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29/11/2015

« Le problème au Moyen-Orient tient aux origines de l’État d’Israël »

Des révoltes arabes aux risques et enjeux des troubles qui secouent la Syrie, l’enrôlement du Canada dans la politique hégémonique américaine, les jeux russe et onusien, sans pour autant oublier la place de l’Afrique dans ce nouvel échiquier, des questions brûlantes que La Nouvelle République a abordées avec Richard Le Hir, ex-député du Parti québécois d’Iberville en 1994 et ministre délégué à la Restructuration dans le cabinet Parizeau du 26 septembre 1994 au 9 novembre 1995.

***

La Nouvelle République : Révoltes ou révolutions, spontanéité des masses ou complot de l’Occident, décidément, les avis sont partagés pour qualifier ce qui se passe dans le monde arabe. Quelle est votre opinion à ce propos ?

Richard Le Hir : N’étant pas sur le terrain, je suis entièrement dépendant des médias pour mon information, tant les médias traditionnels que les sites alternatifs. La vision qu’un observateur étranger peut donc dégager de ce qui se passe dans le monde arabe est nécessairement partielle, et le risque existe qu’elle soit de ce fait partiale. Voilà de quoi inciter à la plus grande prudence. Si les avis sont si partagés, c’est sans doute qu’il n’est pas possible de traiter toutes les situations sur le même pied. Pour peu qu’on fasse l’effort de s’informer, on voit bien qu’entre ce qui s’est passé en Egypte, en Tunisie, en Libye et au Yémen ou ce qui est en train de se passer en Syrie, il y a un monde de différences.

Si une mauvaise conjoncture économique constitue toujours un terreau fertile pour l’expression d’un sentiment de révolte, les excès d’un pouvoir corrompu et loin du peuple pourront jouer un rôle important d’accélérant, comme l’huile jetée sur le feu. Et il y aura toujours des opportunistes à l’intérieur ou à l’étranger pour chercher à profiter de la situation à des fins d’enrichissement personnel ou à des fins politiques.

Cela dit, il ne fait aucun doute dans mon esprit que des intérêts étrangers au monde arabe sont en train d’exploiter à des fins politiques l’instabilité qui y règne, soit pour consolider des positions existantes, soit pour modifier durablement en leur faveur l’équilibre des forces. Ces intérêts étrangers sont assez faciles à identifier, il s’agit essentiellement des Etats-Unis et d’Israël qui traînent dans leur sillage les vassaux européens de l’Amérique, à commencer par la France et le Royaume-Uni.

Vu leur vulnérabilité économique et politique, les pays arabes sont des proies toutes désignées, et le risque qu’ils soient récupérés est très élevé. Mais comme l’Amérique n’a désormais plus les moyens de ses ambitions hégémoniques, le désenchantement chez les récupérés sera très rapide et l’instabilité n’y fera que s’amplifier.

Quelle analyse faites-vous de la crise que traverse la Syrie ?

Ce qui est particulièrement frappant, c’est le fossé entre ce que rapportent les médias officiels étrangers et les comptes-rendus des sources d’information non alignées sur le terrain. Le fait que Bachar Al-Assad tienne encore solidement les rênes du pouvoir constitue pour moi une indication très claire que la menace vient davantage de l’extérieur que de l’intérieur et qu’elle est téléguidée comme l’était la tentative de renversement du régime iranien en 2009 lors de la pseudo Révolution verte.

Il ne faut donc pas se surprendre de retrouver dans le camp de la révolution syrienne l’intellectuel français et de moins en moins philosophe Bernard-Henri Lévy, qui n’avait pas hésité à jeter tout son poids médiatique derrière la révolution avortée en Iran et qu’on a vu se démener avec toute la force de son impressionnant carnet de contacts en Libye récemment. On sait maintenant grâce à Bernard-Henri Lévy lui-même que « c’est en tant que juif » qu’il a « participé à l’aventure politique en Libye ». Lors de la première Convention nationale organisé par le Conseil représentation des organisations juives de France (CRIF), il a en effet précisé : « Je ne l’aurais pas fait si je n’étais pas juif. J’ai porté en étendard ma fidélité à mon nom et ma fidélité au sionisme et à Israël ». La question se pose maintenant de savoir si la fidélité de Lévy au sionisme et à Israël l’emporte sur la fidélité qu’il doit à la France en tant que citoyen français. C’est une question que les Français devraient se poser, et je suis surpris de voir qu’ils ne soient pas nombreux à le faire. La facilité avec laquelle il est parvenu à entraîner la France dans le renversement de Kadhafi par la force est un témoignage éloquent du délitement de la diplomatie française sous Sarkozy et de sa mise au service des intérêts des Etats-Unis, d’Israël et, accessoirement, de certains oligarques du pétrole proches de Sarkozy, notamment le Canadien Paul Desmarais.

L’effondrement diplomatique de la France est une mauvaise nouvelle pour Bachar Al-Assad qui ne peut plus compter désormais que sur le soutien de l’Iran, de la Russie et de la Chine. Quant aux Syriens eux-mêmes, il ne fait pas de doute qu’une certaine faction aspire à un renversement du pouvoir en place, mais cette faction n’a ni l’importance numérique que lui attribuent les médias occidentaux, ni une large base de soutien populaire, ni le degré de radicalisme requis pour faire une révolution, et elle ne voit pas que ses espoirs sont alimentés par une force en déclin qui, le moment venu, ne serait pas capable de tenir ses promesses en raison de la précarité de sa situation économique et ses propres problèmes.

Autrement dit, il y a en Syrie à l’heure actuelle des tas de gens qui sont manipulés et qui meurent pour rien d’autre que la promotion d’intérêts étrangers.

En tant que Canadien, comment expliquez-vous la participation de votre pays à ces guerres dites « humanitaires », notamment en Libye, alors que vous dites : « Il fut un temps où le Canada était perçu comme une force de paix dans le monde » ?

Les étrangers doivent comprendre que la politique qui est actuellement celle du gouvernement canadien va à l’encontre de sa propre tradition depuis la Seconde Guerre Mondiale et qu’elle ne constitue en rien un reflet de la volonté populaire. Pour dire le vrai, l’opinion publique canadienne était beaucoup plus à l’aise avec l’image de son armée en contingent important des forces de maintien de la paix de l’ONU, les Casques bleus, qu’avec celle de baroudeurs en Afghanistan et plus récemment au commandement des forces de l’OTAN en Libye. Le parti actuellement au pouvoir n’a remporté que 37,5 % des voix aux élections générales du 2 mai dernier. Il représente surtout l’ouest du pays et la province de l’Alberta où les intérêts pétroliers américains sont très présents et très influents. C’est cette influence qui explique en grande partie l’alignement de la politique étrangère canadienne sur celle des Etats-Unis, alors qu’en 2002, le Canada, alors dirigé par un autre parti aux assises dans l’est du pays, avait, comme la France de Chirac, refusé de s’engager aux côtés des Etats-Unis dans la guerre en Irak.

Le gouvernement canadien s’apprête à signer un traité de coopération militaire avec Israël, dans quel intérêt stratégique peut-on placer cet accord ?

Depuis l’annonce de la conclusion imminente de cet accord à la mi-novembre par les ministres de la Défense des deux pays à Ottawa, aucune autre nouvelle n’a filtré, sans doute parce que le gouvernement en place au Canada est très conscient de la surprise et de la réaction défavorable qu’elle a causées. Le nouveau gouvernement n’ayant tenu aucun débat sur ses orientations en matière de politique étrangère depuis sa première élection comme gouvernement minoritaire en 2006, les Canadiens n’ont guère d’autre choix que de voir dans la conclusion de cet accord avec Israël un autre signe de sa soumission totale aux objectifs américains. Il n’existe, en effet, pour le Canada aucune autre justification stratégique au soutien d’Israël que celle de l’alignement avec les politiques américaines, et cet alignement est d’autant plus surprenant et incompréhensible qu’il coïncide avec le commencement de la fin de l’hégémonie américaine.

Certains observateurs avancent qu’en cas d’escalade américaine et européenne contre Damas, la région risque un embrasement, voire même une troisième guerre mondiale. Etes-vous de cet avis ?

Le risque d’une troisième guerre mondiale est réel. Quant à savoir si la situation en Syrie en sera l’élément déclencheur, c’est une autre affaire. Il n’y a pas de doute que cette hypothèse ne peut être exclue, mais une « provocation » iranienne pourrait tout aussi bien servir de prétexte. L’Amérique ne sait que trop bien que la crise économique mondiale engendrée par ses excès menace au premier chef son hégémonie, et c’est au principal conseiller économique du président Obama pendant la première partie de son mandat Larry Summers, également ancien recteur de Harvard et secrétaire au Trésor sous le président Clinton, que revient le mérite d’avoir le premier évoqué la perspective du déclin de l’influence américaine en posant la question dans des termes on ne peut plus clairs : « Pendant combien de temps le plus gros emprunteur au monde peut-il demeurer la première puissance mondiale ? » Et la réponse est évidemment : pas très longtemps.

Alors, le danger devant l’imminence de ce déclin est que l’Amérique soit tentée par une dernière démonstration de puissance pour infléchir durablement la situation au Moyen-Orient dans le sens de ses intérêts et de ceux d’Israël, dans une sorte de fuite en avant pendant qu’elle dispose encore des moyens d’agir. Cette perspective soulève des inquiétudes jusque dans les milieux américains du renseignement. Encore ces jours-ci, un ancien analyste de la CIA, Ray McGovern, mettait ses compatriotes en garde contre l’idée d’ouvrir les hostilités contre l’Iran dans l’espoir de sécuriser Israël, en les prévenant qu’il pourrait s’agir de « la plus grosse erreur du siècle ».

Ce commentaire rejoint un autre que je faisais moi-même il y a un peu plus d’un an dans le cadre d’un article pour la tribune libre du site d’information Vigile.net au Québec :

« Le problème [au Moyen-Orient] tient aux origines de l’Etat d’Israël. Et je prends bien soin de faire une distinction entre Israël et l’Etat d’Israël. Si les origines du premier remontent avant Jésus-Christ, les origines du second remontent à 1948. Le premier a un fondement religieux et historique et le second un fondement strictement politique. Or les juifs agissent comme si tout cela était confondu et ne veulent pas accepter que la distinction réelle qui existe entre les deux, comporte en elle les germes de la précarité. Refusant de reconnaître et d’accepter cette précarité, ils souhaitent la transformer en sécurité. Je les comprends. Mais plus ils cherchent à gagner de la sécurité, plus ils augmentent leur précarité ».

Après avoir augmenté la pression, notamment à travers les déclarations de Medvedev et en positionnant leur porte-avions Amiral Kouznetsov au large des côtes syriennes, les Russes viennent de proposer une nouvelle mouture pour une éventuelle résolution du Conseil de sécurité. Doit-on considérer cela comme une concession, un fléchissement de la position russe ou une simple manœuvre pour tromper l’Occident, sans toutefois concéder aux Occidentaux une résolution à même de servir de tremplin à une agression militaire ?

Il y a dans toutes ces manœuvres de la Russie, outre le souci de laisser savoir aux Etats-Unis, à l’Europe et à Israël qu’elle ne laissera pas cette question se régler « à la libyenne », le désir manifeste de gagner du temps dans l’espoir que ce temps permettra aux parties impliquées de prendre pleinement conscience des enjeux et des risques qui seraient associés au renversement du régime syrien. Je constate que lors des manœuvres militaires que les Iraniens ont récemment tenues dans le golfe d’Ormuz, la presse iranienne a pris la peine de souligner la présence d’une délégation militaire syrienne de haut niveau aux côtés des délégations russe et chinoise. Le message est on ne peut plus limpide : « Touche pas à mon pote ! »

Est-ce que la Russie a les moyens d’aider la Syrie à faire face, dans les prochains mois, aux embargos technologiques et économiques dont les Euro-Américains veulent accabler le pays ?

Les embargos annoncés par le président Obama sont surtout d’ordre financier et visent à nuire essentiellement à l’économie iranienne. Mais en même temps qu’ils cherchent à nuire à l’économie iranienne, les Américains doivent faire attention à ne pas se pénaliser eux-mêmes, et comme la principale source de revenus de l’Iran est le pétrole et que le pétrole iranien se négocie ouvertement sur le marché mondial, les Américains sont limités dans leur action. La dernière chose dont ils auraient besoin en ce moment compte tenu de l’état de leur économie est une flambée des cours du pétrole. Il faut aussi garder à l’esprit que ce sont les Etats-Unis et ses alliés qui mettent en place cet embargo et non la communauté internationale par le truchement de l’ONU, ce qui va en limiter singulièrement la portée, même si la propagande prétendra le contraire.

Certaines parties accusent Israël de jouer un rôle dans les événements en Syrie dans le cadre d’un agenda étranger bien défini. Serait-il dans l’intérêt d’Israël que la Syrie soit déstabilisée avec un changement de régime ou au contraire cela risque de constituer une nouvelle menace comme tiennent à l’affirmer certains observateurs ?

Pour répondre à cette question, certaines distinctions s’imposent. Pour des raisons dont j’ai parlé plus haut, il existe une confusion entre les ambitions sionistes et les intérêts de l’Etat d’Israël. A l’heure actuelle, les ambitions sionistes menacent les intérêts de l’Etat d’Israël et compromettent même ses chances de survie. Si les sionistes veulent effectivement déstabiliser la Syrie, cela ne correspond aux intérêts de l’Etat d’Israël, et c’est celui-ci qui risque d’en pâtir, car l’instabilité qui s’installerait en Syrie serait à moyen et long terme plus dangereuse pour la survie de l’Etat d’Israël que le maintien du régime actuel, si tant est que des gains à court terme pourraient même être possibles, ce qui n’est pas du tout évident.

Récemment, Ban Ki-moon a déclaré à propos de la situation en Syrie : « Cela ne peut plus durer. Au nom de l’humanité, il est temps pour la communauté internationale d’agir ! » Serait-ce là un feu vert pour une intervention militaire comme en Libye ?

Le secrétaire général Ban Ki-moon a une conception bien étriquée de l’humanité pour croire qu’il s’exprime ainsi en son nom. En premier lieu, il est loin d’être acquis que la communauté internationale partage son point de vue qui est essentiellement celui des Etats-Unis et de ses alliés. Et les conditions politiques actuelles ne sont pas du tout réunies pour une mission « humanitaire » de l’ONU. En fait, nous assistons plutôt en ce moment à une ré-émergence de la politique des blocs, comme au temps de la guerre froide entre les années 1950 et 1990. Si une intervention militaire devait avoir lieu — et je la perçois de moins en moins comme une possibilité —, il faudrait qu’elle soit lancée à l’initiative de l’OTAN, une hypothèse peu vraisemblable dans la foulée immédiate de l’opération en Libye qui commence à soulever bien des interrogations dans les pays participants.

Ne serait-ce qu’au Canada, certains critiques sont même allés jusqu’à accuser le commandant en chef des forces de l’OTAN dans l’opération libyenne, le lieutenant-général Charles Bouchard, un de nos compatriotes, de crimes de guerre ! Dans les événements qui secouent l’Afrique et le monde arabe, on assiste à un grand jeu des puissances occidentales et des affrontements feutrés entre elles ; quels seraient d’après-vous les logiques stratégiques qui visent à remodeler l’Afrique, le Proche et le Moyen-Orient ?

Si encore il ne s’agissait que des puissances occidentales, la situation répondrait à des modèles connus comme l’impérialisme, le colonialisme, le postcolonialisme ou le clientélisme. Mais avec l’émergence de la Chine comme puissance mondiale, la situation s’est singulièrement compliquée. Et si, par surcroît, ma théorie de la ré-émergence des blocs se confirme, l’Afrique va se retrouver au cœur d’une partie d’échecs à trois dimensions, mais il est encore trop tôt pour prévoir comment cette partie va se jouer.

Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et Israël ont décidé d’étendre leurs aires d’influence sur le continent africain. L’Afrique ne serait-elle pas en passe de devenir l’un des principaux terrains du « choc des civilisations » ? Quel avenir pour l’Afrique dans ces conditions ?

Quelles que soient les visées de ces pays en Afrique, ils risquent d’avoir de grandes surprises. Si leur perception de l’Afrique n’a pas beaucoup évolué, ils vont découvrir assez rapidement que la perception que les Africains ont de l’Afrique a grandement évolué et qu’ils n’accepteront plus encore très longtemps de la voir servir de ballon de football pour qui que ce soit.

Entretien réalisé par Chérif Abdedaïm

Source: http://www.lnr-dz.com/index.php?page=details&id=8837

source: http://vigile.net/Le-probleme-au-Moyen-Orient-tient

28/11/2015

Enterrement d’un Marine russe mort en tentant de sauver les pilotes du jet abattu par la Turquie

Encore un héros russe mort pour avoir voulu sauver les deux pilotes dont l'avion a été abattu par la Turquie. Son hélicoptère ayant été touché par un missile lancé par des militants syriens.

Paix à son âme ! Et merci pour son combat !

Enterrement d’un Marine russe mort en tentant de sauver les pilotes du jet abattu par la Turquie

27/11 17:30 CET | mis à jour le 27/11 - 19:06

Des centaines de personnes ont assisté à l’enterrement ce vendredi d’un soldat russe mort alors qu’il tentait de secourir l’un des deux pilotes de l’avion russe abattu par la Turquie mardi.

Alexandre Pozynich se trouvait à bord de l’un des deux hélicoptères partis à la rescousse des deux militaires en détresse sur le sol syrien.

Son appareil, atteint par un missile tiré par des militants syriens, peut-être turcmènes, a du faire un atterrissage d’urgence auquel n’a pas survécu le jeune Marine. Ses collègues ont été blessés dans l’incident.

Il a été enterré dans sa ville natale de Novocherkassk, dans le sud de la Russie.

 

Un éminent avocat pro-kurde abattu dans le sud-est de la Turquie

Après les journalistes incarcérés en Turquie, le tour à un imminent avocat à avoir été abattu ?

Un éminent avocat pro-kurde abattu dans le sud-est de la Turquie

Tahir Elci, président de l’association du barreau © Sertac Kayar Source: Reuters
Tahir Elci, président de l’association du barreau
 

Le président de l’association du barreau du sud-est de la province de Diyarbakır a été tué, atteint par une balle, pris dans un feu croisé entre des insurgés kurdes et la police turque.

Tahir Elci a été atteint de tirs dans la tête, ce qui a causé sa mort, apprend-on des sources de l’hôpital.

Tahir Elci est mort alors qu’il s’exprimait face aux médias. Les extrémistes kurdes ont ouvert le feu, tuant également un policier et blessant trois autres personnes. Parmi les blessés, des correspondants des plus grands médias, des agences Anatolia et Dogan.

«Dès la fin de sa déclaration, les balles ont plu sur la foule», a déclaré à Reuters Omer Tastan, un responsable local du parti pro-kurde HDP. «Une balle a atteint Elci à la tête», a raconté Tastan, en ajoutant que 11 personnes ont été blessées lors de l’incident.


Dans une vidéo diffusée par l’agence Dogan, un groupe de tireurs s’est caché derrière le minaret d’une mosquée proche du lieu où Elci prononçait sa déclaration. Lorsqu’il a fini de parler, les hommes ont ouvert le feu sur l’avocat et ceux qui se trouvaient derrière lui.

«Une personne a couru vers Tahir Elci, lui a tiré dessus et puis s’est échappée», a fait savoir Felat Bozarslan, journaliste à l’agence Dogan.

Le militant pour les droits de Kurdes Tahir Elci a été fortement critiqué pour sa contestation envers la position officielle de la Turquie de qualifier le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) d’organisation terroriste.

Après avoir fait des commentaires sur le PKK sur la chaîne CNN Turk au mois d’octobre, le militant a été arrêté. Il a ensuite été relâché et attendait d’être jugé.

En savoir plus : 3 militants kurdes tués dans des affrontements avec la police dans le sud-est de la Turquie

Tahir Elci a fait des études de droit en Europe et a participé à plusieurs importants procès devant les Cours turques. L’avocat faisait partie des membres fondateurs de plusieurs organisations de droit et d’ONG.

«La Turquie plonge dans le chaos»

Le meurtre de Tahir Elci reflète une fois de plus la situation instable de la sécurité dans le pays, a estimé l’analyste du Moyen-Orient Shwan Zulal.

«Tahir était un avocat kurde très éminent qui appelait à la paix et au cessez-le-feu entre le PKK [parti kurde] et les militaires turcs. Il n’a été jamais impliqué dans le côté politique des choses», a raconté l’expert dans une interview à RT. «C’était une personne qui luttait tout simplement en faveur de la justice pour les kurdes et qui n’avait pas peur de s’exprimer à voix haute», a expliqué Shwan Zulal.

Alors que violences et attentats se multiplient en Turquie, c’est son économie qui risque d’en souffrir le plus, d’après l’expert.

En savoir plus : Lors du sommet du G20 à Antalya, Daesh intensifie ses attaques contre la Turquie

«Je crois que la Turquie sombre vraiment dans le chaos et devient un endroit pas du tout sûr. L’économie turque repose largement sur le tourisme, et si cette sécurité n’est plus assurée dans le pays, je ne sais pas où nous nous dirigeons», a regretté Shwan Zulal.

 Des canons à eau dispersent la marche organisée à Istanbul en hommage à l’avocat abattu (VIDEO)

 28 nov. 2015 

  • Alors que des milliers de personnes se sont rassemblées pour protester contre le meurtre de l’avocat kurde Tahir Elci, des échauffourées ont éclaté entre la police et les manifestants.
     
     

     

Poutine refuse de rencontrer Erdogan

 

Nov 27, 2015 15:04 UTC - IRIB – Ayant déjà refusé de parler à son homologue turc au téléphone, le Président russe Vladimir Poutine a cette fois-ci refusé la demande de Recep Tayyip Erdogan pour un entrevue.

Selon la chaîne Al-Arabiya, le Président russe Vladimir Poutine a refusé la demande de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan qui souhaitait un tête-à-tête avec lui à Paris. Erdogan avait déclaré jeudi que M. Poutine avait refusé de lui parler au téléphone.
 
« Aucun dialogue bilatéral ne se fait entre les deux pays », a affirmé le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, en allusion aux tensions qui affectent les rapports turco-russes depuis que la Turquie a abattu un chasseur russe dans le ciel syrien. « Huit heures après le crash d’avion Sukhoï-24 frappé par la Turquie, en Syrie, M. Erdogan a essayé de contacter le Président russe », a ajouté Dmitri Peskov. De même, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré jeudi aux journalistes que les dirigeants russe et turc n’avaient au aucun contact téléphonique.

En ce qui concerne la demande d’Ankara pour une rencontre entre les chefs d’Etat russe et turc en marge du sommet mondial sur les changements climatiques prévu la semaine prochaine à Paris, Lavrov s’est référé aux récentes déclarations des responsables russes qui ont exclu la possibilité de cette rencontre. Moscou a également annulé deux réunions des dirigeants et des Ministre des Affaires étrangères des deux pays.
 
Voir aussi :

 

URGENT ! Vladimir Poutine signe le décret mettant en œuvre les mesures économiques contre la Turquie

 

Vladimir Poutine signe le décret mettant en œuvre les mesures économiques contre la Turquie

Ce samedi, le chef d'Etat russe a signé un décret visant à renforcer la sécurité nationale et introduisant des mesures économiques contre la Turquie, après l'attaque du bombardier russe Su-24, rapporte le service de presse du Kremlin.

Après la suspension du régime sans visas annoncée vendredi 27 novembre, et signée aujourd'hui, le président russe a annoncé la mesure la plus douloureuse pour la Turquie. Selon le décret, les opérateurs touristiques ne sont plus autorisés à vendre des séjours en Turquie. 

"Stipuler que les tour-opérateurs et les agents touristiques doivent se garder de vendre aux citoyens russes des produits touristiques prévoyant la visite du territoire de la République turque", lit-on dans le décret.

Les vols charters entre la Russie et la Turquie sont également interdits.

De même, ces mesures du Kremlin "visant à assurer la sécurité nationale et celle des citoyens russes", interdisent aux employeurs russes d'embaucher des citoyens turcs à partir du 1er janvier 2016 et ordonnent d'interdire ou de limiter l'activité des organisations turques en Russie.

De surcroît, Vladimir Poutine a ordonné d'"interdire ou limiter les opérations économiques extérieures, prévoyant l'importation sur le territoire russe de certains produits provenant de la République turque selon la liste définie par le Gouvernement de la Fédération de Russie (à l’exception des produits importés pour la jouissance personnelle dans la quantité autorisée par l'Union économique eurasiatique)", selon le texte du décret publié par le Kremlin.

En attendant une éventuelle rencontre avec le chef d'Etat russe Vladimir Poutine lundi à Paris, le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré samedi que la Turquie avait besoin de la Russie et que la Russie avait besoin de la Turquie: "Nous ne pouvons pas ne plus être en contact", a-t-il dit.

Le 24 novembre, un chasseur F-16 de l'armée de l'air turque a abattu un bombardier russe Su-24 impliqué dans la campagne de frappes aériennes contre les positions de l'Etat islamique en Syrie. Selon Ankara, l'avion russe a violé l'espace aérien turc. Moscou dément ces allégations tout en soulignant que son bombardier ne présentait aucune menace pour la Turquie.

Suite à l'incident, le président russe Vladimir Poutine a accusé les autorités turques de complicité avec les terroristes dans la région. La Russie a en outre déployé en Syrie des systèmes antiaériens S-400 en vue d'assurer la sécurité de ses forces aériennes combattant les djihadistes de l'EI.