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27/09/2015

Pourquoi Israël craint-il la présence militaire russe, en Syrie ?

Y-a-t-il de quoi s'arracher les cheveux pour Netanyahu?

Y-a-t-il de quoi s'arracher les cheveux pour Netanyahu?

IRIB- Le régime israélien craint que le renforcement de la présence militaire russe, en Syrie, n’ait un effet négatif, sur ses systèmes militaires et défensifs, jusqu’à les rendre inutiles et inefficaces.

Le site d’informations et d’analyses israélien, Walla, a publié une analyse, sur les craintes du régime de Tel-Aviv, par rapport à l’installation d’armements et d’équipements militaires sophistiqués russes, en Syrie.

Walla a ajouté : «La délégation israélienne, présidée par le Premier ministre Netanyahu, s'est rendue, à Moscou, pour s’entretenir avec les autorités russes. Le chef d’état-major de l’armée israélienne a accompagné Benyamin Netanyahu, pendant ce voyage. Cela indique que les pourparlers avec les autorités russes sont très sensibles et portent sur la sécurité des frontières du Nord d’Israël. Cette sensibilité augmentera, quand on sait que la Russie développe sa présence, sur le territoire syrien, pour se battre contre les membres de Daech».

Citant des sources proches des services de sécurité d’Israël, le site Walla estime que l’une des inquiétudes de Tel-Aviv est liée à la possibilité de l’installation de systèmes d’alerte, en Syrie, par l’armée russe.

L’armée russe aurait installé, récemment, un système d’alerte, en Syrie, et aurait obtenu des informations importantes concernant les mouvements et les manœuvres des militaires israéliens, dans le Nord de la Palestine occupée. Après la révélation de cette nouvelle, une source israélienne a fait entendre que le gouvernement de Tel-Aviv s’est dit prêt à négocier avec les responsables militaires russes. Dans ce cadre, les adjoints des chefs d’état-major des armées russe et israélienne se rencontreront, dans deux semaines.

Walla a ajouté que le gouvernement américain a compris, quant à lui, qu’il n’y a pas d’autre chose à faire que d’essayer de faire les coordinations nécessaires avec la Russie, sachant que Washington ne pourra plus peser sur la décision du Kremlin.

L’inquiétude principale des commandants militaires israéliens vient du fait que, dans un proche avenir, les systèmes très sophistiqués que les Russes ont installés, en Syrie, pourront affecter les systèmes radar d’Israël, et créer des interférences, pour perturber les systèmes de télécommunication, en Palestine occupée. Les nouvelles installations des Russes pourront viser, directement, des systèmes d’alerte et de contrôle des Israéliens.

Le renforcement de la présence de la marine russe, en Méditerranée orientale, est une autre source d’inquiétude, pour les dirigeants du régime sioniste, notamment, en ce qui concerne les mesures que les Russes pourront prendre, pour perturber les opérations de l’armée israélienne, pour collecter des informations. En outre, une présence renforcée de la marine russe, dans cette région, réduira la marge de manœuvre de la marine israélienne, dont l’une des missions principales est de collecter les informations nécessaires, dans le domaine de la sécurité. Pire encore, la survenance d’affrontements éventuels entre les forces militaires russes et israéliennes.

A ce propos, une source militaire russe a estimé que la Russie et Israël ont un intérêt commun, c’est-à-dire, la lutte contre les groupes terroristes extrémistes, dans la région, et que les dirigeants du régime sioniste doivent investir, dans ce domaine, afin d’empêcher une confrontation avec Moscou. Pour le moment, les experts israéliens estiment que l’armée russe préfère, pour le moment, gérer le combat contre Daech, en comptant sur les capacités de son armée de l’air, sans intervenir, directement, dans les combats, en Syrie.

En revanche, les éléments de Daech, qui sont présents, aux alentours de Damas, et essaient de se rapprocher des zones côtières de la Syrie, pourront essayer d’infliger des dégâts aux forces armées russes, en Syrie.

Les dirigeants israéliens s’inquiètent d’une autre chose, aussi : les experts militaires russes sont, régulièrement, en contact avec les experts militaires syriens, iraniens et du Hezbollah libanais, c’est-à-dire, les forces qu’Israël considère comme ses ennemis.

 

26/09/2015

Nasrallah:la présence militaire russe en Syrie changera le cours de la bataille

Apparemment tout le monde est heureux de la présence Russe en Syrie et les USA prennent aussi quelques humiliations à cause des rebelles qu'ils ont formés et qui feraient défection.

Nasrallah: la présence militaire russe en Syrie changera le cours de la bataille

26-09-2015 - 00:27

 

Dans une interview exclusive sur la chaine satellitaire libanaise alManar, le SG du Hezbollah Sayyed hassan Nasrallah a évoqué diverses questions régionales et locales.. Il a révelé les coulisses des négociations de Zabadani, il a parlé de la position du Hezbollah concernant le renforcement  la présence russe en Syrie,  il a évoqué les évolutions au Yémen, la situation à Bahrein..mais aussi la question de la mosquée d'alAqsa et les répercussions régionales sur l'entité sioniste...

Au niveau local, son  éminence a expliqué la position du Hezbollah envers la candidature présidentielle du général Aoun, évoquant la question des législatives en soutenant comme solution une nouvelle loi électorale fondée sur la proportionnalité. Pour conclure sur les questions sociales notamment la corruption, il a révélé pour la première fois  la position du Hezbollah envers le mouvement de protestation populaire des jeunes qui se déroule au Liban..

L’incident du pèlerinage

Dans un premier temps, il a d’abord regretté la tragédie qui a frappé le pèlerinage de la Mecque, estimant que cet incident est d’abord une tragédie humaine et une tragédie pour les musulmans en particulier.


Il a mis en garde contre la tentative d’inscrire cet incident dans le cadre du conflit politique qui sévit dans la région et dans lequel l’Arabie-saoudite fait  partie de par ses guerres qu’elle mène directement ou indirectement contre le  Yémen, le Bahreïn, en Syrie...« Mon  approche est différente, il faut rappeler que l’Arabie se doit être la garante de la sécurité de ce pèlerinage.  C’est elle qui assume cette lourde responsabilité et refuse à quiconque de l’aider dans cette mission. Or, selon une lecture chronologique des incidents qui ont eu lieu à la Mecque lors de chaque pèlerinage , comme par exemple en  2006 , 300 pèlerins sont morts  à cause des bousculades, en 2002 il y a eu aussi des morts à cause des bousculades et dans les années 90 ..Tout cela prouve que l’organisation du pèlerinage est mauvaise et qu’il faut prendre des mesures..


De toute façon,  l’Arabie a annoncé son intention de former  une commission d’enquête et il est important que cette dernière soit composée de délégués des pays qui ont perdu des gens lors de cet incident tragique comme l’Iran et le Maroc qui ont le plus perdu de gens..

Concernant les mesures,  cet incident  remet  en cause  toute la direction saoudienne, mais l’Arabie refuse  toute autre direction que la sienne .. on peut alors proposer comme solution une supervision sur cette direction composée de plusieurs pays musulmans dans le cadre de l'Organisation de la Conféence islamique, tout en gardant la direction purement saoudienne.  Mais ce qui est certain c’est que l’Arabie ne peut plus se permettre de refuser aux autres pays musulmans de l’aider  dans cette mission..

Le renforcement de la présence russe militaire en Syrie

Interrogé sur sa définition du Hezbollah, compte tenu des grandes modifications qui sont intervenues dans son rôle, avce la crise syrienne, il a répondu que c'est un parti libanais qui jouit d’une certaine influence sur des   questions régionales, cette influence nous la tenons aussi du fait de nos alliances avec certains pays..


L'évolution des évènements en Syrie est en notre faveur et logique pour diverses raisons.


D’abord,  il faut retenir la résistance d’un peuple durant cinq années dans une guerre universelle menée contre la Syrie  pour renverser le régime de Bachar alAssad, il faut retenir la résistance de son armée, mais aussi de ses alliés.. La résistance est un facteur essentiel..

Ensuite, il y a les causes de l'échec de cette guerre comme par exemple  l’échec de la stratégique d’Obama dans la lutte  contre Daech.. Les Etats-Unis ont formé des combattants, ils ont mené des raids aériens, ils ont formé une coalition internationale..  Et ils ont échoué partout.. Et même si les hommes armés de Daech et les takfiristes enregistrent des progressions sur le terrain ici ou là, cela ne signifie aucunement qu’ils ont remporté la bataille sur le terrain..

De plus il y a les conséquences des évolutions en Syrie, dont entre autre  le retour des combattants étrangers à leurs pays d’origine.. Ou encore, la question des migrants, ces migrants qui se rendent en Occident dont les pays se vantent de défendre les droits de l’homme et ne peuvent donc pas fermer leurs frontières. Donc il faut régler le problème à la racine, en stoppant la guerre en Syrie.. Ces conséquences influent sur le cours de la guerre..


Autre échec américain: l’accord nucléaire. Les Etats-Unis ont cru que l’Iran négociera la Syrie  en échange de l’accord.. Et donc, ils ont pensé que cet accord offrira l’occasion d’éloigner l’Iran de la Syrie.. ils se sont trompés car l’Iran a insisté pour que cet accord se limite exclusivement au dossier nucléaire..

Puis, un nouveau facteur survient : la décision de la Russie de renforcer sa présence militaire en Syrie. Il ne s’agit pas d’un renforcement consultatif ou d’expertise mais au niveau de la participation au combat..

Pourquoi cette intervention en ce moment?

Il faut se rappeler que la Russie a toujours soutenu la Syrie : notamment à l’ONU en posant son veto contre tout résolution dirigée contre la Syrie  . Mais aussi , la Russie a respecté ses contrats de livraison d’armements, elle a des experts militaires en Syrie, donc elle était présente au niveau logistique..Ce n’était pas  une présence au sens combatif.. Malgré cela les Etats-Unis ont misé  sur l’Arabie et la Turquie  pour convaincre la Russie d’abandonner la Syrie en tentant de la séduire par tous les moyens, mais en vain... certains ont même pensé que la Russie n’avait pas de position nette envers le régime de Bachar al-Assad..

Alors,  qu’est-ce-qui a changé ? ..

Il y a la question ukrainienne. Aussi la question nucléaire et ses répercussions sur la question du bouclier américain. Les Etats-Unis  insistaient pour déployer leur bouclier antimissile en Europe en avançant comme cause de la protéger  contre l’Iran.. Mais avec la signature de l’accord, la menace iranienne n’existe plus et le déploiement de ce système n'est plus justifiée. La Russie a exigé le démantèlement de ce système de bouclier, mais les Etats-Unis ont refusé;  ce qui a renforcé les suspicions de la Russie envers les USA.

Il y a aussi la menace des islamistes tchétchènes qui  ont combattu avec Daech et le Front alNosra et qui sont retournés en Russie..

Selon mes informations depuis un certain temps, des discussions ont eu lieu entre la Russie, la Syrie, l’Iran et l’Irak afin de créer une forme de nouvelle alliance de lutte contre le terrorisme..  
Ce qu’il  faut retenir dans la position russe c’est qu’elle ne parait plus ambigüe   envers la Syrie..

Nous en tant que Hezbollah,  nous accueillons toute puissance qui renforce ce front et qui nous aide à repousser la menace du terrorisme et donc le facteur  russe est positif et aura d’importantes répercussions..

Certains ont tenté de montrer que cette force russe vient au secours  de la Syrie , ce n’est pas vrai, ce renforcement est  le résultat de mois de discussions.. et ce renforcement n’a aucune impact sur l’influence iranienne en Syrie, tout simplement parce qu’il n’y a pas d’influence iranienne en Syrie et donc il n’y a pas de compétition entre l’Iran et la Russie.. Tout ce qui importe pour l’Iran c’est d’empêcher la Syrie de tomber entre les mains de Daech..

La présence de la Russie en termes militaires se traduit en chasseurs ultra- performants, en missiles ultra-précis, en des moyens militaires technologiques sophistiqués, sans compter  des  équipes et des unités.. nous savons que ces éléments seront très influents  dans toute bataille à venir..


Cette présence peut évoluer car la Russie a affirmé que si la Syrie lui demande de combattre à ses cotés, elle sera prête..


Les coulisses de l'accord de Zabadani

Interrogé sur l'accord conclu sur une trêve de six mois entre Zabadani conquise dans majeure partie par le Hezbollah et l'armée, et les deux localités loyalistes de la province d'Idleb, Fouaa et Kafraya, encerclées par les miliciens de Jaïch al-Fateh, une coalition dont la colonne vertébrale est la branche d'al-Qaïda en Syrie, le front al-Nosra, il a précisé: 

Il y a des objectifs communs au Liban et à la Syrie et cela a commencé avec la bataille de Qalamoun en passant par la province  de Ersal.. Notre souci est de protéger toutes nos frontières;  nous nous sommes engagés dans la bataille de  Qalamoun car nous savions que les voitures piégées étaient confectionnées là-bas..

Ensuite, il y a eu Qalamoun 2 c’est-à-dire la libération des environs de Qalamoun où notre but était de prendre le contrôle des collines et des montagnes pour resserrer l’étau autour des hommes armés...

Ensuite il y a eu Zabadani,  cette dernière était devenue le refuge de tous les takfiristes de la région et a représenté une menace pour la route de Damas,  une voie vitale pour le Liban.. la bataille de Zabadani ressemble à celle de la bataille de Qalamoun dans ces objectifs..

Après deux semaines depuis le début de l’opération,  la situation des miliciens  était devenue très difficile.. Le terrain était contrôlé par l’armée syrienne et le Hezbollah.... alors ils ont appelé au secours à leurs chefs  qui ont pensé faire pression en changeant l’équation de Zabadani et  en y rajoutant Fouaa et Kafraya ..

Je puis vous confirmer que la bataille de Zabadani pouvait se conclure rapidement.. mais nous avons estimé après consultation avec l’armée syrienne que cette nouvelle équation offrait  une occasion pour libérer Fouaa et Kafraya qui était encerclée depuis sept mois..

L’armée syrienne  s'est alors chargé de trouver une solution pour Fouaa et Kafraya et libérer leurs habitants..c'est ainsi qu'il a été décidé de prolonger la bataille de Zabadani tout en essayant en même temps de parvenir à  un accord Sur Fouaa et Kafraya..

L’objectif était que Zabadani ne devait pas tomber, tout en restant en même temps une carte pour négocier sur le sort de ces deux localités. .. 

Et donc contrairement à ce que nous avons fait dans la bataille de Qalamoun où nous avons laissé une issue de sortie aux hommes armés  en échange de leur abandon de la bataille, nous n'avons gardé aucune possibilité de sortie pour les hommes armés à Zabadani et ce dans le but de  libérer Fouaa et Kafraya..

Les négociations de Zabadani ont commencé d’abord avec de De Mistura qui s’est rendu en Iran en tant que représentant de l’opposition : elle  lui a demandé d'exiger un arrêt des bombardements  contre Zabadani en échange d’un arrêt des bombardements contre  Fouaa et Kafraya.. les Iraniens ont répondu qu’il n’état que des médiateurs pour la Syrie et donc le négociateur essentiel est la Syrie..
 

Ensuite, il y a eu des réunions en Turquie entre le médiateur iranien, celui de l’ONU et les représentants des hommes armés. Les Turcs n'étaient pas présents, et leur rôle était plutôt absent. Les médias se sont trompés en parlant de supervision turque..

L’accord a règlé les problèmes de  toutes les parties. Sans la bataille de Zabadani, les milices armées n'araient jamais rendu Fouaa et Kafraya,  surtout que certains cheikhs takfiristes diffusaient des fatwas sur le sort réservé aux habitants de ces deux localité, pour qu’ils se rendent..

A cette occasion je salue  la résistance des gens de Fouaa et Kafraya ainsi que la détermination de l’armée syrienne à ne pas les abandonner ..

La bataille de Zabadani a imposé une nouvelle équation aux milices armées..leurs combattants à Zabadani étaient encerclés  ils n'avaient guère plus le choix : soit ils se font tuer , soit ils doivent se rendre..

En fait, les opérations sur le terrain ont donné une marge de manœuvre pour  les négociations et l’armée syrienne a facilité les négociations..la difficulté venait surtout de leurs conditions impossibles comme par exemple ils demandent la libération de mille détenus alors qu’il n’y en a pas autant..

L’accord comprend deux étapes :

La première étape : tous les combattants sortent de Zabadani et cette dernière se retrouve sous le contrôle de l’armée syrienne . Les hommes armés et leurs blessés sortent vers Idlib et les civils de Zabadani ont le choix de sortir ou de rester..en échange 10 000 civils pourront sortir de Fouaa et Kafraya.. ils peuvent partir où ils veulent… un cessez le feu est accompagné d’une  trêve de six mois qui concerne la région de Zabadani et de ses environs …
Des aides médicales et des services humanitaires seront acheminées par les voies principales ..

Cet accord est garanti par l’Onu.. un calendrier a été  défini et chaque partie est sérieuse pour l’exécuter..
Ce qui nous importe c’est la question humanitaire à Fouaa et Kafraya..et que  Zabadani soit sous le contrôle syrien..

Quant à la deuxième étape : ses discussions concernent  les autres zones de Fouaa et Kafraya et la question des détenus des deux cotés ..

Les pertes humaines dans  la bataille de Zabadani ont été exagérées par les médias ainsi la télévision du courant du futur a parlé depuis quelques jours de la mort de 17 de nos combattants.. nous estimons que  le cout humain est normal car le nombre des miliciens est important.. c’est une bataille normale..

Un dernier mot : quand la nouvelle équation s’est imposée , les martyrs qui sont tombés des comités populaires,  de l’armée et de la résistance sont les martyrs des négociations de Zabadani et de la libération  alFouah Kefraya..

Cette bataille n'est pas du tout source de joie pour nous. Elle nous est imposée. Contrairement au fait de combattre les israéliens qui procure de la satsifaction et de la fierté. Combattre un arabe ou un musulman  est plutôt source de tristesse.. Mais si c’était à refaire, nous l'aurions mené plus tôt..car nous avions bien raison dans toutes les mises en garde que nous avons faites ..


Nous ferons partie de toute action visant à défendre alAqsa

Interrogé sur les derniers évènements qui ont lieu à la mosquée al-Aqsa et l'Esplanade des mosquées, et les violations des colons sionistes, il a répondu:

L’entité sioniste reste toujours le premier bénéficiaire de ce qui se passe dans la région.. Les israéliens ont défini deux options: soit la Syrie de Bachar alAssad  reste et donc c’est l’axe de résistance qui reste(...) Si la Syrie s'en sort victorieuse elle sera une menace stratégique pour Israel ..

Soit la Syrie tombe entre les mains des miliciens de Daech, cela signifie que la Syrie ne sera plus une menace car les forces takfiristes s’entretueront indéfiniment. Et si elles décident d’attaquer Israël, il est facile pour ce dernier de les frapper.

Donc  pour Israël, le deuxième choix est le meilleur..
Raison pour laquelle lorsqu'on parle désormais dans les milieux internationaux de la nécessité que Bachar alAssad reste au pouvoir, ceci ne rend pas du tout Israël heurex, car cela signifie une victoire de la Syrie et donc celle de l’axe de la résistance..


Je pense que la visite de Netanyahou en Russie  consiste à savoir jusqu’où Poutine est capable d’aller. Les Israéliens craignent que les armes russes    livrées à  la Syrie ne tombent  entre les mains du Hezbollah sans compter que  la présence militaire  russe en  Syrie réduira la  marge de manœuvre des forces de l’air  israéliennes  dans la région..et donc rien ne sera plus comme avant..


Concernant alAqsa , Israël profite de ce qui se passe dans la région pour poursuivre sa politique de judaïsation et de colonistaion..  quand j’ai accusé dans l’un de mes discours les arabes d'avoir  vendu la question palestinienne, les israéliens ont répondu que c’est vrai.. pour les israéliens il n’y a pas de monde arabe.. alAqsa est  menacée de destruction et de démolition mais les israéliens  savent que cela  risque d’être couteux. C’est pourquoi ils violent la sainteté d’alAqsa .. la prière de la fête d’alAdha  est une forme de résistance.. les israéliens appréhendent au cas où alAqsa est réellement menacée, que cela ne risque d’évoluer de manière dangereuse.. et donc d’exploser dans la face d’Israël..

La guerre contre Israël n’est pas  irrémédiable même si les israéliens insistent sur sa fatalité.. ils en parlent   dans le cadre de la guerre psychologique et aussi pour garder leur armée en état d’alerte continu.. Cela dit la probabilité de la guerre est toujours importante et cela nous impose d’être toujours préparé   à défendre notre peuple. .. Nous tenons compte des pires probabilités.. car nous savons qu’Israël peut déclencher la guerre quand il le veut et sans  raisons.. et donc nous devons être à tout moment prêts..


Pour ce qui est d’alAqsa nous ferons partie de toute action visant à le défendre mais ce n’est pas le moment d’en parler..

 

Le Yémen


L’avenir du Yémen semble dépendre de la bataille de Ma'reb surtout que l’Arabie et les pays arabes ont concentré leurs forces et multiplié leurs opérations pour la garder sous leur contrôle.. selon mes informations ils ont apporté des combattants de nationalités différentes comme ils l’ont fait en Syrie..

La résistance de l’armée yéménite et des forces populaires (Ansarullah, ndlr)  a infligé aux forces de la coalition saoudienne de cuisants échecs..  cela peut ouvrir les portes des négociations..

Ma'reb va dessiner l’avenir de la crise du Yémen.. il faut se rappeler que cela fait six mois que l’armée et les forces populaires sont encerclées par des armées, attaquées par des  armes super sopgistiquées etc .. malgré cela, elles ont réussi à pénétrer à l’intérieur de l’Arabie et se sont même emparées de certains villages..

Les images qui montrent une armée saoudienne qui abandonne ses positions et ne défend pas son territoire prouve que l’armée saoudienne n’est qu’une force de l’air..

Aujourd’hui  l’armée yéménite  et les forces populaires  combattent mieux qu’avant. La complexité du terrain a changé mais l’avenir de toute négociation dépend des évolutions sur le terrain.. La solution politique existe mais l’Arabie l'empêche ...

La guerre au Yémen est différente de celle en Libye où le conflit est purement interne.. Depuis le début , il y a une oppression exercée contre un peuple qui n'a fait dès le début que réclamer un partenariat et la paix avec tous ses voisins.. ce peuple a été  puni à cause de sa position politique, et aussi de son soutien à l’axe de la  résistance, car sa ligne politique est opposée à l’axe américain .. C’est ce qui nous a poussé à soutenir le Yémen car la bataille est liée a la question palestinienne , à la résistance..

Le Bahreïn :


Depuis le début du mouvement de protestation, l’oppression envers ce peuple était motivée par le confessionnalisme, car on a attribué à sa révolution une couleur confessionnelle et on a misé sur le désistement du peuple,  sous la pression des mesures de répression..

Le prince Nayef  avait proposé comme solution pour le Bahreïn que les gens rentrent chez eux.. alors que le régime syrien avait accepté de s’assoir autour d’une table pour discuter de leurs revendications..Mais, à Bahreïn, le régime saoudien a imposé une autre solution .... il est normal que le régime du Bahreïn soit aujourd’hui dans l’impasse … Tôt ou tard, il sera confronté à une  réalité incontournable: celle de discuter avec le peuple et de répondre à ses revendications..

Le Liban:

La table ronde  offre l’espoir de trouver des solutions.. mais  pas dans tous les dossiers mais la table a un but..  elle est l’idée de Nabih Berri et on l’a encouragé dans le cadre de trouver une solution à la crise mais certes pas pour faire passer le temps ..

L’Iran  ne s’ingère pas au Liban c’est nous qui décidons au Liban "en libanais" et donc il n’y a pas de priorité libanaise pour les iraniens ..

Concernant l’Arabie c’est différent car l’Arabie s’ingère  dans les affaires internes du Liban et suit les détails et  s’impose  sur ses  alliés locaux..

Le fait de choisir comme  candidat le général Aoun est lié aux qualités dont jouit le général Aoun et donc nous élisons  un président qui ne peut  pas être acheté, qui ne  plie pas, qui n’a pas peur de défier les menaces, d’affronter les dangers ...

Nous pensons que les chances pour lui d’être élu président sont toujours valables.. Certains  lient la question présidentielle à la conjoncture régionale. Or nous pensons  que les événements régionaux  sont en notre faveur et les chances de Aoun seront plus grandes…
Le général Aoun est un homme  réellement indépendant et autonome; il n’est lié à aucun pays .. il est suffisamment courageux pour affronter n’importe quel situation..

Il n’y a pas de limites temporelles à sa candidature c’est  le général qui décide s’il veut  la retirer pas nous sommes avec lui sans limites..

Il y a une recette pour tout règlement d'une crise dans un pays… celle de revenir au peuple.. notre problème c’est que  notre constitution ne mentionne pas de  référendum alors quand dans la majorité des  pays du monde,  il y a une constitution, des élections, un référendum etc.. Au Liban si on veut modifier la Constitution on revient au parlement. Il n’y a aucune consultation du peuple et sa seule expression est quand il élit le parlement..


L’entrée à la démocratie  doit se faire par une loi électorale fondée sur la proportionnalité car elle offre une chance  pour tout le monde de se faire représenter ou élire.. Elle permet à de nouvelles catégories de personnes d’être présentes au sein du parlement..  et de pallier à la division au sein du parlement entre les grands partis..  la proportionnalité instaure un véritable partenariat  au sein du pouvoir..


Celui qui refuse la proportionnalité a des tendances dictatoriales, car il refuse le partenariat au sein de sa communauté. Il veut s'accapparer sa communauté, et refuse une vois dissonnante. Certains affirment être non représentés,  or ils le sont mais ils ont vendu leurs voix pour cent dollars ou pour 5000 dollars à  celui qui va décider à leur place..

Pour ceux qui disent que l'armement de la Résistance entrave le partenariat dans le pays, nous disons qu'en 2005,  nos armes n'ont pas empêché l’équipe de Seniora d'avoir la majorité,  nos armes n’étaient pas un obstacle et donc l'argument des armes ne tient pas..  de plus nous n’avons aucun problème avec le fait que la proportionnalité  baisse le nombre de nos sièges au parlement  ..


L’efficacité de la table ronde entre le Hezbollah et le courant du Futur réside dans le fait qu’elle réduit les tensions dans la rue  et permet une certaine communication ne serait ce que pour briser la glace..


LES MANIFESTATIONS


Interrogé sur le mouvement de protestation qui a éclaté au Liban, contre la corruption, la désagrégation de l'Etat libanais, et l'absence des besoins de première nécessité comme l'électricité, le gaz et autre, il a indiqué:

 

Quand le mouvement populaire a commencé, nous avons adopté une position neutre car nous ne connaissions rien de ce mouvement, de ses chefs, de ses objectifs, sauf que ses slogans étaient justes..

Mais quand le mouvement a évolué et ses dirigeants nous ont demandé de participer aux protestations.. nous nous sommes arrêtés car nous ne suivons personne, pas n’importe qui et pas n’importe comment..

En ce qui nous concerne, n’importe quel mouvement qui pose des revendications réelles et justes nous le soutenons sans plus..
Nous sommes au Hezbollah contre toute participation dans n’importe quel mouvement car notre participation risque de saboter le mouvement de protestation populaire. Ce mouvement sera accusé d’être au service du  Hezbollah tout comme cela s’est produit dans le dernier  mouvement de protestation où des voix l’on accusé d’être un second  8 Mai.

N’importe quel mouvement populaire n’a aucun intérêt à nous demander de participer avec lui dans ses marches de protestation.. car il sera confessionalisé en lui attribuant une identité purement chiite..


Ce mouvement est composé de jeunes qui n’ont rien avoir l’extérieur.. telle est notre position nous ne sommes pas opposés à ses revendications nous les encourageons sans plus..


Ce n'est pas vrai que le  Hezbollah ne s’est pas retiré de la scène sociale et se désiste de ses responsablité à l'égard des gens. En tant que Hezbollah, nous avons toujours été préoccupés et concernés par les questions sociales de notre peuple.. Le Hezbollah est celui qui a le plus offert de sacrifices dans ce domaine:  par exemple les agressions israéliennes et la reconstruction du Liban-sud , de la banlieue, nous avons tout assumé.. nous avons dépensé de l’argent que nous avons pris de l’Iran sur Liban..

Malheureusement ceproblème réside dans l 'Etat libanais qui est absent à cause de sa structure confessionnelle..Cette structure empêche les consensus, et permet aux uns et autres de faire avorter les projets proposés par les uns pour le bien-être des gens.


Nous sommes entrés au gouvernement afin de préserver  la stabilité sécuritaire du pays, la paix civile..
L’expérience a prouvé notre juste choix car durant la guerre de 2006 notre présence au sein du gouvernement a évité une catastrophe.. Paradoxalement quand nous étions en dehors du gouvernement  ils ont pris la décision du 5 mai concernant la question des câbles téléphoniques et qui a provoqué les incidents du 7 mai..

Pour ce qui est de la corruption, la réforme ne commence pas par le gouvernement mais par le parlement..

La lutte contre la corruption est un grand débat.Il dépasse nos capacités à nous seuls. Nous sommes un parti avec des effectifs et des capacités modestes. C'est nous qui assumons la responsabilité de la défense de nos frontières que ce soit avec Israël ou avec la Syrie. Cela exige de gros efforts humains, logistiques, militaires..  nous veillons aussi à la sécurité interne du pays ... et nous assumons notre rôle politique.. nous on ne peut pas tout assumer..

Nous ne pouvons certes pas tout faire. Pour ceux qui nous proposent de faire part à la bataille contre la corruption nous disons, assumez donc cette bataille sans nous. Nous avons assez de responsabilités, et nous vous soutiendrons par derrière.

En ce qui nous concerne, dans le gouvernement, jamais nous ne laissons passer des projets dans lesquels nous flairons un brin de corruption. Nous mettons directement en garde les concernés.  

 

France/Bahreïn : Quand nos gouvernants arment la répression des manifs au Bahreïn.

Excellente enquête de Jean-Marie Manack - Journaliste @manhack sur l'hypocrisie de nos gouvernants qui arment la répression des manifs au Bahreïn.

Quand la France/Israël, n'hésite pas à s'allier aux véritables dictatures pour sévir contre la liberté d'expression ! Ensuite en France, ils nous feront un flan pour défendre la liberté d'expression du torchon Charlie Hebdo !

Non, nous ne sommes pas Charlie, décidément, NON !


Valls tragique à Milipol : 100 morts (pour l’instant)

Fin 2013, j'avais accepté de m'auto-censurer. Manuel Valls était ministre de l'Intérieur, et j'avais la preuve qu'il courtisait (et cherchait à commercer avec) des ministres de l'Intérieur de pays autoritaires (sinon totalitaires), dont un au moins, le ministre de l'Intérieur du Bahreïn, avait, sinon du sang sur les mains, tout du moins près d'une centaine de morts à son "actif".

J'avais écrit un article à ce sujet, et finalement accepté de ne pas le publier pour ne pas alerter les autorités sur ce que nous voulions révéler. Je travaillais en effet avec Jean-Pierre Canet, Benoit Bringer et Arthur Bouvart pour un numéro de #CashInvestigation consacré aux marchands de (soi-disant) "solutions" de sécurité surfant sur le "business de la peur".

Entre autres révélations, nous avons également découvert que des gendarmes français ont formé les policiers de Bahreïn pendant les émeutes de 2011, et réussi à franchir le sas de sécurité reposant sur le passeport biométrique avec de fausses empreintes digitales.

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Notre enquête est désormais (et enfin) disponible, Manuel Valls a depuis été nommé Premier ministre, le prochain salon Milipol aura lieu du 17 au 20 novembre 2015, occasion de publier l'enquête que j'avais accepté de ne pas publier, ainsi que l'extrait du documentaire qui lui est dédié.

Vous y entrapercevrez notamment les responsables d'Advanced Middle East SYStem, le faux-nez qui a racheté le système de surveillance de masse Eagle d'Amesys, au sujet duquel j'ai longuement écrit sur ce blog & pour OWNI, et que Futuropolis m'a permis de raconter dans une BD sortie cet été, Grandes oreilles & bras cassés, et dont FranceTV vient de publier les bonnes feuilles.


 

Valls tragique à Milipol : 100 morts (pour l'instant)

article écrit en novembre 2013

Les organisateurs de Milipol, le principal "salon mondial de la sécurité intérieure des Etats", co-organisé par le ministère de l'Intérieur, fin novembre, en banlieue parisienne, étaient fiers d'annoncer que Manuel Valls avait inauguré son édition 2013 en présence de "pas moins de 17 ministres de l'Intérieur en provenance d'Europe, d'Asie, du Proche-Orient ou d'Afrique". Ils se sont par contre bien gardés de préciser leurs pedigrees.

La photographie affichée en "une" de "Milipol News" (le journal diffusé auprès des visiteurs du salon) ainsi que les images partagées par Milipol sur Facebook, Twitter, Flickr puis YouTube, montrent, à la droite de Manuel Valls, trois moustachus aux crânes plus ou moins dégarnis, dont un en costume gris.

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"Honte au gouvernement français d'avoir invité le ministre de l'intérieur du Bahreïn pour faire du shopping d'armements à Milipol"

La photographie partagée par Milipol sur Twitter a fait bondir l'ONG Bahrain Watch, et permis d'identifier le monsieur moustachu en gris comme étant Rashid bin Abdulla Al Khalifa, ministre de l'Intérieur du Bahreïn, un des 12 pays estampillés "ennemis de l'Internet" par Reporters Sans Frontières, classé 165e (sur 179) dans son classement mondial de la liberté de la presse, qui bloque l'accès à plus de 1000 sites web et qui, depuis juin 2012, a infligé 118 mois de prison cumulés à 13 internautes en raison de ce qu'ils avaient écrit, notamment sur les réseaux sociaux.

https://youtu.be/B-fPk598k4g

Dans ce tout petit royaume du Golfe persique, la répression ne vise pas que les internautes : les policiers anti-émeutes (formés par des CRS français) dispersent les manifestants à coups de plombs de chasse (type chevrotine), tirent des grenades lacrymogènes en visant la tête de manifestants et/ou "à l'intérieur" des maisons (quitte à tuer des gens), torturent & embastillent les défenseurs des droits de l'homme; entre autres :

Si le "printemps arabe" bahreïni a fait bien moins parler de lui que ceux qui ont (eu) lieu dans d'autres pays, c'est notamment parce que l'armée américaine y dispose d'une énorme base militaire et qu'elle préfère donc fermer les yeux sur les exactions qui y ont lieu. Mais aussi parce que 220 journalistes, représentants d'ONG, défenseurs des droits de l'homme ou personnalités politiques se sont vus refuser le droit d'entrer dans le pays, d'après le recensement de Bahrain Watch, qui documente aussi les fournisseurs de chevrotines et de grenades lacrymogènes utilisés par les policiers anti-émeutes.

L'ONG avait ainsi découvert que les policiers "anti-émeutes" utilisaient des gaz lacrymogènes fournis, en partie, par une entreprise française, Alsetex, qui se présentait comme le "Leader des produits pour la gestion démocratique des foules".

http://bugbrother.blog.lemonde.fr/files/2013/01/Alsetex.png
http://bugbrother.blog.lemonde.fr/files/2013/01/AlsetexImg.png

Je découvrais de mon côté, dans le rapport sur les exportations d'armement de la France, que la France avait vendu pour plus de 26M€ d'armes au Bahreïn en 2011, dont 16M€ de "bombes, torpilles, grenades, pots fumigènes, mines, missiles, produits "pyrotechniques" militaires (et) cartouches", et 421 000 € d'"agents chimiques ou biologiques « antiémeutes »" (cf A quoi servent les « agents antiémeutes toxiques » français au Bahreïn ?).

Suite à mon enquête, Alsetex effaçait le terme "démocratique" de son site web, et retirait les fiches signalétiques de ses grenades lacrymogènes.

Dans la foulée, une source gouvernementale expliquait au Point que "suite à l'affaire tunisienne, l'exportation de l'ensemble des produits pour le maintien de l'ordre vers Bahreïn a cessé le 17 février 2011" (date du "Bloody Thursday", qui avait réuni 150 000 manifestants -sur 600 000 habitants-, et qui s'étant soldé par 4 morts et 300 blessés, marqua le début du "printemps arabe" bahreïni, NDLR), tout en rappelant que la France avait été parmi les premiers pays à prendre cette mesure unilatérale.

Interrogé sur les autorisations d'exportation de matériel de guerre vers le Bahreïn, le gouvernement avait assuré qu'il s'agissait "uniquement de matériel d'alerte biologique et de détection chimique".

Or, et comme le révélait la semaine passée Intelligence Online, seul média français à s'être fait l'écho de la visite de Rashid Abdullah al-Khalifa à Milipol, dans un article intitulé "Bahreïn : Paris continue d'épauler la police", le rapport annuel 2013 sur les exportations d'armes indique que la France a de nouveau autorisé l'exportation d'"agents chimiques ou biologiques" (pour un montant de 251 347€ en 2012), et révèle aussi et surtout un très net accroissement des exportations d'armement vers le Barheïn, la France ayant enregistré 4.4M€ de prises de commandes en 2012 (contre 0.7 en 2011 et 0.3 en 2010), et 76.7M€ de matériels livrés en 2012 (contre 26.8 en 2011, et 9.8 en 2010).

A Milipol pour... "défendre la liberté d'expression"

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Seuls les médias bahreïnis se sont faits l'écho de la rencontre des deux ministres de l'Intérieur. On les retrouve ainsi, en tête à tête, sur le site de la Bahrain News Agency, ainsi que dans l'édition .pdf du Gulf Daily News (quotidien pro-gouvernemental sous-titré "La voix du Bahreïn") avec d'autres personnalités non encore identifiées (commentaires bienvenus).

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Étrangement, l'article de l'agence de presse bahreïnie est intitulé "Le Bahreïn s'engage pour la liberté d'expression"... comme si un ministre de l'Intérieur venait à Milipol, temple du maintien de l'ordre et des technologies de surveillance, pour y acheter des outils de défense de la "liberté d'expression".

L'article rapporte que cette rencontre a permis à Rashid Abdullah al-Khalifa de rappeler que son pays défendait la "liberté d'expression et les droits humains qui sont protégés par la constitution", le ministre bahreïni précisant cela dit qu'"il est regrettable que certains abusent de cette liberté pour se livrer à des activités en violation de la loi", et que la police de son pays ne faisait pas face à des "manifestants", mais à des "émeutiers, vandales et terroristes".

La Voix du Bahreïn précise par ailleurs que Rashid Al Khalifa était à Milipol à l'invitation de Manuel Valls, qui aurait accepté l'invitation d'aller, en retour, visiter le Bahreïn, au nom de la coopération bilatérale entre leurs deux pays.

D'après Intelligence Online, et en dépit de la répression qui sévit au Bahreïn, "Paris continue cependant de détacher des coopérants auprès du ministère bahreïni de l'intérieur".

"Pour que cesse l'impunité au Bahreïn"

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En tout état de cause, c'est avec un sens du timing étonnant que Manuel Valls a décidé d'inviter Rashid bin Abdulla Al Khalifa à Milipol, et de poser à ses côtés, alors que deux ONG de défense des droits de l'homme, plus un rapport parlementaire, viennent de rappeler l'ampleur des violations des droits de l'homme dans cette petite monarchie pétrolière dirigée par la famille Al Khalifa depuis... 1783.

Evoquant "un soulèvement maté dans le sang et l’indifférence générale", le rapport de la mission d'information sur les Révolutions arabes, réunissant des députés de la majorité et de l'opposition, rendu public le 14 novembre (5 jours avant l'inauguration de Milipol), déplore ainsi les "nombreuses perquisitions nocturnes et traitements inhumains et dégradants manifestement destinés à faire régner la terreur" depuis la violente répression du "Bloody Thursday" de 2011.

Le Bahrain Center for Human Rights venait quant à lui de lancer une campagne "pour que cesse l'impunité au Bahreïn, et mis en ligne les posters de 59 personnalités "Most Wanted", dont Rashid bin Abdulla Al Khalifa.

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L'ONG lui reproche notamment, en tant que ministre de l'Intérieur, de couvrir les violations des droits de l'homme imputables aux forces de l'ordre : passages à tabac de manifestants et citoyens, institutionnalisation de la torture dans les commissariats et les "centres de torture clandestins", recours excessif aux gaz lacrymogènes -qui auraient entraîné plus de 40 de la centaine de morts recensée par l'opposition depuis le début de la contestation (dont plusieurs nouveaux nés et personnes âgées, asphyxiés)-, le recours tout aussi excessif à la chevrotine pour disperser les manifestants (14 morts, plus de très nombreux blessés, et éborgnés), plus une douzaine d'"exécutions extra-judiciaires d'enfants et adultes".

https://youtu.be/vZ5N4vvMwHw

 

Dans le cadre de son opération 10 jours pour signer, Amnesty International, de son côté, revient sur les 13 prisonniers d'opinion condamnés à des peines allant de 5 ans d'emprisonnement à la prison à perpétuité (et pour certains torturés), pour avoir osé défendre les droits de l'homme et la démocratie.

J'avais eu l'occasion de raconter l'histoire poignante de plusieurs d'entre eux (voir Arabes en colère, sur OWNI), des tortures infligées à Abdulhadi al-Khawaja, le fondateur du Barhain Center for Human Rights au courage de sa fille, AngryArabia, qui n'hésitait pas à manifester, seule (elle a depuis été incarcérée), en passant par la condamnation de Nabeel Rajab, son successeur.

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Par ailleurs secrétaire général délégué à la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), Rajab avait réussi à déjouer la surveillance des autorités pour aller accorder une interview à Julian Assange, à Londres. Il savait qu'il risquait la prison mais il n'en décida pas moins de retourner se battre dans son pays, et fut interpellé à son retour en avion. Il croupit depuis deux ans en prison pour un tweet "insultant". Suite à la visite du premier ministre dans un village, Nabeel Rajab avait en effet avoir osé écrire, sur Twitter :

« chacun sait que vous n'êtes pas populaire et que, n'était le besoin d'argent, vous n'eussiez pas été le bienvenu chez eux. »

Détenu à l'isolement, enfermé avec des animaux morts, Nabeel Rajab, qui n'a droit qu'à 6 litres d'eau par semaine (alors que, souffrant de calcul biliaire, il aurait besoin de boire beaucoup d'eau), vient de voir sa condamnation confirmée en appel.

Les pudeurs de violette de Milipol

Evoquant un "bilan très positif, le communiqué de presse de clôture de Milipol se félicitait d'avoir accueilli "25 834 visiteurs de 150 pays dont 45% venaient de l’étranger", ainsi que "161 délégations officielles" de 97 pays ("contre 53 en 2011") :

Outre le nombre, la composition de ces délégations était de très haut niveau
(16 Ministres de l’Intérieur, 18 Directeurs Généraux)
.

Interrogé sur les pays d'où provenaient ces délégations "de très haut niveau", et notamment sur la nationalité des "16 Ministres de l’Intérieur et 18 Directeurs Généraux", Milipol s'est contenté de mentionner les noms de 4 ministres de l'intérieur : Jérôme Bougouma (Burkina Faso), Ranko Otojic (Croatie), Bajram Rexhepi (Kosovo) et Marwan Charbel (Liban), et 3 directeurs généraux : Abdulla Mohammed Al-Sowaidi (Qatar), Miroslav Veljovic (Serbie), Wieslaw Lesniakewicz (Pologne), omettant soigneusement de mentionner la présence de Rashid Abdullah al-Khalifa, ainsi que de 11 autres ministres de l'intérieur, et 15 directeurs généraux.

Voir aussi :
Calais : un « État policier en situation de guerre »
3300 migrants sont morts à Lampedusa depuis 2002
La guerre aux migrants a fait 18 000 morts (au moins)
A quoi servent les « agents antiémeutes toxiques » français au Bahreïn ?
« L’Internet est libre »… mais pas notre pays. Lettre ouverte au président de l’Azerbaïdjan

http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2015/09/25/valls-tragique-a-milipol-100-morts-pour-linstant/#more-5702

 

25/09/2015

Daesh, la nouvelle armée secrète de l’OTAN ?

Excellent article sur le site de Michel Collon, Journaliste d'investigation.

Daesh, la nouvelle armée secrète de l’OTAN ?

Kendal Manis

24 septembre 2015

Quelles relations entretiennent les Etats-Unis avec Daesh ? Un rappel historique des méthodes ambiguës de l'OTAN et la mise en perspective de la guerre contre le terrorisme soulèvent bon nombre de questions. Sans verser dans la théorie du complot simpliste, cet article nous rappelle que les grandes puissances n'ont pas de principes, seulement des intérêts. A compléter par l'analyse des causes profondes qui, tant en Occident qu'au Moyen-Orient, ont rendu possible l'accomplissement de cette stratégie du chaos. (IGA)

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À l’aube du XXIème siècle, les attentats du 11 septembre à New York commis par le mouvement Al-Qaïda ont marqué un tournant historique irréversible bouleversant profondément les relations internationales. Plus récemment, les attentats qui ont frappé la France les 7 et 9 janvier 2015 ont remis à jour une des questions politiques les plus épineuses à laquelle sont confrontées les État-nations et les populations civiles qui en sont les premières victimes : le terrorisme islamiste, officiellement ennemi numéro un de l’Occident après la chute du bloc soviétique.

Depuis 2001, des organisations similaires ou proches d’Al-Qaïda ont éclos partout à travers le monde, mettant des régions entières à feu et à sang. D’Afrique—Al-Qaïda au Maghreb islamique, Boko Haram, Al-Shabab—jusqu’au Moyen-Orient—l’Etat Islamique en Irak et au Levant, Al-Nousra—, les forces militaires, les techniques de propagande, les réseaux de recrutement ainsi que les ressources financières de ces mouvements transnationaux affichent une progression inexorable contre laquelle les États sembleraient avoir du mal à résister.

Depuis les attentats du World Trade Center, le « monde libre » serait face à une menace d’envergure diffuse et imprévisible. Le président américain Bush parlait d’un « axe du mal » (1) contre lequel il fallait à tout prix lutter, tandis que la théorie du choc des civilisations (2) était érigée en grille de lecture légitime des relations internationales par les dirigeants politiques et les médias. Nous serions dans une guerre opposant la civilisation, incarnée par l’Occident, à la barbarie et l’obscurantisme de l’Orient musulman. Cette vision du monde réductrice marquée par un orientalisme contemporain (3) permet l’éclosion de représentations schématiques qui influencent bon nombre d’individus.

L’inconscient collectif est marqué par l’idée d’une incompatibilité quasi naturelle entre l’Islam et l’Occident et de la crainte d’une menace terroriste de « barbus » qui veulent imposer partout la charia. En témoigne la progression des partis d’extrême-droite islamophobes en Europe.

Quelles sont les raisons de la montée en puissance fulgurante de ces organisations qui ont comme mode d’action la violence politique ? À l’heure où le terrorisme est une préoccupation mondiale, comprendre les mouvements armées islamistes suppose une analyse de leur genèse, c’est-à-dire une étude des premières organisations de ce type dans l’histoire moderne afin de découvrir les conditions de leur apparition, leur soutien et leur objectif.

Le secret politico-militaire le mieux gardé du XXème siècle a été révélé pour la première fois en 1990 lorsque le premier ministre italien dévoila l’existence d’une unité paramilitaire secrète liée à l’OTAN, nommée « Gladio ». Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Washington et Londres ont formé par le biais de leur services secrets un ensemble d’armées non conventionnelles et souterraines destinées à lutter contre les forces politiques de gauche. L’ancien général nazi Reinhard Gehlen a été chargé de mettre sur pied un réseau composé d’éléments d’extrême-droite dans le but de combattre par les moyens illégaux l’avancée idéologique et potentiellement militaire des Soviétiques. Il est l’instigateur des cellules terroristes secrètes Stay-Behind (4). Exerçant dans chacun des seize pays de l’OTAN ainsi que dans quatre pays neutres (Suède, Finlande, Autriche, Suisse), ces armées anticommunistes, qui agissaient à l’insu des parlements et des populations civiles, recrutaient entre autres leurs membres parmi les collaborateurs de Vichy et les monarchistes en France, les fascistes et les mafieux en Italie, les nazis en Allemagne (5) , ainsi que les ultra-nationalistes et islamistes en Turquie.

Toute doctrine et idéologie pouvant détourner les peuples de la lutte des classes et les nations des velléités souverainistes étaient soutenues et promues. Parmi elles, le nationalisme agressif (6) en Europe de l’Ouest ainsi que le fondamentalisme religieux au Moyen-Orient étaient des armes redoutables.

Durant la guerre froide, l’islamisme a été érigé par la Maison Blanche en alternative à la gauche et au nationalisme arabe qui revêtait un caractère socialiste et souverainiste (7) . Le terrorisme islamiste a été promu par les États-Unis en Turquie en 1978 lors du massacre anti-communiste de Maras, et à plus grande échelle deux ans plus tard en Afghanistan dans la guerre contre l’Union Soviétique. Avec le fiasco au Vietnam, l’occupation au sol d’un pays étranger était devenue trop impopulaire pour la Maison-Blanche qui a alors changé de stratégie. Plutôt que d’envoyer leurs propres soldats et voir leur image s’écorner au niveau national et international, jouer subtilement la carte de l’ingérence en s’appuyant sur des entités locales par le biais d’opérations spéciales clandestines se révélait être une option privilégiée pour les dirigeants américains. Ainsi, le premier mouvement djihadiste moderne transnational a vu le jour sous l’impulsion des Etats-Unis, par le biais de leurs alliés comme l’Arabie saoudite (8) , dictature intégriste à leur solde, qui mobilisa via ses réseaux de mosquées plus de 35 000 moudjahidines venus des quatre coins du monde, et particulièrement d’Europe. À leur tête un certain Ben Laden, proche collaborateur de la CIA. Ceci n’est plus un secret pour personne diront certains, à juste titre, sachant qu’Hillary Clinton reconnaît elle même que ce sont les USA qui ont créé Al-Qaïda (9).

Sous la houlette de l’OTAN, au mépris des droits de l’Homme et de la démocratie, des organisations armées secrètes ont été formées, mais qu’est-ce qui nous prouve qu’il n’en existe plus aujourd’hui ? Quant est-il de Daesh ? Pour savoir qui est derrière cette organisation, il suffit de voir les intérêts de qui elle sert et qui la soutient.

L’Iran, qui est le plus grand ennemi du couple Israël-Arabie saoudite au Moyen-Orient, voit ses deux principaux alliés de la région, à savoir l’Irak et la Syrie, se faire littéralement envahir par l’organisation djihadiste. Daesh combat tous les ennemis de l’Occident : le gouvernement syrien, le Hezbollah libanais, le Hamas palestinien (10) , ainsi que la branche syrienne du PKK (YPG-YPJ), grand ennemi de la Turquie.

Il faut également avoir à l’esprit que les parrains du terrorisme islamiste - l’Arabie saoudite et le Qatar - sont de fidèles alliés de l’Occident. Au regard du rapport des pouvoirs, les États-Unis, première puissance économique (11) et militaire au monde, ont incontestablement les moyens de faire pression sur ces nations-amies afin qu’elles arrêtent de financer le terrorisme. Mais force est de constater qu’aucune politique concrète de fond n’est menée dans ce sens.

La Turquie, qui est membre de l’OTAN et qui par conséquent ne peut conduire une politique étrangère allant à l’encontre des intérêts des pays de l’alliance, est aujourd’hui le point de passage principal des djihadistes vers la Syrie, et soutient massivement les « rebelles » de l’ASL ou les terroristes d’Al-Nosra et de Daesh (12) en leur fournissant une aide logistique et militaire (13) , notamment des armes, des camps d’entrainement à Gaziantep et Hatay, et des soins dans les hôpitaux (14).

Fait qui peut paraître « paradoxal » ou totalement incroyable, Israël soigne des djihadistes du Front Al-Nosra sur son territoire (15) et empêche toute progression de l’armée syrienne en bombardant les positions de celle-ci. Dans un article publié sur Le Figaro, Roland Hureaux met au jour la duplicité de la politique étrangère française : « Inutile de dire que nos armes et notre appui logistique sont allés exclusivement aux djihadistes, en particulier au Front al-Nosra, nouveau nom d’al-Qaida, dont les différences avec Daesh sont bien minces. Les mêmes qui enlèvent ou massacrent les chrétiens - et d’autres. La soi-disant Armée syrienne libre qui, disait-on , était l’objet de notre sollicitude demeure un fantôme - et un alibi pour aider les islamistes » (16) . En septembre 2014, on a appris de la bouche de l’ambassadrice de l’Union européenne en Irak, Mme Jana Hyboskova, que « plusieurs membres de l’UE ont acheté du pétrole non-raffiné à l’EIIL » (17).

Il semblerait que l’Occident réutilise la méthode afghane des années 1980 de guerre par procuration, c’est-à-dire de guerre par intermédiaire. Alors comment expliquer les bombardements de la « coalition anti-Daesh » ? A-t-elle une crédibilité ? En réalité, les Etats-Unis jouent subtilement sur deux tableaux à la fois, voulant à tout prix alimenter le complexe industrialo-militaire (18) qui pèse beaucoup dans leur économie (19) et préserver leur « identité de rôle » (20) aux yeux de l’opinion publique internationale, celle de défenseur de la liberté et de la démocratie. Ne frappant pas le coeur de l’organisation (Raqqa) et ayant une portée très limitée, ces frappes sporadiques ont comme seule finalité de feindre la guerre contre l’EI, ce qui sert dans le même temps celle-ci dans sa rhétorique de propagande anti-occidentale, permettant le recrutement de militants (21) .

Il y a récemment des informations inédites qui ont vu le jour dans des médias de masse qu’on peut difficilement accuser de conspirationnistes. Dans un reportage sur France 2 (22) se basant sur les dires de Mike German, agent spécial pendant 25 ans ayant démissionné, on apprend que le FBI a poussé des musulmans à commettre des attentats terroristes : « L’agence attirerait des musulmans dans ses filets à l’aide d’agents infiltrés qui vont les pousser à faire l’apologie d’actes de terrorisme. Dans ces cellules identifiées par l’agence, ni armes, ni ressources, ni complot avant l’arrivée de ces informateurs (agents secrets), prêts à souffler mot pour mot à leurs contacts les délits pour lesquels ils seront condamnés. L’ancien agent explique à la journaliste Virginie Vilar la méthode mise en place par le FBI, prêt à fournir des armes, de l’argent ainsi que le plan de l’attaque. Pour lui, "c’est de la fabrication d’affaires". C’est aussi la conclusion d’un rapport de l’ONG Human Rights Watch publié le 21 juillet 2014 » . (23)

Il semblerait que cette tactique soit aussi employée en France. Le journal Le Point, qu’on peut encore moins qualifier d’adepte de la théorie du complot, titre le 7 juin 2012 : « Mohamed Merah travaillait pour les RG » (24). On apprend dans cette affaire que Merah a été envoyé au Pakistan, en Afghanistan et en Syrie par un « ami » qui se révèle être en fait un agent des services français, qui l’a poussé à la radicalisation. On peut alors avoir des interrogations légitimes sur les attentats de Charlie Hebdo et le rôle des services secrets français.

Hier la CIA créait de « faux mouvements de gauche qui se livraient à des exactions et des actes condamnables uniquement pour faire croire à la population, que ces actes terroristes étaient l’oeuvre de la gauche » (25) . Aujourd’hui, les services occidentaux le feraient-ils avec les islamistes, pour stigmatiser les musulmans vivant sur leur territoire ? L’organisation État Islamique serait-elle la nouvelle armée secrète de l’OTAN ayant pour but d’affaiblir à terme l’Iran ? Le terrorisme djihadiste aurait-il pu être aussi puissant sans le soutien des alliés de l’Occident ? Al-Qaïda et les organisations de ce type constitueraient-ils des prétextes pour envahir des pays (Irak, Afghanistan), des instruments pour mener des guerres par procuration (Lybie, Syrie, Yémen), au niveau domestique des justifications aux lois liberticides, des moyens de stigmatisation et d’exclusion permettant de se débarrasser de la « racaille » partant servir de chaire à canon, et de détourner l’attention du public des vrais problèmes sociaux (chômage, crise économique) en désignant des bouc-émissaires ? Tous les éléments entre nos mains tendent à répondre à ces question par l’affirmative.

Si par hasard, certains ne sont toujours pas convaincus, résumons : les Etats-Unis ont créé dans le passé des « organisations de l’ombre » pratiquant le terrorisme, ils ont formé le premier mouvement armé islamiste transnational, leurs alliés-clients, la Turquie, l’Arabie-Saoudite, le Qatar financent les djihadistes, Israël les soigne, la France les arme, des pays de l’Union Européenne leur achète du pétrole, et des attentats terroristes sont commis en territoire occidental par des individus radicalisés et armés par ces mêmes services secrets. Pour ceux qui crient à la thèse « complotiste », rappelons que les complots font partie du répertoire d’action des services de renseignement. C’est leur métier.

« Comment la prétendue coalition contre les égorgeurs serait-elle crédible, alors que, pour des raisons différentes, beaucoup de ses membres ont partagé avec eux (et partagent encore pour certains), des intérêts stratégiques, politiques, économiques ? » (Charb, directeur de Charlie Hebdo)

Kendal Manis est l’auteur du mémoire de recherche « Maras 78’ : terrorisme américano-islamiste en Turquie ».

Pour plus d’information :
 

Source : Investig’Action

Notes :

1. RIGAL-CELLARD Bernadette, « Le président Bush et la rhétorique de l’axe du mal », Études 9/2003 (Tome 399) , p. 153-162

2. HUNTINGTON Samuel, Le Choc des Civilisations, Paris, Odile Jacob, 1997, 402 pages.

3. SAID Edward, L’orientalisme. L’orient créé par l’occident, Paris, Seuil, 2005, « Introduction », 456 pages

Voir aussi Edward Said on Orientalism, [Consulté le 12/12/2014], disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=fVC...

4. TUNC Aziz, Maras Kiyimi Tarihsel Arka Plani ve Anatomisi, Istanbul, Belge Yayinlari, 2011, p.119

5. Le responsable de la Gestapo Klaus Barbie a été recruté par la CIA. GANSER Daniele, Les armées secrètes de l’OTAN, Plogastel, Demi-Lune, 2005, p.262

6. Il faut faire une distinction entre le nationalisme agressif, qui a un caractère raciste, et le nationalisme défensif, qu’on peut qualifier de « patriotique ».

7. COLLON Michel, LALIEU Grégoire, La Stratégie du Chaos, Impérialisme et Islam, Investig’action, 2014, p.275

8. LALIEU Grégoire, Entretiens avec Mohammed Hassan, Jihad Made In USA, Bruxelles, Investig’Action, p.222

9. Hillary Clinton : ’We Created al-Qaeda’ [Consulté le 27/03/2015], disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=WnL...

10. rfi, Syrie : le groupe EI envahit le camp de Yarmouk, proche de Damas [en ligne], 1er avril 2015,[Consulté le 18/04/2015]. Disponible à l’adresse : http://www.rfi.fr/moyen-orient/2015...

11. En PIB par habitant.

12. La frontière entre ces différents mouvements est poreuse. En septembre 2013, plus de 40 000 hommes membres de l’ASL font défection pour intégrer le Front Al-Nosra. Georges Mabrunot, Le Figaro, Syrie : des rebelles modérés rejoignent le camp des islamistes radicaux [en ligne], 26 septembre 2013, [Consulté le 29/03/2015]. Disponible à l’adresse : http://www.lefigaro.fr/internationa...

13. Hélène Sallon, Le Monde, L’étrange soutien de la Turquie aux réseaux djihadistes de Syrie [en ligne], 24 janvier 2014, [Consulté le 18/04/2015]. Disponible à l’adresse : http://www.lemonde.fr/europe/articl...

14. Une vidéo de la chaîne de télévision turque IMC montrent la connivence entre les militants de DAESH et les soldats de l’armée turque à la frontière turquo-syrienne. Les soldats laissent passer les jihadistes vers la Syrie. IŞİD’in sınırın sıfır noktasından geçişi İMC TV kameralarında (1), [Consulté le 23/01/2015], disponible à l’adresse : http://www.dailymotion.com/video/x2... Voir aussi : Nouvelle preuve de collaboration d’Erdogan avec Daesh, [Consulté le 23/01/2015], disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=oIf...

15. i24 News, Israël soigne des djihadistes d’Al-Qaïda blessés en Syrie (Wall Street Journal) [en ligne],14 mars 2015. [Consulté le 12/04/2015]. Disponible à l’adresse : http://www.i24news.tv/fr/actu/inter...

16. Roland Hureaux, Syrie : l’incompréhensible politique étrangère de la France, [en ligne], 18 août 2015, [Consulté le 26/08/2015]. Disponible à l’adresse : http://www.lefigaro.fr/vox/monde/20...

17. L’Humanité, Des pays de l’Union européenne achètent du pétrole aux barbares, [en ligne], 25 septembre 2014, [Consulté le 26/08/2015]. Disponible à l’adresse : http://www.humanite.fr/blogs/des-pa...

18. Si on adopte une analyse de la politique étrangère des États-Unis par les processus organisationnels, théorisé par Graham Allison. BRAILLARD Philippe, Théories des Relations Internationales, Paris, PUF, 1977, « Modèles concep-tuels et la crise des missiles de Cuba », pp.172-196.

19. « Dans les mois qui ont suivis l’annonce d’Obama sur le bombardement des positions de l’État islamique, les cours de l’action Lockheed ont grimpé de 9,3%, ceux de General Dynamic de 4,3% et ceux de Rayteon et de Northrup Grumman de 3,8% ». LALIEU, Entretiens avec Mohammed Hassan, Jihad Made In USA, p.229

20. WENDT Alexender, « Anarchy is what States Make of it : The Social Construction of Power Politics », International Organiszation, n°46 (2), 1992, pp 391-425

21. JULES Alain, ETAT ISLAMIQUE. Bachar al-Assad : l’Etat islamique s’est renforcé grâce aux raids US [en ligne], 30 mars 2015. [Consulté le 12/04/2015]. Disponible à l’adresse : http://allainjules.com/2015/03/30/e...

22. Virginie Vilar, France 2, VIDEO. Le FBI accusé de fabriquer de faux complots terroristes [Publié le 13/02/2015], disponible à l’adresse : http://www.francetvinfo.fr/replay-m...

23. L’express, Le FBI a poussé des musulmans à commettre des attentats selon Human Rights Watch, [en ligne], 21 juillet 2014, [Consulté le 03/02/2015]. Disponible à l’adresse : http://www.lexpress.fr/actualite/mo...

24. Armel Méhari et Aziz Zemouri, Le Point, Mohamed Merah travaillait pour les RG [en ligne], 7 juin 2012, [Consulté le 01/03/2015]. Disponible à l’adresse : http://www.lepoint.fr/societe/merah... Voir aussi : Mohamed MERAH était un agent des services français selon l’avocate de sa famille… [Consulté le 24/04/2015], disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=Ej4...

25. GANSER Daniele, Op. Cit., p.226

 


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1940, l'or de la France a disparu...

Ce qu'Hilter n'a pas réussi à faire durant la seconde guerre mondiale, grâce à l'armée rouge Russe, le pillage complet des pays occupés, l'UE/Nazie a réussi à le faire : piller et endetter les pays qui ont adhéré à l'UE et à l'Otan, ruiner les peuples européens par l'endettement chronique pour les réduire à l'esclavage, les ventes des patrimoines des états, la privatisation des banques et des structures étatiques, l'enrichissement des banksters par le biais de la monnaie unique : l'Euro, la perte de la souveraineté des états membres de l'UE,  la colonisation des pays membres par les US/UE/Sionistes !

Et tout cela grâce aux peuples qui acceptent de se faire spolier de leurs terres, de leurs avoirs, de leurs richesses et de leur liberté !

Vive la démocratie nazie de l'UE !

Sortons de la prison des peuples : l'UE et l'Euro !

Comment la Banque de France, nationalisée depuis peu mais avec un statut toujours particulier, s'est organisée pour prendre de court les Allemands qui voulaient mettre la main sur l'or français.

 

1940, l'or de la France a disparu...


Une parade fastueuse à Moscou pour les 70 ans de la Victoire

16.000 soldats et 200 blindés ont défilé ce matin sur la place Rouge, 70 ans après la victoire de l'URSS sur l'Allemagne nazie. La Russie a célébré son jour de la Victoire en exposant la puissance de son armée. Mais aucun dirigeant occidental n'a répondu à l'invitation de Vladimir Poutine.