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07/06/2014

Interview : Poutine ne fait confiance qu'à deux alliés : son armée et sa flotte !

Le vrai visage de Poutine, tout le contraire de ce que les merdias aux ordres nous présentent sur la base de sa propagande infâme.

Pour Poutine cela veut dire en clair : " Vous pouvez dire et faire ce que vous voulez. Je peux parler à tout le monde, mais si cela ne me convient pas, les deux seuls alliés que j'aie en période de crise, ce sont mon armée et ma flotte ! En résumé : Causez toujours vous m'intéressez !

 

Après la vidéo vous retrouverez le véritable interview de Vladimir Poutine retranscrit correctement et non pas sabré pour engendré la polémique et le calomnier, afin de redresser la vérité.

Entretien avec Poutine : « un moment que je n’oublierai jamais ! » – JP Elkabbach

Entretien avec Poutine : « un moment que je n’oublierai jamais ! » – JP Elkabbach

Après un parcours du combattant pour décrocher l’interview et des heures d’attente dans la résidence de Vladimir Poutine, Jean-Pierre Elkabbach d’Europe 1 et Gilles Bouleau de TF1 vont enfin approcher le président de la Fédération de Russie pour un entretien libre et ouvert qui sera diffusé ce soir à la fois sur TF1 et Europe 1.

Regardez et écoutez les impressions de Jean-Pierre Elkabbach.

http://www.dailymotion.com/video/x1yf2us_un-moment-que-je...


"Un moment que je n'oublierai jamais !" par Europe1fr

 

Interview de Vladimir Poutine à la chaîne de télévision TF1 et a la radio Europe 1 (version intégrale)

Interview de Vladimir Poutine à la chaîne de télévision TF1 et a la radio Europe 1 (version intégrale)

Par La Voix de la Russie |  Voici la transcription de l’interview de Poutine. C’est la traduction de la version intégrale issue du site du Kremlin (ou ici en russe).

Question (Bouleau) – Bonsoir, M. le président. Merci beaucoup d’accueillir Europe 1 et TF1 dans cette résidence, dans votre résidence de Sotchi pour cet entretien exceptionnel. Jeudi soir, vous serez reçu à l’Élysée par le président François Hollande et le lendemain, le 6 juin, vous participerez aux commémorations du Débarquement. Ce sera la première fois pour vous que vous irez sur les plages de Normandie. Mais c’est aussi la première fois qu’un président russe participera et sera invité à ces cérémonies. Qu’est-ce que cela vous fait en tant que citoyen russe d’être invité à cette commémoration exceptionnelle ?

Vladimir Poutine – C’est un événement important pour l’Europe et le monde entier. Nous allons rendre hommage à ceux qui ont empêché les nazis de réduire l’Europe en esclavage. Je pense que la participation de la Russie à cette commémoration est chargée de symboles. Je veux dire par là que la Russie et les autres pays de la coalition antihitlérienne, y compris la France, étaient alliés dans cette lutte pour la liberté. La participation de notre pays a été très importante, voire décisive pour vaincre le fascisme.

Mais nous n’oublierons jamais non plus les combattants français de la Résistance, notamment ces soldats français qui sont venus combattre à nos côtés sur le front de l’Est, le front germano-soviétique. Et il me semble que c’est quelque chose qui doit nous rappeler notre passé et, en même temps, nous servir à construire nos relations d’aujourd’hui et de demain.

Question (Elkabbach coupant Poutine) – Justement, vous avez, avec la Russie, votre place sur les plages de la Normandie. Jusqu’à l’âge de quarante ans, vous viviez en Union soviétique. Vous avez vu son effondrement. Et vous participez, vous, activement à la renaissance de la Russie. Qu’est-ce que vous voulez ? Qu’est-ce que vous cherchez ? Votre stratégie est-elle une stratégie de dialogue ou d’expansionnisme et de conquête ?

Vladimir Poutine – Non, bien sûr. Je suis persuadé que dans le monde contemporain une politique basée sur l’expansionnisme et les conquêtes n’a aucun avenir. Il est évident que la Russie, dans le monde d’aujourd’hui et de demain, peut être et doit être partenaire de ses alliés historiques dans le sens large du terme. C’est cela que nous voulons et nous allons continuer d’œuvrer en ce sens. C’est la seule manière dont nous pouvons concevoir nos relations avec nos voisins et tous les autres pays.

Question (Elkabbach) – Mais vous voulez être l’avocat de la nation russe ou le symbole d’un nationalisme russe, d’un empire russe ? On se sait ce que vous avez dit quand l’Union soviétique s’est écroulée : « L’éclatement de l’empire soviétique a été la pire catastrophe géopolitique du XXe siècle. » Cela a été beaucoup interprété. Et vous avez dit : « Celui qui ne regrette pas l’Union soviétique n’a pas de cœur et celui qui veut la reconstituer n’a pas de tête. » Or, vous avez une tête. Qu’est-ce que vous proposez : le nationalisme russe ou un empire russe sur les frontières d’avant ?

Vladimir Poutine  Nous n’envisageons ni de soutenir le nationalisme russe ni de reconstituer un empire. Quand je disais que la disparition de l’URSS était une des plus grandes catastrophes du XXe siècle, je parlais d’une catastrophe humanitaire avant tout. Je voulais dire qu’en URSS existait une population qui – quelle que soit son origine ethnique – vivait dans un pays uni. Par contre, après sa dissolution, 25 millions de Russes se sont soudain retrouvés dans des pays étrangers. Et cela a été une vraie catastrophe humanitaire. Ni politique, ni idéologique, mais un problème d’ordre humanitaire. Des familles ont été séparées, beaucoup de gens ont perdu leur emploi et se sont retrouvés sans ressource, sans moyen de communiquer. C’est là qu’était le problème.

Question (Elkabbach) – Et à l’avenir ? Voulez-vous reconstituer l’empire dans ses anciennes frontières ou voulez-vous continuer à développer votre pays à l’intérieur de ses propres frontières ?

Vladimir Poutine –Nous souhaitons développer notre pays à l’intérieur de ses frontières, bien sûr. Mais – et ceci est très important – comme d’autres pays dans le monde, nous voulons utiliser des moyens modernes pour devenir plus compétitifs, notamment grâce à l’intégration économique. C’est ce que nous faisons dans l’espace de l’ex-URSS dans le cadre de l’Union douanière et de l’Union eurasiatique.

Question (Bouleau) – Président Poutine, alors que nous discutons ici un pays voisin qui n’est pas très lointain, l’Ukraine, est en état de guerre. Il n’y a pas d’autre mot. Les pro-russes affrontent ceux qui veulent garder les frontières actuelles de l’Ukraine. Qui va les arrêter et voulez-vous arrêter cette guerre ?

Vladimir Poutine  Vous savez, personnellement, je ne parlerais pas de ces gens-là comme des pro-russes ou des pro-ukrainiens. Il y a des personnes qui ont des droits, politiques, humanitaires et ils ont besoin de pouvoir en jouir.

Par exemple, en Ukraine, jusqu’à aujourd’hui les gouverneurs de toutes les régions sont encore nommés par le pouvoir central. Or, après le coup d’État inconstitutionnel qui a eu lieu à Kiev en février de cette année, la première chose que le nouveau pouvoir a tenté de faire était de supprimer le droit des minorités d’utiliser leur langue maternelle. Cela a provoqué une grande inquiétude chez une grande partie de la population en Ukraine orientale.

Question (Elkabbach) – Et cela vous ne l’avez pas accepté. Mais est-ce que vous dites, président Poutine, que nous sommes rentrés dans une nouvelle phase de la guerre froide, même glaciale entre l’Est et l’Ouest ?

Vladimir Poutine  Premièrement, j’espère qu’il n’y aura pas une nouvelle phase d’une guerre froide. Deuxièmement, et j’insiste là-dessus, les gens, où qu’ils vivent, ont des droits et doivent avoir la possibilité de les défendre. Voilà ce qui est en jeu.

Question (Elkabbach) – Y a-t-il un risque de guerre ? Maintenant, alors que des chars font route depuis Kiev, de nombreuses personnes en France se posent cette question : « Avez-vous été tenté d’envoyer des troupes à l’Est de l’Ukraine ? »

Vladimir Poutine  Il s’agit d’un entretien ce qui suppose des questions courtes et des réponses courtes. Mais si vous êtes patient et me donnez une minute, je vais vous dire comment nous voyons les choses. Voici notre position. Qu’est-ce qui s’est réellement passé là-bas ? Il existait un conflit et ce conflit est survenu parce que l’ancien président ukrainien a refusé de signer un accord d’association avec l’UE. La Russie a une certaine position sur cette question. Nous avons estimé qu’il était en effet déraisonnable de signer cet accord, car il aurait eu un grave impact sur l’économie, y compris l’économie russe. Nous avons 390 accords économiques avec l’Ukraine et l’Ukraine est un membre de la zone de libre-échange au sein de la CEI. Et nous ne serions pas en mesure de poursuivre cette relation économique avec l’Ukraine en tant que membre de la zone de libre-échange européenne.

Nous en avons discuté avec nos partenaires européens. Au lieu de poursuivre avec nous ce débat par des voies légitimes et diplomatiques, nos amis européens et américains ont soutenu une prise du pouvoir armée et anticonstitutionnelle. Voilà ce qui s’est passé. Nous n’avons pas provoqué cette crise. Nous aurions voulu que les choses se passent autrement, mais après le coup d’État anticonstitutionnel – avouons-le, après tout…

Question (Elkabbach coupant Poutine) – Mais on voit tant de tensions dans la vie politique. Pourtant, malgré cela, vous serez en Normandie pour parler de paix alors que Barack Obama continue d’exhorter l’Europe à s’armer.

Vladimir Poutine  Eh bien, il faut continuer de parler de paix, mais il faut comprendre les causes et la nature de cette crise. Le fait est quepersonne ne devrait être porté au pouvoir par un coup d’État anticonstitutionnel armé, plus particulièrement dans l’espace post-soviétique, où les institutions gouvernementales n’ont pas encore atteint leur pleine maturité. Quand cela s’est produit, certaines personnes ont accueilli avec joie ce régime tandis que d’autres, disons, dans l’Est et le Sud de l’Ukraine ne veulent tout simplement pas l’accepter. Il est essentiel de parler avec ces gens qui n’ont pas accepté cette prise de pouvoir au lieu de leur envoyer des chars, comme vous le dites vous-même, au lieu de tirer à partir d’avions des missiles sur des civils et de bombarder des cibles non militaires.

Question (Bouleau) – Les États-Unis affirment détenir la preuve que, vous, la Russie, intervenez en Ukraine en laissant des combattants franchir la frontière et même en fournissant des armes à ce que les États-Unis appellent des sécessionnistes. Ils disent avoir des preuves. Vous croyez à ces preuves ?

Vladimir Poutine  Preuves ? S’ils ont des preuves, ils n’ont qu’à les présenter. Nous avons vu, et tout le monde a vu, le secrétaire d’État des États-Unis agiter en 2003 au Conseil de sécurité de l’ONU les preuves de détention d’armes de destruction massive en Irak. Ils avaient montré une éprouvette avec une substance inconnue qui était peut-être simplement de la lessive en poudre. Finalement, les troupes américaines ont envahi l’Irak, ils ont fait pendre Saddam Hussein, suite à quoi nous avons appris qu’il n’y avait pas, qu’il n’y avait jamais eu en Irak d’armes de destruction massive. Il y a donc une grande différence entre faire des déclarations et avoir des preuves réelles. Je vous le répète : il n’y a pas de militaires russes en Ukraine.

Question (Elkabbach coupant Bouleau et Poutine) – Vous voulez dire que, là, ils sont en train de mentir les Américains ?

Vladimir Poutine – Ils mentent. Il n’y a pas de militaires, aucun instructeur russe dans le sud-est de l’Ukraine. Il n’y en a pas eu et il n’y en a pas.

Question (Elkabbach) – Vous n’avez pas envie d’annexer l’Ukraine ? Et vous n’avez jamais tenté de déstabiliser l’Ukraine ?

Vladimir Poutine – Non. Nous ne l’avons jamais fait et ne le faisons pas maintenant. Et le pouvoir qui est aujourd‘hui en place en Ukraine devrait établir le dialogue avec sa propre population. Et pas à l’aide d’armes, de chars, d’avions et d’hélicoptères, mais en lançant des négociations.

Question (Bouleau)  Le nouveau président ukrainien a été élu le 25 mai par un vote démocratique. Considérez-vous M. Porochenko comme un président légitime ?

Vladimir Poutine  Je vous ai déjà dit et le répète : nous respecterons le choix du peuple ukrainien et nous coopérerons avec les autorités ukrainiennes.

Question (Bouleau) – En d’autres termes, si vous le rencontrez le 6 juin sur les plages de Normandie, et si le président Hollande contribue à rendre possible cette rencontre, vous lui serrerez la main ? Lui parlerez-vous ?

Vladimir Poutine  Vous savez, je n’ai pas l’intention d’éviter quiconque. Le président Hollande m’a gentiment invité à participer à cette commémoration en tant que représentant de la Russie, même si l’événement commémoré fut tragique. C’est avec joie que j’ai accepté son invitation et je suis reconnaissant au Président de m’avoir invité. Il y aura d’autres invités, et je n’en éviterai aucun. Je suis prêt à parler avec chacun d’eux.

Question (Elkabbach) – Mais allez-vous rencontrer M. Porochenko ? Vous avez dit que vous ne travailleriez avec lui qu’à la condition qu’il ne soumette pas totalement à l’influence américaine.

Vladimir Poutine — Je n’ai pas dit qu’il ne doit pas céder à l’influence américaine. Il est libre d’accepter l’influence qu’il désire. Les Ukrainiens l’ont élu et il est libre d’adopter une politique qui lui est propre. S’il choisit d’accepter la forte influence d’un pays tiers, libre à lui. Mais je ne le ferais pas…

Question (Elkabbach coupant Bouleau) – Mais vous acceptez la souveraineté de l’Ukraine et, peut-être, son indépendance entre la Russie et les Occidentaux ? Sa neutralité, son indépendance ? Ça, on peut le dire ?

Vladimir Poutine  Bien sûr, nous reconnaissons la souveraineté de l’Ukraine ! En outre, nous aurions aimé qu’elle se sente elle-même comme un état souverain.

Parce que la participation à un bloc militaire, quel qu’il soit, ou à une structure rigide d’intégration signifie une perte partielle de souveraineté pour ce pays. Maintenant, si l’Ukraine accepte cela et accepte cette perte, c’est son choix. Mais quand nous parlons de l’Ukraine et des blocs militaires, il est évident que cela nous inquiète. Parce que si, par exemple, l’Ukraine rejoint l’OTAN, les infrastructures militaires de cette organisation se retrouvent à côté de nos frontières, et nous ne pouvons y rester indifférents.

Question (Bouleau)  Monsieur le Président, les troupes russes ont récemment annexé la Crimée. Allez-vous jamais la rendre ?

Vladimir Poutine – Il est faux de croire que les troupes russes ont annexé la Crimée. Les troupes russes n’ont rien fait de la sorte. Franchement…

Question (Bouleau coupant Poutine)  Mais la Crimée a été ajoutée à la carte de la Russie, le genre de cartes utilisées à l’école. Elle fait partie de la Russie maintenant. De quoi s’agit-il ? D’une annexion ou d’une réunification ? Quel mot faut-il utiliser ?

Vladimir Poutine – Si vous me permettez de terminer, je pense que vous verrez ce que je veux dire.

Les troupes russes étaient en Crimée en vertu du traité international sur le déploiement de la base militaire russe. Il est vrai que les troupes russes ont aidé la Crimée à organiser un référendum sur leur (a) l’indépendance et (b) son désir de rejoindre la Fédération de Russie. Personne ne peut empêcher ces personnes d’exercer un droit qui est prévu à l’article 1 de la Charte des Nations Unies, le droit des peuples à l’autodétermination.

Question (Elkabbach coupant Poutine)  En d’autres termes, vous ne rendrez pas la Crimée ? La Crimée fait partie de la Russie, c’est ça ?

Vladimir Poutine – Conformément à l’expression de la volonté des personnes qui y vivent, la Crimée fait partie de la Fédération de Russie et de son entité constitutive.

Je veux que chacun comprenne cela clairement. Nous avons mené un dialogue exclusivement diplomatique et pacifique – je veux le souligner – avec nos partenaires européens et américains. Nos tentatives d’organiser un tel dialogue et de négocier une solution acceptable n’ont eu pour toute réponse que leur soutien pour un coup d’État anticonstitutionnel en Ukraine. Nous ne savions donc pas si l’Ukraine ne deviendrait pas une partie de l’alliance militaire de l’Atlantique Nord. Dans ces circonstances, nous ne pouvions pas permettre qu’une partie historique du territoire russe avec une population majoritairement russe puisse être intégrée dans une alliance militaire internationale, en particulier parce que la Crimée voulait faire partie de la Russie. Je suis désolé, mais nous ne pouvions pas agir autrement.

Question (Elkabbach) – François Hollande vous a invité en France, à Paris et en Normandie. Vous le connaissez très bien. Pouvons-nous aller plus loin et dire qu’il existe entre vous une relation de confiance ?

Vladimir Poutine  Oui, je le pense.

Question (Elkabbach) – Le pensez-vous ou en êtes-vous sûr ?

Vladimir Poutine – Je l’ai toujours pensé. Je n’ai pas de raison de penser le contraire. Nous avons de très bonnes relations interétatiques, mais nous avons encore beaucoup à faire pour promouvoir nos relations économiques.Mais nos relations personnelles ont toujours été fondées sur la confiance, ce qui aide également sur le plan professionnel. J’espère que cela continuera.

Question (Bouleau) – Vous parlez de relations basées sur la confiance — à la fois pour ce qui est de la défense et de l’économie.

Question (Elkabbach coupant Poutine) – En dépit des pressions externes, vous avez commandé à la France ces navires d’assaut – et si la France les livre, vous pourriez en commander d’autres, n’est-ce pas ?

Vladimir Poutine – Nous attendons de nos partenaires français qu’ils s’acquittent de leurs obligations contractuelles, et si tout se passe comme convenu, nous n’excluons pas la possibilité de nouvelles commandes,et pas nécessairement dans la construction navale, elles peuvent concerner d’autres secteurs. Dans l’ensemble, nos relations dans ce domaine se développent favorablement, et nous aimerions continuer à les renforcer, dans l’aviation, la construction navale et d’autres secteurs. Nous avons une expérience de coopération réussie dans l’exploration spatiale, au Centre spatial guyanais près de Kourou.

Vous avez acheté (et même payé) plus d’un milliard d’euros deux porte-hélicoptères Mistral à la France et des marins russes doivent arriver à Saint-Nazaire dans quelques jours, quelques semaines. Est-ce que vous allez autoriser ces marins russes à aller en France dans quelques jours ?

Vladimir Poutine  Oui, bien sûr. J’espère que nous vivons dans un monde civilisé et tout le monde respecte ses obligations contractuelles. J’ai beaucoup entendu parler de l’opinion qui a été exprimée selon laquelle la France ne devrait plus nous vendre ces bâtiments. Et à cela je peux vous dire qu’en Russie également il y a eu beaucoup d’opposants à ce contrat. Si la France décide d’annuler ce contrat – elle peut le faire – nous exigerons alors un dédommagement. Mais cela ne contribuera pas positivement au futur développement de nos relations dans le domaine de coopération technique et militaire. Mais en principe, nous sommes ouverts à la coopération, éventuellement à signer de nouvelles commandes si nos partenaires français souhaitent continuer la coopération.

Question (Elkabbach coupant Poutine) – En dépit des pressions externes, vous avez commandé à la France ces navires d’assaut – et si la France les livre, vous pourriez en commander d’autres, n’est-ce pas ?

Vladimir Poutine – Nous attendons de nos partenaires français qu’ils s’acquittent de leurs obligations contractuelles, et si tout se passe comme convenu, nous n’excluons pas la possibilité de nouvelles commandes,et pas nécessairement dans la construction navale, elles peuvent concerner d’autres secteurs. Dans l’ensemble, nos relations dans ce domaine se développent favorablement, et nous aimerions continuer à les renforcer, dans l’aviation, la construction navale et d’autres secteurs. Nous avons une expérience de coopération réussie dans l’exploration spatiale, au Centre spatial guyanais près de Kourou.

Question (Elkabbach) – La France est-ce qu’elle est pour vous une puissance souveraine, indépendante qui est écoutée ? Il y a l’Allemagne. Vous parlez le russe et l’allemand avec Mme Merkel. François Hollande ne parle aucune des deux langues, est-ce que vous pouvez vous comprendre ? Est-ce que la France a ce statut ?

Vladimir Poutine – La langue n’est pas une barrière, le fait que je ne parle pas français ne nous empêche pas, François Hollande et moi, de dialoguer. Nous avons des interprètes si besoin et, en général, nous pouvons toujours très bien nous comprendre.

Pour ce qui concerne la souveraineté, je répèterai : un pays qui rejoint une organisation militaire consent à céder une partie de sa souveraineté à une institution supranationale. Pour la Russie cela est inacceptable, pour les autres pays, à eux de décider, cela ne nous regarde pas. Mais cela me rappelle la France, la tradition gaulliste, de Gaulle qui était un défenseur de la souveraineté française et qui, selon moi, mérite du respect. Un autre exemple est celui de François Mitterrand qui parlait d’une Confédération européenne où, d’ailleurs, même la Russie pourrait participer. Je pense que rien n’est encore perdu en ce qui concerne le futur de l’Europe.

Question (Bouleau) – Je voudrais qu’on parle des États-Unis. Dans quelques jours vous serez à côté à quelques mètres de Barack Obama. Apparemment, il ne souhaite pas vraiment vous parler. Comment les choses vont-elles se passer entre deux des plus grandes puissances du monde ? Le pays le plus riche du monde, les États-Unis, et de très loin le pays le plus grand, le plus vaste du monde, le vôtre. On image mal que vous ne parliez pas l’un avec l’autre, d’autant plus qu’on a un besoin impérieux puisque la guerre n’est pas très loin à quelques centaines de kilomètres d’ici.

Vladimir Poutine  D’abord, je pense que vous exagérez un peu en disant qu’une guerre approche.Vous êtes un peu agressif comme journaliste, pourquoi pensez-vous qu’une guerre approche ? Pourquoi essayez-vous de faire peur à tout le monde ?

Question (Elkabbach coupant Poutine) – Parce que l’Ukraine n’est pas loin d’ici.

Vladimir Poutine – Et alors ?

Question (Elkabbach) – C’est là qu’il y a la guerre. (pointant vers l’Ukraine) Et quand il (l’autre journaliste) mentionne la guerre, elle est là.

Vladimir Poutine – Ce n’est pas une guerre, mais une opération de représailles que mène le pouvoir de Kiev contre cette partie de sa population. Il ne s’agit pas d’une guerre entre États, il y a là une grande différence…

Question (Elkabbach coupant Poutine) – Mais cela doit cesser ? Cette opération punitive pour vous, Vladimir Poutine, elle doit cesser, vite ?

Vladimir Poutine – Je pense que M. Porochenko a une chance unique : pour l’instant ses mains ne sont pas tachées de sang, et il peut suspendre cette opération punitive et commencer un dialogue direct avec ses propres citoyens à l’Est et au Sud de son pays.

Quant à mes relations avec M. Obama – je n’ai pas oublié votre question –, je n’ai aucune raison de penser qu’il ne souhaite plus du tout communiquer avec le président de la Russie. Mais c’est à lui de décider après tout. Je suis toujours prêt pour le dialogue, car le dialogue est le meilleur moyen de se comprendre. Jusque-là nous étions toujours en contact, nous avons régulièrement parlé au téléphone…

Question (Bouleau) – La Russie et les États-Unis connaissent des difficultés. S’agit-il d’un différend entre deux puissances ou deux personnes, entre Barack Obama et Vladimir Poutine ?

Vladimir Poutine – Il existe toujours des tensions entre pays, plus particulièrement avec des pays aussi vastes que la Russie et les États-Unis. Des problèmes se posent toujours, mais je ne pense pas que nous devrions aller à l’extrême. En tout cas, ce ne serait pas notre choix. Je suis toujours prêt à parler à l’un de mes partenaires, y compris le président Obama.

Question (Elkabbach) – Alors vous êtes prêt à discuter et vous regrettez ce qui se passe ? Mais ne pensez-vous pas que les États-Unis tentent d’encercler la Russie, pour vous affaiblir en tant que dirigeant et peut-être vous isoler du reste du monde ? Vous êtes très diplomatique maintenant, mais vous connaissez les faits.

Vladimir Poutine – Les faits ? Vous l’avez dit vous-même : la Russie est le plus grand pays dans le monde. Il est très difficile de l’encercler et le monde change si vite que ce serait essentiellement impossible, même en théorie.

Bien sûr, nous pouvons voir les tentatives des États-Unis qui font pression sur leurs alliés en utilisant leur position dominante évidente dans la communauté occidentale, dans le but d’influer sur la politique de la Russie.

La politique de la Russie est fondée uniquement sur ses intérêts nationaux. Bien sûr, nous prenons les opinions de nos partenaires en compte, mais nous sommes guidés par les intérêts du peuple russe.

Question (Bouleau) – M. le président, il est heureux d’une certaine manière que vous ayez affaire le 6 juin à Barack Obama. Si vous aviez affaire à Hillary Clinton, les choses tourneraient peut-être mal : elle a dit, il y a quelques jours, que ce que faisait la Russie en ce moment en Europe centrale ressemblait à ce qu’Hitler faisait dans les années 30.  Vous avez pris cela comme une injure suprême en tant que citoyen et président russe ?

Vladimir Poutine  Vous savez, il vaut mieux de ne pas se chamailler avec une femme. [sourire] Quant à Mme Clinton, elle n’a jamais été trop subtile dans ses déclarations, mais cela ne nous a pas empêchés de la rencontrer lors de différents événements internationaux et discuter normalement. Je pense qu’ici également nous pourrions trouver un langage commun, mais quand les gens dépassent certaines limites de politesse, cela montre leur faiblesse, pas leur force. Mais peut-être que, pour une femme, la faiblesse n’est pas tellement un défaut. [sourire]

Question (Elkabbach) – Il faut respecter les femmes, bien sûr, et je suis certain que vous les respectez. Mais vous pensez qu’elle est allée loin ? Il y a beaucoup de caricatures des dirigeants du monde et sur vous aussi, vous n’êtes pas épargné. Votre première réaction spontanée, c’est la colère ? Une certaine maîtrise de vous, l’envie de punir ? Ou peut-être un jour de rire ? On ne vous a jamais vu rire.

Vladimir Poutine – Oh, je ne voudrais pas vous priver de ce plaisir et je pense qu’un jour nous pourrions avoir l’occasion de rire ensemble d’une bonne plaisanterie. Mais quand j’entends desdéclarations de ce genre qui dépassent un peu les limites, j’en conclus que les gens n’ont simplement plus d’arguments. Les déclarations de ce genre ne sont pas un très bon argument.

En ce qui concerne la politique des États-Unis, ce n’est un secret pour personne que le pays qui mène la politique internationale la plus agressive, la plus dure, pour défendre ses intérêts comme ses dirigeants les voient, ce sont les États-Unis. Et ce depuis de nombreuses années.

Nous n’avons pratiquement pas de présence militaire à l’étranger alors que les bases de l’armée américaine sont présentes sur toute la planète. Et partout où ils sont, ils décident activement du sort des autres peuples, à des milliers de kilomètres de leurs frontières. Alors, nous reprocher de ne pas respecter des règles me semble un peu étrange de la part de nos interlocuteurs américains.

Question (Elkabbach)  Mais vous avez fait des efforts en matière de budget militaire. Est-ce que, en ce moment, le président de la Russie, le président Poutine prend des décisions particulières sur la sécurité et la défense, parce que le climat est dangereux ?

Vladimir Poutine  Oui, en ce qui concerne les budgets militaires tout le monde ne le sait pas – sauf peut-être quelques spécialistes – mais le budget militaire des États-Unis est plus élevé que les budgets de tous les autres pays du monde pris ensemble. Et qui mène une politique agressive alors ? En ce qui concerne notre budget militaire : en termes de pourcentage du PIB, il n’augmente pratiquement pas, de quelques dixièmes de pour cent peut-être. Il est vrai que nous souhaitons rééquiper notre armée et notre flotte avec des technologies de pointe, réduire la quantité et améliorer la qualité. Nous avons tout un programme de rééquipement qui ne date pas d’hier, mais qui n’a aucun lien avec les évènements en Ukraine, c’est un projet à long terme que nous allons poursuivre.

Question (Bouleau)  M. le président, le président syrien Bachar el-Assad vient de s’offrir une nouvelle réélection sans suspense. Vous avez de l’influence sur lui. Pourquoi ne lui demandez-vous pas d’arrêter les atrocités que son armée commet et d’arrêter de s’acharner sur son peuple ?

Vladimir Poutine – Saviez-vous que toutes les parties du conflit commettent des atrocités et que les organisations extrémistes, qui sont désormais très nombreuses, ne sont pas en dernière place ? Mais plutôt à la première sur ce point. Mais savez-vous ce qui nous inquiète le plus ?..

Question (Elkabbach coupant Poutine)  Religieuses, extrémistes, islamistes… ?

Vladimir Poutine – Oui, tout à fait. Ce sont des organisations liées directement à Al-Qaïda et il y en a une multitude. Personne n’essaie même plus de démentir cela. C’est un fait connu de tout le monde. Ce qui nous inquiète le plus, c’est que si nous agissons avec trop d’imprudence, la Syrie peut devenir une sorte de deuxième Afghanistan, un nid de terroristes totalement incontrôlable. D’ailleurs, c’est une menace pour les États européens également, parce que les extrémistes présents maintenant en Syrie vont se rendre un jour dans d’autres pays, y compris ceux d’Europe.

Question (Elkabbach)  Ce qu’on ne comprend pas c’est pourquoi vous, Vladimir Poutine qui voulez moderniser la Russie, vous continuez à soutenir, peut-être à donner des armes, à quelqu’un qui continue à massacrer son peuple et qui est comme Macbeth les mains couvertes de sang ? Comment ça se fait ? Et jusqu’à quand ?

Vladimir Poutine – Je vous donnerai une explication courte et facile à comprendre. Et je pense que la plupart des téléspectateurs et des auditeurs français me comprendront. Ce que nous craignons avant tout, c’est le démembrement de la Syrie à l’image de ce qui s’est produit au Soudan. Nous craignons que la situation y devienne similaire à celle que nous voyons aujourd’hui en Irak. Et nous craignons également que la Syrie devienne une sorte de nouvel Afghanistan. C’est pourquoi nous tenons à y conserver le pouvoir légitime, pour ensuite progressivement, avec la participation du peuple syrien et de nos partenaires européens et américains, réfléchir sur la façon de réformer cette société pour la moderniser et l’humaniser.

Question (Bouleau) – Je voudrais vous poser une question sur votre pays, la Russie. Comment décririez-vous son régime politique actuel ? Certains le décrivent comme une Démocratie, tandis que d’autres affirment que la Russie est tellement vaste qu’elle a besoin d’un homme à la poigne de fer. Comment Vladimir Poutine définit-il le régime de Poutine ?

Vladimir Poutine – Le régime actuel n’est pas lié à une personne en particulier, y compris le président sortant. Nous avons des institutions politiques démocratiques habituelles, même si elles reflètent les besoins de la Russie. Lesquels ? L’écrasante majorité des citoyens russes ont tendance à compter sur leurs traditions, sur leur histoire et, si je puis dire, leurs valeurs traditionnelles. Je vois cela comme le fondement et un facteur de stabilité pour l’État russe, mais rien de tout cela n’est lié au Président en tant qu’individu. En outre, il convient de rappeler que nous n’avons commencé à introduire ces institutions démocratiques habituelles que récemment. Elles continuent d’évoluer.

Question (Bouleau)  Est-il possible d’être un opposant en Russie sans mettre en danger ses relations et sa réputation ou éviter la sanction du système judiciaire russe ?

Question (Elkabbach) – Monsieur le Président, est-ce qu’on peut s’opposer à vous en Russie sans risque ?

Vladimir Poutine –Mais nous avons plein d’opposants, de nombreux partis d’opposition, nous avons tout récemment libéralisé la création de nouveaux partis politiques. D’ailleurs, plusieurs dizaines de partis sont apparus, ils ont participé aux élections municipales ou régionales.

Question (Elkabbach) Monsieur le Président, est-ce qu’on peut s’opposer à vous en Russie sans risque ?

Vladimir Poutine – Si vous écoutez certaines de nos stations de radio ou regardez certaines de nos émissions de télévision, je vous assure que vous avez peu de chance de trouver quelque chose de semblable à ce genre d’opposition en France.

Question (Elkabbach) – Il y a toujours eu dans la période de la Russie, avec les tsars ou après, l’ordre et l’autorité. Est-ce qu’à l’époque d’Internet, un pays peut s’épanouir sans avoir toutes les libertés ?

Vladimir Poutine – Non, ce n’est pas possible. Et, d’ailleurs nous ne limitons pas Internet.Quoi qu’on fasse il se trouve tout de suite quelqu’un qui commence à chercher des violations de principes démocratiques. Y compris pour ce qui est d’Internet. Avons-nous limité Internet ? Non, à mon avis. Certains de nos contradicteurs vont affirmer cela, dire qu’il existe des limitations intenables. Lesquelles ? Par exemple, nous avons une interdiction de propagande du suicide et des méthodes de suicide, de l’utilisation de stupéfiants, de pédophilie – voilà nos interdictions. Qu’y a-t-il d’exagéré ?…

Question (Bouleau coupant Poutine) – Et de l’homosexualité qui est une chose très distincte de la pédophilie. La propagande en faveur de l’homosexualité a été interdite…

Vladimir Poutine  Non, ce n’est pas le cas. Nous n’avons pas de loi interdisant l’homosexualité, nous interdisons la promotion de l’homosexualité auprès d’un public de mineurs, ce sont deux choses tout à fait distinctes. Comprenez-vous ? Par exemple, certains États des États-Unis ont des lois, qui punissent pénalement les relations homosexuelles. Nous n’avons pas de peines de ce genre. Seulement quand il s’agit de propagande destinée à des mineurs, nous avons le droit de défendre nos enfants et nous allons le faire.

Question (Bouleau) – M. le président, j’aimerais qu’on parle de libertés publiques en Russie. Est-ce que, d’ici la fin de votre mandat en 2018, vous avez l’envie de fermer les camps de travail ? Il y a des gens dans ce pays qui sont condamnés non seulement à une peine de prison, mais à des camps de travail ce qui nous, en Occident, nous étonne. Les Pussy Riot, par exemple, ont été condamnées, me semble-t-il, à deux années de camp de travail avant que vous ne fassiez en sorte qu’elles ne soient libérées. Ce n’était pas une prison normale. Est-ce que vous allez fermer ces camps ?

Vladimir Poutine – Écoutez.Il ne s’agit pas de « camps » à proprement parler. Il s’agit d’endroit où les personnes sont, en effet, privées de liberté, mais peuvent mener une vie plus ou moins normale. Ce ne sont pas des prisons, où la personne, au contraire, n’a pas la possibilité de travailler. Une prison où l’individu ne peut pas travailler est justement la pire punition, et je ne pense pas que tous les condamnés doivent être placés dans ce type d’établissement. Je pense que c’est encore pire que les établissements que vous mentionnez.

Question (Elkabbach) – Qui vous a convaincu un jour que vous aviez une mission pour la Russie ? Que vous étiez destiné à vous occuper de la Russie ?

Vladimir Poutine –Pourquoi êtes-vous persuadé que je pense avoir une mission particulière ? J’ai la confiance de mes électeurs. Plus de 63 % ont voté pour moi. Je pense avoir le mandat me permettant de gérer la politique intérieure et extérieure de mon pays, et je travaillerai conformément à ce mandat.

Question (Elkabbach) — Avez-vous un modèle dans l’histoire de la Russie ? Êtes-vous guidé par la politique soviétique ou la politique russe ?

Vladimir Poutine — J’ai un grand amour et respect pour l’histoire et la culture russes. Mais le monde change, tout comme la Russie. La Russie est une partie du monde moderne, pas du passé, mais plutôt du monde moderne. Et je crois qu’elle jouera un rôle encore plus important à l’avenir que d’autres pays qui ne prennent pas soin de leurs jeunes, des nouvelles générations, de leurs enfants, et qui pensent qu’ils peuvent simplement se contenter du laisser-faire.

Question (Bouleau) – Et la dernière question, Monsieur le Président. En 2013, [le magazine] Forbes vous a classé comme la personne la plus puissante dans le monde. Avez-vous été flatté par ce titre ?

Vladimir Poutine — Vous savez, je suis adulte et je sais ce que signifie le pouvoir dans le monde moderne. Dans le monde moderne, la puissance est principalement définie par des facteurs tels que l’économie, la défense et l’influence culturelle. Je crois que sur le plan de la défense, la Russie est sans aucun doute l’un des chefs de file parce que nous sommes une puissance nucléaire et que nos armes nucléaires sont peut-être les meilleures dans le monde.

En ce qui concerne l’influence culturelle, nous sommes fiers de la culture russe : la littérature, les arts et ainsi de suite.

Quant à l’économie, nous sommes conscients que nous avons encore beaucoup à faire avant d’atteindre le sommet. Bien que, ces derniers temps, nous ayons fait d’énormes progrès et que nous soyons désormais la cinquième économie dans le monde par sa taille. C’est un succès, mais nous pouvons faire mieux.

Question (Elkabbach) – Vladimir Poutine, l’Histoire ne sait pas encore ce qu’elle retiendra des années Poutine. Elle attend et ces années s’écrivent. Qu’est-ce que vous voulez qu’il reste ?

Voulez-vous qu’on se souvienne de vous comme d’un dirigeant démocratique ou autoritaire ?

Vladimir Poutine  Eh bien, je voudrais être considéré comme quelqu’un qui a fait son maximum pour le bonheur et la prospérité de son pays et de sa nation.

Question (Elkabbach et Bouleau) – Merci beaucoup de nous avoir reçus tous les deux. Bon voyage en France ! Au revoir.

Vladimir Poutine  merci.

 

www.les-crises.fr

 
Source  http://french.ruvr.ru/2014_06_06/Interview-de-Vladimir-Po...

 

Ukraine : élections truquées et les pions placés et choisis par BHL, les US/UE/Sionistes.

Un petit retour au 7 mars 2014 pour que nous puissions tous comprendre que les élections présidentielles en Ukraine étaient truquées et que les deux pions à placer par les US/UE/Sionistes étaient déjà choisis pour être placés l’un à la Présidence de la République Ukrainienne, pour ce qui concerne l’oligarque, Petro Porochenko et l’autre à la Mairie de Kiev pour ce qui concerne, le boxeur Vitali Klitschko, présentés tous deux à Hollande par BHL, à l’Elysée le 7 mars 2014 après le massacre perpétré par les nazis au Maïdan et le coup d’état organisé à l’encontre de Viktor Ianoukovitch, l’ancien président Ukrainien qui avait refusé de faire rentrer l’Ukraine dans l’Europe et compromettre les relations avec la Russie.

Ensuite ils viendront nous dire que ces élections organisées sur fond de crise et de crimes commis contre la population ukrainienne étaient régulières et voulues par le peuple Ukrainien et qu'il faudrait que Poutine reconnaisse la légitimité du nouveau VRP des Illuminati placé à la tête de l'Ukraine: Obama exhorte Poutine à reconnaître le nouveau président ukrainien.

Petits rappels : Coup d’état en Ukraine : cachons donc ces néo-nazis qu’USA, UE… et BHL ne sauraient voir !
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coup-d-etat-...

Ukraine: La CIA coordonne nazis et jihadistes par Thierry Meyssan

Vitali Klitschko, Petro Porochenko rencontre François Hollande à l’Elysée, le 7 mars 2014.

BHL, Vitali Klitschko, Petro Porochenko rencontre François Hollande à l’Elysée, le 7 mars 2014. Photo : Marc Roussel

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http://laregledujeu.org/2014/03/11/16300/hollande-rencont...

 

VIDÉO. À l'Élysée avec l'opposition ukrainienne et BHL

Que s'est-il dit dans le bureau présidentiel entre Hollande, BHL et les leaders de la révolte ukrainienne ? Réponse avec cette vidéo exceptionnelle.

François Hollande a reçu à l'Élysée Bernard Henri-Lévy en compagnie des Ukrainiens Petro Porochenko et Vitali Klitschko.

François Hollande a reçu à l'Élysée Bernard Henri-Lévy en compagnie des Ukrainiens Petro Porochenko et Vitali Klitschko. © DR

À quoi sert Bernard-Henri Lévy ? Quand on le voit grimper les marches du perron de l'Élysée vendredi 7 mars en compagnie de Vitali Klitschko, candidat à la présidence ukrainienne, et Petro Porochenko, lui aussi candidat et ancien ministre des Affaires étrangères de l'Ukraine ainsi que figure très atlantiste et pro-américaine de la révolution de la place Maïdan, médias et observateurs se posent des questions. Récupération ? Volonté de se faire de la pub ? De provoquer le buzz ? Pas du tout, il est l'homme sans qui cette rencontre n'aurait pas eu lieu. C'est à son initiative que les deux frères ennemis de la révolte ukrainienne sont venus à Paris. L'ancien boxeur en provenance de Dublin et l'ex-homme d'affaires venu de Kiev sont arrivés en milieu de journée au salon Signature de l'aéroport du Bourget. BHL leur a ensuite organisé une série de rencontres avec les hommes et des femmes qui comptent pour populariser leurs causes.

L'après-midi, des artistes, des patrons de presse et les candidates à la mairie de Paris Anne Hidalgo, Nathalie Kosciusko-Morizet et Marielle de Sarnez ont pu discuter au domicile de l'écrivain avec ces visages de l'opposition. Le soir, le cinéma Le Saint-Germain était archi-comble pour un grand meeting populaire. Entre-temps, François Hollande a reçu le trio. La rencontre a duré 1 h 30. Les Ukrainiens en sont sortis rassurés et heureux, avec le sentiment d'avoir - enfin - été écoutés et peut-être même entendus.

Comme avec le président bosniaque Alija Izetbegovic et François Mitterrand, comme avec les figures de l'opposition libyenne et Nicolas Sarkozy, BHL a joué le rôle de "diplomate pirate". Il est l'auteur du premier acte de la pièce. Les autres scènes appartiennent désormais à l'histoire...

Regardez les coulisses de la rencontre de François Hollande avec les chefs de file de la nouvelle Ukraine (images du journaliste Marc Roussel) :

 http://www.lepoint.fr/video/video-bhl-s-immisce-dans-la-crise-ukrainienne-10-03-2014-1799205_738.php

http://www.lepoint.fr/monde/video-a-l-elysee-avec-l-oppos...

 

Ukraine: le champion de boxe Vitali Klitschko élu maire de Kiev

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/05/25/97001-201405...

 

Ukraine: qui est Petro Porochenko, reçu avec Vitali Klitschko par François Hollande, et favori des sondages à l'élection présidentielle

http://www.huffingtonpost.fr/2014/03/07/ukraine-rencontre-petro-porochenko-vitali-klitschko-francois-hollande_n_4917139.html

Ukraine, Euromaïdan : couvrez ces extrémistes que je ne saurais voir

Voici ceux que couvrent les US/UE/Sionistes !

Euromaïdan : couvrez ces extrémistes que je ne saurais voir

|  Par Anthony MARANGHI Lorsque l’on aborde la question ukrainienne, l’appel au silence semble être de mise par décence pour les victimes de la révolte. Les journalistes ont été appelés à “se consacrer à des sujets plus familiers, plus simples et moins ambivalents” que le mouvement contestataire de la place Maïdan. Ceci afin de ne pas servir “une forme d’impérialisme ultra-national de souche russe” selon les mots d’un collectif de chercheurs ukrainiens.

Toute remise en question du nationalisme des acteurs du mouvement Euromaïdan et de leur ancrage dans le gouvernement provisoire d’Arsenii Yatseniuk annoncé sur la place de l’Indépendance de Kiev, le 26 février dernier, semble être prohibé. Oser le contraire nous assimile d’emblée au “réseau pro-russe” qui regrouperait aussi bien des journalistes de médias alternatifs de gauche américains comme Alec Luhn de The Nation, le sulfureux - car marxiste - Seumas Milne du Guardian, et le controversé Centre pour la Recherche sur la Mondialisation, connu notamment pour accueillir des conspirationnistes comme Thierry Meyssan, basé à Montréal (Nouvelles d’Ukraine, 5/02). Cette population bigarrée est accusée de discréditer le mouvement d’Euromaïdan en le présentant comme étant une manifestation d’extrême droite. Pendant ce temps, Bernard-Henri Lévy, le docteur honoris causa en mouvements nationalistes et ministre des Affaires étrangères bis de la France, clamait sur le plateau d’ITélé de Laurence Ferrari du 25 février dernier que Svoboda était “moins fasciste que le Front National”. Il ajoutait que le parti Svoboda était en “perte de vitesse” alors que l’on retrouvait le lendemain, lors de l’annonce de la composition du gouvernement provisoire,  un de ses membres, Oleksandr Sych, au poste de vice-premier ministre, soit le numéro 2 derrière Yatseniuk auquel il faut rajouter sept autres portefeuilles tenus par le même parti d’extrême droite.Qui se cachent derrières les manifestants d’Euromaïdan?Si on observe la composition sociale des manifestants de la place Maïdan, elle a évolué au cours des mois, passant d’une majorité de membres des classes moyennes pro-occidentales, partisans des partis d’opposition au régime de Ianoukovitch à des classes plus populaires, en réponse aux répressions policières (Article 11, 28/02). Si on pouvait retrouver parmi eux des agents de sécurité, des retraités, des instituteurs, des charpentiers, des vendeuses de supermarché, ou encore des gardiens de parking (Le Nouvel Observateur n°2573 du 27/02 au 5/03), on a surtout assisté à une instrumentalisation de la contestation par les partis. Un manifestant et syndicaliste de l’Union autonome des ouvriers d’Ukraine a dit avoir observé que c’était chez les classes moyennes et une partie de la jeunesse étudiante de la place Maïdan que les partis d’extrême droite nationalistes et racistes avaient recruté leurs activistes (avtonomia.net, 20/02). C’est ainsi que le parti Svoboda (“Liberté”) - et son chef Oleh Tyahnybok - a pu gagner une certaine importance au coeur de la contestation. Pour ce qui est de Dmytro Yarosh, leader du groupe paramilitaire Praviy Sektor (“Secteur droit”) - une bannière qui regroupe quatre groupuscules d’extrême droite “Tryzub" (“Trident”), "UNA-UNSO", “Patriotes de l'Ukraine” et "Billy Molot" - il a implanté son mouvement “national-socialiste” chez les travailleurs précaires et les chômeurs d’Ukraine occidentale. Yarosh a déjà reconnu son admiration pour Hitler et la discipline nazie, d’ailleurs il ne peut se passer de sbires armés même lorsqu’il se présente en costume-cravate pour déclarer sa candidature à la présidence ukrainienne (RFI, 9/03). Ces “fils embarrassants” de la place Maïdan (France Info, 10/03) sont dans les coulisses du pouvoir et se sont vus proposer les postes de vice premier ministre pour ce qui est du chef de Svoboda, Oleh Tyahnybok, et de vice-secrétaire du Conseil de sécurité national pour l’homme à la tête du parti néo-nazi Praviy Sektor, Dmytro Yarosh. Les deux hommes ont décliné ces offres, plaçant d’autres membres de leurs parti et groupuscule d’extrême droite au coeur du pouvoir en attendant mieux peut-être pour eux.Une révolte nationaliste encadrée par des extrémistesLe mouvement s’est limité au square baptisé Euromaïdan, il n’y a eu aucune mobilisation générale de la population et on a ignoré l’autre Ukraine “qui n’est pas montée sur les barricades” (Mediapart, 26/02). Celle qui peut être à la fois russophone et patriote comme l’ont clamé des étudiants de l’Université de Donetsk, dans la partie orientale du pays (Télérama, 22/03). En dehors des conversations, la vie en Ukraine a suivi son cours en dépit d’appels à la grève lancés par quelques organisations libérales de gauche. Seuls quelques étudiants ont tenté de lever des mouvements de grève dans quelques universités mais ils furent tous cassés par des milices d’extrême droite. Dans les premiers jours de la contestation, les partis de l’opposition n’ont pas su réagir et ont laissé au parti Svoboda et aux autres groupes nationalistes et racistes la mainmise sur le mouvement de la place Maïdan (Asheville FM Radio, 4/01). Comme le souligne Emmanuel Dreyfus, dans Le Monde diplomatique, Maïdan s’est rapidement métamorphosée, passant d’un rassemblement pro-européen à une révolte de tous bords contre le régime de Ianoukovitch mais également contre les partis d’opposition (Le Monde diplomatique, 03/2014). Les groupes extrémistes ont réussi à rapidement investir l’essentiel des activités pratiques et l’organisation de l’occupation de la place, en mettant en place des groupes paramilitaires, les Sotnia, dans le but de prendre en charge l’autodéfense de la place. On ne s’étonnera pas qu’il n’y ait pas eu de prises de décision collective au sein de ce mouvement dans lequel seules les questions nationalistes et politiques étaient ouvertes au débat. Les groupes paramilitaires sont restés sous la direction de chefs nationalistes de Svoboda qui excluaient toute autre milice qui serait “racialement impure”(Article 11, 28/02). Lorsque ces groupes ont pris la mairie et organisé un cordon devant l’entrée principale, ils n’ont pas voulu la rendre et se sont opposés à d’autres manifestants d’Euromaïdan. Pétro, qui se présente comme anarchiste, est désabusé : “Maintenant, on voit des gens de l’Euromaidan qui s’opposent à des gens de l’Euromaïdan. On n’a même plus besoin de la police pour s’affronter” (Libération 16/02). Après la fuite du président Ianoukovitch et de ses proches, le 23 février dernier, il n’a pas été étonnant de voir que ces derniers se sont également emparés des bâtiments officiels avec le soutien de la police de Kiev qui s’est rangée à leurs côtés.Un gouvernement en mal de démocrates et de casiers viergesSi l'instauration d'un gouvernement provisoire - comprenant 21 membres -  a été présentée comme une victoire démocratique, il célèbre également l'arrivée au pouvoir de toute une frange extrémiste (7 ministres apparentés à Svoboda) accolée à des leaders pro-européens, du parti de l’ancienne premier ministre Ioulia Tymochenko installée par l’OTAN, ayant déjà trempé dans des scandales de corruption et de collusion avec des oligarques.

Rajout du Pouvoir Mondial : Ukraine: 85 comptes bancaires de Timochenko découverts à Londres (médias)

Dossier: Procès contre l'ex-première ministre Ioulia Timochenko

 On retrouve des pro-européens - surtout atlantistes - au sein des Affaires étrangères avec notamment Boris Tarasiuk à l’intégration européenne, qui a été représentant de l’Ukraine à l’OTAN et fondateur de l’Institut pour la coopération euro-atlantique (IEAC). Aux finances, Oleksandr Shlapak, est un ancien ministre de l’intégration européenne, de l’économie sous la présidence de Leonid Kuchma (1994-2005) et ancien président du Trésor ukrainien. Il a également été à la tête d’un conglomérat de banques - dont PrivatBank, première banque d’investissement du pays - auprès de l’oligarque Kolomoïsky, principal actionnaire de Privat Group. Enfin, on retrouve à des postes stratégiques pas moins de sept membres de partis et groupuscules nationalistes et racistes.Commençons le tableau des nazillons avec un poste-clé et non des moindres, celui de second vice-premier ministre, occupé par Oleksandr Sych - auprès de Vitaliy Yarema - membre du parti Svoboda élu à la Rada, le Parlement ukrainien, en 2012 où il est connu pour son activisme anti-avortement. Outre le fait qu’il veuille faire une loi pour l’interdire même en cas de viol, Sych s’est aussi illustré pour son anti-communisme virulent via l’interdiction du Parti Communiste d’Ukraine au  sein de sa région d’Ivano-Frankisvk.Au coeur de la défense et des affaires intérieures, à la présidence du Conseil de sécurité nationale, on retrouve Andriy Parubiy, le fondateur du Parti national-social, ancêtre de Svoboda, en 1991 avec Oleh Tyahnybok. Il devait être épaulé de Dmytro Yarosh, leader du “Secteur Droit” qui a refusé la vice-présidence du même Conseil qui lui était proposée. Bien que Parubiy fût le “Commandant” des groupes paramilitaires de la place Maïdan, il se réclame aujourd’hui de l' “opposition modérée”. Il a décrété que le pays était “infiltré” par des saboteurs et des espions russes à de nombreux niveaux (Kyiv Post, 14/03). On retrouve à ses côtés un membre de Svoboda, au poste de ministre de la Défense, Ihor Tenyukh qui est amiral et ancien commandant en chef de l’armée navale ukrainienne (2006-2010). Lors du mouvement Euromaïdan, il a appelé les forces armées à commettre des actes illégaux (BBC News, 19/01).A un autre poste majeur, celui du Bureau du Procureur général, on retrouve un autre membre de Svoboda, Oleh Makhnitsky. Le procureur général dispose du pouvoir suprême sur le plan judiciaire, il supervise toutes les enquêtes judiciaires et peut inculper tout élu, ce qu’il a déjà fait en accusant de “criminel” Sergueï Aksionov, leader criméen pro-russe (Time, 10/03/2014).Pour ce qui est du ministère de la Politique agraire et de la nourriture, il a été confié à Ihor Shvaika, député du parti Svoboda élu à la Rada en 2012. «Il est l’un des hommes les plus riches du pays, en tant qu’oligarque de l’agroalimentaire cumulant le poste de ministre de l’agriculture. Vous avez dit conflits d’intérêts ? Le ministère de l'écologie et des ressources naturelles revient également à un membre du parti Svoboda, Andriy Mokhnyk. Il jouait le rôle d’envoyé spécial dans tous les partis extrémistes et fascistes européens comme en Italie où il a rencontré les leaders du parti ouvertement néo-fasciste Forza Nuovo l’an dernier. Au-delà de ne rien connaître à l’écologie, il est surtout reconnu pour être un farouche opposant aux énergies renouvelables, ce qui arrangera les multinationales du secteur énergétique traditionnel (gaz, électricité, pétrole,etc.).Au ministère de l'Education et de la science, Serhiy Kvit a fréquenté dans sa jeunesse diverses organisations néo-nazies, dont le “Trident” (Tryzub), mouvement d’extrême droite dont Praviy Sektor (“Secteur droit”) utilise le site Internet (Slate, 23/01). Il était à la tête de la prestigieuse université ukrainienne de Kyiv Mohyla depuis 2007 sans n’avoir jamais eu le soutien de la communauté étudiante qui préférait un autre ministre de l’Education (Kyiv Post, 27/02).Au ministère des Sports, Dmytro Bulatov était un des leaders de l’organisation de la place Maïdan, il est aussi connu pour ses liens étroits avec le groupe fasciste « Secteur Droit ». Son activisme durant la contestation lui a valu de recevoir un ministère. Parmi les héros du mouvement, on retrouve Tetiana Tchornovol, la responsable à la “personnalité explosive” de la communication du groupe nationaliste ukrainien UNA-UNSO se revendiquant du nazisme, qui à été nommée à la tête du Bureau anti-corruption. Le 27 février dernier, elle s’est vantée sur son blog d’être la “première” à être entrée dans le manoir de Mezhyhirya du président Ianoukovitch en fuite (Pravda.com/27/02). Sauf qu’elle omet de dire qu’elle y est entrée par effraction comme le note Katya Gorchinskaya (Kyiv Post, 27/02).Enfin, pour couronner le tout, plusieurs personnalités déjà accusées de corruption et de détournements de fonds ont été reconduites au pouvoir. Lyudmyla Denysova, ministre des Affaires sociales, poste qu’elle a déjà occupé sous Tymoshenko, n’est pas étrangère aux controverses. Une campagne non-gouvernementale pour la transparence, baptisée Chesno, a déclaré en 2012 la “haute probabilité” que Denysova ait été impliquée dans une affaire de népotisme, d’abus de pouvoir et de détournement de fonds de 60 millions de hryvnia (environ 4 600 000 euros) sans qu’aucune affaire judiciaire n’ait été ouverte. Arsen Avakov, ministre de l’Intérieur et ancien chef de campagne de Ianoukovitch, a été accusé de privatisation illégale de terres et d’abus de pouvoir et a fui en Italie après que le précédent gouvernement l’ait visé dans le cadre d’une enquête criminelle. Bien qu’en étant sur la liste des personnes recherchées par Interpol (Kyiv Post, 21/03/2012), cela ne l’empêche pas d’être l’un des membres les plus influents de l’Union panukrainienne “Patrie”, parti dirigé par Tymochenko, depuis la contestation.Il faudra attendre l’élection présidentielle du 25 mai, pour qu’il y ait un quelconque changement dans ce petit théâtre des horreurs dont on souhaite effacer les idées néo-nazies à travers la pseudo-respectabilité d’un gouvernement “révolutionnaire” à l’image de la mutation des extrêmes droites en Europe, comme nous le rappelle Jean-Yves Camus (Le Monde diplomatique, Mars 2014). Pourtant, comme l’ajoute Emmanuel Dreyfus (Le Monde diplomatique, mars 2014), on fait bien face à un “malaise identitaire” où le succès de Svoboda sur la place Maïdan comme au gouvernement s’est accompagné de celui de groupes néo-fascistes comme Praviy Sektor. Enfin, aucune élection législative n’a été prévue alors que la Rada est en décomposition et qu’elle est soumise à des groupes de pression extérieurs et aux influences extrémistes alors que le retour à la Constitution de 2004 lui restitue des pouvoirs importants face au président.

 http://blogs.mediapart.fr/blog/anthony-maranghi/150314/eu...

 

 

 

 

 

Porochenko : le président ukrainien corrompu imposé par Washington/Israël/UE

 Voici qui est celui qui devrait soi-disant damer le pion à Poutine en lui demandant de restituer la Crimée à l’Ukraine ! Il rêve le pauvre !

Regardez bien la photo et les yeux de ce pervers vicieux prêt à tout pour obtenir le pouvoir et escroquer le peuple Ukrainiee avec le concours de ses amis nazis.

Porochenko : le président ukrainien imposé par Washington

Porochenko : le président ukrainien imposé par Washington

© Photo: AP/Efrem Lukatsky

Par La Voix de la Russie | Le cinquième président d'Ukraine depuis l'indépendance de ce pays en 1991 entrera en fonction le 7 juin. Il s'agit du principal sponsor des émeutes du Maïdan, du favori de Washington et du « baron du chocolat » Piotr Porochenko.

Selon les données officielles, il a obtenu 54,7 % des voix lors de la présidentielle du 25 mai.

L'élection se déroulait sous une « surveillance attentive » des nationalistes, mais de nombreux politologues en Ukraine mettent en doute cette victoire de Porochenko dès le premier tour. Les analystes indépendants affirment que les résultats du vote ont été falsifiés parce que Porochenko est une candidature imposée par les Etats-Unis et l'UE, mais aussi parce qu'il n'y a pas eu de deuxième tour du scrutin dans le pays.

L'Ukraine qui espérait instaurer la démocratie, à la libération du joug des oligarques et à l'éradication de la corruption se retrouve avec un président qui, en plus d'être un oligarque, occupait des fauteuils de ministre dans presque toutes les  administrations présidentielles depuis 2000. Et par ailleurs, Piotr Porochenko était le figurant de toute une série de scandales liés à la corruption. Il est soupçonné d'avoir éliminé les opposants politiques. Comme l'a bien dit un journal français, le choix de Porochenko est presque similaire à celui d'un neuveu du roi dans une France révolutionnaire après la prise de la Bastille et l'exécution du monarque.

La première chose que Piotr Porochenko ait réalisé avant même son investiture, c'est un déplacement en Pologne, où il a rencontré le 4 juin le président des Etats-Unis Barack Obama. Et cela, malgré ses promesses de se rendre avant tout à Donetsk et Lougansk pour régler la crise politique qui s'y poursuit. La députée du Parti des régions Elena Bondarenko a remarqué « ce seul fait montre bien qui est le maître de Porochenko ». Washington est le principal organisateur du coup d'Etat sanglant à Kiev du 22 février. Et la délégation américaine conduite par le vice-président Joe Biden sera la plus nombreuse à assister à l'investiture du nouveau président ukrainien.

Quoi qu'il en soit, Porochenko a été élu, et il a été reconnu par l'Occident et l'UE. La Russie sera donc obligée de l'avoir comme interlocuteur, ce qui ne lui simplifie pas la tâche.

Selon le président de Russie Vladimir Poutine, « peu importe l'influence, sous laquelle se trouve Porochenko », pourvu qu'il arrête les opérations punitives contre son propre peuple dans l'Est du pays et se mette à la table des négociations avec les représentants de Donetsk et de Lougansk. Dans son interview accordée à Europe 1 et TF1 Vladimir Poutine a dit que la Russie voudrait que l'Ukraine soit en effet souveraine.

L'activité diplomatique intense en marge des commémorations en Normandie a fait naître l'espoir d'un règlement du conflit en Ukraine. Ainsi, la veille, le ministre des Affaires étrangères de Russie Sergueï Lavrov a rencontré à Paris le secrétaire d'Etat américain John Kerry, affirmant que les Etats-Unis et la Russie sont persuadés que la violence des deux côtés devait s'arrêter, car ce face-à-face ne peut pas durer éternellement.

Les mesures que va entreprendre Piotr Porochenko et sa capacité de gouverner le pays en toute indépendance suscitent des doutes. Porochenko a été élu avant la réforme de la Constitution qui limite sensiblement ses pouvoirs et il n'a pas le soutien du parlement. Le parti Batkivchtchina (Patrie) de Ioulia Timochenko est déjà dans une opposition tacite par rapport au nouveau président. Il n'est pas encore clair quels seront les résultats des élections législatives de l'automne prochain.

Il est vrai que tout au long de sa carrière dans la politique et les affaires, Piotr Porochenko a fait preuve de prouesse et de mimétisme politique. Ce mimétisme lui aidait à remonter régulièrement vers les cimes du pouvoir tandis que ses alliés et adversaires subissaient des défaites l'un après l'autre. Difficile de définir donc l'orientation politique de Porochenko à un moment concret.

Son activité d'entrepreneur est également couverte de brouillard. Le royaume de chocolat Rochen du nouveau président n'est que le sommet de l'iceberg. En réalité la force principale de Piotr Porochenko est le groupe Ukrinvest. Ce dernier lui permet de contrôler les entreprises dans les secteurs tels que la construction navale, le secteur automobile, la métallurgie, la chimie et l'agro-alimentaire. En juin 2014 le magazine Forbes a placé Porochenko à la 6e position au classement des hommes les plus riches d'Ukraine avec une fortune avoisinant 1,7 milliard de dollars. Le problème selon les économistes ukrainiens, c'est que personne ne peut évaluer exactement la fortune du nouveau président ukrainien, tellement il possède de petites et moyennes entreprises regroupées au sein de ses structures.

On a appris récemment que le président élu et le milliardaire ukrainien Piotr Porochenko envisage d'acheter l'usine des constructions expérimentales de Kiev, alors qu'il a promis de vendre tous ses actifs après la victoire avant les élections. L'histoire des rebondissements de ce président-oligarque n'est donc qu'à ses débuts./E

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.


Source : 
http://french.ruvr.ru/2014_06_06/President-dUkraine-une-c...


 

Vidéo : Ukraine : Quand Obama nargue Poutine qu'elle est l'attitude de Poutine à son égard ?

Regardez comment Obama nargue Poutine en riant et quel est le regard grave et noir, et l’attitude nerveuse adoptée par Poutine face à Obama.

 
L'entrevue tant attendue a finalement bien eu lieu, entre Barack Obama et Vladimir Poutine, ce 4 juin, lors des cérémonies. 

Est-ce l'attitude d'une personne qui se dégonfle devant Obama ? 

Poutine et Obama.jpg

Cliquez sur le lien pour voir la vidéo et activez le son

https://vine.co/v/MD5Lu5LKvrT/embed

 

 

 

05/06/2014

Pourquoi il n’y a pas d’intervention militaire russe en Ukraine ?

Pourquoi il n’y a pas d’intervention militaire russe en Ukraine ? Ce qui rejoint les affirmations de Poutine lors de son interview donné à Europe1 et TF: ICI qu'il n'y a pas d'armée Russe en Ukraine.

Pourquoi il n’y a pas d’intervention militaire russe en Ukraine

"Pourquoi il n’y a pas d’intervention militaire russe en Ukraine"

Le niveau des discussions des analystes sur l’Internet russe est parfaitement décrit par ces mots de l’analyste scientifique Simon Uralov : « Il est tout à fait erroné de penser que la crise ukrainienne n’a transformé que nos collègues de Kiev en hystériques assoiffés de sang. Elle a aussi eu cet effet sur beaucoup de nos collègues de Moscou. » Aussi le but de cet article est-il de prendre un peu de recul et d’analyser calmement la situation en Ukraine.

Je vais d’abord apporter quelques éclaircissements nécessaires sur plusieurs sujets qui déchaînent beaucoup d’émotions :

Pourquoi n’y a-t-il pas d’intervention militaire russe ?

Si j’avais écrit ce texte il y a quelques jours, j’aurais dû en consacrer une grande partie à expliquer pourquoi envoyer des soldats en Ukraine était une idée idiote même après le référendum. Heureusement, le chef de la résistance à Slaviansk, Igor Strelkov, l’a fait mieux que moi : dans son message vidéo il a parlé clairement du manque de détermination de la population locale de Lugansk et Donetsk à protéger de manière active ses intérêts contre la junte. Pour devancer l’argument du référendum, je me hâte de dire que c’est certes sympa d’avoir voté en faveur de l’autonomie mais ça ne coûte pas plus cher que de porter un ruban blanc (belolentochnyh) ou d’ajouter un « like » sur facebook et ça ne change rien non plus. Le référendum était certes nécessaire mais pas suffisant.

Dans quelle mesure le Kremlin s’attendait-il à ce qui s’est passé en Ukraine, et dans quelle mesure improvise-t-il encore ?

Je vous conseille de lire le télégramme révélé par Wikileaks : https://wikileaks.org/plusd/cables/08MOSCOW265_a.html , qui montre que le Kremlin avait prévenu les Américains en 2008 de ce qui se passe aujourd’hui : « Des experts nous disent que la Russie est très inquiète des fortes divisions qui règnent en Ukraine concernant l’adhésion à l’OTAN du fait que les russes ethniques sont majoritairement contre ; ces profondes divisions pourraient entraîner des heurts et même une guerre civile. Si cela arrivait, la Russie aurait à choisir d’intervenir ou non ; un choix que la Russie ne veut pas avoir à faire ».

C’est logique d’assumer que ce qui s’est passé n’a donc pas surpris le Kremlin et que nous nous trouvons maintenant dans un scénario encore plus désagréable et moins nuancé.

Pour comprendre ce que le Kremlin va faire il faut d’abord préciser les objectifs :

  • Ne pas laisser l’Ukraine entrer dans l’OTAN.
  • Ne pas laisser s’établir en Ukraine un régime russophobe
  • Ne pas permettre le génocide de la population russe du sud-est.

Il faut atteindre ces trois objectifs tout en réorientant l’économie russe vers l’Asie sans qu’elle se détériore au passage et en empêchant en même temps les Etasuniens de nuire à l’économie européenne.

Comment atteindre tous ces buts en même temps ?

Commençons par le scénario le plus simple, et voyons quels sont ses inconvénients. L’armée russe entre en Ukraine et en quelques jours arrive à Kiev et prend toute l’Ukraine. Les « Patriotes » jubilent, il y a des parades sur le Khreschatyk, etc.

Apparemment les trois buts ont été atteints mais ensuite on doit faire face aux problèmes suivants :

1. Dans l’Union Européenne où l’élite économique a fait de son mieux pour empêcher les politiciens de prendre des sanctions contre la Russie, le « parti de la guerre » (c’est à dire le parti des Etats-Unis ou plutôt le parti de la « Pax Americana ») triomphe. Les sanctions pleuvent sur la Russie ; certes elles ont avec effet boomerang sur l’économie européenne qui tombe en récession. Mais tout cela n’est bon pour personne.

Dans ce contexte, les Etasuniens n’ont aucun problème a faire signer aux Européens leur Traité de commerce transatlantique et d’investissement qui fait de l’UE une succursale des Etats-Unis. Les négociations sur le traité sont en cours et pour les Etasuniens l’entrée des soldats russes en Ukraine serait un merveilleux cadeau. Les sanctions contre la Russie détruiraient les entreprises européennes et la suppression des barrières douanières les achèverait. Au bout du compte l’UE se retrouverait à peu près dans le même état qu’après la guerre ; les Etats-Unis, tout joyeux, absorberaient joyeusement les marchés européens sans avoir affaire à la moindre concurrence. Il est clair que celui qui s’est fait avoir, ce n’est pas l’Amérique. Au fait, l’argument selon lequel les politiciens européens ne laisseraient pas l’UE commettre un suicide économique ne tient pas. Les Euro-bureaucrates n’en sont pas capables comme on peut le voir tous les jours.

2. Outre le fait que le Kremlin rendrait alors un grand service à Washington, nous devons nous pencher sur ce qui arriverait à la Russie.

  • Si des sanctions étaient prononcées contre la Russie avant que le contrat de 30 ans avec la Chine ne soit signé, la Chine serait en position de force pour négocier. Et même en position d’exercer un chantage.
  • Si des sanctions étaient imposées à la Russie avant que ne soit signé avec l’Iran le contrat sur le pétrole qui permettra à Rosneft de contrôler 500,000 barils de plus par jour, l’Iran serait en position de force pour négocier.
  • Toutes les négociations pour importer même ce dont nous avons besoin maintenant seraient plus dures et tout serait beaucoup plus cher.
  • Si des sanctions étaient imposées avant de signer l’accord pour créer la Communauté Economique Eurasienne, imaginez quels atouts cela donnerait à Lukashenko et Nazarbayev contre Poutine. Un peu plus et Moscou serait obligé de payer pour son pétrole pour créer l’EurAsEC.

3. C’est la Fédération de Russie qui devrait assumer le coût de la reconstruction de l’économie ukrainienne et sa dénazification avec le problème de combattre des nazis soutenus et aidés de l’extérieur. Bref, il est évident que ce scénario profiterait grandement aux Etats-Unis et à la Chine. Sans compter que, pour toute reconnaissance, la Russie aurait rapidement à subir les malédictions des « généreux » Ukrainiens furieux de « vivre sous occupation ».

Quelles sont les échéances sensibles ?

1. Le contrat de gaz avec la Chine -mai juin (signé le 21 mai !)

2. Le contrat pour le pétrole avec l’Iran cet été. (la raison pour laquelle les USA ont levé l’embargo c’est que Rosneft a beaucoup de partenariats avec BP et aucun avec Exxon Mobil. Où le pétrole va-t-il ? En Chine).

3. Important ! Les élections au Parlement Européen où il y aura beaucoup de votes eurosceptiques alliés de la Russie. Après l’élection le parlement européen sera recomposé et il sera plus facile de travailler avec lui – 25 mai. Encore plus important ! Les nouveaux députés poseront moins de problèmes pour la construction du gazoduc South Stream.

4. Rassemblement de tous les documents, permis, etc. nécessaires pour la construction de South Stream – Mai. A tout cela s’ajoutent des processus tout aussi importants qu’il est plus difficile de programmer dans le temps d’une manière précise :

  • La transition vers des transactions en roubles dans le domaine de l’énergie. Le pétrole et le gaz ne sont pas des pommes de terre : ils font l’objet de contrats sur le long terme qu’on ne peut pas modifier unilatéralement ni rapidement.
  • La transition vers des cotations en roubles à la bourse russe pour le marché de l’énergie – c’est un travail de titan ne serait-ce que parce que cela n’a jamais été fait.
  • Un système russe de paiement électronique.
  • La recherche d’importations de substitution et/ou l’amélioration de notre coopération avec des fournisseurs asiatiques (dans le calme et l’ordre).

La liste n’est pas finie et le Kremlin voit beaucoup plus loin.

Il faut ajouter les intéressantes initiatives du très entreprenant ministre russe des Affaires Etrangères. Par exemple, le Vice Ministre Karasin était à Doha le 6 mai où il a rencontré toute l’élite qatari. Les résultats ont été spectaculaires. Selon le ministre des Affaires Etrangères, l’émir qatari a dit qu’il appréciait la « politique régionale cohérente de la Fédération Russe », ce qui est très surprenant de la part d’un pays qui n’est pas seulement un allié des Etats-Unis et la branche politique d’Exxon Mobil au Moyen Orient et un opposant à 100% de la Fédération de Russie en Syrie. En fait, le rêve américain de remplir le monde de gaz bon marché est une sentence de mort pour le Qatar et ses élites. Le Qatar a besoin que le gaz soit très cher pour maintenir sa puissance régionale. Pendant cette visite à Doha, « l’accent a été mis sur l’accélération de la coordination du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) », le prochain sommet (en voilà une coïncidence !) se tiendra au Qatar. Le Forum des pays exportateurs de gaz est une organisation qui inclue des pays comme la Russie, l’Iran, le Qatar, le Venezuela, la Bolivie et d’autres exportateurs et que le Kremlin essaie en vain depuis longtemps de transformer en l’équivalent gazier de l’OPEC. On dirait que le bon moment est arrivé pour constituer un cartel du gaz. D’abord les trois plus grands exportateurs de gaz : la Russie, le Qatar et l’Iran ont des intérêts communs et devraient pouvoir travailler ensemble pour dominer le marché du gaz naturel liquéfié (GNL) et du gaz par pipeline. Ce cartel même en format réduit (seulement la Fédération de Russie, le Qatar, et l’Iran) contrôlera au moins 55% des réserves de gaz mondiales et aura la possibilité d’influencer grandement les marchés de l’énergie de l’UE et de l’Asie. Ce projet sera naturellement difficile à mettre en place et se heurtera à une grande opposition, on ne peut pas être certain que ça marchera mais c’est important de voir que Moscou mène un vigoureux combat stratégique contre les Etats-Unis.

J’espère qu’on voit mieux maintenant ce que fait le Kremlin et quel parti il essaie de tirer de la situation ukrainienne.

Revenons aux problèmes directement reliés à l’Ukraine : on voit que même la mise en place de tous ces grands projets de politique extérieure ne permettra pas de dénazifier Kiev et de garantir que les troupes russes ou que l’armée rebelle de Novorossia soient accueillies à bras ouverts dans le centre du pays. Si l’armée de Novorossia a déjà des difficultés à mobiliser à Lugansk et Donetsk, ce sera encore plus difficile dans les régions zombifiées. Toutefois il semble qu’on verra bientôt apparaître sur le champ de bataille dans le camp de la Fédération de Russie le Colonel Famine et ses forces spéciales Giperok (« Hyperinflation »), ce qui modifiera considérablement l’équilibre des pouvoirs.

L’économie ukrainienne est fichue. Etant donné les mauvaises semailles de printemps, les récoltes détruites par le gel, le manque de crédit, les problèmes avec le gaz, l’augmentation du prix du pétrole, on peut dire sans risque que l’économie est en train de s’effondrer. Personne ne donnera un sou à la junte, pas même le FMI qui lui a promis environ 17 milliards de dollars (exactement 50% de ce dont l’Ukraine a besoin pour cette année), mais dans le contrat il y a une « clause de sauvegarde » : si Kiev ne parvient pas à contrôler toutes les régions alors Kiev ne reçoit pas un sou. La faim, le froid et l’inflation galopante devraient affaiblir la junte et dégriser les « généreux » Ukrainiens : ils ne se mettront sûrement pas à aimer la Russie mais ce n’est pas nécessaire. Ce qui est nécessaire c’est qu’ils regrettent le bon vieux temps où Ianoukovych était au pouvoir. Le chaos inévitable et l’effondrement total des structures sociales doublé d’une guerre civile de faible intensité garantit que l’OTAN n’acceptera pas l’Ukraine en son sein parce que l’Europe serait elle-même aux premières loges et d’ailleurs, même aux Etats-Unis, il y a des politiciens plus ou moins modérés qui refuseront de bouger sachant pertinemment que cela n’apporterait pas la victoire aux Etats-Unis mais conduirait à la guerre nucléaire.

De plus dans le contexte de l’effondrement de l’économie, les mineurs, les ouvriers de l’industrie métallurgique et d’autres travailleurs qui actuellement restent au travail pour ne pas perdre leur emploi et espèrent passer à travers les gouttes en restant à l’écart des problèmes politiques et économiques, devront prendre parti et se positionner pour ou contre la Nouvelle Russie. Et ils devront sans doute prendre les armes.

A ce moment-là la junte de Poroshenko, soutenue par l’Union Européenne, sera obligée de négocier avec Moscou, de faire des concessions et d’accepter des compromis. La nouvelle Commission Européenne qui a besoin de paix et de stabilité à l’est pour assurer le transit du gaz incitera Poroshenko à le faire. Et Poroshenko y sera aussi contraint par les soulèvements sociaux, le Colonel Famine et le Saboteur Hyperinflation.

Tous ces facteurs additionnés ouvrent de grande opportunités au Kremlin pour reformater l’ancienne Ukraine en fonction des intérêts de la Fédération de Russie. C’est précisément ce scénario que les Etats-Unis essaient d’empêcher et c’est pourquoi ils font tout ce qu’il peuvent pour aggraver le conflit et provoquer un bain de sang.

Si on ajoute, au temps nécessaire à la famine pour faire son oeuvre, le temps nécessaire pour mettre en place les partenariats avec la chine, l’Iran, sortir du dollar, réorienter les importations, etc. (grosso modo) on arrive à la conclusion qu’il faut de 5 à 9 mois (c’est à dire décembre, la même échéance qui avait obligé Ianoukovych à négocier) pour que la Russie tire le maximum d’avantages de la crise ukrainienne et des autres problèmes actuels. Pendant cette période, l’intérêt russe est de faire durer la guerre civile en Ukraine (par ex, en soutenant les forces rebelles) et idéalement, en plus de la guerre civile, d’entamer d’interminables négociations en Ukraine avec la participation d’observateurs internationaux, quelque chose comme 2 +4, par ex :Poroshenko + Tsarev + Russie, UE, ​​OSCE, USA.

La touche finale :

Ces derniers mois, les Etats-Unis ont lentement réduit l’activité de leur planche à billets de 85 à 55 milliards dollars par mois. Beaucoup de gens (*) s’attendent à ce que la machine à billets soit arrêtée vers la fin de l’année. Toujours en ce même mois de décembre. Parce que même si le dollar est la monnaie internationale, on ne peut pas en imprimer indéfiniment – c’est impossible. Selon diverses estimations, les Etats-Unis ont déjà presque épuisé la « puissance de réserve » du dollar qui leur a permis jusqu’ici de faire n’importe quoi avec leur machine à billet. De plus, la conséquence inévitable d’un tel tour de passe-passe est de réduire les taux de rendement des bonds du trésor étasunien ce qui, d’un côté, allège la dette de Washington mais, d’un autre côté, étrangle le système de retraites et d’assurance maladie étasunien qui est basé sur la rémunération de ces bonds. Bref, d’ici à la fin de l’année les Etats-Unis ont le choix entre faire exploser leur système social en continuant d’imprimer des billets de banque ou réduire drastiquement leur appétit pour préserver la stabilité intérieure. Si l’on en juge par la réduction de la quantité de dollars mis en service, Washington a décidé qu’il était plus important d’empêcher l’explosion que de poursuivre une politique étrangère ambitieuse.

Maintenant complétons le tableau avec quelques prédictions :

  • L’Amérique va essayer par tous les moyens d’aggraver la crise en Ukraine pour affaiblir la Russie et se rendre maître de tout le marché européen avant de débrancher ses imprimantes à billets.
  • Le Kremlin va essayer de faire passer la crise ukrainienne de l’état d’ébullition à l’état chronique – guerre civile plus négociations qui traînent en longueur sur fond de faillite économique de l’Ukraine. Le Kremlin va profite du temps dont il dispose pour se préparer à la confrontation directe avec les Etats-Unis – la sortie du dollar dans ses transactions avec la Chine, l’Iran, le Qatar, la création de la Communauté Economique Eurasienne (CEE), etc.
  • La crise prendra fin en décembre 2014, peut-être avant si les Etats-Unis cessent d’exacerber le conflit.
  • Et s’ils ne cessent pas ? Alors… un grande guerre… une guerre pour les ressources, parce que le boom du gaz de schiste (**) n’était qu’une bulle comme les autres.

worldcrisis.ru

Notes :

(*) (e.g. http://www.reuters.com/article/2014/04/27/us-usa-fed-idUS...)

(**) Voir l’article de William Engdahl « Washington shale boom – bust »

Traduction : Dominique Muselet

Source : www.oulala.info

Par le Réseau International