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20/10/2015

La Doctrine de Paul Wolfowitz, Théoricien de la violence, l’âme du Pentagone

Voilà à quelle machine à tuer, nous sommes exposés et confrontés dans le monde grâce aux psychopathes qui siègent au Pentagone, dont le fameux sioniste, Paul Wolfowitz, Théoricien de la violence, qui nous fabrique des ennemis imaginaires dans le monde et qui doivent participer activement avec la CIA/Mossad à former des groupes de mercenaires pour procéder aux changements de régimes dans les pays qu'ils convoitent et pour s'accaparer leurs richesses en provoquant de toutes pièces les révolutions dites colorées, pour  placer leurs pions/caniches des USA et  des Banksters Illuminati de la Mafia Khazare de Rothschild, dans l'objectif d'instaurer leur Nouvel Ordre Mondial.

C'est aussi contre cette mafia criminelle internationale que doivent lutter la Russie et la Chine !

 

Théoricien de la violence

Paul Wolfowitz, l’âme du Pentagone

par Paul Labarique

Depuis trente ans, Paul Wolfowitz participe à presque tous les cabinets civils du Pentagone. Intellectuel brillant, disciple de Léo Strauss, il justifie de la guerre par l’extension de la démocratie de marché. Il s’est fait une spécialité d’inventer des menaces imaginaires pour justifier de nouveaux crédits et de nouvelles aventures. Il a théorisé les interventions préventives et l’intimidation des « compétiteurs émergeants ». N’hésitant pas à s’ingérer dans la tactique militaire, il a imposé ses conceptions aux officiers de terrain.

Réseau Voltaire | Paris (France) | 4 octobre 2004

 

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La position particulière de Paul Wolfowitz dans l’espace public états-unien, entre le champ politique et le champ universitaire, lui permet d’être à la fois proche des théoriciens du régime Bush, tout en y occupant des fonctions exécutives, au sein du département de la Défense.

Le fils de son père

Paul Wolfowitz est le fils de Jacob Wolfowitz, un juif polonais né à Varsovie, dont les parents ont émigré à New York lorsqu’il avait dix ans. Diplômé du City College de New York, Wolfowitz père obtient un doctorat en mathématiques à l’université de New York et devient dans la foulée l’un des meilleurs experts états-uniens en théorie de la statistique. Il est alors très proche du mathématicien hongrois Abraham Wald. Politiquement, Jacob Wolfowitz est un sioniste convaincu, engagé par ailleurs dans des organisations opposées à la répression soviétique des minorités et des dissidents.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Jacob Wolfowitz effectue des études pour l’armée états-unienne, au sein du département de statistique de l’université de Columbia. C’est à cette époque que naît Paul, en 1943. En 1957, la famille déménage en Israël, après que Jacob Wolfowitz eut accepté un poste à l’Université Technion. Paul réussit lui aussi des études brillantes : étudiant en mathématiques à l’Université de Cornell, il s’intéresse rapidement à l’Histoire et à la science politique. Il devient alors membre de l’Association Telluride, créée en 1910 par L.L. Nunn pour sélectionner l’élite universitaire de Cornell, comme cela se pratique sur la plupart des campus états-uniens [1]. C’est au sein de ce groupe qu’il est amené à rencontrer le philosophe Allan Bloom, qui multiplie les contacts avec les étudiants de Telluride, dont entre autres l’économiste Francis Fukuyama, le candidat à la présidence Alan Keyes, le spécialiste du renseignement Abram Shulsky, l’expert en soviétologie Stephan Sestanovich, et Charles Fairbanks, le spécialiste de l’Asie centrale.


Une éducation « straussienne »

Sous l’influence d’Allan Bloom, Paul Wolfowitz développe ses connaissances en sciences politiques, et son intérêt pour la philosophie de Leo Strauss [2], le mentor de Bloom. S’il choisit l’Université de Chicago pour effectuer son doctorat, c’est d’ailleurs parce que le philosophe allemand y enseigne encore.

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Léo Strauss

Même si le maître quitte Chicago avant que Wolfowitz ne soit diplômé, et bien que le jeune homme ne se considère pas véritablement à l’époque comme un conservateur, il est aujourd’hui perçu comme un héritier intellectuel de Leo Strauss. En 2002, Jeane Kirkpatrick déclare ainsi dans une interview que, selon elle, « Wolfowitz reste une des grandes figures straussiennes » [3]. Il est vrai que le responsable états-unien axe son discours sur la fin de la tyrannie et la condamnation du Mal, sur la dichotomie dictature-démocratie, et sur les pouvoirs quasi-surnaturels qu’il accorde aux dictateurs, qui seraient capables, par malice, de tromper les démocraties libérales. Une argumentation élaborée pendant les dernières années de la Guerre Froide, qu’il reprendra ensuite à propos de l’Irak de Saddam Hussein.

Wolfowitz réfute aujourd’hui en partie le qualificatif de straussien. À Chicago, il s’est en effet trouvé un nouveau mentor, en la personne d’Albert Wohlstetter. Ce dernier, qui a étudié les mathématiques avec Jacob Wolfowtiz à Columbia, est alors le premier stratège nucléaire états-unien, membre de la Rand Corporation et théoricien de la vulnérabilité des États-Unis. Sous sa direction, Paul Wolfowitz rédige un mémoire sur les usines de désalinisation installées par Washington aux frontières d’Israël, de l’Égypte et de la Jordanie, officiellement pour impulser une collaboration entre Tel-Aviv et le monde arabe. Officieusement, l’un des produits dérivés du processus de désalinisation devait être du plutonium. Wolfowitz s’oppose, dans ce mémoire, à la nucléarisation du Proche-Orient, aussi bien du côté israélien que du côté arabe, même si ce n’est pas pour les mêmes raisons : pour lui, si l’État hébreu venait à se doter de l’arme nucléaire, il provoquerait une course aux armements avec les pays arabes aidés par l’URSS, fragilisant ainsi sa position au lieu de la consolider.

Empêcher le contrôle des armements

Fort de ses connaissances en relations internationales, Paul Wolfowitz est envoyé à Washington à l’été 1969, pour y travailler au Committee to Maintain a Prudent Defense Policy (Comité pour le maintien d’une politique prudente de Défense), à la demande de Wohlstetter. Cet organisme, créé par deux grandes figures de la Guerre froide, Dean Acheson et Paul Nitze, respectivement secrétaire d’État et directeur de la planification du département d’État du président Truman, a pour objectif de convaincre le Congrès de la nécessité d’installer un bouclier anti-missiles, projet fermement combattu par plusieurs représentants états-uniens, notamment Edward M. Kennedy, William Fulbright, Albert Gore Sr, Charles Percy et Jacob Javits. Pour aider Nitze et Acheson dans leur combat, Wolfowitz est accompagné de Peter Wilson, un autre élève de Wohlstetter, et de Richard Perle, qui est alors fiancé à la fille de Wohlstetter. Les trois jeunes hommes mènent le combat de haute lutte, rédigeant des études scientifiques et distribuant des fiches techniques aux membres du Congrès. Ils organisent également l’audition du sénateur « pro-bouclier » Henry M. Scoop Jackson devant la commission sénatoriale consacrée aux questions d’armement. Un travail payant : à la fin de l’été 1969, les « faucons » l’emportent au Sénat par 51 voix contre 50. L’adoption du projet permettra ensuite à Nixon d’engager la négociation avec l’URSS sur le Traité des missiles anti-balistiques en position de force. Les discussions aboutiront à la signature de SALT I.

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Henry « Scoop » Jackson

Cet épisode marque un tournant dans la politique de Défense états-unienne, puisqu’il s’agit de la première victoire des « faucons » depuis 1941 et le vote par le Congrès de l’extension de la conscription en temps de paix. De plus, le succès de Nitze et Acheson permet l’ouverture d’un débat concernant le bouclier anti-missiles, débat qui continue encore aujourd’hui. Surtout, il a renforcé les convictions de Paul Wolfowitz et Richard Perle en matière de désarmement : les deux jeunes gens ressortent de cette lutte politique avec une grande méfiance envers tout processus de contrôle de l’arsenal états-unien, convaincus qu’une telle politique est défavorable aux États-Unis, tant d’un point de vue stratégique que psychologique. Par ailleurs, la participation à une entreprise politique aussi délicate que celle qui leur a été confiée par d’éminents théoriciens de la Guerre froide leur promet un avenir radieux à Washington.

Alors que son camarade Perle s’engage immédiatement en politique, en devenant l’assistant au Sénat de Henry « Scoop » Jackson, Wolfowitz reprend un temps ses études à Chicago, où il achève son doctorat. Mais les sirènes de Washington le rappellent bien vite : en 1973, l’Agence pour le contrôle des armes et le désarmement subit une véritable purge, sous l’influence de Scoop Jackson qui soupçonnait l’ancienne équipe d’être trop disposée à négocier avec l’ennemi soviétique. Fred Iklé, un stratège « faucon » de la Rand, prend la direction du département. Sur la recommandation de Wohlstetter, il choisit de recruter Wolfowitz. Celui-ci devient rapidement son plus proche conseiller. Il rédige pour lui des notes sur le lancement des missiles et leur détection, travaille sur les négociations liées au contrôle des armements, et suit Iklé en tourné à Paris et dans les capitales européennes.

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Henry Kissinger

Son plus haut fait d’armes date de 1974 et 1975 : pendant deux ans, il s’implique dans la campagne de pression menée par les États-Unis auprès de la Corée du Sud afin qu’elle renonce à un programme de développement de plutonium. Wolfowitz cherche à cette époque à remettre en cause la politique étrangère d’Henry Kissinger vis-à-vis de l’Union soviétique, et même plus largement, la vision statique du monde développée par l’admirateur de Metternich. Il souhaite, en réalité, incarner l’alternative intellectuelle de Kissinger. Pour cela, il fait venir à ses côtés certains jeunes universitaires tels que son ami Francis Fukuyama.


L’expert en création de menaces

Efficace dans son travail, qui consiste à faire du contrôle des armements une coquille vide, Wolfowitz est rapidement assimilé à ce qu’il convient d’appeler les experts « alarmistes », toujours utiles lorsqu’il s’agit de gonfler - voire de créer - une menace pour faire voter une augmentation du budget militaire. C’est donc naturellement qu’il est invité à participer à la fameuse « équipe B », créée en 1976 par le directeur de la CIA de Gerald Ford, George H.W. Bush, afin de réévaluer la menace soviétique, prétendument sous-estimée par les experts trop pantouflards de l’Agence [4]. Cette équipe B est présidée par Richard Pipes, le père de Daniel Pipes. Pour rendre leur rapport, ses membres décident de se fonder sur les déclarations publiques des dirigeants soviétiques, plutôt que sur les traditionnelles photos satellites. Sans surprise, leur estimation finale, parue fin 1976, assure que l’Union soviétique pourrait prochainement reprendre l’avantage dans la course aux armements, en vue d’établir « une hégémonie soviétique globale ». Wolfowitz réalise alors que sous couvert d’indépendance, il est possible de passer outre le travail réalisé par les agences de renseignement. Il aura recours à ce procédé à plusieurs reprises dans sa longue carrière politique.

L’avantage du statut d’expert, c’est qu’il a la réputation d’être « indépendant ». Wolfowitz ne fait donc pas les frais de l’arrivée au pouvoir de Jimmy Carter. Il faut dire que deux de ses plus proches alliés politiques, le sénateur Henry Jackson et Richard Perle, sont des démocrates. Il obtient donc un poste au Pentagone, où il est responsable des « programmes régionaux ». En réalité, il se charge d’évaluer les problèmes que pourrait rencontrer le Pentagone à l’avenir. Le secrétaire à la Défense, Harold Brown, lui demande notamment d’examiner les menaces pesant sur l’armée états-unienne dans le Tiers-Monde. Wolfowitz se focalise alors sur la région du Golfe arabo-persique, en créant un programme de recherche, le Limited Contigency Study. À l’époque, le premier choc pétrolier a alerté les États-Unis sur l’importance stratégique du contrôle des régions riches en ressources énergétiques, notamment l’Arabie saoudite.

1976 : la première « menace » irakienne de Paul Wolfowitz

Dans le cadre de sa nouvelle affectation, Paul Wolfowitz assiste à un séminaire de Geoffrey Kemp, un jeune professeur à la Fletcher School of Law and Diplomacy. Ce dernier affirme que les États-Unis se focalisent trop sur l’Europe et ne prennent pas assez au sérieux les conséquences d’une éventuelle percée soviétique dans le Golfe. Wolfowitz le recrute immédiatement au sein du Limited Contigency Study, tout comme Dennis Ross, alors un jeune spécialiste de l’Union soviétique et futur négociateur au Proche-Orient du gouvernement Clinton. L’équipe, dont les locaux sont au Pentagone, ne s’intéresse pas qu’à une possible prise de contrôle des champs pétroliers par l’URSS. Elle envisage également que cette OPA sur l’or noir soit réalisée par une puissance régionale du Golfe, en étudiant par exemple l’éventualité d’une attaque irakienne contre l’Arabie saoudite. La très forte improbabilité d’une telle opération ne gêne pas Wolfowitz : selon lui : « Il ne faut pas se focaliser exclusivement sur la probabilité d’un événement, mais aussi sur la gravité de ses conséquences ». Une méthode de travail particulièrement pertinente si l’objectif est non pas de se prémunir d’une menace, mais de la construire.

D’un point de vue militaire, les conclusions du programme d’études du jeune Wolfowitz sont limpides : les États-Unis doivent renforcer leur présence dans la région du Golfe, notamment en y construisant de nouvelles bases militaires. Il faut également se méfier de l’avènement d’une puissance régionale trop importante, telle que l’Irak ou, à l’époque, l’Iran. Une recommandation qui ne restera pas lettre morte : trois ans plus tard, la CIA renverse le shah devenu trop exigeant, lui préférant même un régime islamique anti-états-unien qu’elle estime pouvoir contrôler, avec le succès que l’on sait [5]. Il s’agit là d’une opération en totale rupture avec la politique mise en œuvre par Nixon et Kissinger, c’est-à-dire de faire de l’Iran un régime pro-occidental lourdement armé, garant de l’équilibre régional. Le renversement du chah provoque d’ailleurs, ce n’est pas un hasard, un regain d’intérêt pour le travail de Wolfowitz et de ses amis : subitement, le Pentagone cherche à établir des bases à Oman, au Kenya ou en Somalie, encourage les gouvernements amis du Proche-Orient à construire des aéroports plus importants et tente de renforcer sa présence dans le Golfe pour permettre un déploiement rapide. Un an plus tard, les troupes états-uniennes et égyptiennes mènent ensemble un exercice militaire baptisé Bright Star, tandis que les forces états-uniennes développent, d’une manière générale, des technologies militaires destinées au combat en zone désertique. Le jour de la prise de pouvoir de Ronald Reagan, le 20 janvier 1981, la nouvelle administration annonce la création du CENTCOM, le centre de commandement militaire états-unien au Proche-Orient.

La période « asiatique »

La place de Wolfowitz n’est pas assurée au sein de la nouvelle équipe de la Maison-Blanche. En effet, ayant participé à l’administration Carter et étant proche de personnalités dites « démocrates », son pedigree n’est pas blanc-blanc pour l’administration Reagan, très proche de l’extrême droite. Averti fin 1979 par Fred Iklé sur le danger de rester à son poste jusqu’à la fin de la campagne, Wolfowitz démissionne début 1980, et redevient professeur associé au sein de la Johns Hopkins University School of Advanced International Studies. Il n’en reste pas moins suspect pour la Maison-Blanche. Richard Allen, nouveau conseiller à la sécurité nationale, refuse au départ de le voir rejoindre l’équipe « Politique étrangère » de Ronald Reagan. Il faudra toute la persuasion de John Lehman, son ami et ancien proche de Wolfowitz sous Nixon, pour le convaincre de l’intérêt d’un tel recrutement. Puis au moment de sa nomination, c’est le sénateur Jesse Helms qui rechigne à donner son feu vert à celui qu’il voit alors comme un dangereux libéral. Wolfowitz invite alors le directeur de cabinet du sénateur, John Carbaugh, pour lui donner des gages de néo-conservatisme. Il obtient finalement le poste de directeur de la planification au Département d’État. Comme sous Carter, il est chargé d’élaborer une vision à long terme des évolutions géopolitiques, et du rôle diplomatique à jouer pour les États-Unis. Un poste à responsabilité, occupé par le passé par George Kennan, le théoricien de la Guerre froide. Wolfowitz recrute pour cela une équipe fournie : Scooter Libby, juriste de Philadelphie, l’économiste Francis Fukuyama, le conservateur afro-américain Alan Keyes, mais aussi Zalmay Khalilzad, qui a l’avantage de venir de l’Université de Chicago et d’être un ancien élève de Wohlstetter.

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Zalmay Khalilzad

Certaines de ses recrues sont des démocrates, comme Dennis Ross et Stephen Sestanovich, proche d’Allan Bloom et ancien étudiant à Cornell, en même temps que Wolfowitz.

Les recommandations du nouveau responsable de la planification du département d’État sont en rupture avec la politique étrangère menée jusque-là par les États-Unis, et plus particulièrement sous Carter : Wolfowitz remet en cause le bien-fondé de la vente d’avions de surveillance AWACS à l’Arabie saoudite, réclame une prise de distance de Washington vis-à-vis de l’Organisation de libération de la Palestine de Yasser Arafat, et se montre un des plus virulents défenseurs d’Israël au sein de l’administration Reagan. Mais c’est sur le dossier chinois qu’il choque le plus : la doctrine Kissinger préconisait jusque-là de considérer la Chine comme un pays trop puissant pour être ignoré, avec lequel il faudrait nécessairement négocier pour s’en faire un allié objectif dans la lutte contre l’URSS. Selon un mode d’argumentation déjà rodé, Wolfowitz dénonce cette vision des choses. Selon lui, les États-Unis ont depuis trop longtemps surévalué l’importance de la Chine alors qu’elle est en réalité bien plus menacée par Moscou que ne le sont les États-Unis. C’est donc Pékin qui a besoin de Washington, et non l’inverse. Il n’y a aucune concession à faire à la Chine, bien au contraire. Un tel discours met naturellement hors de lui Alexander Haig, le secrétaire d’État de l’époque, ancien assistant d’Henry Kissinger. La rumeur gronde même pendant quelques jours d’un départ imminent de Wolfowitz. Il n’en sera rien. Le 25 juin 1982, c’est Haig qui est remplacé par George Shultz, consacrant la rupture de l’administration Reagan avec la doctrine Nixon-Kissinger et ouvrant, au passage, une voie pour les idées défendues par Wolfowitz. Ce dernier est promu au poste de sous-secrétaire d’État pour l’Asie orientale et le Pacifique. Il s’agit là du premier emploi de terrain pour le bureaucrate universitaire du Pentagone.

Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, Wolfowitz entre en relation avec deux figures clés de l’administration Reagan sur l’Asie que sont Richard Armitage, qui représente le Pentagone, et Gaston Sigur, du National Security Council (Conseil pour la sécurité nationale, NSC). Les trois hommes, qui se réunissent tous les lundis, coordonnent ensemble la politique étrangère de Washington dans la région asiatique. L’un des plus épineux dossiers qu’ils auront à traiter concerne les Philippines, où ils organisent le retrait politique du dictateur Ferdinand Marcos en 1986. Alors que celui-ci a bénéficié jusque-là d’un soutien indéfectible de Washington, l’équipe « asiatique » de Ronald Reagan s’inquiète de voir le pays en proie à une opposition de gauche de plus en plus mobilisée. L’arrivée au pouvoir des « communistes » pourrait entraîner la sortie des Philippines du giron états-unien, occasionnant au passage la fermeture de deux bases de l’US Army installées sur l’archipel, la Clark Air Force Base et la Subic Bay Naval Station. Ils incitent donc Marcos à intégrer une partie de son opposition dans son gouvernement. En vain : le vieux dictateur est convaincu qu’il ne sera jamais « lâché » par Ronald Reagan, qui l’a reçu à plusieurs reprises à la Maison-Blanche. Il se trompe : les trois responsables Asie le chassent du pouvoir et mettent fin à la dictature au profit de la droite catholique et de l’Opus Dei.


Cet épisode ne révèle pas une préférence de Washington pour les régimes démocratiques. Il permet uniquement de constater que le Pentagone et le département d’État sont prêts à soutenir l’instauration d’un régime démocratique si le maintien d’une dictature risque d’entraîner la prise de contrôle du pays par les « communistes ». En cela, ce n’est pas en tant que pro-démocratie que Wolfowitz a choisi cette politique, mais bien en tant qu’anti-communiste.

De manière symptomatique, la gestion des Philippines est rapidement critiquée par Henry Kissinger, qui met en cause le revirement états-unien vis-à-vis de Marcos, un allié fidèle de Washington depuis longtemps. Selon lui, un tel « lâchage » pourrait entraîner une déstabilisation d’autres régimes autoritaires, tels que la Corée du Sud, la Thaïlande, ou encore l’Indonésie. Wolfowitz, en revanche, affirme que les États-Unis ne peuvent reprocher à l’URSS son autoritarisme et dans le même temps tolérer dans leur camp des pays non-démocratiques. Ce que semble proposer ici le diplomate états-unien, c’est un revirement complet de la politique étrangère états-unienne, sur la base de la « promotion de la démocratie ». Il n’en sera évidemment rien. Seuls les régimes autoritaires instables seront remplacés, et pas nécessairement par des démocraties. En bon garant de la stabilité régionale, Paul Wolfowitz est d’ailleurs nommé ambassadeur des États-Unis en Indonésie, jusqu’à la fin du second mandat de Ronald Reagan.

Retour en Irak

L’arrivée au pouvoir de George H.W. Bush ramène Wolfowitz à Washington, au même poste qu’au début de l’ère Regan : sous-secrétaire à la Défense, en charge de la politique du Pentagone, particulièrement sur les questions de désarmement, du Proche-Orient et du Golfe persique. Il y reprend son travail mené sous Jimmy Carter, en demandant une évaluation de la capacité états-unienne à défendre les champs pétrolifères saoudiens. Cette fois, l’éventualité d’une intervention soviétique est écartée, pour se focaliser sur les puissances régionales, au premier rang desquelles figure l’Irak.

Il y a fort à parier que la stratégie états-unienne qui a consisté à provoquer le régime de Saddam Hussein afin de le pousser à envahir le Koweït a été en partie élaborée par Wolfowitz. L’objectif d’une telle tactique était claire : elle permettait à l’armée états-unienne de se déployer massivement dans la région, et particulièrement en Arabie saoudite, mais aussi de réduire à néant la puissance accumulée par Bagdad, avec l’approbation de Washington, au cours des quinze dernières années. Plusieurs éléments permettent d’envisager la participation de Wolfowitz à l’élaboration d’un tel scénario : d’une part, son poste au Pentagone lui permettait d’être associé à de telles décisions ; d’autre part, la nécessité d’un déploiement de troupes états-uniennes dans la région était depuis longtemps une de ses principales préoccupations. Enfin, un épisode troublant a été raconté par Dennis Ross. Au cours d’un voyage effectué dans la région à cette époque, Ross a la surprise de voir son compagnon de route James Baker lui présenter des documents accréditant l’hypothèse (plus tard totalement infirmée) d’une attaque irakienne contre l’Arabie saoudite. Or, ces documents, il les connaissait déjà : il s’agissait d’une simple mise à jour de ses propres travaux de la fin des années 1970 pour le compte du Limited Contigency Study de Wolfowitz.

Les prises de position du sous-secrétaire à la Défense sont d’ailleurs extrêmement claires : il ne faut pas négocier avec Saddam Hussein le retrait des troupes irakiennes du Koweït, mais profiter de l’aubaine pour dévaster le pays. Avec Richard Cheney, il œuvre même à l’élaboration d’un plan d’attaque, conçu par Henry S. Rowen, membre de la Stanford Business School et du Hoover Institute, en alternative au plan du général Colin Powell, alors chef d’état-major interarmes, et du général Norman Schwarzkopf. L’avantage de ce plan, qui prévoyait le déploiement de troupes depuis l’Arabie saoudite jusqu’aux alentours de Bagdad, afin de forcer Saddam Hussein à se retirer du Koweït, était d’assurer la protection d’Israël vis-à-vis d’éventuelles frappes balistiques. Il sera finalement rejeté. Rejetée également, à la fin de la guerre, la position défendue par Wolfowitz de poursuivre plus avant le conflit, une fois les objectifs atteints. Cette fois, c’est le chef d’état-major interarmes Colin Powell qui obtient gain de cause, en expliquant que les États-Unis « sont en train de tuer des milliers de personnes », rapporte James Baker dans ses Mémoires. Le cessez-le-feu « prématuré » est une énorme déception pour Wolfowitz qui, selon certains, préconisait d’envoyer l’armée jusqu’à Bagdad. À la fin des années 1990, il affirmera que la poursuite des combats aurait peut-être favorisé un coup d’État, et donc la chute de Saddam Hussein. Il tire, en tout état de cause, une leçon politique de cet épisode : à l’avenir, il lui faudra mieux contrôler le pouvoir militaire, s’il veut atteindre ses objectifs stratégiques.

Nouvel ordre mondial

La chute de l’Union soviétique entre 1989 et 1990, qui doit amener à un redéploiement des forces états-uniennes de par le monde, donne lieu à l’élaboration d’une nouvelle doctrine pour les néo-conservateurs et Paul Wolfowitz. Les responsables de la Défense états-unienne doivent en effet justifier devant le Congrès le maintien des dépenses militaires, à l’heure où le principal ennemi s’est effondré. Wolfowitz et Powell, pourtant opposés par le passé, développent ensemble l’idée d’une nécessaire force minimale d’intervention de l’US Army, afin d’être en mesure de parer à toute menace éventuelle.

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Mais l’essentiel de la doctrine Wolfowitz est élaborée en 1992, dans le cadre du Defense Planning Guidance. Ce document, qui a été commandé par Richard Cheney, alors secrétaire à la Défense, a en réalité été rédigé par Zalmay Khalilzad, l’assistant de Scooter Libby au Pentagone, sur la base de réunions auxquelles participaient, alternativement, Richard Perle, Andrew Marshall, Paul Wolfowitz, ou encore Albert Wohlstetter. Dans le document qui a fuité dans la presse, l’auteur évoque un nouvel « ordre mondial [...] au finale soutenu par les États-Unis », dans lequel l’unique superpuissance n’aurait plus que des alliances conjoncturelles, au gré des conflits. L’ONU et même l’OTAN seraient de plus en plus mises sur la touche. Plus largement, la doctrine Wolfowitz théorise la nécessité pour les États-Unis de bloquer l’émergence de tout compétiteur potentiel à l’hégémonie états-unienne, notamment les « nations industrielles avancées » telles que l’Allemagne et le Japon. Particulièrement visée, l’Union européenne : « Bien que les États-Unis soutiennent le projet d’intégration européenne, nous devons veiller à prévenir l’émergence d’un système de sécurité purement européen qui minerait l’OTAN, et particulièrement sa structure de commandement militaire intégré ». Les Européens seront ainsi priés d’inclure dans le Traité de Maastricht une clause subordonnant leur politique de défense à celle de l’OTAN [6], tandis que le rapport du Pentagone préconise l’intégration des nouveaux États d’Europe centrale et orientale au sein de l’Union européenne, tout en leur faisant bénéficier d’un accord militaire avec les États-Unis les protégeant contre une éventuelle attaque russe [7]

Après le scandale provoqué par la publication prématurée du document, Paul Wolfowitz se désolidarise un temps de sa rédaction, avant que le soutien de Dick Cheney à Khalilzad ne le convainquedes’y rallier. En réalité, l’assistant de Wolfowitz, Scooter Libby,qui va se charger de la seconde version du rapport, va même aller plus loin. S’il évite de désigner nommément l’Union européenne, il théorise explicitement la nécessité pour les États-Unis d’acquérir une supériorité militaire telle qu’elle décourage toutes les puissances émergentes de tenter de les concurrencer.

L’arrivée au pouvoir de Bill Clinton en 1992 renvoie Paul Wolfowitz à ses chères études. Il reprend son poste à la Johns Hopkins University School of Advanced International Studies, où il développe ses théories sur l’obligation pour les États-Unis de conserver une « profondeur stratégique », un euphémisme qui renvoie au fait d’être la seule superpuissance mondiale. En 1996, il est choisi par Donald Rumsfeld, qui dirige la campagne présidentielle du candidat républicain Bob Dole, pour être le pourvoyeur d’idées en matière de politique étrangère.

Mais son obsession reste le Proche-Orient et le dossier irakien. Après avoir plusieurs fois regretté que l’armée US ne soit pas restée plus longtemps sur le sol irakien, afin de renverser Saddam Hussein, il écrit, en 1997, un article intitulé « Les États-Unis et l’Irak » dans lequel il préconise l’instauration d’un nouveau régime à Bagdad, sans préciser la manière d’y parvenir [8]. À la fin de l’année, il va même plus loin en co-signant un article avec Zalmay Khalilzad dans le Weekly Standard, le magazine des néo-cons. Le titre est éloquent : « Renversez-le », en référence au dictateur irakien [9]. À l’époque, il développe sa vision personnelle d’un renversement réussi, qui passerait par un soutien armé au sud du pays, puisqu’il affirme préférer travailler avec les opposants chiites qu’avec les Kurdes. Et il évoque déjà la nécessité de rallier les alliés récalcitrants, dont l’hésitation s’explique par le manque de détermination de l’administration Clinton. L’arrivée au pouvoir d’une équipe de « faucons » devrait donc avoir raison de ces réticences. D’autant que, selon lui, la Russie et la France devraient facilement se laisser convaincre par « le vent du pétrole ». Si ces prédictions se sont révélées fausses, la démarche de Wolfowitz a reçu sa consécration aux États-Unis, où, en 1998, de nombreuses figures éminentes du Parti républicain rallient le Projet pour un nouveau siècle américain dont l’une des premières revendications est la destitution de Saddam Hussein. Au même moment, Wolfowitz est invité à participer au Congressionnal Policy Advisory Board, monté au sein du Parti républicain par Martin Anderson pour permettre l’élaboration d’une politique étrangère néo-conservatrice, avec le soutien financier du Hoover Institute, de la Fondation Heritage et de lAmerican Entreprise Institute. Donald Rumsfeld et Dick Cheney y assistent régulièrement, tandis que Colin Powell est délibérément écarté, tout comme Richard Armitage.

Wolfowitz n’est pas en reste. Il participe, toujours en 1998, à la commission d’enquête du Congrès chargée d’examiner la réalité de la menace d’une frappe balistique sur les États-Unis, dirigée par Donald Rumsfeld. Sur le modèle de l’« Équipe B » montée par George H.W. Bush au milieu des années 1970, cette commission doit réexaminer les données fournies par les agences de renseignement et en proposer, si nécessaire, une interprétation différente. La communauté du renseignement états-unien avait en effet conclu, en 1995, qu’aucune puissance en dehors des États nucléaires déclarés n’aurait la possibilité de toucher le territoire états-unien avec un missile avant quinze ans. Il s’agissait donc pour le complexe militaro-industriel, et notamment les partisans du bouclier anti-missiles, au premier rang desquels figurent Paul Wolfowitz et Newt Gringrich, de remettre en cause ces conclusions jugées beaucoup trop optimistes. La commission fait parfaitement son travail : Donald Rumsfeld parvient à rallier le soutien des trois démocrates membres du comité, et notamment de Richard Garwin, officiellement opposé au bouclier antimissile. La commission accrédite ainsi l’idée d’une réelle menace de frappe balistique, en provenance de la Corée du Nord, de l’Iran et de l’Irak. En 1999, toujours dans le cadre du Projet pour un nouveau siècle américain, Wolfowitz signe une pétition en faveur de Taiwan, qui devrait, selon le texte, pouvoir bénéficier de la protection des États-Unis en cas d’agression chinoise.

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Paul Wolfowitz (gauche) en
compagnie de Donald Rumsfeld
et George W. Bush

Devenue une figure clé des néo-conservateurs, il est recruté par George W. Bush à l’automne 1998, afin de lui servir d’assistant sur les questions de politique étrangère, aux côtés d’une personnalité alors très proche du candidat républicain, Condoleezza Rice. Avec elle, il met en place l’équipe des « Vulcains », en référence au dieu romain qui forge les armes divines dans la profondeur des volcans. Spécialisée en relations internationales, l’équipe comprend huit membres : Rice et Wolfowitz, naturellement, mais aussi Richard Armitage, Richard Perle, Dov Zakheim [10], Stephen Hadley, Robert Blackwill et Robert Zoellick. Au même moment, une deuxième équipe, menée par Rumsfeld, est également créée dans le sillage de la campagne de George W. Bush. Son objectif : promouvoir le projet de bouclier anti-missiles. On y trouve plusieurs Vulcains (Rice, Wolfowitz, Hadley et Perle), mais aussi des personnalités extérieures telles que George Schultz ou Martin Anderson. La très grande implication de Paul Wolfowitz dans la campagne présidentielle de George W. Bush - qu’il briefe notamment avec Condoleeza Rice avant le débat télévisé avec Al Gore - mérite une récompense après la victoire finale. Celle-ci se concrétise par le retour au bercail de l’ « enfant du Pentagone », cette fois en position de n°2.

Paul Labarique

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[1] Voir « Skull and Bones, l’élite de l’empire », Voltaire, 8 juillet 2004.

[2] Leo Strauss n’a pas influencé uniquement des néo-conservateurs tels que William Kristoll, William Bennett, Paul Wolfowitz ou Francis Fukuyama. William Galston, l’un des intellectuels en vue du temps de la présidence Clinton, a suivi, comme Wolfowitz, les cours de Bloom à Cornell, puis ceux de Strauss à Chicago.

[3] Entretien avec James Mann, cité dans Rise of the Vulcans - The History of Bush’s War Cabinet, de James Mann, Viking, 2004.

[4] Voir « Les marionnettistes de Washington » par Thierry Meyssan, Voltaire, 13 novembre 2002.

[5] Voir Affaires atomiques, de Dominique Lorentz, Éditions les arènes, 2001.

[6] « La politique de l’Union au sens du présent article n’affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres, elle respecte les obligations découlant pour certains États membres du traité de l’Atlantique Nord et elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre ». In Traité de Maastricht, titre V, article J4, paragraphe 4 .

[7] L’affaire est révélée dans « US Strategy Plan Calls For Insuring No Rivals Develop » par Patrick E. Tyler, in New York Times du 8 mars 1992. Le quotidien publie également de larges extraits en page 14 : « Excerpts from Pentagon’s Plan : "Prevent the Re-Emergence of a New Rival" ». Des informations supplémentaires sontapportées dans « Keeping the US First, Pentagon Would preclude a Rival Superpower » par Barton Gellman, in The Washington Post du 11 mars 1992.

[8] « The United States and Irak », par Paul Wolfowitz, in The Future of Iraq, ed. John Calabrese, Middle East Institute, 1997.

[9] « Overthrow him », par Zalmay Khalilzad et Paul Wolfowitz, Weekly Standard, 1er décembre 1997.

[10] « Dov Zakheim, la caution du Pentagone », par Paul Labarique, Voltaire, 9 septembre 2004.

 

07/10/2015

Le Nouvel Ordre Mondial passe par Damas ou l'obligation de résultat de réussite pour Poutine en Syrie !

Excellente analyse faite dans cet article qui reflète l’obligation de réussite de Poutine en Syrie, s’il veut détruire le projet d’instauration du Nouvel Ordre Mondial qui passera par la Syrie pour créer y compris, le Grand Israël et le Grand Moyen Orient.

Obligation de réussite pour Poutine, non seulement pour la Russie mais pour l'ensemble de l'humanité pour devoir éradiquer la mafia Kazahr de Rothschild et ses projets mortifères d'instauration de son Nouvel Ordre Mondial !

 

Le Nouvel Ordre Mondial passe par Damas

by Laid Seraghni / on 6 octobre 2015 at 16 h 58 min

poutine vs obama

Si la Syrie tombait, la Russie serait, en plus d’une humiliation diplomatique, menacée dans son intégrité territoriale, ce qui pourrait induire un éclatement de la Fédération de Russie. Les événements qui se déroulent actuellement en Syrie ne sont en aucun cas liés à la question de démocratisation de la société ni pour plus de liberté pour les Syriens. Il s’agit d’un ordre mondial que cherchent à imposer les États-Unis avec leurs vassaux occidentaux prédateurs à un autre monde qui, la Russie en tête, réclame plus de participation dans la gestion des affaires internationales desquelles ils ont été exclus depuis des décennies.

Le point de départ pour la nouvelle configuration géopolitique du monde passe aujourd’hui par Damas. L’avenir de la Russie s’y joue actuellement. Poutine sur la ligne de Catherine II (1) qui considérait que « Damas détient la clé de maison Russie » comprend bien que « Damas est la clé d’une nouvelle ère ». Depuis le début des contestations en Syrie, la Russie, appuyée notamment par la Chine et l’Iran, a décidé de faire échouer toutes les tentatives d’un changement de régime car elle était persuadée que si le plan des Occidentaux réussissait, elle serait confinée dans un rôle de second plan et serait menacée dans son intégrité territoriale. C’est pourquoi, dès le début de la crise, la Russie s’était montrée très ferme et s’est opposée à toute intervention militaire, et ce malgré les pressions du Conseil de sécurité, de l’assemblée générale de l’ONU et de la Ligue arabe. A chaque tentative visant la reproduction du scénario libyen ou yéménite, elle opposa un refus catégorique.

Hypocritement, les Occidentaux semblent ne pas comprendre les raisons de la position russe en avançant que Moscou avait, en Syrie, des intérêts économiques et de soutiens logistiques pour sa flotte militaire. Ce ne sont nullement les contrats d’armement passés avec ce pays, ni le port de Tartous qui sont les enjeux stratégiques russes dans la région au point de mener une lutte atroce pour éviter que l’État syrien ne tombe. Cela est confirmé en partie par le directeur du Centre d’analyse sur les stratégies et les technologies-Moscou Rousslan Poukhov, qui a déclaré : « penser que la Russie soutient Damas en raison des ventes d’armes est une aberration ! C’est totalement hors sujet ». (2)

Loin de l’instauration de la démocratie ou des libertés, c’est le rôle résistant de la Syrie qui est visé. En soutenant les mouvements des résistances palestiniennes et libanaises, la Syrie a fait avorter tous les plans américains pour la mise en place du Grand Moyen-Orient dans lequel les États arabes seront atomisés et soumis au diktat israélien. Par ailleurs, son alliance stratégique avait l’Iran a fait que l’axe hostile aux plans étatsuniens se consolide dans la région.

Pourquoi la Russie n’admettra-elle pas une victoire des prédateurs de la Syrie ? Si la Syrie venait à tomber, de sérieuses menaces pèseraient sur elle, et les plus manifestes sont :

A- AU PLAN ECONOMIQUE

Poutine sait parfaitement que pour que son pays puisse prétendre au statut de grande puissance il faut qu’au travers de son économie il renforce sa force militaire et rende sa politique étrangère plus agressive en vue d’une influence réelle au niveau mondial. Il affiche ses prétentions en disant « en d’autres termes, nous ne devrions tenter personne en nous autorisant d’être faibles. » (3).

Dans cette notion de puissance, le facteur économique est déterminant. Si l’opposition syrienne l’emportait, cela signifierait que la bataille féroce pour le contrôle des sources d’énergie tournerait en faveur des États-Unis et de leurs alliés, permettant à ceux-ci d’étendre leur influence de la Syrie jusqu’en Australie. Les implications qui en découleraient seraient : l’avortement du programme ambitieux de développement économique basé sur la réduction de la dépendance de l’économie vis-à-vis des matières premières et sur l’innovation articulée autour des hautes technologies pour devenir une grande économie mondiale.

Dans une interview à la BBC, Douglas MC Williams, Chef du Centre de Recherches Britannique (CBER), déclarait : « La Russie arrivera en quatrième position dans le classement des plus grandes économies mondiales d’ici l’horizon 2020 » (4)

Les ressources du financement de ce projet provenant essentiellement des exportations gazières seraient compromises. Les recettes de Gazprom 2011 qui contrôle plus de 80% de la production de gaz s’élèvent à 118 M $. En vue d’empêcher que ces recettes atteignent le niveau escompté,, il devient impératif, de torpiller l’exportation du gaz russe vers l »Europe à travers les gazoducs paneuropéens en projet ; le South Stream et le Nord Stream. Les pays européens devraient être approvisionnés par le gaz iranien par le Nabucco (5), gazoduc reliant l’Iran à l’Europe centrale via la Turquie. Le Qatar pourrait faire transiter son gaz pour l’Europe également par la nouvelle Syrie amie, écartant définitivement l’alimentation de ce continent par le gaz russe. Dans cette hypothèse, la Russie ne peut qu’enterrer son programme de développement, notamment son ambitieux programme militaire d’armement 2011/2020 d’armement pour l’équipement de ses forces armées pour lequel elle prévoit une enveloppe financière de 650 milliards de dollars » (6) au titre d’un programme et « 114 milliards de dollars au titre de la modernisation des équipements ». (7)

Les USA contrôleraient le Liban, la Syrie et l’Iran et, par conséquent, maitriseraient les sources d’approvisionnement énergétique situant dans un espace géographique et stratégique énergétique Liban Syrie, Irak et Iran. D’où cette lutte acharnée pour faire tomber la Syrie.

B – AU PLAN SECURITAIRE :

La chute de B. Al-Assad, ouvre la politique d’endiguement mis en place en 1946 par Georges. F. Kennan (8). Les actions d’encerclement de la Russie seront relancées. Cette stratégie, en matière de géopolitique, est fondée sur la ligne Brezinski (9) qui prévoyait la domination de l’Union Soviétique en deux étapes, l’encerclement de la Russie en premier lieu, pour ensuite passer à sa déstabilisation, pour mieux contrôler son espace périphérique. Cette stratégie est aussi valable pour la Russie d’aujourd’hui. La politique de Gorbatchev que Poutine qualifiait de « La plus grande catastrophe du XXème siècle » (10) serait de retour pour démanteler définitivement la Fédération de Russie.

Ce démantèlement induirait probablement un transfert, au nord du Caucase, des Djihadistes qui opèrent actuellement en Syrie en vue d’instaurer une république islamique. Il est rappelé que le nord du Caucase (Daghestan et Tchétchénie) est à prédominance musulmane. Doku Umarov (11) n’avait-il pas proclamé « l’Emirat caucasien. » en 2007. (12)

Un des pivots américains dans la région montrera ses crocs pour la restauration de l’Empire Ottoman. Il s’agit de la Turquie qui, base avancée des intérêts américains en Eurasie, rêve toujours d’un empire qui s’étendrait jusqu’à l’Asie centrale, ex territoires soviétiques. Une aubaine pour qu’elle étende son hégémonie jusqu’aux confins de Moscou sur les républiques turcophones qui sont l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Turkménistan, le Tadjikistan et le Kirghizistan. L’éventualité de leur intégration dans une alliance avec l’ancien occupant pourrait être envisagée. Elle est encouragée par les États-Unis pour faire désintégrer la Communauté des États Indépendants, composée de 11 sur 15 anciennes républiques soviétiques, créée le 8 décembre 1991 par le Traité de Minsk. Il est clairement établi que cette puissance soutient discrètement les mouvements séparatistes et ethno-religieux dans l’optique de briser définitivement la Communauté des États Indépendants (CEI).

C – AU PLAN STRATEGIQUE.

Dans le prolongement de la ligne de Catherine II, Poutine considère Damas comme étant le point de départ du nouvel ordre mondial. Si cette capitale tombait, la Russie perdrait définitivement son rêve de retrouver son statut de grande puissance dans le monde du temps de la guerre froide. L’inflexion des rapports serait à son désavantage, avec en plus une humiliation diplomatique.

En effet, une fois la Syrie soumise, l’Iran à son tour sera attaqué. L’axe chiite Syrie-Irak-Iran brisé sera sous la botte de l’Arabie Saoudite qui imposera la normalisation des relations avec Israël aux autres pays arabes.

Ainsi, le proche orient sera modelé géographiquement au profit exclusivement des États-Unis et d’Israël, et de leurs vassaux occidentaux et arabes. L’espace sunnite  » modéré  » dominera l’espace géographique qui s’étend du Maghreb, au Pakistan et l’Afghanistan en passant par la Turquie et la corne Africaine. La barrière séparant la Turquie des autres pays de confession musulmane sunnite n’existera plus. La Turquie, membre de l’Otan, qui constitue pour la Russie le chemin le plus court pour rejoindre les eaux chaudes, deviendrait une menace stratégique pour ce pays tant que celle-ci peut bloquer et assiéger sa flotte militaire de la mer Noire.

Ainsi, la Russie aura devant elle un espace hostile qui s’étendra alors de la France à l’ouest jusqu’à la Chine à l’est. Elle sera chassée définitivement de la région du Grand Moyen-Orient où elle était naguère fortement présente.

A la lumière de ce qui précède, nous estimons que le soutien de Moscou à Damas est indéfectible car dicté par des impératifs liés à l’existence même de la fédération de Russie en l’état actuel. Pour contrer toutes les manoeuvres de l’Occident pour la déstabiliser et la fragiliser sur la scène internationale, elle fera tout ce qu’elle peut pour que l’ordre géopolitique du Moyen-Orient ne subisse aucun changement.

Grâce au levier énergétique, elle cherche à renverser les alliances en se rapprochant de l’Europe, de la Chine, de l’Iran et de l’Inde. Elle compte créer un espace eurasien pour contrer l’hyperpuissante Américaine.

Laid SERAGHNI

Références :

1- Catherine II, impératrice de Russie (1762-1796), surnommée Catherine la grande. Elle disait « je laisse à la prospérité de juger impartialement ce que je fais pour la Russie. ». Durant le plus long règne de l’histoire de la Russie, outre le développement et la modernisation de la société russe, elle tint tête à tous les envahisseurs voisins ou lointains.

2- Le Figaro du 31 mai 2012.

3- Atlantico du 21 février 2012.

4- RIA Novosil du 27 décembre 2012.

5- Nabucco dont le titre initial est Nabuchodonosor est un opéra de Verdi. Il évoque l’épisode de l’esclavage des juifs à Babylone. Cela dénote que tout l’enjeu en Syrie est centré autour de la sécurité d’Israël.

6- Voix de la Russie 14 décembre 2012.

7- Géostratégique.net du 6 mars 2012.

8- Diplomate, politologue et historien américain dont les thèses eurent une grande influence sur la politique américaine envers l’Union Soviétique au sortie de la deuxième guerre mondiale.

9- Z Brezinski : politologue américain, il a été entre autres, conseiller à la sécurité nationale du Président des Etats-Unis Jimmy Carter, de 1979 à 1981.

10- La dépêche.fr du 20 février 2012

11- Né en 1964 en Tchétchénie, Doku Umarov fut en 2005 le cinquième président de la république d’Ichkérie (Tchétchénie). Il abolit cette dernière pour en 2007 pour la remplacer par un « Émirat Tchétchénie » dont il s’autoproclame émir.

12- affaires géostratégiques.Info du 22 octobre 2012

 

03/10/2015

Danger de paix en Syrie : Adieu le Nouvel Ordre Mondial !

Bien évidemment, sans les guerres de destructions massives, d'invasion et de colonisation, sans coups d'états pour remplacer les dirigeants pour y placer leurs pions, les crimes commis contre l'humanité en bandes organisées par le réseau mondial du crime : point de Nouvel Ordre Mondial pour les élites, Illuminati/sionistes/reptiliennes/sataniques !

Compris ?

Danger de paix en Syrie

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La presse-Système bobo atlantiste peut à nouveau se lâcher. Pensez-donc, après avoir sauvagement attaqué et envahi l’Ukraine puis arraché la Crimée (1), voilà que le très très méchant Poutine vient encore de jouer l’un de ses sales tours contre la paix mondiale, la démocratie universelle, la liberté cosmique et la défense de la baudroie des abysses. Depuis mercredi en effet, la Russie s’emploie à écraser les gangs de tueurs qui plongent la Syrie dans l’enfer depuis quatre ans et demi maintenant. Plutôt positif à première vue non? Sauf que comme l’a déclaré sans sourciller le néocon américain McCain, Moscou aurait «frappé des groupes armés et entraînés par la CIA» (SIC) (2). Il est vrai que contrairement à la fumeuse coalition atlantiste Obama-Hollande, la Russie n’entend faire aucune différence entre les bouchers d’al-Nosra (copains de Fabius), d’al-Qaïda (copains de la CIA) ou de Daesh (copains de plus personne). Pour la première fois depuis le début du chaos initié par les puissances occidentales dans le pays (3), la Syrie a donc une vraie chance de commencer à voir le bout du tunnel, si toutefois on laisse faire Moscou.

L’Empire et son inculpabilité

C’est quand même du caviar : entendre le sénateur John McCain reconnaître publiquement que la CIA arme et forme des combattants en Syrie est tout simplement savoureux. Il est vrai que la formation de «contras» pour alimenter les charniers mondiaux est une tradition de la machine de guerre qu’est l’Empire US. Mais tout de même, que des officiels trouvent tout à coup naturel de le reconnaître publiquement témoigne une fois de plus, s’il en était besoin, de cette arrogance, de cette inculpabilité propre à un Empire qui s’estime par nature au-dessus du droit et qui constitue, à cet égard, la principale menace pour la paix mondiale.

Le plus fantastique est que la presse bobo-atlantiste ne s’est absolument pas émue de la chose, trop occupée qu’elle était à propager la bonne parole russophobe que le Système exigeait d’elle. Des fonctionnaires aguerris de la propagande atlantiste aux jeunes plumitifs en formation rêvant de leur Guerre d’Espagne, chacun a donc pu s’offrir son petit supplément d’âme du jour en prêtant comme de coutume à Poutine les pires intentions hégémoniques qui soient.

Réalisme russe

Sauf qu’en termes d’hégémonie, Poutine cherche surtout dans ce dossier à préserver son accès actuel à la Mer Méditerranée (Tartous) et, d’entente avec la Chine, à éviter de voir sombrer la région plus avant encore dans le chaos généralisé provoqué par Washington et Paris. Au plan sécuritaire, Vladimir Poutine estime par ailleurs très logiquement qu’il vaut mieux écraser les punaises islamistes en Syrie et arrêter une fois pour toute la contamination, plutôt que de voir une armée de bandits (notamment les groupes tchétchènes engagés aux côtés de Daesh), revenir tôt ou tard semer le chaos à Moscou ou Grozny.

Côté stratégie, le principe de base de l’engagement russe est simple et solide: aucune guerre ne se gagnant depuis les airs, il faut des bottes. Or les seules bottes disponibles en Syrie sont ceux de l’armée légale syrienne de Bachar al-Assad, appuyées par celles du Hezbollah libanais et probablement de quelques unités iraniennes.

Contrairement aux interventions US et françaises, l’intervention russe est d’abord formellement légale puisqu’elle a été précédée d’une demande officielle de la présidence syrienne. Ensuite, la stratégie arrêtée est surtout réaliste puisqu’il s’agit d’appuyer l’armée syrienne et de coordonner, avec ses soutiens libanais et iraniens, la reconquête du territoire . Ensuite seulement, comme ne cessent de le répéter Vladimir Poutine et l’immense Sergueï Lavrov, on pourra toujours asseoir à la table des négociations le régime et les représentants de l’opposition réellement modérée, c’est-à-dire celle qui n’a pas participé au massacre des populations.


Il existe donc désormais un réel danger de paix en Syrie, au grand dam du Bloc occidental qui continue à miser sur le chaos régional pour prospérer.

Le compromis ou la guerre.

La donne a donc changé du tout au tout. Après le bras de fer ukrainien, l’engagement de la Russie en Syrie montre que le monde unipolaire rêvé des USA et de leurs cerfs a fait son temps.Russie en tête et Chine en embuscade, les pays du BRICs rejettent désormais activement le principe US de domination par le chaos.

A termes de deux choses l’une: soit le Bloc occidental acceptera de réduire sa voilure, soit ce sera la guerre.


Le théâtre syrien est à cet égard le lieu de tous les dangers désormais. Les Rafales français, qui épargnent soigneusement al-Nosra, et les FA/18 américains, qui épargnent al-Qaïda et al-Nosra (et manifestement dans une large mesure Daesh comme l’atteste le fait qu’un an de frappes n’auront donné aucun résultats tangibles), y croisent les Sukhoi russes qui n’épargnent personne avec sans doute, très bientôt, l’entrée en scène d’autre FA/18, israéliens ceux-ci, qui voudront pour leur part défendre leurs alliés d’al-Nosra à qui ils ont confié le contrôle d’une zone tampon entre les frontières mouvantes de l’entité sioniste et l’enfer syrien.

Et puis il y a encore les pays du Golfe qui alimentent en bloc tous les coupe-jarrets djihadistes, et qui ne veulent pas entendre parler d’un maintien au pouvoir de Bachar al-Assad, craignant le risque d’un renforcement à terme de l’axe chiite Iran-Syrie-Hezbollah.

Bref, un tel enchevêtrement d’intérêts contradictoires dans un pays déjà en guerre recèle un potentiel explosif rarement atteint. Et l’on sera donc vite fixé sur la question du compromis ou de la guerre justement.

Un discours magistral, doublé d’un avertissement

Il est intéressant de noter que l’intervention russe en Syrie a été déclenchée quelques jours après le discours magistral de Vladimir Poutine (4) à l’occasion du 70e anniversaire de l’ONU. Discours où tout a été dit sur la vérité des situations de notre monde.

Le Président russe est ainsi revenu à chaque fois sur les fondamentaux des crises évoquées pour en rappeler les causes véritables et pointer les responsabilités.

Sur l’Ukraine, il a tout résumé en trois phrases:

«Certains de nos collègues [Américains et Européens donc] continuent à raisonner en termes de blocs, comme c’était le cas du temps de la Guerre Froide. Premièrement, il s’agit de l’expansion de l’OTAN, mais on se demande, pour quelle raison? Le Bloc de Varsovie a cessé d’exister, l’Union Soviétique n’est plus, néanmoins l’OTAN a non seulement survécu, mais continue son expansion. Au bout du compte, cette logique devait se conclure par une crise géopolitique – et elle a eu lieu en Ukraine».

Sur la Syrie et l’Etat Islamique, il a fait de même:

«Daesh n’est pas venu de nulle part, c’était tout d’abord un moyen [pour les Américains donc…] de lutter contre des régions profanes indésirables. Au début, ils étaient circonscrits à l’Irak et la Syrie, mais maintenant ils essaient de dominer l’intégralité du monde islamique. Il est hypocrite de parler de menace terroriste internationale en fermant les yeux sur la manière dont ces terroristes reçoivent de l’aide [entre autres soutien politique français, militaire US et financier saoudien donc]. Il est tout aussi mauvais d’essayer de recruter ces groupes dans un but politique, pour ensuite se débarrasser d’eux [là, Obama a dû se tortiller sur sa chaise…]. (…) Si vous agissez de cette manière, je voudrais vous dire: Messieurs, vous traitez avec des gens cruels. Mais ils ne sont pas primitifs ou stupides – ils sont aussi intelligents que vous. Qui manipule qui?»

Enfin, il a replacé le tout dans le contexte de la guerre économique perpétuel que conduit le Système atlantiste pour préserver son hégémonie:

«Aujourd’hui, les sanctions unilatérales prises en contournant la Charte de l’ONU sont presque devenues la norme. Elles sont prises non seulement en faveur d’objectifs politiques, mais aussi dans le but d’éliminer des concurrents du marché. Un des syndromes de l’égoïsme économique croissant est le fait que certains pays ont choisi la voie de réunions exclusives. Les négociations sont menées dans des couloirs, non seulement dissimulées aux yeux de leurs propres citoyens mais aussi aux yeux des autres pays [Poutine pointe ici le TTIP-TAFTA, le vénéneux accord de libre-échange UE-US qui signera l’entrée définitive en esclavage de l’Europe et de ses citoyens]».

L’ampleur même du discours de Vladimir Poutine semblait ainsi porteuse d’une sorte d’avertissement au monde. Un avertissement solennel et inquiet sur le très mauvais tour pris par les relations internationales ces dernières décennies, et cela à l’évidence du fait de la voracité et de l’agressivité du Bloc atlantiste sous contrôle US.


Alors pour conclure ce billet, nous reprendrons la question essentielle, la question vertigineuse que Vladimir Poutine a adressée ce jour-là à tous ces faiseurs de guerres, à tous ces architectes de la misère mondiale, à tous ces industriels du chaos au sein du Bloc atlantiste lorsqu’il a dénoncé le résultat catastrophique de «l’exportation des soi-disant révolutions «démocratiques» au Moyen-Orient et en Afrique du Nord».

Vladimir Poutine au Bloc atlantiste donc: «Est-ce que vous comprenez ce que vous avez fait?»
A l’évidence non, pour notre malheur à tous.

Mis en ligne par entrefilets.com, le 2 octobre 2015

1 Enfumage ukrainien : contre-propagande

2 John McCain accuse les Russes d’avoir ciblé des groupes formés par la CIA

3 Comment le bloc atlantiste a construit la guerre en Syrie

4 Discours de Vladimir Poutine dans sa version vidéo, et dont voici une transcription complète

http://www.entrefilets.com/Danger_de_paix_en_Syrie.html#sthash.RgA70jU4.dpuf

 

01/10/2015

Benyamin Netanyahou réalise un discours théâtral à la tribune des Nations-Unies

Encore le psychopathe à l'oeuvre de la calomnie et en pleine crise de paranoïa !

Il ferait mieux d'arrêter les amphétamines ou le LSD, celui-ci !

Ils en ont encore beaucoup comme cela dans les rangs sionistes ?

Entre Porc'ochenko et lui, nous sommes servis ! L'hôpital psychiatrique en plein délire ?

A quand l'internement psychiatrique salutaire pour nous tous ?

Et la Palestine occupée, on en parle quand, très sérieusement ?

Benyamin Netanyahou réalise un discours théâtral à la tribune des Nations-Unies

 

Benyamin Netanyahou à la tribune de l'ONU

Benyamin Netanyahou à la tribune de l'ONU

Le premier ministre israëlien s'est exprimé lors du quatrième jour de Débat à l'Assemblée Générale des Nations unies. Dans un discours enflammé, mais sans surprise, il a évoqué l'accord sur le nucléaire iranien et la situation en Palestine.

Dans un discours solennel et enflammé, le Premier ministre israélien a commencé par revenir sur l'accord sur le nucléaire iranien. 

«Pensez-vous vraiment qu'un tigre féroce va du jour au lendemain devenir un gentil matou ?» a-t-il déclaré en ironisant.

«Pensez vous vraiment qu'une théocratie qui conquiert ses voisins et utilise le terrorisme partout dans le monde et souhaite la mort d'Israël et de l'Amérique va changer sa méthode ?» a-t-il poursuivi, ajoutant à l'adresse de la communauté internationale que «lorsqu'on récompense un mauvais comportement, ce dernier ne fait qu'empirer». 

Pour Benyamin Netanyahou, l'islam militant allié à l'arme nucléaire représente «le danger absolu» et tandis que «beaucoup se réjouissent de cet accord», l'Iran veut en fait «annihiler Israël».

Montrant ensuite un livre qu'il dit être celui du guide suprême d'Iran, l'Ayatollah Khamenei, Netanyahou a cité ce dernier qui aurait assuré dans son ouvrage que «dans 25 ans, Israël n'existera plus». 

70 ans après l'Holocauste, un pays clame haut et fort vouloir détruire mon peuple, mon pays ! Et que dit la communauté internationale ? Rien ! Quelle est sa réaction ? Un silence assourdissant !

En orateur enflammé, Benyamin Netanyahou a ensuite laissé planer un silence complet sur toute l'assemblée durant une minute complête, le regard grave, avant d'enchaîner : «Peut-être que si un pays voulait votre mort et votre destruction, seriez-vous moins enthousiastes !»

Netanyahu at UN: Israel is on frontlines in fight against barbarism, Israel is defending you http://t.co/FZqFRebWuT pic.twitter.com/tZ6vlUqd0g

Netanyahou a affirmé avec assurance que l'Iran disposait bien de missiles pouvant atteindre Israël, mais que son but était aussi «d'atteindre l'Europe» et «detruire tout et n'importe qui».

Le peuple juif a connu ce qu'était le prix du silence et ne se taira pas face à ses ennemis génocidaires, cela est du passé !

Poursuivant sur Israël et le peuple juif, le Premier ministre Netanyahou a affirmé que «Tout le monde a toujours voulu nous détruire, Babylone, Rome, l'inquisition sous le Moyen-Age, l'Holocauste, et aujourd'hui un Etat terroriste extrémiste et génocidaire», ajoutant qu'Israël «n'a que 67 ans, mais que le peuple juif , lui, a 4000 ans et vivra toujours».

En conclusion de son discours plus long que la moyenne, le Premier ministre israélien a rappelé que les Etats-Unis étaient le partenaire principal d'Israël et que leur amitié était «inébranlable».

Puis, évoquant la situation palestinienne, il a affirmé être «prêt à la réouverture des négociations avec la Palestine», assurant qu'Israël voulait «la Paix», avant de déplorer les «mensonges» de son homologue palestinien Mahmoud Abbas, l'invitant à «discuter» avec Israël.

 

 

 

 

Le président Porochenko, héritier d'une dynastie d’escrocs : c’est la fin de ce qui reste de l’Ukraine

Pour vous faire une idée claire de celui qui a été mis en place par la France, l’Allemagne et la Pologne, par le coup d’état fomenté au Maidan, et ensuite par les soi-disant élections par lesquelles il a été supposément élu, avec 90 % de taux d’abstention, qui prétend être un président légitime et s’attaquer à Poutine et à la Russie.

Et qui change son vrai nom pour passer inaperçu !

Le Président  Poroszenko (né Walcman), juif de Moldavie, âgé de 44 ans, né près d’Odessa dans une dynastie d’escrocs, et ayant pris le nom de sa mère – c’est la fin de l’Ukraine.

Le président Porochenko, héritier d'une dynastie d’escrocs : c’est la fin de ce qui reste de l’Ukraine

25 mai 2014 14:16

Petro-Poroshenko.jpg

Ce dimanche 25 mai s'ouvre en Ukraine une "élection" présidentielle dans un climat de guerre civile et de génocide. Cette soi-disant "élection" soutenue par les pays occidentaux a été décidée le 22 février 2014 par les putschistes assassins de la Place Maidan qui après avoir renversé le président Ianoukovitch qui a pris la fuite afin de ne pas être assassiné, ont pris le contrôle du "parlement" croupion.

Cette "élection" est logiquement boycottée par les est-ukrainiens qui ne reconnaissant pas la légitimité du gouvernement par interim de Kiev ne reconnaissent pas non plus les "élections" qu'il organise. Ceci est logique mais n'est aucunement pris en compte par les pays occidentaux qui dès le 22 février ont refusé le "dialogue", toute "ouverture" et toute négociation... avec les opposants est-ukrainiens.

C'est dans ce climat criminel que le leader des Pro-Maidan de Kiev, le milliardaire euroatlantiste Petro Porochenko, arrive en tête des intentions de vote. Le "roi du chocolat", est partisan de l'intégration de l'Ukraine dans l'OTAN. Ses produits alimentaires sont interdits à la vente en Russie depuis juillet 2013 car contenant des matières premières cancérigènes. Aucun écho de ces informations-là dans les médias "français".

Derrière Porochenko, arrive dans les intentions de vote l'ancien premier ministre, égérie de la "révolution orange" de 2004, Ioulia Timochenko. Créditée de 10% des voix environ, elle a annoncé sa candidature jeudi 27 mars 2014. Elle avait déjà été candidate à la présidence en 2010. Elle fut battue de peu par Viktor Ianoukovitch. L'année suivante, en 2011 elle était condamnée à sept ans de prison pour abus de pouvoir lors de la conclusion de contrats gaziers avec la Russie. Timochenko a récemment déclaré qu'elle voulait « l'anéantissement » des Russes, dans une conversation enregistrée et diffusée sur internet. Elle a menacé l'Ukraine d'une nouvelle révolution (de couleur) si elle perdait les élections. Se déchaînant contre le favori, l'oligarque Petr Porochenko, elle a menacé d'un "troisième cycle de révolution" si ce dernier était élu. Jusqu'alors, le QG de l'oligarque laissait entendre qu'en cas d'entente avec elle - ou d'abandon de ses ambitions présidentielles - elle pourrait obtenir le poste de premier ministre... "Si le pays choisit un autre président, sachant que je n'ai qu'un seul concurrent aujourd'hui, je crois que nous devrons vivre un troisième cycle de révolution", a-t-elle averti... Et ce sont ces gens-là que les pays occidentaux soutiennent en affirmant que cette élection présidentielle est "légitime" alors qu'elle a tous les caractères d'une élection frauduleuse organisée par une mafia !

Le nationaliste Oleg Tiagnibok et le leader du mouvement paramilitaire ultra-nationaliste Pravy Sektor, Dmytro Iaroch sont aussi en lice.

ll devrait y avoir naturellement une forte abstention dans l'Est de l'Ukraine, notamment dans les républiques récemment autodéterminées qui ne reconnaissent pas la légitimité de ce scrutin et le boycottent.


Porochenko est crédité de plus de 44% des intentions de vote et pourrait être élu dès le 1er tour. En cas de second tour, celui-ci se tiendra le 15 juin prochain.

Petro Porochenko, voici donc le pedigree de l’homme que l’Ukraine devrait "élire" sans surprise aujourd'hui. Il s'agit d'un des leaders du mouvement "Notre Ukraine" (notez la chutzpah...) qui porta au pouvoir Iouchtchenko (un président d'Ukraine compatible avec la doctrine Zbigniew Brzezinski d'isolement, d'encerclement et de réduction de la jeune puissance russe émergente). Porochenko a financé la Révolution orange de 2004, "révolution" soutenue par les Etats-Unis et financée par la fondation George Soros. ILS n’ont pas  investi des milliards ni fait tous ces massacres dans l’Est de l’Ukraine en 2014 pour qu'un autre que lui soit élu.

« Le président Poroszenko , héritier d'une dynastie d’escrocs : c’est la fin de ce qui reste de l’Ukraine » : il s'agit du titre d'un article en polonais traduit par Domremy, publié sur Novorus.info et résumé par Gajowego Maruchy : "Prezydent Poroszenko ze złodziejskiej dynastii to koniec pozostałości Ukrainy".

Vous pouvez trouver ci-dessous la traduction de cet article (merci à Domremy).

 Prezydent Poroszenko ze złodziejskiej dynastii to koniec pozostałości Ukrainy".

Posted by Marucha le 23 05 2014

« Le Président Poroszenko , héritier d’une dynastie d’escrocs : c’est la fin de ce qui reste de l’Ukraine »

Posté par Marucha le 23 mai 204

Petro-Poroshenko.jpg

Le Président  Poroszenko (né Walcman), juif de Moldavie, âgé de 44 ans, né près d’Odessa dans une dynastie d’escrocs, et ayant pris le nom de sa mère – c’est la fin de l’Ukraine.

Les membres de cette famille n’aiment pas rappeler les années 80 du siècle dernier – et ceci n’a rien à voir avec le fait que Piotr Poroszenko, alors étudiant à la Faculté des Relations et du Droit des Affaires Internationales de l’Université d’Etat de Kiev, était un étudiant minable.

En 1956 Alexiej Walcman, le père de Poroszenko s’est marié avec Eugenia Siergiejewna Poroszenko et a pris son nom, ce qui en soi n’est pas un crime mais dit clairement ce dont il s’agit.

Ce n’est pas un secret que dans les années 80 les vols des propriétés d’état de l’URSS ont explosé. Aleksiej Walcman Poroszenko s’est fait reconnaître alors par son ingéniosité et son esprit entrepreneur ainsi que par sa capacité à parvenir au centre des véritables organes du pouvoir. Le 11 Juin 1986 , A.I. Walcman, citoyen ukrainien de l’URSS fut exclus du Parti en raison de ses escroqueries et de ses fraudes. Ce diplomé universitaire fut de Septembre 1977 au 9 décembre 1983 directeur-conseil d’une entreprise de réparation. Il fut arreté et interrogé en attendant son procès.

Les accusations formulées concernaient l’article 155, 123, 183 et une partie de l’article 227 et une partie du Code Pénal de la RFSSR (Fédération Socialiste Russe de la République Soviétique) et de la MSSR (République Soviétique Socialiste de Moldavie). Il s’agissait de statistiques et de rapports falsifiés, de vols de propriétés d’Etat, d’acquisitions frauduleuses de biens immobiliers ainsi que de possession d’armes illégales. Parmi les fragments de son activité il faut énoncer le trafic d’alcool illégalement acheté et dilué à la vente avec de l’eau. C’est ainsi qu’il a créé une entreprise de production de wodka.

La condamnation fut relativement bénigne : 5 ans dans un camp pénal, la confiscation de ses biens et l’interdiction pendant 5 ans d’ accéder à des postes- clé dans les entreprises.

Le fils d’Aleksiej Walcman, Piotr Poroszenko allait emprunter le même chemin que son père mais les temps venaient de changer : c’est pourquoi il a pu s’épanouir dans la République Indépendante d’Ukraine comme les moisissures sur une miche de pain. Il volait tout ce qui lui tombait sous la main et rien ne lui était sacré. Appel des gènes.

Maintenant cet escroc se trouve devant un devoir nouveau : escroquer toute l’Ukraine et privatiser la fonction de son Président. Pour parvenir à ses fins il est pret à ruiner tout le peuple de ce pays. En fait il y est prêt depuis longtemps – ne serait-ce qu’en prenant exemple sur son père.

Siergiej Kotwicki pour Central News Agency Novorossia

Source: http://novorus.info/

Voici quelques informations complémentaires sur Porochenko que l'on trouve sur wikipedia anglais (il n'y a curieusement pas de fiche en français de Porochenko pour le moment) :

Petro Porochenko Oleksiyovych, né le 26 Septembre 1965) est un homme d'affaires et homme politique ukrainien, qui a annoncé le 29 Mars 2014 qu'il courait pour la présidence de l'Ukraine. Porochenko, ancien ministre des Affaires étrangères et ministre du Commerce et du Développement économique, est parfois cité comme l'une des personnes les plus influentes dans la politique ukrainienne. De Février 2007 à Mars 2012, Porochenko est la tête du Conseil de la Banque Nationale d'Ukraine.

Porochenko est né dans la ville de Bolhrad , Oblast d'Odessa, le 26 Septembre 1965, mais a grandi dans la ville de Vinnitsa en Ukraine centrale. En 1989, il a obtenu un diplôme en économie de la Faculté des relations internationales et droit international (Institut des relations internationales) de l'Université d'Etat de Kiev.

Après l'obtention du diplôme, Porochenko a commencé sa propre entreprise de vente de fèves de cacao. Dans les années 1990, il a pris le contrôle de plusieurs entreprises de confiserie. Par la suite, il a réuni ses parts dans l'industrie, dans le groupe Roshen (en référence à son nom de famille, Ndlr.), le plus grand fabricant de confiserie en Ukraine. La fortune qu'il a faite dans l'industrie du chocolat lui a valu le surnom de "roi du chocolat".

 Il étend son empire commercial dans plusieurs usines automobiles et d'autobus, le chantier naval Leninski Kuznya, les médias comme la chaine de télévision canal 5 ainsi que d'autres entreprises.

En Mars 2012 Forbes l'a placé sur la liste des milliardaires de Forbes à la 1153 ème place, avec 1 milliard de dollars. Les avoirs de Roshen ont été bloqués par la Russie qui en juillet 2013 a interdit la vente en Russie de ses produits parce qu'ils contenaient des matières premières cancérigènes.

Membre du Parlement et Secrétaire de la CNDS

 Porochenko a d'abord remporté un siège à la Verkhovna Rada (le Parlement ukrainien) en 1998. Initialement, il était membre du Parti social démocrate uni de l'Ukraine (PSDU) , la partie la plus fidèle au président Leonid Koutchma  (président de l'Ukraine de 1994 à 2005) à l'époque. Porochenko a quitté SDPU en 2000 pour créer une faction indépendante gauche centre-Solidarité. En 2001 Porochenko a joué un rôle dans la création du Parti des régions, aussi fidèle à Koutchma. Solidarité n'a jamais rejoint le Parti des Régions, cependant, en décembre 2001, il rompait les rangs des partisans Koutchma pour devenir chef de campagne Notre Ukraine Bloc opposition la faction de Viktor Iouchtchenko (Ndlr. président de l'Ukraine de 2005 à 2010, leader en 2004 de la Révolution orange soutenue par de nombreux gouvernements occidentaux, dont celui des États-Unis et par des financements d'organisations américaines, comme la fondation George Soros, Iouchtchenko arriva au pouvoir lors d'une seconde élection présidentiellle manipulée par les pro-Occidentaux où il finit par battre nécessairement le Premier ministre Viktor Ianoukovytch, le candidat soutenu par Vladimir Poutine, qui avait pourtant élu lors d'une première élection présidentielle du 21 novembre 2004, mais dont l'élection fut contestée par les Occidentaux qui dénoncèrent évidemment un scrutin truqué par le gouvernement de Viktor Ianoukovytch et le puissant clan de Donetsk, dont Rinat Akhmetov alors accusé d'être un "oligarque" et qui fit fortune dans l'industrie du charbon et la sidérurgie. C'est pourtant cet "oligarque" Akhmetov que le nouveau pouvoir à Kiev, ne craignant pas la contradiction, a choisi pour lui proposer de devenir... gouverneur du Donbass, région de l'est de l'Ukraine, poste que ce dernier a refusé, se faisant critique contre le nouveau pouvoir de Kiev. Akhmetov a semble-t-il fini par se rallier aux pro-Maidan Cf. « L'oligarque Akhmetov se rallie aux autorités de Kiev » Le Figaro, mercredi 21 mai 2014, page 7.)

Revenons à Poroszenko. Après les élections législatives en Mars 2002, dans laquelle Notre Ukraine a remporté la plus grande part du vote populaire et Porochenko a remporté un siège au Parlement, Porochenko a servi comme chef de la commission parlementaire du budget.

Porochenko est considéré comme un proche confident de M. Iouchtchenko, qui est le parrain de ses filles. Étant peut-être l'homme d'affaires le plus riche parmi les partisans de Iouchtchenko, Porochenko a souvent été cité comme l'un des principaux bailleurs de fonds de Notre Ukraine et de la Révolution Orange.

Après  Iouchtchenko ait remporté les élections présidentielles en 2004, Porochenko a été nommé secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de la défense, tandis que son principal rival après- la Révolution orange, Ioulia Timochenko, a été nommé Premier ministre. En Septembre 2005 des allégations mutuelles très médiatisés de corruption ont éclaté entre Timochenko et Porochenko ont impliqué les privatisations des entreprises publiques réalisées par Timochenko. Porochenko, par exemple, a été accusé de défendre les intérêts de Viktor Pinchuk, qui avait acquis 80 millions de dollars et les entreprises publiques, Nikopol de ferro-alliages, indépendamment d'une valeur de 1 milliard $. En réaction à ces allégations, Iouchtchenko a rejeté l'ensemble de son cabinet des ministres, y compris Porochenko et le Premier ministre Ioulia Timochenko.

Lors de l'élection parlementaire de mars 2006 Porochenko a été réélu au Parlement ukrainien avec le soutien de la coalition électorale Notre Ukraine, où il a présidé la commission parlementaire des finances et des banques. Selon des allégations, depuis son poste de président au parlement ukrainien, le Parti socialiste de l'Ukraine a choisi de faire partie de l'Alliance de l'unité nationale, car Porochenko a promis à son chef, Oleksandr Moro, qu'il serait élu président si la coalition était formée. Cela a laissé Notre Ukraine de Porochenko et son allié le Bloc Ioulia Timochenko au gouvernement.

 Porochenko n'a pas participé à l'élection parlementaire de septembre 2007.

Depuis février 2007 Porochenko a dirigé le Conseil de la Banque nationale de l'Ukraine.

Il a été ministre des Affaires étrangères de 2009 à 2010.

Le président Iouchtchenko a nommé Porochenko comme ministre des Affaires étrangères le 7 Octobre 2009.

Ministre des Affaires étrangères en 2009, Porochenko a soutenu l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN et a déclaré en décembre 2009 : « Je crois qu'avec une volonté politique et un souhait public pour le faire, l'appui du public pour les politiciens en charge, et une claire et consciente politique juste, devenir un pays membre de l'OTAN pourrait être accompli d'ici un an ou deux ans ».

Cependant, l'adhésion à l'OTAN ne devrait pas être un but en soi : « Notre objectif doit être de mener des réformes, l'amélioration du niveau de vie (on voit le résultat en 2013! Voir les cartes ci-dessous. Ndlr.), je crois que là, nous devons tout faire pour améliorer la situation dans le pays plutôt que d'obtenir l'autorisation de quelqu'un pour certaines actions », a-t-il dit aux journalistes à Bruxelles jeudi 3 décembre 2009 après une réunion de la Commission Otan-Ukraine tenue à Bruxelles au sujet de la réunion de Conseil Atlantique du Nord de l'alliance.

Bien que Porochenko a été rejeté comme ministre des Affaires étrangères le 11 Février 2010, le président Viktor Ianoukovitch a exprimé l'espoir de poursuivre la coopération avec lui.

Ministre du Développement économique et du Commerce

À la fin de février 2012 Porochenko a été nommé comme nouveau ministre du Commerce et du Développement économique dans le gouvernement Azarov; le 9 Mars 2012 le président Ianoukovitch a déclaré qu'il voulait Porochenko travaille dans le gouvernement au poste ministériel du développement économique et du commerce ministre. Le 23 Mars 2012 Porochenko a été nommé par Ianoukovitch ministre du Développement économique et du Commerce de l'Ukraine. Le même mois, il a démissionné de son poste de chef du Conseil de la Banque nationale de l'Ukraine. Porochenko de retour à la Verkhovna Rada (parlement) après avoir remporté avec plus de 70 % des voix le poste de candidat indépendant dans des circonscriptions uninominales.

Sur le site les-crises.fr/ukraine/, qui donne des cartes et des chiffres, on a une idée des bienfaits de la clique Porochenko au "développement économique et du commerce" de l'Ukraine !

Remontant à 1991, au niveau économique, la situation est depuis très difficile. En 1997, le PIB par habitant est tombé à 50 % de celui de 1991, et il n’est remonté qu’à 80 % de ce niveau.

Ukraine---PIB-par-habitant-de-l-Ukraine--1990-2013.jpg

Du coup, le revenu par Ukrainien est toujours :

  • 8 à 10 fois inférieur à celui d’un Français ou d’un Américain ;

  • 4 fois inférieur à celui d’un Russe ;

  • 3 fois inférieur à celui d’un Roumain ;

40 % inférieur à un habitant de Namibie ou d’Irak …

Ukraine---Salaire-mensuel-minimal-et-moyen-en-Ukraine-et-en.jpg

On observe même qu’avec un salaire minimal mensuel de 100 €, le salaire d’un Ukrainien est 30 % inférieur à celui d’un Chinois !

Source: http://www.les-crises.fr/ukraine-le-pib/

Ukraine--balance-commerciale.jpg

Depuis 10 ans, l’Ukraine, qui importe 60 % de ce qu’elle consomme, est en fort déficit commercial – près de 7 Md€ par an.

Ukraine---balance-commerciale-par-region.jpg

On note le déficit apocalyptique au niveau de la ville de Kiev.

Par grande région, cela donne ceci :

Ukraine-balance-commerciale-ukraine-synthese-regions.jpg

L’Ukraine est en déficit face à ses principaux partenaires, et on a au niveau des régions :

l’Est, industriel, exporte beaucoup, et est en net excédent commercial ;

l’Ouest, agricole, exporte très peu et est en net déficit commercial ;

le Centre, avec la capitale, exporte modérément, mais est en énorme déficit commercial.

Source: http://www.les-crises.fr/ukraine-commerce-international/

2014 campagne présidentielle

Suite à la révolution ukrainienne 2014 et le retrait de Viktor Ianoukovitch (son renversement Ndlr....) de son poste de Président de l'Ukraine, de nouvelles élections présidentielles devaient avoir lieu le 25 mai 2014.

Dans les sondages pré-électoraux de mars 2014 Porochenko arrivait en tête de tous les candidats potentiels, avec un sondage réalisé par Socis lui donnant une note de plus de 40% le 29 Mars, il a déclaré qu'il courait pour être président ; Dans le même temps Vitali Klitschko a renoncé à la course à la présidence, en choisissant de soutenir la candidature de Porochenko. Le 2 Avril Porochenko dit : « Si je suis élu, je vais être honnête et vendre les parts Roshen ». "En tant que président de l'Ukraine, je vais et je veux me concentrer uniquement sur le bien-être de la nation", affirme-t-il.

Il a également dit début avril que le niveau de soutien populaire à l'idée d'adhérer à l'OTAN de l'Ukraine était trop petit pour le mettre à l'ordre du jour "sans ruiner le pays" ».

Le 14 avril 2014, Porochenko a publiquement soutenu la campagne du Parti de Jarosław Gowin, "Pologne Ensemble" de la Pologne voisine dans les élections au Parlement européen, en remerciant le collègue de Gowin, Paweł Kowal de soutenir l'Ukraine.

La publication internet ukrainienne de Pravda, se référant à la presse autrichienne, a indiqué que l'union de Porochenko et Klitschko avait été formée après une réunion secrète à la demande du milliardaire ukrainien Dmitri Firtash (Ukrainian pravda. 2 April 2014) qui fait face à des accusations de corruption aux États-Unis (Firtash a fait fortune en tant qu'intermédiaire pour le monopole du gaz à l'exportation russe OAO Gazprom (GAZP) et possède des stations de télévision et les usines d'engrais en Ukraine, nie les accusations des États-Unis relatifs à un projet de titane 500 millions de dollars en Inde. Firtash, est un ancien allié de Viktor Ianoukovitch, le leader déchu qui a fui en Russie au milieu des protestations sanglantes, a déclaré que les Etats-Unis cherche à annuler son influence politique avant le 25 mai élection présidentielle de l'Ukraine.) Firtash a publiquement confirmé son soutien Porochenko à l'élection présidentielle (Novostimira. 30 April 2014.)

Quoiqu'il en soit, si le pays apparaissait déjà très divisé il y a vingt ans en 1994, en 2010, suite à la Révolution orange de 2004 qui avait été soutenue et financée par Porochenko, l'Ukraine est restée très divisée avec un grand écart est-ouest impressionnant
Ukraine---Election-presidentielle-1994-Un-Pays-deja-divi.jpg

Ukraine---Election-presidentielle-2010-Un-pays-tres-divis.jpg

 Add. 23h10. Présidentielle en Ukraine: Porochenko en tête (sondage sortie des urnes)

 21:03 25/05/2014

KIEV, 25 mai - RIA Novosti

Selon un sondage réalisé à la sortie des urnes par quatre chaînes de télévision ukrainiennes, le candidat indépendant Piotr Porochenko arrive en tête de l'élection présidentielle avec 57,31% des suffrages exprimés, devant l'ex-première ministre du pays Ioulia Timochenko (12,39%).

 Source : http://fr.ria.ru/world/20140525/201321382.html

 90% d'abstention : une "élection légitime" pour les Occidentaux...

Le taux de participation à la présidentielle dans la région de Donetsk (est) est inférieur à 10 pour cent, a fait savoir une source au sein de la Commission électorale centrale d'Ukraine, informe ITAR-TASS.

 Selon le dernier bilan, il a constitué 9,11 pour cent dans la région de Donetsk. L'indice le plus élevé a été enregistré dans la région de Volyn (ouest) - 50,49 pour cent. Viennent après la région de Lvov (ouest, 46,23 pour cent) et celle de Kiev (centre, 42,79 pour cent). Le taux de participation moyen est de 38,53 pour cent soit inférieur par rapport à l'indice correspondant, enregistré au cours de la présidentielle - 2010 (plus de 45 pour cent).

 Source: http://french.ruvr.ru/news/2014_05_25/Ukraine-taux-de-par...

. Les Etats-Unis ont investi dans l'Ukraine 5 milliards de dollars depuis 1991

. L'Anschluss était dans Mein Kampf, le contrôle de l'Ukraine est dans "Le Grand Echiquier" (R. Chamagne)

. Porochenko autorise la police à tirer sans avertissement (19 août 2014)

. La visite aux États-Unis de Porochenko signifie la poursuite des bombardements continus de civils

. Porochenko et les accords de paix de Minsk 1