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24/10/2016

La Russie interprète les rodomontades états-uniennes comme un signe de guerre, par Ray McGovern

 

La Russie interprète les rodomontades états-uniennes comme un signe de guerre, par Ray McGovern

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À l’époque de l’administration Reagan, j’étais l’un des analystes de la CIA assigné à présenter aux fonctionnaires de la Maison Blanche le Rapport quotidien au Président, qui résume le point de vue de la CIA sur les questions pressantes du jour concernant la sécurité nationale. Si je devais faire encore ce travail – et en supposant que les analystes de la CIA puissent encore dire la vérité au pouvoir – je serais obligé d’annoncer des nouvelles alarmantes quant au potentiel d’un affrontement militaire entre les États-Unis et la Russie.

Nous, les analystes, étions responsables de collecter les avertissements venant de Moscou ou d’autres capitales clés que les médias américains ignoraient ou minimisaient souvent, comme les grands médias d’aujourd’hui ignorent l’escalade des avertissements de la Russie à propos de la Syrie.

Par exemple, le porte-parole de la défense russe, le Major Général Igor Konachenkov, a prévenu, le 6 octobre, que la Russie est prête à abattre des avions non identifiés – y compris les avions furtifs – sur la Syrie. C’est un avertissement qui, je pense, devrait être pris au sérieux.

Il est vrai que les experts divergent quant à savoir si les systèmes avancés de défense aérienne russes déjà en Syrie peuvent abattre les avions furtifs, mais ce serait une erreur de rejeter cet avertissement d’un revers de main. D’ailleurs, Konachenkov a ajouté que la défense aérienne russe «n’aura pas le temps d’identifier l’origine» de l’avion.

En d’autres termes, les avions états-uniens, qui patrouillent le ciel syrien sans l’approbation du gouvernement syrien, pourraient être vulnérables à une attaque, avec le gouvernement russe avertissant de façon préventive qu’un tel incident ne sera pas de la faute de Moscou.

En ce qui concerne les perspectives de relance de la négociation sur la Syrie, leur disparition n’a jamais été plus clairement énoncée que dans les remarques du ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dans une longue interview avec Channel One Russian, ce dimanche. Il a terminé par un commentaire acéré : «La diplomatie a plusieurs alliés dans cette affaire [syrienne], les forces militaires de l’aérospatiale, de l’Armée et de la Marine russes.»

Lavrov reconnaît que le secrétaire d’État John Kerry a échoué dans ses efforts pour obtenir que les rebelles dit «modérés» soutenus par les américains se séparent de la filiale syrienne d’al-Qaïda. Avec cette condition clé du cessez-le-feu parti en fumée, Lavrov dit que la force militaire est le seul moyen de chasser les djihadistes de leur bastion dans l’est d’Alep et de rétablir le contrôle du gouvernement.

Le président Vladimir Poutine et ses conseillers semblent prêts à assumer le risque d’escalade dans l’espoir que toute confrontation armée reste limitée à la Syrie. Il semble qu’il y ait aussi un élément important de synchronisation dans le comportement actuel de la Russie, considérant qu’il vaut mieux prendre ce risque maintenant, car elle pense qu’elle risque de faire face à un président plus belliciste encore le 20 janvier.

De même, il semble qu’un nouveau sentiment de confiance règne au Kremlin, même si la «balance des forces», au niveau mondial et au Moyen-Orient, reste en faveur des États-Unis. La Russie a gagné un allié clé avec la Chine, et les médias chinois ont fait preuve de compréhension et même de sympathie pour le comportement de la Russie en Syrie.

Souvent négligé est le fait que la Chine a minimisé son insistance de longue date sur l’inviolabilité des frontières souveraines et a évité de critiquer l’annexion russe de la Crimée en 2014, suite à ce qui a été largement considéré comme un coup d’État soutenu par les Américains en Ukraine, quand le président élu, Viktor Ianoukovitch, a été renversé. Les Chinois n’adhèrent pas aux «changements de régime» – que ce soit à Kiev ou à Damas – et regardent de travers l’insistance des États-Unis à vouloir renverser le président Assad.

Plus important encore, la coopération militaire entre la Russie et la Chine n’a jamais été aussi proche. Si la Russie se trouve dans une escalade majeure des hostilités au Moyen-Orient et / ou en Europe, les problèmes peuvent ne pas s’arrêter là. Les États-Unis doivent s’attendre à de significatifs bruits de bottes chinois en mer de Chine méridionale.

Tous ces signes pointent vers des jours très dangereux, mais il y a eu peu de discussions intelligentes à propos de ces risques dans les grands médias américains ou même, apparemment, dans les salles du pouvoir à Washington. On dirait un somnambule marchant vers un abîme.

Ray McGovern

Article original publié dans Consortiumnews.

Source : LSF, 11-10-2016

 

 

23/10/2016

Destitution de Hollande en vue ? Hollande : lâché par les siens ? #cdansl'air 17-10-2016

Le boycott du PS ressemble fortement à une entreprise de démolition volontaire voulue par Hollande pour favoriser la montée au pouvoir de son cousin, Nicolas SARKÖZY de NAGUY BOCSA. Ils fréquentent donc les mêmes amis et les mêmes lobbies. 

SARKOZY l'américain, agent de la CIA  a déjà détruit la France lors de son mandat à la livrant aux USA, à L'Europe et à l'OTAN. Il a donc déjà enfoncé le clou de la destruction de la France, Hollande enfonce le clou, et SARKOZY serait censé venir terminer le travail au profit des Banksters qui le financent.

 

Le député (LR) Pierre Lellouche a estimé que la question de la destitution du président de la République était posée, en raison des confidences de celui-ci à des journalistes au sujet d'assassinats de djihadistes par la France durant son mandat.

François Hollande peut-il être déchu de sa fonction de chef d'Etat pour avoir dévoilé aux auteurs de l'ouvrage Un président ne devrait pas dire ça, ses ordres d'assassinat par drone d'au moins quatre personnes, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme islamiste ? C'est en tout cas ce que semble penser le député Pierre Lellouche (Les Républicains) qui, lors d'un débat à l'Assemblée nationale sur les opérations extérieures de la France, le mercredi 19 octobre, a estimé que «la question de l'application de l'article 68 [était] désormais posée».


 

Hollande : lâché par les siens ? #cdansl'air 17-10-2016

François Hollande s’est rendu lundi après-midi à Florange pour défendre son bilan industriel, et ce alors que la publication de ses confidences dans un livre sème le trouble. Au sein de sa famille politique l’on se met à douter de la crédibilité de sa candidature pour l’élection présidentielle de 2017, et la riposte s’organise. Tandis qu’à l’extérieur du PS, Jean-Luc Mélenchon- qui a été l'un des premiers à se lancer dans la course pour l’Élysée et a balayé toute participation à une primaire - accélère sa campagne. Celui qui se présente au nom de la « France insoumise » grappille du terrain dans les sondages et creuse son sillon…


 

Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Jean-Christophe Cambadélis, a qualifié de «grave» la perspective actuelle de ne voir «aucun candidat» de gauche passer le premier tour de l'élection présidentielle de 2017.

«A cette étape aucun candidat putatif, quel qu'il soit, ne semble pouvoir battre la droite. Et même passer le premier tour. C'est grave», a estimé Jean-Christophe Cambadélis, dans une interview publiée dans l'édition du 22 octobre de La Nouvelle République.

 

Tchao Hollande : On ne votera plus pour toi, car tu ne seras pas candidat

Le faire-part de décès est signé Cambadélis. Dans La Nouvelle République d’hier il explique qu’aucun candidat déclaré ou pressenti à Gauche ne semble en mesure de se qualifier pour le second tour de la présidentielle de 2017. Donc, dégage Hollande.

Second tour de la présidentielle de 2017 ? C’est fin mai, et on aura bien le temps de voir les rebondissements de ces histoires de famille - en l'absence de différence programmatique - mais le problème de Camba, c’est de sauver le PS, et là, c’est clair : Hollande est carbonisé, fin de partie. L’arsouille sort du jeu.

 

Hollande et Sarkozy sont cousins. Un généalogiste a découvert que les deux concurrents dans la course à l'Elysée ont un ancêtre commun. Un arbre généalogique le prouve. François Hollande et Nicolas Sarkozy, concurrents pour l'Elysée, sont cousins, avec pour ancêtre commun un modeste paysan savoyard du XVIIe siècle, révèle le généalogiste Jean-Louis Beaucarnot dans la nouvelle édition de son livre Le Tout-politique, publiée cette semaine.  

 

Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française Nicolas Sarkozy doit être jugé à son action et non pas d’après sa personnalité. Mais lorsque son action surprend jusqu’à ses propres électeurs, il est légitime de se pencher en détail sur sa biographie et de s’interroger sur les alliances qui l’ont conduit au pouvoir. Thierry Meyssan a décidé d’écrire la vérité sur les origines du président de la République française. Toutes les informations contenues dans cet article sont vérifiables, à l’exception de deux imputations, signalées par l’auteur qui en assume seul la responsabilité.

 

Tchao Hollande : On ne votera plus pour toi, car tu ne seras pas candidat

HOLLANDE DOIT PARTIR !!! ASSAD DOIT RESTER !!!!

Il aura gouverné pendant 5 ans, contre le Peuple Français, l'exposant à la Guerre contre la Russie et dans les intérêts des Banksters, des terroristes de tous bords, dans l'intérêt de l'UE et des américano-sionistes, de tous les corrompus en bon franc-maçon qui se respecte et ce, pour enrichir ses amis et nous faire payer leurs sales guerres !

Il n'aura donc pas gouverné pour rien ! Il partira sans doute avec un bon pactole que ses chers amis y compris Saoudiens lui auront préparé !

Si le peuple Français pouvait le faire destituer pour le faire passer devant la CPI qu'il promet à Assad et à Poutine, ce ne serait que mieux !

Révélations d'assassinats ciblés par drone : la destitution de Hollande évoquée par un député Le député (LR) Pierre Lellouche a estimé que la question de la destitution du président de la République était posée, en raison des confidences de celui-ci à des journalistes au sujet d'assassinats de djihadistes par la France durant son mandat.  

 

HOLLANDE DEGAGE !

 

Cambadélis : personne à gauche ne pourra passer au second tour de la présidentielle

Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Jean-Christophe Cambadélis, a qualifié de «grave» la perspective actuelle de ne voir «aucun candidat» de gauche passer le premier tour de l'élection présidentielle de 2017.

François Hollande et Jean-Christophe Cambadélis

Tchao Hollande : On ne votera plus pour toi, car tu ne seras pas candidat

Le faire-part de décès est signé Cambadélis. Dans La Nouvelle République d’hier il explique qu’aucun candidat déclaré ou pressenti à Gauche ne semble en mesure de se qualifier pour le second tour de la présidentielle de 2017. Donc, dégage Hollande.

Second tour de la présidentielle de 2017 ? C’est fin mai, et on aura bien le temps de voir les rebondissements de ces histoires de famille - en l'absence de différence programmatique - mais le problème de Camba, c’est de sauver le PS, et là, c’est clair : Hollande est carbonisé, fin de partie. L’arsouille sort du jeu.

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Pour comprendre, il faut revenir au livre Un président ne devrait pas dire ça… (Stock)  de Davet et Lhomme.

Lors d’une rencontre du 11 décembre 2015, Hollande explique qu’il faut flinguer le PS, une nécessité pour permettre sa réélection : « Il faut un acte de liquidation. Il faut un hara-kiri ». Pour Hollande, le PS est cuit : « Tant qu’il y avait des partis de gauche, les Communistes, les Verts qui acceptaient de faire alliance avec le PS et qui représentaient quelque chose, on n’avait aucun intérêt à refonder le PS. Mais dès lors que ces alliés se sont rigidifiés, sectarisés, il faut faire sans ces partis-là. Comment ? Avec le parti le plus important, on en fait un nouveau qui permet de s’adresser aux électeurs ou aux cadres des autres partis. Ce que vous ne faites plus par les alliances, vous le faites par la sociologie. Par l’élargissement. C’est une œuvre plus longue, plus durable, moins tributaire d’alliances. Vous pouvez imaginer que viennent aussi des gens qui n’ont jamais fait de politique partisane, des gens du centre…  Il faut créer quelque chose qui ne soit pas factice. Si c’est factice on nous dira : c’est un tour de prestidigitation, on a compris. Vous avez eu le PS. Vous avez fait un coup comme Sarkozy avec l’UMP pour échapper à la justice électorale au moins ! Il faut dire que c’est l’héritier du PS. Le PS ne peut se dépasser que si d’autres viennent le rejoindre. Chaque fois que j’en parle à Cambadélis, il me dit : "On va le faire, on va le faire”. Mais ça tarde ».

Hollande, qui joue sa survie, est pressé : « Il y a intérêt à le faire dans la perspective d’une élection présidentielle plutôt qu’au lendemain ». Comment rebaptiser alors le PS ? « Le meilleur nom qu’on pourrait trouver, c’est le Parti de la Gauche, quand on y réfléchit bien. Comme on ne peut pas s’appeler comme ça, il y a le Parti du Progrès.... Le parti des Progressistes... On peut y mettre des écolos. C’est facile à comprendre : vous êtes pour le progrès ? Oui. Le progrès social, humain.» Sauf que c’est la ruine de la Gauche, avec la démonstration par Blair.

Réponse de Camba une semaine après la publication du livre – le temps d’avoir fait le tour des popotes : « C'est une réflexion du président de la République que je ne partage pas ». Et devant toutes les initiatives du moment, il ajoute dans Le Figaro : « On avance, mais pour achever le changement, un processus électoral est nécessaire. La primaire sera le premier grand rendez-vous et les élections législatives seront la seconde étape ».

Vous avez bien lu : les primaires et les législatives, mais la présidentielle est has been.

Donc, on fera les comptes avec les primaires et on tentera de sauver les meubles avec les législatives. La présidentielle ? Une péripétie. Hollande dégage, et le nom du guignol de service – Valls, Montebourpif, Royal ou le mari d’une cadre de LVMH – on s’en contrefiche, le vrai rendez-vous est le prochain congrès du PS, pour remettre les choses en ordre. Avec un axe Camba-Aubry, et Hidalgo comme candidate. Finalement, le PS, c’est assez simple.

 

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Refus du CETA : Wallonie Paul Magnette - Principes et convictions

Merci, beaucoup pour ce discours remarquable. 

La Wallonie nous protège contre les traîtres qui nous gouvernent (en France et ailleurs).

Grand merci.



 

 

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02:59 Publié dans Actualité, politique ou géopolitique, Europe, Euro, CEDH, International | Lien permanent | |  Imprimer |  Facebook | | | | Pin it!

22/10/2016

L’Occident se prépare à censurer les médias russes. Par Finian Cunningham

L’Occident se prépare à censurer les médias russes.
Par Finian Cunningham

samedi 22 octobre 2016, par Comité Valmy

Voir en ligne : Les députés européens mettent Sputnik et Daesh sur le même plan - Sputnik

La censure gouvernementale vous protège de la réalité

***

Les parlementaires européens viennent de voter, cette semaine, pour une résolution appelant à de plus grandes « capacités institutionnelles pour contrer la propagande inspirée par le Kremlin ». Le vote a été adopté par la commission des Affaires étrangères de l’UE et sera soumis au parlement européen le mois prochain. Si cette résolution est votée, alors la prochaine étape serait de mettre en place des mécanismes institutionnels pour bloquer l’accès aux médias russes. Finian Cunningham

 

L’Occident se prépare à censurer les médias russes.

Cela paraît énorme, mais les pays occidentaux semblent se déplacer, inéluctablement, vers l’interdiction des médias d’information russes émis par satellites et par internet. Cette conclusion – aux implications éthiques et politiques énormes – semble être la conclusion logique d’une campagne transatlantique de plus en plus frénétique pour diaboliser la Russie.

Washington, Londres et Paris semblent coordonner une attaque médiatique sans précédent en accusant la Russie de presque tous les méfaits imaginables, de crimes de guerre en Syrie, de menacer la sécurité de l’Europe, d’abattre des avions civils, de subvertir les élections présidentielles américaines. Et ce n’est qu’un échantillon.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a déclaré cette semaine que la Russie est en danger de devenir un « État paria ». Pourtant, cette affirmation a moins à voir avec la conduite réelle de la Russie, qu’avec l’objectif souhaité par la politique occidentale à l’égard de Moscou – isoler et présenter la Russie comme un paria international.

Si la Russie peut être suffisamment diabolisée aux yeux du public occidental par leurs gouvernements, le contexte sociologique sera créé pour que des mesures drastiques soient prises, mesures qui seraient autrement considérées comme des infractions inacceptables au système démocratique. Mesures qui vont bien au-delà des sanctions économiques et franchissent la ligne de la censure médiatique. Comme c’est bizarre ! Le « monde libre » qui déplore « l’autoritarisme russe » se dirige vers la censure des médias et le contrôle de ce qu’il considère comme « pensée criminelle ».

Les parlementaires européens viennent de voter, cette semaine, pour une résolution appelant à de plus grandes « capacités institutionnelles pour contrer la propagande inspirée par le Kremlin ». Le vote a été adopté par la commission des Affaires étrangères de l’UE et sera soumis au parlement européen le mois prochain. Si cette résolution est votée, alors la prochaine étape serait de mettre en place des mécanismes institutionnels pour bloquer l’accès aux médias russes.

L’hostilité envers la Russie, montrée par le libellé de la résolution de cette semaine, ne peut être décrite que comme enragée, sinon au bord de la paranoïa. Le gouvernement russe a été accusé de mener activement une « campagne de désinformation », de « cibler des politiciens et des journalistes de l’UE », et de « perturber les valeurs démocratiques dans toute l’Europe ». En bref, Moscou est accusée de comploter pour la chute du bloc européen.

Il convient de noter particulièrement que le sinistre comité des affaires étrangères de l’UE a accordé une attention particulière à « un large éventail d’outils et d’instruments, tels que les stations de télévision multilingues et organismes de pseudo information faits pour diviser l’Europe ».

Donc, non seulement le gouvernement russe est témérairement accusé d’abriter des plans subversifs et destructeurs contre les États européens, mais ses médias d’information professionnels sont considérés comme des armes russes présumées de guerre hybride. L’État russe est diabolisé comme un ennemi étranger, et ses médias font partie de l’arsenal de guerre hybride. En d’autres termes, les services russes légitimes d’information du public sont délégitimés par le Parlement européen.

Évidemment, les canaux médiatiques professionnels comme RT et Sputnik sont nommés « pseudo agences de presse » et « outils de propagande du Kremlin ».

La critique souvent faite au sujet de ces chaînes russes, qu’elles « appartiennent à l’État » et sont financées par le gouvernement, n’est pas valide. Car Voice of America, Radio Free Europe, BBC, France 24 et Deutsche Welle, pour ne citer que quelques-uns des diffuseurs occidentaux, appartiennent à l’État. En réalité, le financement alloué aux médias par les gouvernements occidentaux est plusieurs fois supérieur à celui de la Russie.

L’agressivité occidentale pour délégitimer les médias populaires de la Russie a augmenté au cours des derniers mois. Le mois dernier, par exemple, l’alliance militaire de l’OTAN, sous commandement américain, a publié encore un autre rapport avertissant : « L’Occident est en train de perdre la guerre de l’information contre la Russie. »

Est-il légitime de se demander ce qu’une organisation supposée se consacrer à la sécurité militaire vient mettre son grain de sel dans les domaines du journalisme et du service d’information public ?

Un rapport de Voice of America ajoutait : « L’Occident doit intensifier ses efforts pour combattre et contrer la guerre de l’information menée par ses adversaires, selon les responsables de l’OTAN. Ils avertissent que des pays comme la Russie exploitent la liberté de la presse dans les médias occidentaux, pour répandre la désinformation. »<P/>

Remarquez comment il est insinué que la Russie est en quelque sorte sournoisement en train d’« exploiter » la liberté de la presse en Occident. Sous-entendu que des sanctions contre les médias russes seraient justifiées par les transgressions alléguées.

Pendant ce temps, le mois dernier, le directeur de la National Intelligence états-unienne, James Clapper Jr, aurait informé les membres du Congrès au sujet de la « guerre de l’information » russe. Il a nommé RT et Sputnik comme des armes médiatiques russes dans la « guerre de l’information ». Leur but, selon Clapper, est de subvertir les sociétés occidentales en utilisant des groupes radicaux et de semer la confusion dans le public.

Cela indique une détérioration dramatique dans les relations Occident-Russie, quand les médias de masse russes sont considérés comme des armes ennemies. Une telle pensée trahit aussi comment les dirigeants politiques occidentaux dégénérés ont sombré dans les stéréotypes de la guerre froide ; et comment ils sont disposés à aller plus loin pour diaboliser la Russie.

Depuis que la politique tant vantée de « reset » amical envers la Russie, sous le président américain Barack Obama, a été abandonnée, vers 2011, l’hostilité de Washington et de ses alliés européens est montée crescendo jusqu’aux niveaux actuels, digne de l’hystérie.

Probablement le facteur clé de la raison pour laquelle Washington a abandonné sa politique de remise à zéro est qu’elle a réalisé que le président russe Vladimir Poutine n’est pas aussi facile à manipuler que son prédécesseur Boris Eltsine, qui s’est lâchement soumis à l’hégémonie américaine, que ce soit sur des questions d’intérêts géopolitiques, de finance mondiale, ou de guerres pour les ressources à l’étranger. Poutine n’a rien voulu entendre. La Russie ne sera pas un État vassal américain, comme les États de l’Union européenne sont visiblement disposés à l’être.

 

C’est à cause de l’indépendance et de l’audace de la Russie à dénoncer les incartades américaines à l’égard du droit international, par exemple dans sa conduite de guerres illégales et de changement de régime au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Ukraine, que Washington trouve son attitude si intolérable.

Lorsque les médias allemands lui ont demandé récemment pourquoi l’Occident est si hostile envers lui, Poutine aurait répondu par un seul mot : « La peur ».

Par cela, le dirigeant russe ne voulait pas dire que l’Occident avait peur d’être attaqué militairement par la Russie. Cela voulait dire que la crainte était due à la puissance de son expression. Un fort contre-poids à la conduite impérialiste menée par les USA est une négation puissante à la soi-disant suprématie américaine unipolaire sur le monde entier. Cela signifie que le monde n’est pas le paillasson de l’assujettissement américain. Le défi de la Russie à l’hégémonie américaine est un signe avant-coureur d’un monde multipolaire, celui dans lequel l’Amérique et ses filiales européennes doivent commencer à travailler avec d’autres nations, d’égal à égal et dans les limites mutuelles du droit international, et non pas comme des renégats au-dessus de la loi.

La Syrie en est une illustration classique. Washington et ses alliés britanniques et français, ainsi que des États clients régionaux, ont présumé qu’ils pouvaient instiguer une autre opération illégale de changement de régime dans ce pays arabe, comme ils l’avaient fait auparavant en Libye, en Irak et en Afghanistan. L’intervention militaire de la Russie en appui à son allié syrien a été une démonstration forte du fait que les techniques de changement de régime par l’Occident n’étaient plus tolérées. En outre, l’intervention de la Russie a également exposé l’implication criminelle secrète de Washington et de ses partenaires, dans l’utilisation de mandataires terroristes pour procéder à un changement de régime.

La même chose peut être dite sur l’Ukraine, où le soutien politique de la Russie aux séparatistes ethniques russes a empêché que le coup d’État de Washington à Kiev, en février 2014, ne transforme le pays tout entier en un régime aux ordres des Américains.

C’est la raison pour laquelle Washington craint la Russie sous Poutine. Elle devient un obstacle à sa domination mondiale totale, comme prévue par les idéologies impérialistes américaines suite à l’effondrement de l’Union soviétique.

Cependant, la Russie est plus qu’un simple obstacle. Dans la conduite de sa politique étrangère indépendante, la Russie expose les crimes américains de déstabilisation du monde et de sponsor du terrorisme. La Russie a également exposé la servilité pathétique et la complicité des États européens, des médias occidentaux et des Nations unies, à se plier aux ambitions hégémoniques de Washington.

La politique étrangère de la Russie est, bien sûr, tout à fait légitime. Mais du point de vue de Washington, elle représente un défi intolérable à ses désirs tyranniques. À cette fin, la Russie doit être métamorphosée en un État ennemi. Et les dirigeants européens serviles vont de pair avec cet ordre du jour, afin de dissimuler leur complicité odieuse.

Ce qui se passe est que les médias de presse russes ont manifesté leur indépendance journalistique et leurs analyses critiques des grands événements mondiaux, en montrant ce qui se passe réellement en Syrie et en Ukraine. Que les gouvernements occidentaux sont probablement en train de soutenir secrètement des réseaux terroristes utilisés pour un changement de régime, de manière illégale. Si cela semble exagéré et ressemble à des « commentaires injustes », c’est seulement parce que les médias occidentaux ont échoué à exposer les fausses informations et affirmations de la part de leurs propres gouvernements. Mais cela ne délégitime pas la qualité du journalisme russe. Cela en fait même un exemple de journalisme recommandable.

Dire que les États occidentaux sont frustrés par la Russie est un euphémisme. Ils sont livides, comme on peut le voir dans la façon dont leur entreprise criminelle de changement de régime en Syrie a été mise en déroute. D’où les efforts occidentaux visant à accuser la Russie de « crimes de guerre » et d’être comparable à l’Allemagne nazie.

Combinez cette diabolisation avec les revendications sensationnelles affirmant que la Russie cherche à subvertir les démocraties occidentales, et cela donne ce climat politique toxique, qui devient propice à des mesures de plus grande portée.

C’est d’une logique réductionniste incroyable : la Russie est assimilée à un État ennemi, et les médias russes sont de simples machines à propagande ennemie.

Comme le suggère le vote des législateurs européens de cette semaine sur la lutte contre les médias russes, la prochaine étape logique est l’interdiction pure et simple des chaînes d’information russes, celles télévisées comme celles sur internet.

Mais comme Margarita Simonyan, la rédactrice en chef de RT, l’a déclaré à Deutsche Welle, le mouvement draconien visant à interdire les médias russes ne fait que démontrer que les revendications occidentales sur la « liberté d’expression » ne sont que rhétoriques vides.

« C’est une interprétation plutôt intéressante des valeurs occidentales tant vantées, en particulier celle sur la liberté d’expression – qui dans les faits veut apparemment dire attaquer une des rares voix de dissidence parmi des milliers de médias européens », a ajouté Simonyan.

Les standards des gouvernements occidentaux ressemblent à ceux d’un despote.

Incapables de parvenir à leurs objectifs, même en violant le droit international et en déclarant la guerre à qui, quand et où ils veulent, ils se jettent alors sur des pays résistants comme la Russie, au point où la Russie est étiquetée comme État ennemi susceptible d’une attaque militaire.

Et quand des médias exposent ces doubles standards et cette hypocrisie occidentale criminelle, alors ces médias sont également fustigés comme propagande de l’ennemi et doivent être fermés et interdits.

La décadence occidentale est vraiment en train de rejoindre le caniveau de la corruption et de l’absurdité. Mais cela n’est dû qu’à elle-même, en raison de son propre effondrement interne, sous le bellicisme et le mauvais management de son oligarchie. Et le public occidental le réalise de plus en plus, avec ou sans l’aide russe.

Tirer sur le messager n’annule pas le sens du message.

 

Finian Cunningham
– Le 13 octobre 2016

Traduction : le Saker Francophone

– Source :