Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12/11/2016

Poutine à Trump : la Russie est prête à restaurer ses relations avec les Etats-Unis

 

Poutine à Trump : la Russie est prête à restaurer ses relations avec les Etats-Unis 

 

 

A l’issue du scrutin présidentiel, le candidat républicain est devenu le 45e président des Etats-Unis. Après son discours, le président russe l’a félicité pour sa victoire et a exprimé son espoir de normaliser les relations russo-américaines.

«Nous comprenons que le chemin de la normalisation des relations entre les Etats-Unis et la Russie ne sera pas facile mais nous sommes prêts à remplir notre part», a fait savoir le président russe lors d'une rencontre avec des ambassadeurs du monde entier à Moscou. 

Il a aussi précisé que l’état actuel des relations entre la Russie et les Etats-Unis n’était pas à imputer à la Russie.

«La Russie est prête à restaurer les relations en plein format avec les Etats-Unis», a-t-il précisé.

Plutôt dans la journée, le Kremlin a annoncé que le président russe avait envoyé un télégramme à Donald Trump pour le féliciter de sa victoire.

«Vladimir Poutine a fait part de son espoir de coopération dans les difficiles relations russo-américaines afin qu'elles s'améliorent, et de travail commun sur les dossiers internationaux en quête de réponses et sur les défis relatifs à la sécurité dans le monde», a déclaré la présidence russe dans un communiqué.

 

«Le président russe espère l'émergence d'un dialogue constructif entre Moscou et Washington, qui se baserait sur des principes d’égalité, de respect mutuel et d’attention envers les positions des uns et des autres», a-t-on conclu au Kremlin.

Le porte-parole de la Douma, Viatcheslav Volodine, a aussi exprimé ses espoirs de voir la victoire de Donald Trump à la présidentielle «aider à ouvrir la voie à un dialogue plus constructif entre Moscou et Washington».

«On ne peut pas qualifier les relations actuelles entre la Russie et les Etats-Unis d’"amicales". Avec le nouveau président des Etats-Unis, un dialogue plus constructif est possible. Le parlement russe soutiendra tous les pas allant dans cette direction», a-t-il poursuivi.


Lire aussi :
EN IMAGES : le discours complet de Donald Trump devant les électeurs après sa victoire

 

Un membre du Comité du conseil de fédération pour la défense et la sécurité, Alexeï Pouchkov a, pour sa part, précisé que le jeu mené par Hillary Clinton face à la Russie pendant la campagne présidentielle lui avait joué un mauvais tour.

«Jouer la carte russe et décrire Vladimir Poutine comme un sale type n’a pas aidé Clinton. Au contraire, l’entrée dans un conflit avec Moscou n’a causé que la peur», a-t-il lancé sur Twitter. 

 

 

D’après plusieurs sondages, les relations entre les Etats-Unis et la Russie ont atteint aujourd'hui leur plus bas niveau depuis la fin de la Guerre froide.


https://www.youtube.com/watch?v=LVqt-CDvzyE



 

Lire aussi : EN CONTINU : Trump promet à la planète le partenariat et non le conflit 

 

 

 

 

Trump compte s'entretenir par téléphone avec Poutine

 
Les leaders des deux pays ont une même vision de la politique étrangère, et aspirent avant tout à faire respecter les intérêts de leurs pays respectifs, estime le porte-parole du président russe.
 
 
Trump compte s'entretenir par téléphone avec Poutine
 
08:32 12.11.2016
 
Donald Trump
 
 
Donald Trump a annoncé son intention de s'entretenir par téléphone avec Vladimir Poutine. Un premier contact très attendu pour résoudre les conflits mondiaux.
Le président élu américain Donald Trump a déclaré qu'il comptait s'entretenir prochainement par téléphone avec son homologue russe Vladimir Poutine.

Donald Trump a indiqué dans une interview accordée au Wall Street Journal qu'il avait reçu une lettre « formidable » de Poutine, ajoutant que « prochainement, ils devraient avoir un entretien téléphonique ».
 
Donald Trump a remporté l'élection présidentielle US du 8 novembre avec 290 grands électeurs contre 228 pour sa rivale démocrate Hillary Clinton. Son investiture aura lieu le 20 janvier 2017.
 
 
 

Moscou suggère à Trump un moyen d’améliorer les relations avec la Russie

 
Suggestion qui ne plairait pas à la défense Allemande :
 
 
 

Moscou

 
Moscou est prêt à faire des efforts pour apaiser les relations avec l’Occident. Mais sur fond d’élargissement de l’Otan vers l’est, une décision faciliterait grandement les choses : l’éloignement des troupes de l’Alliance des frontières russes.

Le nouveau président américain Donald Trump pourrait créer un contexte de confiance avec la Russie en convainquant l'Alliance atlantique de freiner son élargissement ou d'éloigner ses forces des frontières russes, a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.
 
« Disons que le ralentissement ou le rappel du potentiel militaire de l'Otan de nos frontières favoriserait la détente», a indiqué M. Peskov, évoquant les gestes que pourrait réaliser Donald Trump afin de rétablir la confiance et de réduire les tensions entre la Russie et les États-Unis.
 
Selon lui, Moscou constate au contraire que « l'Otan gonfle ses muscles et se rapproche de plus en plus des frontières russes ».

Le porte-parole du chef d'État russe a également souligné que l'Alliance atlantique représentait un « outil de confrontation », et que la Russie ne se sentait pas en sécurité dans une situation pareille.
 
« Bien entendu, nous sommes contraints de prendre des mesures pour y faire face », a ajouté Dmitri Peskov.
 
Donald Trump a remporté l'élection présidentielle US du 8 novembre avec 290 grands électeurs contre 228 pour sa rivale démocrate Hillary Clinton. Son investiture aura lieu le 20 janvier 2017.
 
 
 
 

Trump dévoile ses plans concernant la Syrie

 
 
10:31 12.11.2016
 
Donald Trump


Le président fraîchement élu des États-Unis déclare vouloir donner la priorité à la lutte contre l’État islamique en Syrie.

La destitution de Bachar el-Assad n'est pas une priorité pour Donald Trump, l'essentiel étant à ses yeux de combattre le groupe terroriste État islamique, a déclaré l'intéressé dans une interview au quotidien The Wall Street Journal.

M. Trump a indiqué ne pas vouloir poursuivre la politique actuelle de l'administration Obama en Syrie, qui consiste à soutenir les insurgés syriens.

« La Syrie mène une lutte contre l'EI, et nous voulons nous débarrasser de l'EI. La Russie forme actuellement une union étroite avec la Syrie, et maintenant nous avons l'Iran, qui devient encore plus fort grâce à nous et qui est un allié de la Syrie (…). Nous soutenons des insurgés contre la Syrie et nous ne comprenons pas qui sont ces individus. Si les États-Unis attaquent Assad, cela mènera à une lutte contre la Russie », a déclaré M. Trump.

Le milliardaire élu président américain lors du vote du 8 novembre avait également annoncé vouloir téléphoner prochainement au président russe Vladimir Poutine.
 

Les 7 propositions de Donald Trump que les grands médias nous cachent

 

Les 7 propositions de Donald Trump que les grands médias nous cachent

 

Ignacio RAMONET

Dans un texte prémonitoire, publié le 21 septembre 2016 sur le site Mémoire des Luttes http://www.medelu.org/Les-7-propositions-de-Donald-Trump Ignacio Ramonet envisageait une possible victoire de Donald Trump. Il en donnait les raisons et en détaillait les conséquences.
Il n’est pas inintéressant de soumettre ce texte à l’épreuve du temps.

Le Grand Soir.
N.B. Non, LGS n’a pas adhéré au parti Républicain (ni au Démocrate). Il donne à lire ce qu’on ne trouve pas dans les médias traditionnels, mais qui existe et mérite d’être connu pour la réflexion.
Bref, LGS fait du journalisme.

Il y a encore quelques semaines – à plus de deux mois de l’élection présidentielle du 8 novembre prochain aux Etats-Unis –, tous les sondages donnaient Hillary Clinton, la candidate du Parti démocrate, gagnante. Il semblait alors évident que, malgré la masse des préjugés machistes, Mme Clinton serait la première femme à occuper le bureau ovale de la Maison Blanche et à tenir les rênes de la plus grande puissance de notre temps.

Qu’était-il arrivé au candidat du Parti républicain, le médiatique Donald Trump dont l’ascension était considérée comme « irrésistible » ? Pourquoi s’était-il effondré dans les sondages ? Sept Américains sur dix déclaraient alors qu’ils n’en voulaient pas comme président ; et à peine 43 % l’estimaient « qualifié » pour siéger à la Maison Blanche (65 % considérant, en revanche, que Mme Clinton était parfaitement apte à exercer cette tâche).

Rappelons qu’aux Etats-Unis, les élections présidentielles ne sont ni nationales ni directes. Il s’agit plutôt de cinquante élections locales, une par Etat, qui désignent les 538 grands électeurs chargés d’élire à leur tour le (ou la) chef de l’Etat. Ce qui relativise singulièrement les sondages à caractère national.

Face à de si mauvais résultats cependant, le candidat républicain Donald Trump décida, en août dernier, de remanier son équipe et de nommer un nouveau chef de campagne, Steve Bannon, directeur du site ultra conservateur Breitbart News Network. Trump modifia aussi son discours pour s’adresser à deux groupes d’électeurs décisifs : les Afro-américains et les Hispaniques.
Parviendra-t-il pour autant à inverser la tendance et à s’imposer sur la dernière ligne droite de la campagne ? Ce n’est pas impossible. En fait, Trump semble d’ores et déjà avoir, en partie, rattrapé son retard par rapport à Mme Clinton. Personnage atypique, avec ses propositions odieuses, grotesques ou sensationnalistes, Trump a déjà déjoué les pronostics. Face à des poids lourds comme Jeb Bush, Ted Cruz ou Marco Rubio qui, de surcroît, comptaient sur l’appui décidé de l’ensemble de l’establishment républicain, peu d’analystes donnaient Trump gagnant aux primaires du Parti républicain. Et cependant, il a écrabouillé ses adversaires, les réduisant en cendres.

Depuis la crise dévastatrice de 2008 (dont nous ne sommes pas encore sortis), plus rien n’est comme avant nulle part. Les citoyens sont profondément déçus, désenchantés et désorientés. La démocratie elle-même, comme modèle, a perdu une grande part de son attrait et de sa crédibilité. Tous les systèmes politiques ont été secoués jusqu’aux racines. En Europe, par exemple, les séismes électoraux inédits se succèdent, depuis la victoire de l’extrême droite en Autriche jusqu’au Brexit anglais ou la récente défaite de la chancelière allemande Angela Merkel dans son Land de Mecklembourg-Poméranie.

Mais le bouleversement ne se limite pas à l’Europe, il suffit de voir l’écrasante victoire électorale, en mai dernier, de l’inclassable et tonitruant Rodrigo Duterte aux Philippines... Tous les grands partis traditionnels sont en crise. On assiste partout à l’ascension de forces de rupture, soit des partis d’extrême droite (en Autriche, pays nordiques, Allemagne, France), soit des partis populistes et anti-système (Italie, Espagne). Partout, le paysage politique est en voie de transformation radicale.

Cette métamorphose atteint aujourd’hui les Etats-Unis, un pays qui a déjà connu, en 2010, une vague populiste ravageuse, incarnée à l’époque par le Tea Party. L’irruption du milliardaire Donald Trump dans la course à la Maison Blanche prolonge cette vague et constitue une révolution électorale que nul n’avait su prévoir. Même si, apparemment, la vieille bicéphalie entre démocrates et républicains demeure, en réalité la montée d’un candidat aussi atypique que Trump constitue un véritable tremblement de terre. Son style direct, populacier, et son message manichéen et réductionniste, qui sollicite les plus bas instincts de certaines catégories sociales, est fort éloigné du ton habituel des politiciens américains. Aux yeux des couches les plus déçues de la société, son discours autoritaro-identitaire possède un caractère d’authenticité quasi inaugural. Nombre d’électeurs sont, en effet, fort irrités par le « politiquement correct » ; ils estiment qu’on ne peut plus dire ce qu’on pense sous peine d’être accusé de « raciste ». Ils trouvent que Trump dit tout haut ce qu’ils pensent tout bas. Et perçoivent que la « parole libérée » de Trump sur les Hispaniques, les Afro-Américains, les immigrés et les musulmans comme un véritable soulagement.

A cet égard, le candidat républicain a su interpréter, mieux que quiconque, ce qu’on pourrait appeler la « rébellion de la base ». Avant tout le monde, il a perçu la puissante fracture qui sépare désormais, d’un côté les élites politiques, économiques, intellectuelles et médiatiques ; et de l’autre côté, la base populaire de l’électorat conservateur américain. Son discours anti-Washington, anti-Wall Street, anti-immigrés et anti-médias séduit notamment les électeurs blancs peu éduqués mais aussi – et c’est très important –, tous les laissés-pour-compte de la globalisation économique.

Le message de Trump diffère de celui des leaders néofascistes européens. Il n’est pas un ultra droitier conventionnel. Il se définit lui même comme un « conservateur avec du bon sens ». Sur l’échiquier politique traditionnel, il se situerait plutôt à la droite de la droite. Chef d’entreprise milliardaire et star populaire de la téléréalité, Trump n’est ni un militant antisystème ni, évidemment, un révolutionnaire. Il ne critique pas le modèle politique en soi, mais plutôt les responsables qui pilotent ce modèle. Son discours est émotionnel et spontané. Il fait appel aux instincts, « aux tripes », pas à la réflexion ni à la raison. Il s’adresse à cette partie de l’électorat américain gagné par le découragement et le mécontentement, et aux gens lassés de la vieille politique et du système des « privilégiés », des « castes ». À tous ceux qui protestent et qui crient : « Qu’ils s’en aillent tous ! » ou « Tous pourris ! », il promet d’injecter de l’honnêteté dans le système et de renouveler le personnel et les mœurs politiques.

Les grands médias ont beaucoup diffusé certaines de ses déclarations et propositions. Surtout les plus ignobles et les plus odieuses. Rappelons à cet égard, par exemple, ses affirmations à propos des immigrés mexicains illégaux qui seraient, selon lui, « des corrompus, des délinquants et des violeurs ». Ou bien son projet d’expulser quelque 11 millions d’immigrés latinos illégaux qu’il propose d’embarquer de force dans des bus et de les renvoyer au Mexique. Ou sa proposition, inspirée de la série « Le trône de fer »(Game of Thrones), de construire une colossale muraille le long des 3.145 kilomètres de frontière avec le Mexique, qui chevaucherait vallées, montagnes et déserts, pour empêcher l’arrivée de migrants latinos et dont le financement (21 milliards de dollars) serait à la charge du gouvernement mexicain.

Dans le même ordre d’idées, il a annoncé vouloir interdire l’entrée de tous les migrants musulmans, et s’est attaqué avec véhémence aux parents d’un militaire américain de confession musulmane, Humayun Khan, mort au combat en 2004 en Irak. Il a également a affirmé que le mariage traditionnel formé par un homme et une femme constitue « la base d’une société libre » et a critiqué la décision de la Cour suprême de reconnaitre le mariage entre personnes du même sexe comme un droit constitutionnel. Il soutient ce qu’on appelle les « lois de liberté religieuse » promues par les conservateurs dans plusieurs Etats pour refuser des prestations aux personnes LGBT. Il ne faut pas oublier non plus ses déclarations sur le « mensonge » du changement climatique qui serait, selon lui, un concept « inventé par et pour les Chinois pour provoquer la perte de compétitivité du secteur manufacturier américain. »

Un tel catalogue de détestables inepties a été diffusé par les médias dominants non seulement aux Etats-Unis mais partout dans le monde. Au point qu’on se demande comment un personnage avec de si misérables idées peut rencontrer un tel succès chez les électeurs américains qui, évidemment, ne sont pas tous décérébrés ? Quelque chose ne cadre pas.

Pour résoudre cette énigme, il a fallu fendre le mur de l’information et analyser de plus près le programme complet du candidat républicain. On découvre alors sept autres options fondamentales qu’il défend, et que les grands médias passent systématiquement sous silence.

1) En premier lieu, les journalistes ne lui pardonnent pas ses attaques frontales contre le pouvoir médiatique. Ils lui reprochent d’encourager régulièrement son public à huer les médias « malhonnêtes ». Trump affirme souvent : « Je ne suis pas en compétition avec Hillary Clinton, mais avec les médias corrompus. »Récemment, il a tweeté : « Si les grands médias, répugnants et corrompus, couvraient de manière honnête ma campagne, sans fausses interprétations, je dépasserais Hillary de 20 %. » Il n’a pas hésité à interdire d’accès à ses meetings plusieurs médias importants comme The Washington Post, Politico, Huffington Post et BuzzFeed. Il a même osé attaquer Fox News, la grande chaîne de la droite pamphlétaire, qui pourtant le soutient à fond …

2) Une autre cause des attaques médiatiques contre Trump : sa dénonciation de la globalisation économique qu’il tient pour responsable de la destruction des classes moyennes. Selon lui, l’économie globalisée est une calamité dont le nombre de victimes ne cesse de croître. Il rappelle que plus de 60 000 usines ont dû fermer ces quinze dernières années aux Etats-Unis et qu’environ cinq millions d’emplois industriels ont été détruits.

3) Trump est un fervent protectionniste. Il propose d’augmenter les taxes sur tous les produits importés. Et se dit prêt, s’il arrive au pouvoir, à établir des droits de douanes de 40% sur les produits chinois. « Nous allons récupérer le contrôle du pays et nous ferons en sorte que les Etats-Unis redeviennent un grand pays » affirme-il souvent, en reprenant son slogan de campagne. Partisan du Brexit, il a déclaré que, s’il était élu, il ferait sortir les Etats-Unis de l’Accord de libre échange nord-américain (ALENA). Il s’est également attaqué au Traité Trans-Pacifique (TPP) et a confirmé que, une fois élu, il retirerait les Etats-Unis de l’accord : « Le TPP constituerait un coup mortel pour l’industrie manufacturière des Etats Unis. »Evidemment, s’il est élu, il stopperait aussi les négociations en cours avec l’Union européenne. Il va même plus loin : « Nous allons renégocier ou sortir de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Ces accords commerciaux sont un désastre. » répète-t-il. Dans des régions comme le rust belt, la « ceinture de rouille » du nord-est où les délocalisations et la fermeture d’usines ont fait exploser le chômage et généralisé la pauvreté, ces propos sont reçus avec enthousiasme et font renaître tous les espoirs.

4) Autre option dont les médias parlent peu : son refus des réductions budgétaires néolibérales en matière de sécurité sociale. De nombreux électeurs républicains victimes de la crise économique, et tous ceux qui ont plus de 65 ans, ont besoin de la Social Security (retraite) et du Medicare (assurance maladie) mis en place par le président Barack Obama que les autres dirigeants républicains veulent supprimer. Trump a promis ne pas revenir sur ces avancées sociales. Il a aussi promis de diminuer les prix des médicaments, d’aider à régler les problèmes des « SDF », de réformer la fiscalité des petits contribuables, et de supprimer un impôt fédéral qui touche 73 millions de foyers modestes.

5) Dénonçant l’arrogance de Wall Street, Trump propose également d’augmenter de manière significative les impôts des tradersspécialisés dans les hedge funds (fonds spéculatifs) qui gagnent des fortunes. Il promet le rétablissement de la loi Glass-Steagall (votée en 1933 pendant la Dépression et abrogée en 1999 par William Clinton), qui séparait la banque traditionnelle de la banque d’affaires pour éviter que celle-ci puisse mettre en péril l’épargne populaire par des investissements à haut risque. Evidemment, l’ensemble du secteur financier est vent debout contre Trump et s’oppose au rétablissement de cette loi.

6) En matière de politique internationale, Trump s’est fait fort de trouver des terrains d’entente à la fois avec la Russie et avec la Chine. Il veut notamment signer une alliance avec Vladimir Poutine et la Russie pour combattre efficacement l’organisation Etat islamique (Daesh) même si pour l’établir Washington doit accepter l’annexion de la Crimée par Moscou.

7) Enfin, Trump estime qu’avec son énorme dette souveraine, l’Amérique n’a plus les moyens d’une politique étrangère interventionniste tous azimuts. Elle n’a plus vocation à garantir la paix à n’importe quel prix. Contrairement à plusieurs responsables de son parti, et tirant les leçons de la fin de la guerre froide, il veut changer l’OTAN : « Il n’y aura plus – affirme-t-il – de garantie d’une protection automatique des Etats-Unis envers les pays membres de l’OTAN. »

Ces sept propositions n’oblitèrent pas les déclarations odieuses et inacceptables du candidat républicain diffusées en fanfare par les grands médias dominants, mais elles expliquent sans doute un peu mieux les raisons de son succès auprès de larges secteurs de l’électorat américain. L’aideront-ils à l’emporter ? On ne peut l’affirmer mais il est certain que les trois duels télévisés à venir, face à Hillary Clinton, vont être redoutables pour la candidate démocrate. Car les stratèges militaires le savent bien : dans un affrontement entre le fort et le fou, celui-ci, par son imprévisibilité et son irrationalité, l’emporte bien souvent.

En 1980, la victoire inattendue de Ronald Reagan à la présidence des Etats-Unis avait fait entrer le monde dans un cycle de quarante ans de néolibéralisme et de globalisation économique. Une éventuelle victoire de Donald Trump le 8 novembre prochain pourrait, cette fois, faire entrer le monde dans un cycle géopolitique nouveau dont la caractéristique idéologique principale, que l’on voit poindre un peu partout et notamment en France, serait : l’autoritarisme identitaire.

Ignacio RAMONET