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24/10/2016

La Russie interprète les rodomontades états-uniennes comme un signe de guerre, par Ray McGovern

 

La Russie interprète les rodomontades états-uniennes comme un signe de guerre, par Ray McGovern

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À l’époque de l’administration Reagan, j’étais l’un des analystes de la CIA assigné à présenter aux fonctionnaires de la Maison Blanche le Rapport quotidien au Président, qui résume le point de vue de la CIA sur les questions pressantes du jour concernant la sécurité nationale. Si je devais faire encore ce travail – et en supposant que les analystes de la CIA puissent encore dire la vérité au pouvoir – je serais obligé d’annoncer des nouvelles alarmantes quant au potentiel d’un affrontement militaire entre les États-Unis et la Russie.

Nous, les analystes, étions responsables de collecter les avertissements venant de Moscou ou d’autres capitales clés que les médias américains ignoraient ou minimisaient souvent, comme les grands médias d’aujourd’hui ignorent l’escalade des avertissements de la Russie à propos de la Syrie.

Par exemple, le porte-parole de la défense russe, le Major Général Igor Konachenkov, a prévenu, le 6 octobre, que la Russie est prête à abattre des avions non identifiés – y compris les avions furtifs – sur la Syrie. C’est un avertissement qui, je pense, devrait être pris au sérieux.

Il est vrai que les experts divergent quant à savoir si les systèmes avancés de défense aérienne russes déjà en Syrie peuvent abattre les avions furtifs, mais ce serait une erreur de rejeter cet avertissement d’un revers de main. D’ailleurs, Konachenkov a ajouté que la défense aérienne russe «n’aura pas le temps d’identifier l’origine» de l’avion.

En d’autres termes, les avions états-uniens, qui patrouillent le ciel syrien sans l’approbation du gouvernement syrien, pourraient être vulnérables à une attaque, avec le gouvernement russe avertissant de façon préventive qu’un tel incident ne sera pas de la faute de Moscou.

En ce qui concerne les perspectives de relance de la négociation sur la Syrie, leur disparition n’a jamais été plus clairement énoncée que dans les remarques du ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dans une longue interview avec Channel One Russian, ce dimanche. Il a terminé par un commentaire acéré : «La diplomatie a plusieurs alliés dans cette affaire [syrienne], les forces militaires de l’aérospatiale, de l’Armée et de la Marine russes.»

Lavrov reconnaît que le secrétaire d’État John Kerry a échoué dans ses efforts pour obtenir que les rebelles dit «modérés» soutenus par les américains se séparent de la filiale syrienne d’al-Qaïda. Avec cette condition clé du cessez-le-feu parti en fumée, Lavrov dit que la force militaire est le seul moyen de chasser les djihadistes de leur bastion dans l’est d’Alep et de rétablir le contrôle du gouvernement.

Le président Vladimir Poutine et ses conseillers semblent prêts à assumer le risque d’escalade dans l’espoir que toute confrontation armée reste limitée à la Syrie. Il semble qu’il y ait aussi un élément important de synchronisation dans le comportement actuel de la Russie, considérant qu’il vaut mieux prendre ce risque maintenant, car elle pense qu’elle risque de faire face à un président plus belliciste encore le 20 janvier.

De même, il semble qu’un nouveau sentiment de confiance règne au Kremlin, même si la «balance des forces», au niveau mondial et au Moyen-Orient, reste en faveur des États-Unis. La Russie a gagné un allié clé avec la Chine, et les médias chinois ont fait preuve de compréhension et même de sympathie pour le comportement de la Russie en Syrie.

Souvent négligé est le fait que la Chine a minimisé son insistance de longue date sur l’inviolabilité des frontières souveraines et a évité de critiquer l’annexion russe de la Crimée en 2014, suite à ce qui a été largement considéré comme un coup d’État soutenu par les Américains en Ukraine, quand le président élu, Viktor Ianoukovitch, a été renversé. Les Chinois n’adhèrent pas aux «changements de régime» – que ce soit à Kiev ou à Damas – et regardent de travers l’insistance des États-Unis à vouloir renverser le président Assad.

Plus important encore, la coopération militaire entre la Russie et la Chine n’a jamais été aussi proche. Si la Russie se trouve dans une escalade majeure des hostilités au Moyen-Orient et / ou en Europe, les problèmes peuvent ne pas s’arrêter là. Les États-Unis doivent s’attendre à de significatifs bruits de bottes chinois en mer de Chine méridionale.

Tous ces signes pointent vers des jours très dangereux, mais il y a eu peu de discussions intelligentes à propos de ces risques dans les grands médias américains ou même, apparemment, dans les salles du pouvoir à Washington. On dirait un somnambule marchant vers un abîme.

Ray McGovern

Article original publié dans Consortiumnews.

Source : LSF, 11-10-2016

 

 

Hillary et les lobbies : M. Poisson, taisez-vous ! (B. Guigue)

Il ne fallait pas contrarier non plus Hollande et Jean-Marc Ayrault qui sont favorables à l'élection de Clinton !

François Hollande souhaite une victoire d'Hillary Clinton Blaguant sur la présidentielle américaine, le chef de l'Etat a donné en creux sa préférence à la candidate démocrate Hillary Clinton.

Ayrault souhaite que Clinton soit élue afin de durcir la politique américaine en Syrie Interviewé à la radio, le chef de la diplomatie française a laissé entendre qu'il espérait que la candidate démocrate à la Maison Blanche l'emporte sur son rival républicain et se montre plus ferme vis-à-vis de Bachar el-Assad que le président Obama.

 

Hillary et les lobbies : M. Poisson, taisez-vous ! (B. Guigue)

S’il y en a une qui s’y connaît en lobbies, c’est bien Hillary Clinton. Wikileaks nous a appris qu’elle avait sur toutes les questions « une position publique » et « une position privée ». Et si quelqu’un promet d’aligner sa politique étrangère sur les intérêts de l’Etat d’Israël, avec ce que cela implique comme risques de guerres tous azimuts, c’est bien aussi Hillary. L’ouragan de condamnations politico-médiatiques, d’un grotesque achevé, qui s’est abattu sur le pauvre Jean-Frédéric Poisson, qui ne faisait pourtant que constater des faits, en dit long sur l’état de déliquescence de nos élites. OD


hillary-lobbies-poisson
 

« Complotisme, antisémitisme, propos abjects ». Pour condamner les récentes déclarations de Jean-Frédéric Poisson, on n’y va pas avec le dos de la cuillère. Quelles horreurs le député français a-t-il bien pu proférer pour susciter une telle avalanche d’insultes ? Incitation à la haine raciale ? Accusation de meurtre rituel ? Apologie des SS ? Heureusement, rien de tout cela. En fait, il a déclaré que « la soumission de Mme Clinton aux super-financiers de Wall Street et aux lobbies sionistes représentent un danger pour la France et l’Europe ». Bigre. On frémit.

Les super-financiers de Wall Street ? Mme Clinton les aime et ils le lui rendent bien. Lors d’une conférence à 650 000 dollars rémunérée par Goldman Sachs, elle avouait qu’elle se sentait plus proche de son auditoire de banquiers que de la classe moyenne américaine. Il est vrai, confessait-elle ingénument, qu’elle et son mari ont amassé une fortune de plusieurs millions de dollars. Les péquenots qui se lèvent tôt le matin et bossent dur pour rembourser leurs prêts et payer les études de leurs enfants apprécieront.

Mais peu importe. L’important, c’est de dire aux financiers ce qu’ils veulent entendre et de faire ce qu’ils veulent qu’on fasse. Comme le montre l’exemple de Goldman Sachs, la haute finance sait choisir son camp. La banque aux 700 milliards d’encours s’est enrichie durant la crise de 2008 en recyclant des créances pourries et en spéculant contre certains de ses clients. Magnanime, l’administration Obama l’a blanchie comme neige de ses turpitudes passées. Evidemment, un renvoi d’ascenseur s’imposait.

Lors de la campagne pour sa réélection, en 2012, le président-candidat n’a pas lésiné sur les moyens. Les dollars ont coulé à flots. Pour remporter la Maison Blanche, une condition est requise : il faut dépenser davantage que son adversaire. Barack Obama a donc pulvérisé le record historique des dépenses de campagne avec 1,1 milliard de dollars. Résultat : il a été élu. Merci Wall Street ! Cette lune de miel avec des démocrates aussi coopératifs, l’oligarchie financière rêve désormais de la prolonger avec Mme Clinton.

A entendre ses discours martiaux, les affaires du complexe militaro-industriel sont prometteuses si elle est élue. La finance new-yorkaise entend bien en profiter. Elle soutient donc la candidate démocrate, mieux placée que son adversaire un peu obtus pour lui offrir de nouvelles opportunités de profit. Blanchi par Obama, le patron de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, devient alors un supporter enthousiaste d’Hillary Clinton. Il a même interdit à ses 30 000 employés de soutenir Donald Trump. Au club huppé des richissimes supporters d’Hillary, Blankfein rejoint le magnat israélo-américain de la presse Haïm Saban, l’un des principaux bailleurs de fonds de la caisse noire de la candidate, la Fondation Clinton.

Les lobbies sionistes, Hillary Clinton les connaît bien, eux aussi. Elle sait ce qu’ils veulent entendre. Elle prononce les litanies habituelles sur la « sécurité d’Israël » et « Jérusalem capitale éternelle », et les donateurs de l’AIPAC sortent le carnet de chèques. Aux USA, personne ne s’offusque de ce genre de transactions. C’est le pays du marché libre et de la concurrence non faussée. Les votes s’achètent, les dons affluent dans les caisses. Et une fois élus, les dirigeants du pays renvoient l’ascenseur à leurs généreux bienfaiteurs. Contre le soutien des lobbies sionistes, Mme Clinton a souvent fait la guerre. Et elle continuera à la faire, une fois installée à la Maison Blanche, tout simplement parce que ces lobbies l’exigent.

On se souvient qu’Hillary Clinton avouait dans un fameux email les véritables motifs de la guerre contre la Syrie : « La meilleure manière d’aider Israël à gérer la capacité nucléaire grandissante de l’Iran est d’aider le peuple syrien à renverser le régime de Bachar el-Assad ».

La guerre contre la Syrie, c’est une guerre pour Israël. A destination des incrédules qui voient partout du « complotisme », c’est écrit noir sur blanc. Comme le souligne M. Poisson, cette « soumission aux lobbies sionistes est un danger pour la France et l’Europe ». En semant le chaos au Moyen-Orient, la politique américaine, en effet, a exposé le Vieux Continent au terrorisme djihadiste. Elle a fait de cette région un trou noir de la géopolitique mondiale, et l’Europe comme la France sont aux premières loges. Allons, M. Poisson, taisez-vous ! »

 

Bruno Guigue, le 23 octobre 2016

 

 

Killuminati - Le film VOSTFR (complet) - Version Augmentée

 


23/10/2016

Pépites : Russie - Eurasia

Pépites

 

    

L'investigation géopolitique a ceci de passionnant qu'elle permet de tomber parfois, au hasard des recherches, sur de véritables pépites. Certes, le fidèle lecteur de ce blog n'apprendra rien de bien nouveau, mais il verra ses opinions confortées, vérifiées, prouvées en quelque sorte. Il constatera également que, fut un temps pas si lointain, la presse européenne et ce qu'on nomme généralement les observateurs étaient bien plus libres, se permettant des articles/analyses qui vaudraient aujourd'hui à leurs auteurs le bûcher pour "conspirationnisme" ou "populisme"...

Commençons par le n°24 de la revue Géostratégiques publié en juillet 2009. Dans son exposé sur la Russie énergétique, André Pertuzio, consultant pétrolier international et ancien conseiller juridique pour l’énergie à la Banque Mondiale, le dit sans ambages :

Le rôle des Etats-Unis est considérable d’une part en raison du volume de la consommation américaine mais aussi de leurs stratégies politique et économique à l’échelle du monde car, si l’objectif de Washington est de contrôler les aires de production et surtout les voies d’acheminement des principales sources d’approvisionnement, il faut également le replacer dans le cadre de la politique internationale des Etats-Unis.

En dépit des amabilités entre chefs d’Etats, la Russie rendue à sa place de grande puissance par Poutine est considérée par les Etats-Unis comme un adversaire géopolitique concernant l’ensemble Eurasie. La politique de l’OTAN à cet égard lui donne un vif éclairage. Il n’est donc pas surprenant que l’importance prise par l’approvisionnement des pays européens en hydrocarbures par la Russie est un problème géostratégique majeur et que l’amoindrissement sinon la disparition de la part russe de ces marchés est un souci permanent de Washington et de sa filiale de Bruxelles.

Oups, certains doivent avoir les oreilles qui sifflent... Le sémillant analyse continue, dans des termes qui paraîtront très familiers aux lecteurs :

Ce gazoduc [Nordstream, ndlr] a été fortement critiqué à Bruxelles que les Allemands n’ont même pas consulté, conformément à leur habitude lorsqu’il s’agit de leurs intérêts (...) Rien ne semble devoir s’opposer à la mise en œuvre de Southstream malgré les efforts de l’Union européenne de Bruxelles pour s’opposer au projet russe et imposer le projet "Nabucco" (...) Ce projet est évidemment conçu pour faire pièce à Southstream comme le démontre sa genèse : contrairement à la logique économique selon laquelle le producteur construit un tuyau pour vendre sa production à des acheteurs bien définis, il s’agit pour Nabucco d’un groupement d’utilisateurs qui projettent la construction d’un gazoduc sans savoir vraiment avec quoi l’alimenter : en effet, l’idée première de remplacer le gaz russe par celui de l’Azerbaïdjan, pour briser le monopole russe, ne tient pas compte du fait que l’Azerbaïdjan ne dispose pas de la capacité de production suffisante.

Le bras de fer (...) prend encore d’autres aspects, toujours dans le cadre de l’approvisionnement des pays européens en gaz naturel et l’objectif avoué de Washington et de Bruxelles est de tenter d’échapper à la dépendance des importations de Russie. C’est ainsi qu’a été répandu dans les médias le danger d’interruption des livraisons de gaz à la suite du conflit entre la Russie et l’Ukraine au cours duquel la société ukrainienne Naftogaz a détourné du gaz destiné aux acheteurs européens pour suppléer à l’interruption des fournitures à l’Ukraine dans le cadre du conflit avec Gazprom concernant le prix du gaz et les arriérés impayés de Naftogaz.

Manigances américaines pour isoler énergétiquement la Russie, vassalité des euronouilles, désinformation médiatico-énergétique... tout y passe, et qui plus est dans la bouche d'un respectable consultant international et ancien conseiller de la Banque mondiale.

Autre temps, autre thème (quoique...) Un mois après les attaques du 11 septembre 2001 et alors que l'empire se préparait à intervenir en Afghanistan pour punir les méchants barbus avec lesquels il avait pourtant flirté pendant si longtemps, George Monbiot, éditorialiste du Guardian, analysait sans tabou les tenants et les aboutissants énergétiques :

L'invasion de l'Afghanistan est certainement une campagne contre le terrorisme, mais elle peut également être vue comme une aventure coloniale tardive (...) L'Afghanistan est aussi indispensable pour le contrôle et le transport des hydrocarbures d'Asie centrale que l'était l'Egypte au Moyen-Orient [du temps de l'âge d'or du Canal de Suez, ndlr]. En 1998, Dick Cheney, maintenant vice-président US mais à l'époque cadre dans une compagnie pétrolière, remarquait : « A ma connaissance, l'émergence soudaine d'un acteur stratégique comme la Caspienne n'a pas de précédent historique ». Mais son pétrole et son gaz n'ont aucune valeur s'ils ne sont pas transportés. La seule route qui ait du sens, à la fois sur le plan politique et économique, est l'Afghanistan.

Transporter les hydrocarbures via la Russie renforcerait son contrôle sur l'Asie centrale, ce qui est précisément ce que l'Occident tente d'empêcher depuis dix ans [dès 1991 donc, ndlr]. Passer par l'Iran enrichirait un pays que les Etats-Unis essaient d'isoler. Et le transporter jusqu'en Chine, sans même mentionner les considérations stratégiques, coûterait beaucoup trop cher (...)

Plusieurs responsables de l'industrie pétrolière affirment que le rêve de sécuriser le passage du pipeline est la principale raison pour laquelle le Pakistan, proche allié des Etats-Unis, a soutenu si résolument les Talibans et pourquoi l'Amérique a donné son feu vert à leur conquête du pays.

Suit un rappel sur le projet Unocal que nous avons abordé plusieurs fois, notamment les discussions entre Talibans et Washington et le voyage de la délégation talibane au Texas en 1997. Enfin la conclusion, superbe et terriblement actuelle :

Si les Etats-Unis réussissent à renverser les Talibans et à les remplacer par un gouvernement pro-occidental stable et reconnaissant et s'ils parviennent ensuite à relier les économies d'Asie centrale à celle de son allié pakistanais, ils auront réussi à écraser non seulement le terrorisme mais également les ambitions croissantes de la Russie et de la Chine. L'Afghanistan reste, comme toujours dans l'histoire, la clé de la domination occidentale en Asie.

Qu'y a-t-il à rajouter ? La Guerre froide n'a en réalité jamais cessé, même à la chute de l'URSS. On peut aller jusqu'à se demander à quel point la Guerre froide n'a pas été elle-même un élément d'un Grand jeu qui la dépassait largement, les considérations idéologiques (communisme vs capitalisme) ne constituant qu'un habillage ponctuel. Tsss tsss, McKinder, Spykman...

Dès 1991, l'empire voulait isoler la Russie, longtemps avant l'apparition de l'ogre Poutine qui mange les petits enfants. Dès 2001 (et sans doute bien avant), il craignait la constitution d'un pôle eurasiatique sino-russe et avait ses plans pour le torpiller.

A l'aune de ces projets grandioses, on mesure l'échec total de l'empire. Non seulement le duo Pékin-Moscou, plus soudé que jamais, commence à réaliser autour de lui l'intégration eurasienne, non seulement le désenclavement énergétique de la Caspienne pour squizzer la Russie est resté lettre morte, mais les Etats-Unis ont même perdu le Pakistan ! Cerise sur le gâteau, quinze ans et des centaines de milliards de dollars après, l'Afghanistan n'a jamais été aussi instable. Pas étonnant que le pauvre Brzezinski ait jeté l'éponge...

                                                                                                                                                                                                                                                            

L'armée syrienne déclenche une vaste offensive dans le sud d'Alep

L'armée syrienne déclenche une vaste offensive dans le sud d'Alep


Armée syrienne

Après avoir repris ce matin le contrôle absolu de l'unité militaire de défense aérienne dans le sud d'Alep, l'armée syrienne passe à la prochaine étape de sa lutte contre les djihadistes, c'est-à-dire à l'offensive.

Les troupes gouvernementales syriennes et les milices populaires sont passées dimanche à l'offensive dans la partie sud d'Alep après avoir repris le contrôle des hauteurs stratégiques où étaient situées l'unité militaire de défense aérienne et la tour de communication SiriaTel, témoigne un correspondant de Rossiya Segodnya sur place.

L'armée syrienne, ainsi que les combattants du mouvement libanais Hezbollah, se sont fortement implantés sur les hauteurs reconquises. A l'appui de l'aviation et de l'artillerie, ils ont pu lancer une offensive d'envergure tandis que les terroristes résistent avec acharnement.

Les positions de l'armée et des milices populaires ont été à plusieurs reprises la cible de pilonnages au mortier. Les djihadistes réalisent des tirs indirects sur les territoires repris par les troupes gouvernementales. Pendant les premières heures de l'opération, les militaires syriens sont parvenus à détruire trois chars appartenant aux groupes radicaux. Dans la nuit de samedi à dimanche, l'armée syrienne a repris totalement le contrôle de l'unité militaire de défense aérienne dans le sud d'Alep. Les militaires syriens avaient désormais l'objectif de couper les voies d'approvisionnement des terroristes dans les localités environnantes.

L'offensive des troupes gouvernementales se déroule quelques heures après la fin de la pause humanitaire censée permettre aux habitants de la ville tout comme aux terroristes de sortir d'Alep est. La trêve n'a pas été une réussite, les terroristes refusant de quitter la ville et menaçant de mort les civils souhaitant sortir.

La trêve a duré à Alep du 20 au 22 octobre. Huit couloirs humanitaires avaient été mis en place, dont six réservés aux résidents civils et deux aux combattants bloqués dans la partie est de la ville. Mardi 18 octobre, les forces aériennes russes et syriennes ont suspendu leurs frappes à Alep, en Syrie, soit avant la date prévue, pour assurer la préparation d'une pause humanitaire. Or, les terroristes du Front Al-Nosra ont tiré sur les habitants d'Alep rassemblés près de l'entrée d'un couloir humanitaire dans le quartier de Bustan al-Qasr. En outre, les extrémistes ont exécuté publiquement 14 représentants des autorités locales, ceci comme punition pour avoir appelé à quitter les quartiers contrôlés par les groupes armés. Selon différentes estimations, jusqu'à 7 000 djihadistes de différents groupes armés sont retranchés dans l'est d'Alep.