cours de la journée de samedi, ni les civils, ni les groupes armés n’ont quitté les quartiers assiégés.
 
La dernière journée de la trêve humanitaire a expiré sans que les civils ou les djihadistes n'empruntent les couloirs humanitaires mis à leur disposition.

Comme lors des deux journées précédentes, tous les services nécessaires à l'évacuation étaient déployés près des couloirs humanitaires. Tout au long de la journée, les véhicules de propagande ont appelé les civils et les djihadistes à revenir à la vie civile et à profiter de la pause humanitaire pour quitter la zone en proie à des combats, mais en vain. Rappelons que la trêve a duré à Alep du 20 au 22 octobre. Neuf couloirs humanitaires avaient été mis en place, dont six réservés aux résidents civils et deux aux combattants bloqués dans la partie est de la ville.
 
Mardi 18 octobre, les forces aériennes russes et syriennes ont suspendu leurs frappes à Alep, en Syrie, soit avant la date prévue, pour assurer la préparation d'une pause humanitaire.

Or, les terroristes du Front Al-Nosra ont tiré sur les habitants d'Alep rassemblés près de l'entrée d'un couloir humanitaire dans le quartier de Bustan al-Qasr. En outre, les extrémistes ont exécuté publiquement 14 représentants des autorités locales, ceci comme punition pour avoir appelé à quitter les quartiers contrôlés par les groupes armés. Selon différentes estimations, jusqu'à 7 000 djihadistes de différents groupes armés sont retranchés dans l'est d'Alep.